X, figure du renoncement anorexique

 




La figure X joue le signifiant et le signifié superposés, confondus, fusionnés.

Absence totale de symbolisation dans l’échafaudage psychique de l’enfant anorexique.

La jeune anorexique incarne le mal qu’elle rejète.

Elle doit le montrer pour l’exorciser.

Elle manque l’étape de la parole élaborée, détachée du corps.

Elle se joue maux (mot), maudite, (mots dits), barrant par sa forme en X, l’approche de sa mère empoisonnante.

- Quelques rappels sur la Psychanalyse et la naissance du sujet: {“Un objet transitionnel est un objet utilisé par un enfant entre 4 et 12 mois, pour représenter une présence rassurante (de la mère).

Avant la période transitionnelle, l’enfant est dans l’illusion : lorsque tout se passe bien, ses cris (déclanchés par exemple par la faim) entraînent une réponse à ses besoins sous la forme

d’un sein (accessoirement un biberon) qu’il fantasme comme étant une partie de lui et qui semble apparaître magiquement.

La mère, normalement dans un état de “préoccupation maternelle primaire”, permet au bébé d’avoir cette illusion d’omnipotence.

Ultérieurement la mère suffisamment bonne sera celle qui introduit progressivement la frustration.

Ainsi va apparaître l’objet transitionnel* permettant à l’enfant de fixer son chagrin lorsque sa mère part.

(Alternance des absences et des présences de la mère ainsi que leur imprévisibilité de manifestation.

*: Terme employé surtout en psychanalyse.}

en.wikipedia.org/wiki/Donald_Winnicott


Il désigne un objet qui est donné à un moment nommé (à un certain moment) par la mère.

Grâce à cet objet, la mère, même absente, est encore symboliquement présente pour l’enfant.

Cet objet est le prolongement de la mère, et l’enfant l’investit comme tel.

Par la suite (nous suivons toujours Winnicot), lorsqu’un objet transitionnel est investi, ce n’est pas l’objet qui est transitionnel, l’objet ne fait que représenter la transition du petit enfant qui passe de l’état d’union avec sa mère à l’état où il est en relation avec elle en tempsque séparé.

Et Winnicot insiste sur ceci :

{“Autant la mère doit avoir pu illusionner son enfant sur sa capacité à créer le sein qui le satisfait, autant elle doit s’employer à le désillusionner, en ne s’adaptant qu’incomplètement aux besoins de l’enfant”.

On peut donc se demander pourquoi l’illusion en tant que telle devient pour lui la fonction majeure de l’objet transitionnel, alors que précisément la présence de cet objet signalerait

plutôt les tentatives que fait l’enfant pour sortir de l’aire d’”illusion d’union” à la “séparation.”}

L’objet transitionnel un sujet en transition (car c’est bien le sujet qui est en transition), un sujet s’ouvrant à la symbolisation.

Il n’est donc pas rare que l’objet transitionnel soit nommé d’un signifiant où s’infiltre le prénom ou le petit nom par lequel l’enfant est lui-même interpellé : Totin, pour Coquin par exemple.”

Le fétiche a par contre un rôle morbide et sadique, il représente la mère sans désir.}

wiki/F%C3%A9tichisme_sexuel


Cet objet fétiche est le fantôme de la relation Mère/Enfant Anorexique.

(“The Imaginary Phallus”)


{In the distinction between penis and phallus, the latter refers to an imaginary object.

The imaginary phallus is perceived by the child as an object of the mother’s desire, as that which she desire ahead of the child, thus the child seeks to identify with this object.

The Oedipus and the castration complex imply the renunciation of the attempt to be the imaginery phallus.}


Je pense que dans l’anorexie, l’enfant n’a pas eu accès au symbolique.

Il n’a pas été nommé, il n’a pas de place respectée, il est honteux, secret, inavouable; il est l’enfant Anorexique en personne.

L’enfant n’a pas pu se représenter l’autre (la mère) en son absence car elle n’était jamais là ou jamais “présence aimante” quand elle était là.

Aucun bon souvenir, aucune chaleur, aucune différence entre le vide de sa présence et celui de sa présence dégôutée, indifférente.

Pourquoi se souvenir de ce vide?

Ce vide est-il la source de vie de l’anorexique?

 

 

Un vide sans mots, sans signes de vie, rien que du jeté mort, du terriblement vidé.

 

 

Aucun accès au répit de consolation.

 

La confrontation au trauma est inéluctable.

L’enfant crée son symptôme comme parade à cette souffrance.

 

en.wikipedia.org/wiki/Sinthome

 

{“The symptom does not call for interpretation: in itself it is not a call to the Other but a pure jouissance addressed to no one.” (LACAN).}

- Le symptôme devient son doudou.

“Le  symptôme est vérité”. Lacan

“Le symptôme est langage dont la parole doit être délivrée.” Lacan.

 

“Le symptôme est le retour du refoulé dans le compromis.” Lacan.

 

 

“Le symptôme a une structure signifiante”. Lacan.

 

“Le symptôme est symbolique. Lacan.

www.answers.com/topic/symptom-sinthome

 

{“Since meaning (sens) is already figured within the knot, at the intersection of the Symbolic and the Imaginary, it follows that the function of the sinthome knotting together the Real, the Imaginary and the Symbolic – is beyond meaning.”}(LACAN).

 

Sans son symptôme, l’enfant devient fou à lier.

Il est le nécessaire bouclier contre la mère néantisante.

Dans l’anorexie, je pense que le sujet se confond avec le fétiche (objet transitionnel tronqué, bugué).

Le sujet devient le fétiche, c’est à dire qu’il représente par lui-même l’absence de la mère.

Il devient l’Être rayé X rayant l’Autre.

