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Deciphering “The Flood” by Aron Wiesenfeld

Flood sRGB copy“The Flood” By Aron Wiesenfeld

 

C’est l’aube ou la fin de l’après-midi.

Peut-être l’Eté….

La lumière laiteuse aveugle mon désir de savoir d’où elle vient.

Finalement elle se trouve dans un contre-jour, grisant sa face et son regard ombré.

Cette fille surgit (survit pour un temps) de son viol en aval, dans la brume, là où n’est que mystère et marécage, perdition, peur, non-dit.

Le temps est suspendu, c’est un contre-temps, un temps de sursaut au sens littéral, où le sujet revient à la réalité, mais dans quel état???

Etait-ce un rêve? Est-ce une métaphore de la force de survie?

Elle n’est pas nue, mais presque.

Il lui reste ses sous-vêtements blancs.

Elle est fine, jeune, démunie de toute sécurité.

Il me semble que ses yeux ne visent plus rien.

Une autre menace trône sur les épaules frêles de la jeune vicitime: Ne pas se retourner lui donnera la possibilité de vivre.

Le peintre induit notre regard vers la jeune fille, et nous empêche de voir ce qui est au fond, derrière.

Nous sommes nous mêmes aveuglés par la méduse et nous sommes mortifiés par cette image.

Seul le contact de son pied nu touchant le bithume, lui donne l’espoir d’une fin de cauchemar.

Ses épaules rentrées font saillir ses côtes et je vois ses cheveux mouillés, salis par la terre et les herbes du fossé, collés par la sueur, le sperme aussi de son agresseur (ses agresseurs??).

Ses pieds sont nus, on l’a déshabillée, on lui a fait très mal; elle est perdue, anéantie.

Désormais sa vie sera peine dans l’errance.

Ce tableau pop surréaliste offre un sujet silencieux, au bord de quelque chose, émergeant d’un traumatisme tu.

Le vide, la victimisation du sujet nous porte tout de même sur la route symbole de secours potentiel ou d’abandon récurrant……

Nous sommes dans l’incertitude, le mystère, la peur de l’inconnu….

Il s’agit d’une vision traumatique postérieure au traumatisme.

J’ai choisi ce tableau car il décrit un événement de la honte et de la détresse, dont personne n’aura été témoins, (si ce n’est le peintre qui lui, rapporte cet événement “honteux de la détresse féminine violée”.)

Car elle est seule à ce moment précis, elle fuit l’assaut dont elle est encore victime.

La lumière seule donne une touche pastel calmant l’oeil de mon interrogation.

 24 Janvier 2014

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Sémantique et Sémiotique de la figure anorexique

cygne noir

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Google image

La figure du cygne noir condense le message et la forme: l’anorexie est un signe de non-dire, un signe noir du cygne blanc. (Le vilain petit canard devenu un oiseau Impérial.)

 La Sémantique concerne les signifiés.  

- Quel est le sens de la figure anorexique?

La Sémiotique concerne les signifiants.

 – Quelle est la forme apparente de la figure anorexique, sa manifestation visuelle?

J’utilise la métaphore concrétisée du cygne noir pour représenter la figure anorexique.

Cela me rassure car je m’encapsule dans une forme vivante dont je ressens l’expérience physique (celle du dédoublement par le reflet dans l’eau, de la couleur noire par opposé du blanc absent-omniprésent, du corps qui glisse sur l’eau sombre et profonde dont je redoute les mystères et tout l’inconnu, celle du corps fluide et solide de l’oiseau à la grâce impériale, celle du corps mystérieux cachant un autre moi, un devenir vivant, possible.

Cette identification au cygne noir, me permet d’écarter d’autres traumatisantes expériences corporelles fatales.

Cette image concrète du cygne noir, défend mon self en danger de désintégration.

Cela se joue dans mon expérience anorectique: ma pureté , (celle qui me fait vivre), je la trouve dans la simplicité et la solidité  (la minceur, la finesse, la frugalité, la danse, la course à pied, la marche….. l’exploration de l’espace vaste et libre).

En fait cette cristallisation de mon self dans la pureté et la finesse forte de mon corps sont quasiment proportionnelles à mon manque de moi, le peu d’existence de ma personne par rapport aux autres.

{The body speaks when there is a lack of a good-enough verbal language to identify and express emotions.} Rizzuto 2001

{When psychic reality is poorly inte- grated, the body takes on an excessively central role for the continuity of the sense of self.

Some adolescents (such as early-onset anorexics) experience existential anxieties in relation to puberty: as if they have ceased to exist — have become different people.

There is psychic equivalence between the experience of body shape and its concrete parameters; to be thinner is felt to be superior and is therefore superior.

However, anorexia nervosa demonstrates the shortcomings of body language, given its impossibility to comment itself.

There is a need to develop a language about such forms of communication — a metalanguage to build this interpersonal interpretive capacity.

