Akan choisit d’être une forme parfaite
Akan choisit d'être une forme parfaite divorcée des ombres des enjeux du réel.
Une forme niant le temps, la faim, la haine, la parole, l'écoute.
Cette forme vient par impossibilité de rentrer dans le champ de la vie "active".
L'échec professionnel de photographe oblige Akan à réussir sa stratégie de décomplitude
dans l'allure scopique qu'elle se donne.
N'ayant pas le pouvoir d'être reconnue par son travail Herculéen, elle trouve l'issue
d'être une forme dynamique sorte de mustang "hot horse."
Le choix d'une vie ascétique d'athlète, cache la dépression d'être invisible, pas vue.
Cette façon d'être au monde permet de survivre à l'invisibilité sociale, physique, sexuelle.
"Les corps reflètent les relations sociales qui sont injustes et déformées."
Accepter le rejet du monde de l'Art, son berceau de descendance, déformerait Akan, au sens propre du terme.
Cette déformation humaine de Akan reste tout simplement impossible car porte atteinte à l'image cristallisée
d'après laquelle elle s'est faite, pour durer, endosser les altérations, les blocs de haine, les grands chagrins.
Se dilater, c'est se désintégrer, c'est se morceler, mourir dans un fracas épouvantable.
Alors ballader cette forme aiguisée de minceur, aux yeux de tous, maintient la force A, la force akanienne.
Les restes laissés par Akan se résume à une importante garde-robe, riche de milles tenues pour femme maigre, taille 34.
Akan stocke ces peaux inutilisées, oubliées, rangées, antimitées, car peut-être un jour
la voix s'ouvrira de nouveau au grand défilé de ses panoplies victorieuses.
La forme effilée du corps féminin, incarnée par Akan chante la désinvolture de la conscience.
Perdre la gloire, perdre la visibilité se vit sublimée dans une façon anorectique d'être au monde.
Vieillir n'est pas jouer car maigrir est plus fort.
Entretenir à l'anti-mite cette garde robe c'est croire encore au succès possible d'une vie mondaine.
Toute une vie sporadique endormie dans des linges et ourlets, coutures et doublures,
disponibles au corps anorexique de Akan.
Une chose est restée constante: l'élégance, l'habit anorexique.
Deux enfants, elle a deux filles: Ismene et Poppey.
Son Mari, Sol, vit avec elle dans une grande sérénité et entretient cette paix si chère à Akan.
Après deux vies de couple totalement ratées, elle se trouve bien avec ce troisième homme,
brillant, secret, fragile
et plus âgé qu'elle, ce qui lui donne le sentiment d'être une petite fille avec lui.
Au niveau financier c'est le vide total: son oeuvre n'intéresse que les gens attirés
par l'anorexie; les Galeries parisiennes, new-yorkaises, lui ont désormais fermé la porte au nez
en faveur de jeunes talents frais à boire et à jeter.
Sol amène l'argent du foyer.
Il travaille en temps que cadre dans une charité bien installée.
Leur appartement de 75 m2 se trouve dans un quartier calme de la ville,
une zone populaire sans richesse ni misère.
De toutes leurs histoires ils n'ont gardé que deux fauteuils carrés: Marquises Jacob,
tapissées de soies turquoise aux motifs de Tassinari et Châtel,
et une vingtaine de lampes en Porcelaine 1800, aux Abat-jours Jupons,
richement décorés de Passementeries Declercq.
Il est resté toute la vie de Akan et Sol dans cet appartement modeste, les rêves sont restés,
la mode, le cinéma, les livres, Bonnard, Schiele, Klimt, Elie Faure, Soutine, Kafka, Rachmaninov sont restés intensément
sans jamais faiblir.
Alice Odilon.





































































































Étymologie

cette sorte de 







