Plus tard l’adolescente jeune adulte n’aura pas accès à la triangulation oedipienne.

{Le recours au fétiche traduit un clivage du Moi au niveau psychique, lui barrant l’arrêt à la bisexualité.}

Ainsi dans la genèse de l’anorexie, l’enfant n’a pas eu affaire avec un tiers structurant.

L’objet transitionnel a été jeté à la poubelle par la mère.

Dans le cas de l’anorexie, il fut détruit par la mère en dehors de la vue de l’enfant.

Ce qui empêche l’enfant d’avoir recours à une illusion de consolation; pire il n’aura en héritage que le cauchemar d’imaginer son nounours dans la poubelle, perdu à jamais.

L’enfant se confondra à ce vide consistant imparable, et s’en rendra à lui, comme victime de la Tentation de St Antoine.



 

 

Cette identification passive sera la seule pantomine autorisée par la mère, en simulacre d’acceptation, de soumission, d’annulation du sujet anorexique.

L’enfant cachectique vomit sa mère dès qu’elle s’en va.

Il fait semblant d’aimer sa mère en acceptant tout, en incorporant cette masse hideuse du dégôut de la mère.

Tout compte fait, l’enfant introduit une notion de stabilité et de permanence face à l’absence blessante de la mère, qui revient quand on ne l’attend plus, ou qui surgit alors que l’on en a pas besoin.

L’enfant désormais est devenu rayant rayé.

L’enfant renonce à sa mère, à sa présence rêvée et à son absence redoutée.

Et finalement l’enfant confond le sentiment de sécurité quand elle est présente avec le sentiment de sécurité (répit avoué) quand elle s’absente; car elle n’est pas cette mère si douce et bonne qu’il fantasmait.

Au contraire, celle-ci se révèle mortifère par son indifférence masquée sous des “devoirs ”de mère.

Il advient que cette mère est néfaste au développement psychique de l’enfant incapable de trouver sa place d’objet aimé.

 

L’enfant barre sa douleur par le symptôme de renoncement.

 

 

Le sujet n’existe que dans “son monde” et la schize.

fr.wikipedia.org/wiki/Malaise_dans_la_civilisation

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Anorexia: The Lack of Meaning

Is there anything from which to subtract my anorexic body?

– There is an enigma in me, an X.

 

The remainder after my fleshly body.

Eliminating all of my carnal, substantive “person”,  drives me to me.

So there is X resulting of the subtraction of my body’s substance.

It still stays a sort of bloody skin without flesh, only bony dry shape

with extensive limbs moving in the air.

 

There is a lack of meaning: “me as an X.”

This lack of meaning is me, and I love it, it’s my strength, hardcore center, the heart of me”.

And it never gives up!

I’ve a happy experience of living in this X.

It’s stronger than my body! stronger than you and your intention of making me  the same as you.

 

I stay “unexplained X.” I’m happy with that!

I’m a damaged “X”ed out object, and a damaging “X”ing out subject as well.

(cf:Ellen Siegelman)(Metaphor and Meaning in Psychotherapy).

Standing in front of you, is introducing myself to you, showing myself as an X.

My X makes me “roped off.”

And I cross my legs and my arms, because I’m scared of you.

This X is the proof of me.

It’s what I’ve made with me and my consciousness, my soul, my heart and my limbs.

But what have I done with the torso of my body?

It’s discussing to think about it.

I’ve thrown it in a dark forgotten cellar.

I don’t remember……

 

This X is a human body without its trunk.

 

I'm a body Seastar

Photo retouchee de Richard Seaman. original on www.richardseaman.com

 

They want me to have a stomach they can fill and shut me up.

They want to judge me by my stomach capacity, my sexual ability,

my profitability.

They want me needing everything all the time, like a greedy pig,

a selfish woman greedy for fame.

There is somenone there, in X, I swear, it’s not an illusion.

Someone with a sex, with a fervently beating heart, a sweety mouth, sharp eyes,

an effective anal sphincter muscle , with spiritual hands and feet.

I feel my cardiovascular system, I feel my blood in my veins, I feel my lungs where my blood is oxygenated,

I feel the pressure of this liquid life.

I don’t feel the reason for digestive system to be here.

I don’t need it.

This process of putrid absorption belongs to a shabby, sinister snake threatening me constantly

to die or to blow up, making poisonous sewage drain away, all over my face,

infesting my opened mouth, blinding my red eyes already dead.

I don’t have a digestive system!

Is that possible I could be a disembodied disobedient girly ghost?

A sort of cross floating in the air?

My X doesn’t seem to be the noble axis “X” on which the  tightrope walker is balancing on his feet.

 

I feel the lack of my mind in this machine X, sometimes.

Because I used to be hidden under X, I ‘ve become confused about who I really am.

I’ve become this bloody skin without flesh, this bloody dumb blind Seastar.

 

X = bloody Seastar

 

Copyright Ken Kurtis

Photo retouchee de Ken Kurtis. www.reefseekers.com 

Is there somebody able to help me to reconnect “all these parts of me with a torso?”

A trunk of needs and full of unsatisfied pleasures.

I cannot embody this unstable trunk of fleshly reality, because it’s real with its castration.

 

I suffer, it’s really true!

Where is X? Where is my consciousness? Where is my body?

Why do my muscles in my thighs hold out even if I keep running so long,

even if I don’t give any sugar to them, even If I’ve vomited before running?

Why am I still alive?

I am more than my body!

(becomes) “I am not my body!”

Where am I????

I’m not in this nasty body.

I love my body and I hate it.

I want to move with my soul, I want to speak with my body,

dancing, running, becoming music.

I’ve never been so sensual when I’ve run to the limits of my possibilities,

when I’ve reached the essential of me, after purging life, food, shit, of my body.