The aim is to create a reflexive space, with the possibility of distinguishing control from control, emotional clarity from purging and attempted self-repair and self-construction from self-destruction…}

Copyright # 2007 John Wiley & Sons, Ltd and Eating Disorders Association.

La métaphore concrète (ex: la silhouette efflanquée) du corps anorexique évoque: je veux rien de ce que vous voulez, je suis une chose qui dit non et qui est là, tendue dans sa manifestation, comme un étendard sanglant.

Cette métaphore concrète me permet d’attirer votre attention, et stimuler votre intérêt.

L’objectif premier de cette  métaphore concrète aurait été de vous faire comprendre mon désir de changement dans mon corps et mon âme, mais au lieu de cela, vous ne comprenez rien à cette figure objet de ma personne représentée par mon anorexie, et vous rejetez mon message de vie que vous interprétez comme menace de mort.

Mon langage vous ne le comprenez pas, car mon langage ne dit que des choses physiques à la place de mes émotions cryptées inaccessibles.

Ce langage de mon corps vous dit “rien” que vous ne compreniez.

Cette forme de corps dans ma tête, prend divers aspects: celle du fil,  l’arbre nu, le sarreau de vigne, la dentelle, le trait, la parenthèse, la flèche, la ponctuation, le symbole mathématique du zéro et de l’infini, le caractère grec ou latin, le pictographe, l’azawakh, l’étoile de mer, l’hirondelle, la mésange, le petit piaf, le loup, le renard, la biche.

Toutes ces formes sont directes et sans flou, mais ne disent pas tout de ce que je suis et de ce qui est en moi, de ressenti.

J’ai des affinités avec ces formes abstraites ou physiques, mais il manque ce que je ressens.

Peut-on  envisager un décodage de l’Anorexie parlante, parlée, en jouant avec le langage et les images de choses?

Car il s’agit bien d’un language codé et superposé à un lexique  établi par la culture; ce métalangage de l’anorexie est entièrement ritualisé et demeure incompris compris par les non-initiés.

Pour une personne anorexique, son corps maigre est la norme  représentative choisie de la représentation du corps.

“Thigh space”, poignées cassantes, chevilles osseuses, colonne saillante, jambes fines, size 32, ……tout cela fait partie du code d’appartenance….

Et donc l’impasse est flagrante, l’anorexique dit des choses que les autres ne comprennent pas, car elle même utilise un body langage osseux et rigide masquant ses émotions qu’elle ne connaît pas.

La Figure anorexique nous plonge dans un profond dilemme, à savoir qu’elle ne dit pas “j’ai faim”, (ce que les gens comprennent),  mais “je n’ai pas faim” (ce que les gens ne comprennent pas) et  je veux rien.

Les gens regardent la Figure anorexique avec un air de pitié et de répulsion, voir même des larmes de haine: {Jennifer Garner admited she hated seeing Matthew McConaughey lose weight for role in Dallas Buyers Club. }.

Les gens disent:  “C’est horrible, quelle horreur! Cette fille ne peut pas s’acheter un repas ou quoi???? Cela me dégôute de voir une fille aussi maigre, c’est à vomir”!

La figure anorexique se dit: “Je suis forte, je suis différente, je dis que je ne veux rien de ce que sont ces gens communs, ennuyeux, identiques, insignifiants”.

“Je dis que je n’ai pas faim avec mon corps castré des besoins et désormais unique ornement de désir pour le désir d’être”.

Je dis que ma bouche va parler d’autre chose que la faim et que les choses vont partir en images, et que mes yeux avaleront le désir de l’autre.

Je dis que je bouge, je signifie par ma forme musculeuse et simple, droite avec des courbes sans mensonges et graisse, je dis que tout est noeud et tension et les émotions, tendues et que ma peau ressent tout.

Je joue le cygne noir de velours, celui qui glisse sur l’eau de nuit, celui qui règne dans la brume blanche.

Je figure l’esprit blanc de ma colère et je signifie par ma marche troublante ma destination éthérée.

Je dis que je suis transparente et que j’espère vous avoir poignardé de mon regard noir et immense.

Je dis que je ne reste pas, et je dis mon désir caché d’être votre désirée.

Je dis que les amours ont lieu dans des films Noir et Blanc et que tout s’évanouit dans les vertiges des attirances.

Mon corps en Sarreau de vigne se tord pour apparaître, se distinguer, exister dans le contraste de ma présence fragile.

Mon corps en signe d’un trait ou d’un boomerang vous dit qu’il peut faire mal car il n’est pas dans le présent, mais plus loin, dans le temps, ou ailleurs, dans les chambres du désir.

Mon visage blanc envahi par ma bouche abondante des rouges pavots, par mes amandes scopiques vous déboussolant, vous marque comme un tampon imbibé de l’encre noire.”

C’est donc bien, de la grille lexicale, que le corps anorexique veut échapper, et s’affirmer dans cette résilience d’un signe signe, qui ne veut rien dire que ce qu’il est.

Première image me venant, représentant la Figure  de Style anorexique: une silhouette noire au visage blanc, percé par des yeux diamantaires, rapace et biche, marquise et servante, et s’évanouissant dans la géométrie de cette Avenue Blanche à Paris, Avenue Montaigne par exemple.

Le malaise est là au confin de cet alignement du signifiant corps et de son signifié signe abstrait, image du cygne noir.

Le déficit anorexique est de ne pas dire mais de faire dire au corps des choses qu’il invente, crée, symbolise et dont les autres n’ont pas accès.

 

wallpaper-animaux-cygne-noir-black

 Google Image

Alice Odilon 23/11/2013

 

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Neither Pro-Ana nor Anti-Ana

Lace A

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lace A embracing a body A.

I’m not concerned by the judgments of people unknowing me and especially my Work.

They say, because I tell about anorexia experience, I’m a pro-ana, but it’s wrong.

I’m an anorexia profiler, I decipher anorexia codes and language since 1977, it’s my gift in a certain way, because understanding a mysterious behaviour is the best way to connect with the anorexia sufferer.

I’m an ex-anorexic person. I know this hell and know how to heal persons jailed in this illness.

I healed myself with practice of self-portrait and I’m quite sure that action, target, research of sense, and desire to communicate to others what I felt, has been the best therapy I could use to save my life.

During years I’ve spent a lot of money in Gestalt analysis which was totally inefficient for me.

What saved me was the self constraint to make scenography with symbols, signs, body performance, body acting.

I’m sure that the body has to be involved in the “healing move”,  meaning the sufferer has to feel his body during the analysis, to make it alive by any means.

Cold, fear, anxiety overwhelming my underweight body had to be experienced by myself in order to be rejected and overcome.

Self knowledge of my perdition was my conscience.

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Alice Odilon. 9/11/2013

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Anorexia will change semantic

Forme déforme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

“Forme interne en écho extérieur”. Copyright Alice Odilon 2012

In fact, I’ve been quite surprised about the confusion in which people are, about anorexia.

Yes it’s an illness, but it’s also a deviance which can be positive and resilient and self-defensive.

Anorexia for me is far more than bones and starvation, it’s a metaphor, a bodily metaphor, and a fantastic white star in the moon.

Let me explain:

The myth of anorexia has always existed and will be always on trial, because of misunderstanding, subversive appearance and meaning, horny bony language, face’s fetishism, body’s parts fetishism, body’s representation fetishism.

In supplement I have to consider the duality between anorexia and photography, which is at the moment, on the web, a big commerce.

Since 1977, I was focused on the dilemma: How to decipher anorexia who had taken control of my life?

How to tell about my anorexic world, with unconscious pictures instead of words and medical-psychological analysis?

And how to avoid a didactic sermon in my pictorial narration???

And more than that: How to be stronger than stereotypes, people would automatically, patch on my work, my face, my interventions????

In fact I realized with time, that every artist builds a branding about its specific creation, and it becomes its signature.

Thousand of traps were waiting for me, and I was too young and to innocent to fight against strong enemies like journalists, writers, psychologists, psychiatrists, moralists, puritans….

My only concern was to liberate myself by severe self-portrait  practice (meaning avoiding extreme narcissism, lenient self admiration) with a constant research of sense and symbols use.

My game was to avoid emptiness of the representation, and I tried very hard to overwhelm my bony triumph appearance, in the difficult exercise to product sense in each picture I gave to watch.

That was it.

When I felt I was finished with my pain and my pictorial narrative complaint, I stayed confused, but released.

But then, there was a blank page, I had nothing to say anymore.

It was in 1990, I had lost control of my body again and had became a “normal” person again, a physical common person.

That was what I thought,  and I was terribly lost, because, without my anorexia, I was nothing.

I went in another world,  a bright prestigious fashion Universe: working for press and luxury brands, forgetting my dark side, which was still in every part of me.

One day I thought it was time to re-consider my only problem which was my permanent fear of life,  my body,  my appearance,  and my terror to be judged by the others.

Something was wrong in me and something was wrong between me and the language, the words, the sense, the reality.

I was unable to be myself, I was a representation of a superior self, a beautiful self, but I was not me.

There was a mystery  linking my body and the appearance of it.

Something had to deal with linguistic, semantic, the study of meaning. {It focuses on the relation between signifiers, like words, phrases, signs, and symbols, and what they stand for, their denotation.}

I was convinced that an anorexic person becomes a signifiant instead of a signifié, meaning, an anorexic person lives in a restricted area of identity, the shape instead of the inside, or the inside of the shape instead the appearance of inside??

But much more complicated than that, I was convinced that anorexia was a game reversing the rules of signs and symbols.

There is a fundamental question in Anorexia: What is the pairing of meaning and form in the body, in the identity?