I’m definitely an X person.

Alice Odilon. all rights reserved.

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Anorexie: l’Effet Méduse ou le règne du miroir

Sentant la mort venir et la confusion de mon corps à force de vouloir courir et chasser le trouble, je me suis mis en tête de parler très sérieusement de cet avènement de l’anorexie du sujet.

Tout d’abord l’histoire commence avec un miroir, une petite fille en face de ce miroir, une Mère derrière, légèrement à distance tout en étant dans la même pièce que l’enfant.

La Mère est tout pour la Petite. Elle est sa matrice, son édifice, son pays, le grand Autre.

Survient le jour de la séparation par le miroir……

Fatalement, la petite fille rencontre son image dans ce miroir installé là dans la maison de la Mère.

Et c’est le choc avec le double, l’entrevue avec le “même” qui va engendrer une véritable crise identitaire chez la petite fille.

Persée (Petite Blythe anorexique) confrontée à son image habillée. Copyright Alice ODILON 2009. No clone is free.


L’agression de cette intrusion du double va engendrer la question: “Qui est cette contre façon sans gêne rentrant dans mon champ visuel et vital?”

- Ce à quoi la Mère est censée répondre: “c’est ton image, ma Chérie, simplement ton apparence, mais tu es plus que cela, tu es en grande partie cachée en ton intériorité merveilleuse.”

La petite fille  recevra l’information  aliénante à savoir que ce double c’est elle un point c’est tout.

(Où est le point invisible de l’inconscient?).

L’image du corps est donc littéralement refoulée par l’image spéculaire et devient véritablement inconsciente.

La Petite n’aura désormais plus accès à cette image interne que par l’abord d’une image externe.

{“Dès lors, l’image spéculaire (Moi idéal) servira de modèle à la constitution du Moi du sujet, consacrant définitivement la confusion entre l’autre imaginaire (le semblable, le petit autre) que le sujet sera amené à rencontrer, et le grand Autre (trésor du signifiant) qui est le véritable moteur de la structure”}.

{Cela joue pour elle comme une chape perverse qui la prive d’un recours à la parole et qui la fige dans l’image attendue d’elle}.

Ainsi la petite fille rencontre une étape douloureuse: la constatation de l’écart entre son image et son vécu intérieur, son vrai moi.

Elle n’est pas cette image que sa Mère a désigné comme étant sa fille.

Soudain naît la rivalité entre la Petite et son double asservissant.

(Les deux ne sont pas absolument symétriques et pourtant la petite fille va vivre son double dans le miroir comme l’Autre, omettant la fonction symbolique du langage, laissant vide la place de la parole dans le corps).

Sa Mère est mère de l’Image spéculaire, mais elle n’est pas la Mère de cette vie interne larvaire et non formée qui est son intime intériorité, son “être âme”.

C’est alors que la Petite se retourne vers sa Mère et lui demande encore une fois: “Maman, c’est qui là, en face de moi”?

A cet instant la Mère a tout pouvoir de rétablir l’enfant dans son unité en lui offrant son propre regard miroir aimant, et lui disant: “Tu es ma fille, c’est dit là, dans mes yeux. Le miroir n’est qu’un leurre un reflet sans mémoire ni talent.

C’est à travers notre regard échangé, ma fille, que tu adviens à toi-même et atteins ton moi unifiant.”

Dans le mythe de Persée et la Méduse se joue cette scène de la lutte contre l’aliénation de l’égo.

Persée est la petite fille.


Le Mythe de Persée. (les petites anorexiques face au regard de Méduse). copyright Alice ODILON 2009.

Méduse est la Mère aveugle au regard vide  sans amour.

Le miroir est là comme substitut à la rencontre entre la Mère et la Fille et permet à la Mère infanticide de se décharger de ses responsabilités.

Le miroir est bien utile car il installe une dualité de dépannage, quand la Mère n’est pas apte à donner son regard constructeur pour l’enfant.

La petite fille se trouve coincée face au miroir froid la ramenant à son double démuni de la vie.

Ce n’est pas son image que cherchait l’enfant, c’est la reconnaissance de sa Mère à travers son regard aimant devenant un miroir magique où l’on se construit tout en étant incomplet et en relation avec le Monde.

Le miroir froid ne permet pas la construction du moi, il offre une image unifiée non unifiante dans laquelle la Petite ne trouve rien que le vide plein.

Ce vide là c’est la fusion avec le double, l’image, l’idéal du moi.

Petite Blythe triste repêchant l’oeil noyé dans la mer des Méduses”. Copyright Alice ODILON 2009. No clone is free.

Jamais il n’est permis de vivre dans cet espace là.

La Petite en vient à ne plus avoir confiance dans ce qu’elle voit dans le miroir, car c’est très ennuyeux de n’avoir aucun moyen de changer quelque chose dans le miroir de la normalité et c’est aussi pour elle un moyen de créer un écart avec son image dans le miroir, mettre en pli un espace vacant pour son intime moi refusé par le miroir médusant.

Elle décide de ne plus manger pour voir dans le miroir l’effet que cela fait de se montrer sans chair.

Et çà colle finalement avec son fantasme; la Petite peut tour à tour vérifier son amaigrissement graduel et l’admirer dans le miroir.

La Petite devient amoureuse de ce jeu de pouvoir dans lequel contemplation des os est le substitut à la relation d’amour.

Ainsi la Mère Méduse (aveugle et sans amour) se décharge de son devoir d’illuminer sa fille par son regard d’amour clairvoyant et ainsi paralyse sa fille dans la phase “miroir/ double”.

Si dans la Mythologie, Persée parvient à  faire échouer ce scénario de pétrification c’est parce qu’il ne regarde pas la Méduse aveugle au regard paralysant et qu’il renvoie  par un miroir bouclier le reflet mort de la méduse.