I’m now working on this question: What is trying to say anorexic language? What’s the sense of this inversion?????

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And if the form was the foundation of language?

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Endosser la Figure Anorexique

fairy dust

 

“Snowy Dust” . Copyright Alice Odilon 2010

Mon parti pris est de parler de l’anorexie d’une façon poétique, à l’aide d’une rêverie de la pensée, d’une errance des mots, et aussi d’une libre association d’images, de lieux, de souvenirs, de propres expériences.

Il m’est toujours apparu que parler de l’anorexie se ferait par un chemin de traverse, loin du regard réducteur et mortifère d’une société ultra-codée et schyzée par les stéréotypes et leur fausses évolutions.

La première chose positive m’apparant dans le phénomène de l’anorexie est la création de la figure anorexique créée par la maladie.

je suis convaincue que le “vécu dans la figure anorexique”, donne un sens très dynamique à l’expérience de l’être qui a choisit d’endosser l’habit de figure anorexique.

Cependant cette énigme fantômatique demeure faussement interprétée dans notre imaginaire collectif.

Les lieux communs seraient de dire que la Figure anorexique est la mort vivante.

Pour les regards extérieurs des gens bien placés, “correctement névrosés”, la vision de la manifestation anorexique les agresse, les dérange, les repousse, étant donné leur mauvaise interprétation de cette silhouette imaginaire, qu’ils associent immédiatement au spectre de la mort.

Pour ma part, vue de mon expérience anorexique longue et récurrente, j’ai toujours senti qu’il fallait respirer entre les intéprétations et déductions des “analystes spécialistes de la maladie”.

J’ai effectué une toute autre recherche autour de la construction imaginaire de l’anorexie.

Il m’a semblée qu’il fallait aller chercher plus loin dans la pensée, dans la quête d’une écriture fondatrice, d’une nouvelle naissance radicale, d’une quête de l’essence de l’apparition.

Il est question de naître à la vie, au sens, aux sens, et trouver une légitimité, sinon l’être enclin à l’anorexie, ne peut trouver une place vivante.

Nos objectifs sont tous différents, d’une vie à l’autre, selon nos parents, notre mémoire, nos premiers vécus.

Un événement catalyseur a déclenché le processus de survivance anorexique ( abus sur enfant, viol, violence verbale, inceste latent, abus moral, emprise parentale à contraintes paradoxales)

“Self-Portrait” Alice Odilon 2009

Il est chez certaines personnes des points communs de rêveries et d’absence menant au désir de l’expérience de cette trace figurante, de cette trace empreinte simultanée à sa disparition.

figure antablogAvant tout chez la personne pré-disposée, je reconnais une grande sensualité inhérente, une grande libido, un sens animal des perceptions, peut-être des forces trop vives de vie, des instincts de jouissance innocente et vierge de toute fin.

Sur ce terrain de l’âme, se bâtira, le besoin de mimer la Figure anorexique, devenir cette énigme, ce signe noble et fragile, sublimation de tous ces instincts animaux totalement purs et dont la société fait une lecture travestie, les désignant comme bas et fautifs.

Se fait jour alors, la quête d’une esquisse charpentée comme un signe mouvant, s’effaçant tout en laissant la trace pailletée d’une féérie évanescente et rebelle. Cette figuration dans laquelle s’engage la personne anorexique, est une figure défigurante, dans laquelle, les autres ne peuvent plus la reconnaître, la saisir, la manipuler, la conditionner.

La Figure échappe, fascine,

ne cherche pas de cristallisation dans la mort, mais plutôt dans une autre manifestation possible, végétale, minérale, animale.

Le signe du LoupL’une se transforme en arbre en fleurs, l’autre en cygne sur l’eau noire, en flocon de neige infiniment précis et discret, en renard blanc de l’artique, en aigle blanc aux ailes immenses. L’une voudrait des pattes de biches, l’autre, un corps de mustang, une autre, celui d’un dauphin….. Autant de manifestations

fragiles et incertaines, peut-être trop étouffées pour pouvoir être entendues, reconnues, acceptées.

Cela me fait penser au superbe film de Werner Herzog:

“Jeder fûr sich and Gott gegen alle”. ‘L’énigme de Kaspar Hauser”.

Bruno-Hauser

D’après la véritable histoire de Kaspar Hauser :

L’Énigme de Kaspar Hauser ne se contente pas de nous raconter une histoire incroyable, de nous faire partager le destin tragique d’un homme : c’est un film qui poursuit l’œuvre du cinéaste en questionnant de manière profonde notre place au monde.

L’histoire unique de Kaspar Hauser fait qu’il transporte en lui des questions tenant à la nature profonde de l’homme et de la socialisation : comment acquiert-on le langage ?

Comment se construit notre personnalité ?

Comment finit-on par se fondre dans la société.

“Kaspar naît au monde sans rien en connaître, sans même pouvoir nommer ce qu’il voit. Il découvre un réel pur, vierge de toute trace humaine. Au fur et à mesure qu’il va apprendre à parler, l’univers autour de lui semble se rétrécir et il ne retrouve plus l’extase des premiers instants. La langue tourne autour de considérations purement humaines, considérations dont Kaspar ne fait que peu cas. La découverte du langage est pour lui une joie, mais c’est aussi une malédiction dont peu à peu il prend conscience. Mais, arrivé aussi tardivement au monde des hommes, Kaspar garde en lui une étincelle de cette pureté originelle, un joyau qui n’appartient qu’à lui et que, malgré ses efforts, la bonne société ne pourra lui arracher. La diction si particulière de Bruno S., qui semble parler l’allemand comme une langue étrangère, fait office de barrière : il semble dire à cet entourage qui veut à tout prix le normer qu’il sera toujours Kaspar. Un illuminé, un sot, un fou… qu’importe : il restera Kaspar et gardera ancré en lui cette vision extatique du réel.”

Au début Kaspar Hauser, (dénué de tout contact avec les humains, la nature, l’amour) est pur de tout language, mais son intégration parmi les humains va engendrer sa déchéance, sa perte, sa confusion. Finalement il gardera sa clairvoyance et sa quête de pureté et de vérité jusque dans sa mort.

Ce destin tragique filtré par l’art de Werner Herzog, m’a semblée parler à merveille de l’essence d’une candidate à l’anorexie.

Kaspar Hauser est un être meurtri dès l’enfance, par sa mère,le monde, il survit grâce à son côté visionnaire lui permettant de faire le point sur l’essentiel. Son regard est toujours ailleurs que dans l’anecdote d’un contexte. Il ne se soumet pas au contexte social qui veut l’avilir.

L’anorexique recourt à des subterfuges de manifestation pures et vraies, dégagées de discours de pouvoir, de domination, de religion. Son échec est de ne pas être entendue, aimée comme elle est.

La société des hommes ne veut pas des gens purs, insaisissables et insouciants des enjeux de pouvoir et de domination.

Finalement je pense que la Figure anorexique se révèle en arme redoutable contre une société inhumaine et malade.

Alice Odilon 2/06/2013

 

600full-the-enigma-of-kaspar-hauser-screenshot 

Bruno Schleinstein 

Date of Birth

2 June 1932, Berlin, Germany

Date of Death

11 August 2010, Berlin, Germany (heart failure)

Birth Name

Bruno Schleinstein

 
Mini Biography

The unwanted son of a prostitute, Bruno S. was beaten so severely by his mother at age 3 that he became temporarily deaf. This led to his placement in a mental institution; he spent the next 23 years in various institutions, often running afoul of the law. Despite this past, he a self-taught painter and musician; while these were his favorite occupations, he was also forced to take jobs in factories such as driving a fork lift. Director Werner Herzog saw him in the documentary Bruno der Schwarze – Es blies ein Jäger wohl in sein Horn (1970) and vowed to work with him, which led to his major roles in The Enigma of Kaspar Hauser (1974) and Stroszek (1977). He was very difficult to work with, though, sometimes needing several hours of screaming before he could do a scene.

 

Purchased a piano with his income from The Enigma of Kaspar Hauser (1974) — see Stroszek (1977) for details.

Has become involved in outsider art and an exhibition of some of his works was put on display in New York in 2004.

Director Werner Herzog once named him the “unknown soldier of German cinema”.

He was also the subject of Nazi experiments on mentally disabled children during the Nazi era in Germany.

 

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Antablog c’est comme le yoga: une discipline contre la souffrance

Fair Warrior

Self-Portrait January 2013. Copyright Alice Odilon.

 

J’aime mon Blog, je l’aime, je le respecte et lui ai donné un sens, un rôle.
Antablog doit parler des moyens de résilience empruntés par ceux qui ne supportent pas les codes unilatéraux et faciles de la communication dans cette société de l’égotisme absolu.
Alors Antablog parle des gens anorexiques, oui, des gens autistes, oui, des gens disparus sans laisser de mots, des vagabonds, des gens qui ont tout perdu.

Je suis fière de faire partie de ces personnes là.
Antablog leur est dédié.

Depuis le début de ce blog, j’ai cherché à décortiquer le sens de l’anorexie.
Pourquoi? Que veut dire l’anorexie?

Je peux dire aujourd’hui que c’est une affaire de dignité: la survivance avec l’élégance en plus, et le silence d’un cri immense du corps.
J’ai la certitude aujourd’hui que cette “maladie” cherche à créer un language interdit, mystérieux, un language de résistance.
Des points forts reviennent dans la démarche anorexique: la recherche de l’élégance, la recherche de la pureté, la quête d’un vide actif et fécond.
Le visage, les yeux, assurent pratiquement l’essentiel de l’énergie anorexique.
On dirait que cette maladie veut filtrer notre language par trop superficiel, faux, sourd, indifférent.