Quand enfin il est tout près, il  peut la décapiter.

Pour sortir de l’anorexie il faudrait que la petite fille soit capable de se détourner du regard négatif de sa mère et  lui renvoyer par ricochet  cette terrible négativité pour enfin la surprendre et tuer ce non-amour de la mère.

Mais hélas l’issue fatale de l’anorexie se tient à l’orée de cette libération de l’image.

“Petite Blythe fuyant le reflet dans le miroir grossissant de Mère méduse”. Copyright Alice ODILON 2009. No clone is free.

La petite fille se donne à voir amaigrie, montre son idéal du moi amaigri, montre le vide dans son image, montre  quelque chose n’ayant  pas été nourri depuis le début.

Le langage est un miroir mobile et il dit le monde; il le dit de mille façons et ce miroir est mouvant, il bouge sans cesse, nous permettant de voir les choses sous différents angles et de sentir l’existence d’une multitude de vérités pour dire une chose parmi des milliers d’autres tout autant visibles sous différentes lumières.

Ainsi le langage renvoie des images vivantes.

L’avènement du langage nécessite divers point de vue pour s’installer dans l’espace, le temps.

On n’advient pas au langage tout seul.

L’Autre nous invite à le découvrir, nous stimule et nous permet de l’appréhender avec le recul et la réflexion.

Le langage est miroir mais le miroir n’est pas langage.

Le commencement du moi advient par jeu d’interactions entre le regard de l’un vers l’Autre qui renvoie vers le miroir qui renvoie vers l’Autre et l’autre.

De un nous sommes deux et de nouveau un et avec l’Autre ou sans l’Autre.

La reconnaissance dans le miroir du langage permet l’accès à soi sans l’aliénation à l’idéal du moi.

La petite fille “en devenir” anorexique rencontre dès ses premiers mois de vie des évitements et des absences de regards de la Mère  amenant  l’enfant à se confondre avec son image, à vouloir la détruire, la marquer pour que l’on puisse venir la repêcher afin de l’inaugurer dans une réalité tactile du langage d’amour.

Ainsi que l’on ne se plaigne pas de voir ces jeunes gamines anorexiques, ces femmes obsédées de finesse, montrer leur corps maigre de poupée au regard pétrifié.

elles sont le fruit de Méduse, la part gélifiée avant le langage libérateur.

“Petite Blythe pétrifiée devant sa Mère Méduse. Mais l’inconscient lui offre la voix de la masturbation”. Copyright Alice ODILON 2009.  No clone is free.

Et J’ai bien peur que le chemin ne soit pas possible en arrière.

On ne doit jamais laisser une petite fille toute seule avec un miroir muet ne reflétant que sa propre reflexion sans écho, sans la parole de l’Autre, et l’autre.

Alice ODILON. NOVEMBRE 2009.

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Akan among the egoists

Avant Akan était l’indésirable Mistigri, la sale égoïste, et pour cela elle aurait voulu être servante 24 heures sur 24, renonçant au moindre de ses propres besoins.

Focalisée sur sa culpabilité, elle ne se rendait pas compte de l’égoïsme des autres et de leur manipulations envers elle.

S’accusant à tord de leur maux, elle fut le parfait instrument bouc émissaire et le boucémissaire des faibles: la sorcière.

Akan vit la vie s’éteindre.

Akan faisant semblant de ne pas souffrir, dominait tous les autres, attentifs à leurs seuls désirs et besoins insatiables.

Pour survivre à leur égoïsme et leur aveuglement, leurs certitudes, leurs idées claires, leurs carrières en pleine croissance, leurs voitures, leur cigarettes, leur argent,

leur vérité incontournable, leur racisme extrême,

Akan n’eut qu’un choix dans la vie: l’anorexie ou le suicide.


“La ligne de l’anorexie ou le suicide”. copyright Alice ODILON 2010.


In the past she had believed she was these only one dirty egoist, they were hunting night and day in order to salve their peaceful lifes, and for this reason she would have like to be a maidservant 24 hours a day, giving up, ignoring her own essential needs.

Focused on her guiltiness, she did not realized the selfishness of the others and their handling towards her.

Accusing herself of being a monster, the black hole, she had been the perfect scapegoat and the shield of weaks: the witch.

Akan saw the life’s death.

Akan pretending not suffering, dominated in secret everybody only caring of its selfish desires and insatiable needs.

To survive their blindness, their certainty, their clear ideas, their full growing carriers, their cars, their cigarettes, their money, their unavoidable matter of life, their extreme racism, Akan had just one choice in life: Anorexia or suicide.

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Anorexic Assertion

“Girl at the window”. Edward Munch. 1894 .Drypoint and roulette (state v/vi) . Rosenwald Collection

The Question for Akan is to produce something special,  something from almost nothing, a little imagination, supported by a fragile momentum of creating,  a minimum of precision and dexterity.

But for that, she needs so much clearsightedness, an exquisite concentration obtained by a lot of starvation, eliminated distraction.

She has to make her life empty of emptyness, of details, of noises, of dysharmony, of hesitation, of doubt.

Akan cannot do that, because she’s only a human being, and won’t be able to hunt all the fear which makes her life.

She has played for so long with anorexic deviant behaviours.

Today, it’s time to confront the present and the death.

There is no way to escape, Akan “is or is not” and the only chance to gain the minimum of charisma will be this dangerous game with Art and survival.

There is no chance to get relief with handcraft work, with clever sewing, knitting, cooking, painting.

The point stays the photography.

How Akan will deal with that and with her anorexia?

With no money, is it possible to create?


“Anorexic Akan in front of her Art”. Copyright Alice Odilon 2010.


With no confidence is it possible to create?

With fear, is it possible to create?


 

“Akan’s tears of fear in front of her assertion”. Copyright alice Odilon. 2010.


Yes it is.

Akan wants to try and to achieve this impossible target.

She will tell about her mediocrity and her common life in this sad country.

The only tool she got, is body,  heart, and imagination.


 

“Emily’s anorexic despair.” Copyright Alice Odilon 2010.


La question pour Akan est de produire quelque chose de spécial, quelque chose  venant de presque rien, un rien d’imagination, appuyé par un fragile élan de création, un minimum de précision et de dextérité.

mais pour cela il faut tant de clarté d’esprit, une concentration atteinte à la force de faire le vide, vider le bruit, les maux; chasser la peur et utiliser sa colère comme une force.

Ce n’est pas tous les jours, possible, il faut pour cela être un champion de l’être, ce que n’est pas Akan.

Akan veut affirmer le trait de son être.

Le dessin de son corps, sa voix, ses yeux, ne vivent que l’instant d’une photographie.

On devra s’en tenir là.

Anorexique ou pas, habile ou imprécise, absente ou clairvoyante, Akan a le devoir de s’écrire, sinon elle meurt d’ennui dans la boue gluante des jours comptés.

Décider, se lancer dans une pratique d’écriture demande un courage de toucher sa profonde médiocrité, ses insuffisances, sa confusion infinie.

La photographie répond plus au doute de Akan de son droit d’exister. Clic, c’est plus vif qu’un solide coup de trait noir sur la toile.

L’inhibition et le doute ont empêché Akan d’acquérir les techniques du trait.

Elle est devenue le signe de ce trait.

Son être entier s’est condensé en un mot: “anorexie”; par défaut de ne pas accéder à la confiance en soi, nécessaire à l’affirmation de soi dans l’action.

Maintenant Akan prend conscience de cet interdit immense qui l’a toujours destinée à être privée de sa dextérité et de l’assurance de ses gestes.

Aujourd’hui ses pas raisonnent avec vivacité encore.

Il reste très peu de temps.


Alice Odilon November 2010.

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The original anorexic Effort of Life

Definition of effort:

Struggle, striving.

Effort, application, endeavor, exertion imply actions directed or force expended toward a definite target.

Effort is an expenditure of energy to accomplish some objective: “she made an effort to control herself.”

Effort involves resistance, speed, power, endurance, strength and the list goes on when we talk about anorexia.

Application is continuous effort plus careful attention: constant application to duties.

Endeavor means a continued and sustained series of efforts to achieve some, often worthy and difficult, end: a constant endeavor to be thin.

Exertion is the vigorous and often strenuous expenditure of energy, frequently without an end: out of breath from exertion.


We can speak of “hypertelic anorexic effort” of life.

That means anorexic effort doesn’t have any other target that to never stop and improve the score of thinness and will power.

At one stage, the effort is done because it’s the reason to stay alive, as no sense has been found or retrieved in its own existence.


It’s not “dying to be thin”, it’s starving to stay alive.


We can speak of spiritual fast {that incorporates personal spiritual beliefs with the desire to express personal principles.}

I’m pretty sure, that common anorexia is an aspiration of spiritual transformation, because the anorexic person at this stage feels all is wrong with her and her beliefs, her acquired social behaviours.


She wants to take control of her life.

It doesn’t necessary means that the pre-anorexic person is a psychotic individual.

That means there’s been a misdeal at the origin or at a certain decisive point.

And something has to be changed obviously for vital reason.

Original, careless Anorexic tactic becomes unavoidable, inexhaustible, (and certainly unacceptable for those getting the power of the phallocratic establishment.)


This opening phase of taking control inaugurates the need to be in charge with its own life.

The suffering subject finds the way to destroy her stress and negative self in “miraculous lack of appetite”.

Starvation offers access to another world of new, original sensations.

Previous boring colourless life appears as lifeless, infertile experience.

Prodigious anorexia shows the way of re-birth and freedom.

But there is a very high price for “anorexic takeoff.”

The candidate for this ultimate challenge has to be brave and persistent to get the achievement of herself.

It’s all about character.

A sort of endless marathon with no mercy.

And therefore the anorexic person, nourishing herself with nearly nothing, will show an effective force as distinguished from the possible resistance called into action by such a force.



 

“self-portrait: Anorexic marathon” 2010. copyright Alice ODILON

It’s all about highest level and mind labor.

The anorexic girl comes from a dark point to a bright one.

She applies a drastic effort to exercise against maximal resistance, like she would have to lift a maximal load.

“La Tête de Cheval” 1984. Copyright Alice ODILON


She was so depressed in her previous normal life.

Now targeting size zero, she finds happiness and feels much secure.

There is a sense of this anorexic tactic: finding the light, finding the other way to live an eternal new imprudent life.

Jeopardized anorexic life incarnates security and future for the courageous candidate.

Probably the anorexic effort (starvation, hyper-activity, high level of sport training, faith in light) permits to reach the best thing in life.

Because nothing is much better than to be an unfinished person.

“The endless bridge of anorexia”.copyright Alice ODILON 2010


The 22th of March 2010.

Alice ODILON.






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The Doll “Isee” and the androgynous temptation of anorexia

Je crois que cela se passait en Hiver, en janvier, dans cette ville inconnue, où je vivais chaque nuit dans mes rêves acérés.