En tout cas la société hait l’anorexie plus que l’alcoolisme, la dépendance aux drogues (CANNABIS; COCAÏNE; ECSTASY; HÉROÏNE….) la pédophilie, le proxénétisme, le racisme, la violence domestique et d’autres choses pas belles.
Je me suis demandé pourquoi?

Pourquoi cette peur? pourquoi cette hantise de croiser dans la rue une personne camée par l’anorexie?
Les gens ont peur de son apparence cadavérique, certes, mais ils ont peur de l’endurance de cette personne, de sa solitude extrême, de son message entier qui est un NON à tout ce système totalitaire.
EN Angleterre, une charité s’appèle “Beating anorexia”.

Je n’aime pas ce nom de charité.

Alice Odilon. 2 Février 2013

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X, figure du renoncement anorexique

 




La figure X joue le signifiant et le signifié superposés, confondus, fusionnés.

Absence totale de symbolisation dans l’échafaudage psychique de l’enfant anorexique.

La jeune anorexique incarne le mal qu’elle rejète.

Elle doit le montrer pour l’exorciser.

Elle manque l’étape de la parole élaborée, détachée du corps.

Elle se joue maux (mot), maudite, (mots dits), barrant par sa forme en X, l’approche de sa mère empoisonnante.

- Quelques rappels sur la Psychanalyse et la naissance du sujet: {“Un objet transitionnel est un objet utilisé par un enfant entre 4 et 12 mois, pour représenter une présence rassurante (de la mère).

Avant la période transitionnelle, l’enfant est dans l’illusion : lorsque tout se passe bien, ses cris (déclanchés par exemple par la faim) entraînent une réponse à ses besoins sous la forme

d’un sein (accessoirement un biberon) qu’il fantasme comme étant une partie de lui et qui semble apparaître magiquement.

La mère, normalement dans un état de “préoccupation maternelle primaire”, permet au bébé d’avoir cette illusion d’omnipotence.

Ultérieurement la mère suffisamment bonne sera celle qui introduit progressivement la frustration.

Ainsi va apparaître l’objet transitionnel* permettant à l’enfant de fixer son chagrin lorsque sa mère part.

(Alternance des absences et des présences de la mère ainsi que leur imprévisibilité de manifestation.

*: Terme employé surtout en psychanalyse.}

en.wikipedia.org/wiki/Donald_Winnicott


Il désigne un objet qui est donné à un moment nommé (à un certain moment) par la mère.

Grâce à cet objet, la mère, même absente, est encore symboliquement présente pour l’enfant.

Cet objet est le prolongement de la mère, et l’enfant l’investit comme tel.

Par la suite (nous suivons toujours Winnicot), lorsqu’un objet transitionnel est investi, ce n’est pas l’objet qui est transitionnel, l’objet ne fait que représenter la transition du petit enfant qui passe de l’état d’union avec sa mère à l’état où il est en relation avec elle en tempsque séparé.

Et Winnicot insiste sur ceci :

{“Autant la mère doit avoir pu illusionner son enfant sur sa capacité à créer le sein qui le satisfait, autant elle doit s’employer à le désillusionner, en ne s’adaptant qu’incomplètement aux besoins de l’enfant”.

On peut donc se demander pourquoi l’illusion en tant que telle devient pour lui la fonction majeure de l’objet transitionnel, alors que précisément la présence de cet objet signalerait

plutôt les tentatives que fait l’enfant pour sortir de l’aire d’”illusion d’union” à la “séparation.”}

L’objet transitionnel un sujet en transition (car c’est bien le sujet qui est en transition), un sujet s’ouvrant à la symbolisation.

Il n’est donc pas rare que l’objet transitionnel soit nommé d’un signifiant où s’infiltre le prénom ou le petit nom par lequel l’enfant est lui-même interpellé : Totin, pour Coquin par exemple.”

Le fétiche a par contre un rôle morbide et sadique, il représente la mère sans désir.}

wiki/F%C3%A9tichisme_sexuel


Cet objet fétiche est le fantôme de la relation Mère/Enfant Anorexique.

(“The Imaginary Phallus”)


{In the distinction between penis and phallus, the latter refers to an imaginary object.

The imaginary phallus is perceived by the child as an object of the mother’s desire, as that which she desire ahead of the child, thus the child seeks to identify with this object.

The Oedipus and the castration complex imply the renunciation of the attempt to be the imaginery phallus.}


Je pense que dans l’anorexie, l’enfant n’a pas eu accès au symbolique.

Il n’a pas été nommé, il n’a pas de place respectée, il est honteux, secret, inavouable; il est l’enfant Anorexique en personne.

L’enfant n’a pas pu se représenter l’autre (la mère) en son absence car elle n’était jamais là ou jamais “présence aimante” quand elle était là.

Aucun bon souvenir, aucune chaleur, aucune différence entre le vide de sa présence et celui de sa présence dégôutée, indifférente.