A quelques dizaine de mètres de la tour akanienne, un petit café parisien avait imposé ses tables et badots, parmi lesquels je reconnus aisément Flower Doll avec sa capeline de pétales blanches, le Ragdoll cat, jouant à Lolita derrière ses immenses lunettes noires, dissimulant le bleu trop bleu de ses yeux ronds.
Assise plus loin, j’identifiais sans hésitations, malgré ce nouveau béret tombant, blanc également, la petite Akan, soucieuse de la beauté de sa peau et qui barrait le soleil grâce à sa nouvelle coiffure immaculée.
Elle aussi portait de larges lunettes noires pour éviter l’assaut des rayons UV sur le contour de ses yeux immenses.
Syndra Raynaud, “La Main coupée” fumait une cigarette blonde vanillée, les doigts longs étirés langoureusement, appuyée contre le bras de la Petite Akan.

Elle semblait avoir oublié sa “propriétaire”, la poupée voleuse amputée par les milices Iranniennes.

Qui, elle, n’avait toujours pas montré le bout de son bras.

Betsy Mac Call, seule, manquait à ce rendez-vous en terrasse; tombée de fatigue, immergée dans une sieste platiforme au 32 étage de la tour, après avoir couru quelques 40 km la veille pour: “The anorexic paper doll Charity”.

- Mince alors! s’écria la poupée fleur (habituellement muette et aveugle) en regardant arriver cette créature indécise et délicieusement ciselée, de l’autre côté de l’Avenue A.

- Elle est nue, sa tête est nue. Si maigre et si belle! Ses seins sont presque inexistants, pointés comme des dunes de sable. Murmura un homme assis à côté d’une pin-up jalouse.

- Elle est si blanche, si longue, si tendue!

Enchérit une jeune femme laide, à la peau couperosée et aux cheveux bruns courts, assise à une table à côté.

- Quelle façon particulière de marcher! Quelle élégance gauche!

S’étourdit Syndra Raynaud, les doigts déployés vers le ciel.


“The Androgyn Doll “ISEE”. Alice Odilon 2011


- Regardez! Ses yeux glacés chavirent au delà d’elle-même, comme si l’orgasme sexuel venait de traverser son corps de poupée au sexe indéterminé.

Ajouta la main coupée, soudainement bleutée par une sorte d’excitation envahissante.

- Elle semble avoir faim, de loin, je vois sa faim, la négation de sa faim en elle, pour être belle, indépendante, et insoumise. S’écria le Ragdoll cat, assis à côté de Flower doll.

- Elle semble vouloir échapper à son ombre.

- Quelle drôle d’inquiétude se lit sur son visage!

- Oui, elle semble terrifiée par quelque chose qui ne se voit pas, qui ne se dit pas! ajouta Akan aux aguets.

- Ces yeux transparents, c’est terriblement troublant! ronronna le chat!

- Un tel désarroi dans ce regard de verre, une telle déception! quelle pauvre poupée! s’écria le garçon de café, pâle de fatigue.

La créature incertaine avançait d’un pas silencieux et cassé comme celui d’un pantin.

La rigidité de ses membres empêchait un mouvement délié et entraînait des rythmes saccadés, surprenants, inquiétants et en même temps extrêmement séduisants.

Plus personne ne pouvait quitter des yeux cette poupée raidie et anéantie par l’absence de toute identité.

Il était plaisant de voir qu’elle n’appartenait ni au genre masculin, par son port de tête et la finesse de sa peau marbrée de froid, par la longueur de ses cils noirs caressant la lumière de la nuit, ni au genre féminin par ses allures adolescentes de jeune garçon insurgé.

Akan l’imagina, déchet de plaisir, prostituée, transsexuelle empêchée, esclave dieu offert aux violences et déjection d’une communauté grasse de pouvoir et de mensonges.

De son corps, on aurait dit celui d’un Apollon amaigri par la soif d’être une femme.

Cette allure terriblement enfantine et prostituée de poupée égarée, disparaissait parfois dans la lumière, si l’on considérait ses bras et l’angulation aiguë de ses jambes.

Rien d’une femme, tout d’un jeune homme et en même temps ni l’un ni l’autre! Une jeune femme maigre au sexe nu, à vendre!

Une tatouée, une brûlée par les cigarettes, un androgyne épilé pour la scène et la jouissance des illuminatis.

(L’objet des désirs enfouis chez ces Messieurs de pouvoir, masquant leur indomptables pulsions homosexuelle et prédatrice.)

- Un ange castré aux allures de fée perdue, sale, et wagabonde.

Virilité et vulnérabilité épousaient les forces saillantes de sa peau à fleur d’os.

Sa maigreur n’était plus, son squelette était tout, ses allures habillaient la chair disparue.

En même temps, ce manque de tout, inspirait une sauvage sexualité à tout ceux qui la regardait: un fantasme de viol, d’attaches, de claques et de possession terminale sur ce corps dénué de possession.

Elle semblait si embarassée de vivre son personnage, cette carcasse aristocratique.

Aveuglée par la peur, elle se sentit brutalement dévisagée par ces gens regroupés aux terrasses.

Elle lança  un regard de verre, opalescent et vif, cruel et tendre à la fois.

Comme pour dire: “je veux disparaître mais je veux subir votre désir criminel de me violer.”

Son être si incandescent se réfugiait dans des yeux admirables, impossiblement beaux, et son squelette érectile, qui finirait par tomber en cendre.

Akan eut très envie de l’inviter à s’assoir parmi ses amis.

Mais était-il humain de demander à quelqu’un de si affamé de se joindre à ceux qui vivent?

Alice Odilon. 21 of January 2011

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Anorexia facebook revolution

Depuis toutes ces années 8o, à Paris, Noir et blanc, où j’ai cultivé mon style biche parisienne aux yeux d’amandes obscures, fine allumette corporelle,

et casual style, où je passais pour une avant-gardiste de l’auto-portrait anorexique, écuyère de l’écriture photographique,

j’ai attendu le jour où les femmes oseraient parler de leur connection avec l’anorexie, leurs affinités avec cette attitude de dieting,

de starvation, leur choix de dire non au corps féminin “entendu” avec ses rôles et ses symboles, avec son statut de potiche et de cruche, et aussi ce rôle de se taire.

Anorexic Offender

“Self-portrait” 2009. “The defiance of Jane”.

Avec Facebook, le moyen de se dire est devenu plus facile, même si l’on reste parfois dans le monologue narcissique.

Les jeunes anas ont rapidement utilisé Facebook  pour  se reconnaître entre elles, faire des amis skinnis, bonny,

parler de toute cette honte, cette colère en elle, cette peur d’être banale, cette soif d’être singulière, cette aspiration à être au-dessus des lois biologiques,

cette égomania vertigineuse, parlant en fait d’un malaise absolue des nanas d’aujourd’hui dans leur peau de femme.

 

Self-portrait 1982 Alice odilon. Copyrights.

Je vois que pas mal de belles “anas”, nanas du monde entier, fines, racées, voir parfois très belles, sont entrain de connecter sur Facebook,

pour dire leur corps éveillé, en quête de moi; en quête de source, en quête de sens, en point sur les “I”.
Oui, c’est un phénomène positif, elles sont nombreuses et intelligentes, aiment le sport, les Arts,

la photographie; elles ont plein de questions à vous poser, savoir comment on fait pour vivre en femme heureuse,

autonome, mère, amoureuse, légère, belle, scandaleuse et désireuse de passions.

Elles viennent avec leur beauté, leur désir de vivre en beauté.

Elles ne détruisent rien sur leur passage sauf les perspectives punitives de leur statut de femme.

Mystery of anorexia

“Le code secret de l’Anorexie”. Self-Portrait 2009. Alice Odilon Copyrights.

Elles veulent une image d’elles, quelque chose de valable, quelque chose de Yang avec du Ying et une fantaisie en plus dans le moteur.

Je les invite toutes à rejoindre Antablog, à écrire ce qu’elles veulent.
Ces anas ont un point communs, celui d’être extrêmes, casse-cou, hyper à fleur de peau, rebelles, déterminées, passionnées, border-line aussi, dangereusement attirée par leur propre perte s’il en faut pour se trouver enfin.

Au lieu de faire taire toutes ces anas obscessionnelles, il serait plus intelligent et plus courageux de les écouter, les considérer, sans les huer, les condamner comme des sorcières.

Ces nanas là ont un cerveau et de l’esprit et aussi ont une envie très forte de vivre.

Ecoutons les anorexiques, respectons les, qu’elles trouvent leur place, que leur travail et leur création les fassent dépasser leur peur d’être mortelle, banale.

De toute façon on ne guérit pas de l’anorexie, on négocie avec. Et l’on en sort en partie,  très construite et battante.

C’est un code qui vous suit toute votre vie et il vous faut l’admettre et comprendre ce qu’il veut vous dire au fond de vous.

 

“Les Hontes”2008. Alice Odilon Copyrights. Série réalisée en hommage aux “missing persons de Vancouver downtown 1995″.

(Je montre cette image car le fait est que nombreuses des victimes de Pickton, étaient des femmes addictives, anorexiques, et rejetaient les principes de notre société machiste.)

 

Les amies anorexiques sur Facebook sont des filles en changement, avec un désir très fort de changer les choses ennuyeuses de la vie.

Elles ne sont pas heureuses d’être anorexiques, mais elles essayent de savoir pourquoi, comment c’est arrivé dans leur corps et leur âme et elles en parlent.

Facebook permet à toutes sortes de gens qui souffrent de se trouver et de partager ces questions dont la société a toujours voulu taire les origines.

Alors ne faisons pas taire les anorexiques, ne les agrafons pas en 4X3 sur des affiches “anti-disorder” servant à augmenter la peur, la haine, le tabou autour de l’anorexie.

Parlons peu mais bien, comme le corps anorexique.

Alice Odilon. 12/10/2011

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The Anorexic look

Je vois très bien à cette heure, le profil d’Akan, la figure de fil , le corps cygne:

“Blythe and the Swan in cemetery”. Copyright Alice Odilon 2009

Les cheveux fins, bruns foncés, coupés en bol, des yeux couleur hazel striés de minuscule traits noirs, feux, émeraude, turquoise, des sourcils dessinant les ailes d’une hirondelle.

Sa peau pâle, sans défaut, éclaire sa bouche, pulpeuse contrastant avec la maigreur des joues ombrées par leur absence.

Le cou se tient en  tige de nerfs et de sang, insolent de grâcilité.

Après je vois les seins opulents, tant ils semblent lourds contre la cage thoraxique à même la peau, sous le tee-shirt blanc en coton simple.

“Tee, skin, and eyes”. Copyright Alice Odilon 2010.

Quelle drôle de rapport entre les omoplates saillants et ces bras dénués de chair lourde.

Puis vient le ventre plat tendu en bouclier de femme.

Viennent des belles fesses fermes, fesses de garçon, sans graisse et sans appel, habillées d’un jean peu usé, aux coutures et revers  blanchies par les lavages.

Les jambes longues étroites et serties de muscles secs signent leur vocation de s’enfiler dans un jean de teen.


“Panoplie anorexique.” Photo Abercrombie and Fitch.


Les mains noueuses rougies et blanches racontent tout de l’anorexie, les brûlures du froid, les peurs d’être regardées.

Les pieds osseux parlent d’une noblesse innée, celle des maigres marathoniennes.

Pas un seul bijou parasite l’écriture de ce corps calligraphique.

Il reste d’Akan, les yeux vifs, imprenables, toujours vivants, sauvages sans cruauté.