Pourquoi se souvenir de ce vide?

Ce vide est-il la source de vie de l’anorexique?

 

 

Un vide sans mots, sans signes de vie, rien que du jeté mort, du terriblement vidé.

 

 

Aucun accès au répit de consolation.

 

La confrontation au trauma est inéluctable.

L’enfant crée son symptôme comme parade à cette souffrance.

 

en.wikipedia.org/wiki/Sinthome

 

{“The symptom does not call for interpretation: in itself it is not a call to the Other but a pure jouissance addressed to no one.” (LACAN).}

- Le symptôme devient son doudou.

“Le  symptôme est vérité”. Lacan

“Le symptôme est langage dont la parole doit être délivrée.” Lacan.

 

“Le symptôme est le retour du refoulé dans le compromis.” Lacan.

 

 

“Le symptôme a une structure signifiante”. Lacan.

 

“Le symptôme est symbolique. Lacan.

www.answers.com/topic/symptom-sinthome

 

{“Since meaning (sens) is already figured within the knot, at the intersection of the Symbolic and the Imaginary, it follows that the function of the sinthome knotting together the Real, the Imaginary and the Symbolic – is beyond meaning.”}(LACAN).

 

Sans son symptôme, l’enfant devient fou à lier.

Il est le nécessaire bouclier contre la mère néantisante.

Dans l’anorexie, je pense que le sujet se confond avec le fétiche (objet transitionnel tronqué, bugué).

Le sujet devient le fétiche, c’est à dire qu’il représente par lui-même l’absence de la mère.

Il devient l’Être rayé X rayant l’Autre.

Plus tard l’adolescente jeune adulte n’aura pas accès à la triangulation oedipienne.

{Le recours au fétiche traduit un clivage du Moi au niveau psychique, lui barrant l’arrêt à la bisexualité.}

Ainsi dans la genèse de l’anorexie, l’enfant n’a pas eu affaire avec un tiers structurant.

L’objet transitionnel a été jeté à la poubelle par la mère.

Dans le cas de l’anorexie, il fut détruit par la mère en dehors de la vue de l’enfant.

Ce qui empêche l’enfant d’avoir recours à une illusion de consolation; pire il n’aura en héritage que le cauchemar d’imaginer son nounours dans la poubelle, perdu à jamais.

L’enfant se confondra à ce vide consistant imparable, et s’en rendra à lui, comme victime de la Tentation de St Antoine.



 

 

Cette identification passive sera la seule pantomine autorisée par la mère, en simulacre d’acceptation, de soumission, d’annulation du sujet anorexique.

L’enfant cachectique vomit sa mère dès qu’elle s’en va.

Il fait semblant d’aimer sa mère en acceptant tout, en incorporant cette masse hideuse du dégôut de la mère.

Tout compte fait, l’enfant introduit une notion de stabilité et de permanence face à l’absence blessante de la mère, qui revient quand on ne l’attend plus, ou qui surgit alors que l’on en a pas besoin.

L’enfant désormais est devenu rayant rayé.

L’enfant renonce à sa mère, à sa présence rêvée et à son absence redoutée.

Et finalement l’enfant confond le sentiment de sécurité quand elle est présente avec le sentiment de sécurité (répit avoué) quand elle s’absente; car elle n’est pas cette mère si douce et bonne qu’il fantasmait.

Au contraire, celle-ci se révèle mortifère par son indifférence masquée sous des “devoirs ”de mère.

Il advient que cette mère est néfaste au développement psychique de l’enfant incapable de trouver sa place d’objet aimé.

 

L’enfant barre sa douleur par le symptôme de renoncement.

 

 

Le sujet n’existe que dans “son monde” et la schize.

fr.wikipedia.org/wiki/Malaise_dans_la_civilisation

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Confession anorexique d’une cleptomane

Une cleptomanie installée chez Nade depuis plusieurs mois, n’était pas vraiment la raison de son état d’alerte permanent.

– “Impulsion regulière à prendre, indépendante de tout besoin et usage personnel.”
{C’est une façon de prendre pour être prise, tout en espérant ne pas l’être pour ne pas cesser d’avoir à prendre: car en en effet la kleptomanie devient pour certains une source de jouissance dont ils auront du mal à se passer…

Un plaisir compensatoire mais néanmoins suffisamment réparateur dans l’immédiat pour donner envie d’être vécu à nouveau.}
Au départ, chaparder des petits riens devenus plus tard des choses de luxe, vêtements de marque, sacs matriciels en peau d’agneau, croco, crèmes élixir caviar pour la peau, parfums, mouchoirs, dissimulés ensuite dans des boîtes à chaussures. Nade manquait de quelque chose.
- Indicible et honteux.

Quel dégoût immonde d’avoir manqué depuis toujours, l’essentiel, la protection, la foi, la confiance, la joie, la douceur.

Manquer de tout.

“Bottega-Veneta on fire” or “Akoya’s Cleptomania in Harrod’s”. 2006. Copyrights Alice odilon.

Nade, avait dû admettre le “moins” en couverture.

Alors N se sentait un peu seule dans les rues de la vie.

“Akoya’s sadness. 2006. Copyrights Alice Odilon. All rights reserved.

Avec le sentiment imminent d’un danger mortel permanent et dont il fallait faire semblant de ne rien voir.

Un peu la même oppression mortifiante déclenchée par la menace de l’orage, quand elle marchait, enfant, avec son père dans la campagne.

Pour esquiver la foudre blanche, elle lui posait toujours la même question: “- Dis Papa, ll ne va pas venir l’orage?

Et son père lui répondait distraitement:  “- Mais non, mais non, ma Chérie”.

Et la petite fille sentait l’orage envahir toute sa vie et se sentait péniblement céder au spectacle imposant du tonnerre, tel une bombe indéminable.
A force de menaces pesées sur elle,  des menaces extérieures qu’elle devinait probables, proches ou latentes, Nade, désormais adulte, n’arrivait à aucune décision, de savoir si oui ou non,  cette oppression mortelle avait réellement un fond.

Doutant de son manque à manquer, Nade se maintenait hors la loi, ne trouvant jamais la chose qui pourrait apaiser sa quête.

Elle avait fini par ne plus pouvoir se détacher du vide dont elle subissait la donne glissante.

Elle acquit une sorte de conduite, un style de mouvance corrigée dans le feutré.

Des gestes concis, silencieux, en quête de disparition hypertélique.
Cette technique de chasse contrôlée, à l’inverse de satisfaire ses manques, les multipliait impunément.

S’introduire volontairement dans le guêpier et, après avoir prélevé le miel, sortir par la grande porte sous les objectifs de CCTV.
La classe d’un fantôme.

Nade avait saisi le truc: il s’agissait d’agir lentement, apparemment détendue et dans son bon droit.

Aucune alarme ne se déclenchait.

Les vigiles de sécurité ne la remarquaient même pas tant elle semblait quelconque ou usée.

Si par malheur  l’envie exquise lui était venue de ne plus rien gérer, il eût suffit d’un seul affrontement insolent avec la CCTV, se montrer à elle telle qu’elle était vraiment: inquiète, effondrée, avide,  et donc vivante.

Dès la seconde où Nade cesserait le jeu de la dame neurasthéniquement riche, les détecteurs d’activité anormale se mettraient en route et captureraient les preuves vidéo de la perte nadienne, s’avouant hiatus dans ces lieux surveillés.
Une obscène vérité nourrissait l’ossature de ce phénomène socio-sécuritaire, quelque chose de scandaleux aux yeux de Nade: Seul paraître comme tous les autres (renoncés, possédant, possédés par leurs crédits, vacances payées en 3 fois, projets d’agrandissement, “sur- nourris”, avancés dans la vie, épargnants épargnés par la misère) lui accordait leur respect.
Son attitude de refus face à cet ordre des choses, n’avait pas lieu de citer.

Nade n’en avait jamais dit un mot à quiconque.

Copyrights Alice ODILON. All Rights reserved.

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Betsy McCall cannot identify her negative emotions

Betsy Mac Call overwhelmed by sadness

Betsy McCall finally realized she had never been able to identify her negative emotions, and had been forbidden to express anger, to tell about her frustration, she just had to cop with all this shit and her mother and father was not ready to change their mind.

She was overwhelmed by guilt, because she felt constraint to shut up, to be a nice girl, and to admit the coldness of her mother, to be a very submissive daughter, always ready to help, to serve.
She worked hard at school to make her parents happy and she wanted to be a very good person in this wonderful world.

But in fact, things were different behind the surface: Betsy was really feeling confused and lost inside her family life, and was very shy at school.

She knew, she was not allowed to claim anything at home, and didn’t asked for any change either.

She began to stop eating, because she felt discussed about herself, as she felt she was a poor thing, unable to rebel, unable to say no, always demanding more punishment from her mother.

A deep shame had come inside Betsy and now she was feeling a bad girl, an ugly one, useless child, just making trouble with her own presence.

She knew she didn’t suit at all to her mother. And that was that.

Impossible to scream, impossible to fight her mother.
impossible to say no to any pressure on herself.
Finally she became a doll with an innocent welcoming fade face, with constant smile and opened hands.

And she accepted to be so vulnerable, to be this victim of adults.

Now she was a doll, a perfect one, silent, very obedient child, discreet, very sensitive.

And never, never she told something about her rage inside, which in fact was extreme.

She was simply a nice doll, and she wanted to make every one happy.

So happy, that she was ready to become a prostitute when her first lover (a miserable awesome pimp) asked her this favour.

And that was it. She was a nothing, and nobody cared about her.

And life was like that, every day.

Alice Odilon. 10/11/2013

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