Alice Odilon.28 Septembre 2010


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The ghostly energy of anorexia

In the crowd there are anorexic people moving differently.

Their dark energy behaves like a form of negative energy, gravitational repulsion.

“Gravitational repulsive Energy”. Copyright Alice ODILON 2009. All rights reserved.

The nature of this force remains a mystery.

The pure essence of this dark energy creates energy phantom as the energy of an amputated limb.

This form of energy is sometimes also called “zero point energy”.

Sometimes these anorexic persons are so agitated, “elusive”, they seem untouchable like virtual photon particles.

The vacuum anorexic energy is the amount of produced  and saved energy to achieve the zero point and draw the body space time.

Alice ODILON December 2009.

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Confession anorexique d’une cleptomane

Une cleptomanie installée chez Nade depuis plusieurs mois, n’était pas vraiment la raison de son état d’alerte permanent.

– “Impulsion regulière à prendre, indépendante de tout besoin et usage personnel.”
{C’est une façon de prendre pour être prise, tout en espérant ne pas l’être pour ne pas cesser d’avoir à prendre: car en en effet la kleptomanie devient pour certains une source de jouissance dont ils auront du mal à se passer…

Un plaisir compensatoire mais néanmoins suffisamment réparateur dans l’immédiat pour donner envie d’être vécu à nouveau.}
Au départ, chaparder des petits riens devenus plus tard des choses de luxe, vêtements de marque, sacs matriciels en peau d’agneau, croco, crèmes élixir caviar pour la peau, parfums, mouchoirs, dissimulés ensuite dans des boîtes à chaussures. Nade manquait de quelque chose.
- Indicible et honteux.

Quel dégoût immonde d’avoir manqué depuis toujours, l’essentiel, la protection, la foi, la confiance, la joie, la douceur.

Manquer de tout.

“Bottega-Veneta on fire” or “Akoya’s Cleptomania in Harrod’s”. 2006. Copyrights Alice odilon.

Nade, avait dû admettre le “moins” en couverture.

Alors N se sentait un peu seule dans les rues de la vie.

“Akoya’s sadness. 2006. Copyrights Alice Odilon. All rights reserved.

Avec le sentiment imminent d’un danger mortel permanent et dont il fallait faire semblant de ne rien voir.

Un peu la même oppression mortifiante déclenchée par la menace de l’orage, quand elle marchait, enfant, avec son père dans la campagne.

Pour esquiver la foudre blanche, elle lui posait toujours la même question: “- Dis Papa, ll ne va pas venir l’orage?

Et son père lui répondait distraitement:  “- Mais non, mais non, ma Chérie”.

Et la petite fille sentait l’orage envahir toute sa vie et se sentait péniblement céder au spectacle imposant du tonnerre, tel une bombe indéminable.
A force de menaces pesées sur elle,  des menaces extérieures qu’elle devinait probables, proches ou latentes, Nade, désormais adulte, n’arrivait à aucune décision, de savoir si oui ou non,  cette oppression mortelle avait réellement un fond.

Doutant de son manque à manquer, Nade se maintenait hors la loi, ne trouvant jamais la chose qui pourrait apaiser sa quête.

Elle avait fini par ne plus pouvoir se détacher du vide dont elle subissait la donne glissante.

Elle acquit une sorte de conduite, un style de mouvance corrigée dans le feutré.

Des gestes concis, silencieux, en quête de disparition hypertélique.
Cette technique de chasse contrôlée, à l’inverse de satisfaire ses manques, les multipliait impunément.

S’introduire volontairement dans le guêpier et, après avoir prélevé le miel, sortir par la grande porte sous les objectifs de CCTV.
La classe d’un fantôme.

Nade avait saisi le truc: il s’agissait d’agir lentement, apparemment détendue et dans son bon droit.

Aucune alarme ne se déclenchait.

Les vigiles de sécurité ne la remarquaient même pas tant elle semblait quelconque ou usée.

Si par malheur  l’envie exquise lui était venue de ne plus rien gérer, il eût suffit d’un seul affrontement insolent avec la CCTV, se montrer à elle telle qu’elle était vraiment: inquiète, effondrée, avide,  et donc vivante.

Dès la seconde où Nade cesserait le jeu de la dame neurasthéniquement riche, les détecteurs d’activité anormale se mettraient en route et captureraient les preuves vidéo de la perte nadienne, s’avouant hiatus dans ces lieux surveillés.
Une obscène vérité nourrissait l’ossature de ce phénomène socio-sécuritaire, quelque chose de scandaleux aux yeux de Nade: Seul paraître comme tous les autres (renoncés, possédant, possédés par leurs crédits, vacances payées en 3 fois, projets d’agrandissement, “sur- nourris”, avancés dans la vie, épargnants épargnés par la misère) lui accordait leur respect.
Son attitude de refus face à cet ordre des choses, n’avait pas lieu de citer.

Nade n’en avait jamais dit un mot à quiconque.

Copyrights Alice ODILON. All Rights reserved.

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La forme sans épluchures


La vie de Akan égale un sacerdoce, celui de la honte.

La honte de la pauvreté et la solitude, et pour les autres la peur d’être pauvre et seul en s’approchant d’elle.

Akan le sait depuis des lustres.

Quelle irrésistible envie d’échouer là où personne n’ose se risquer!

Par la photographie, la grande Photographie américaine, japonaise, européenne…

Akan trouve la grâce dans les images de Nancy Rexroth.


Copyright Nancy Rexroth.

Brassaï.

 

Copyright BrassaÏ.


Irina Ionesco.

Copyright Irina Ionesco.


Fukase.

 

copyright Fukase

Copyright Fukase.


Jeff Brouws.

Copyright Jeff Brouws.


Abott, Watkins, Vestal.

 

Copyright David Vestal.


Tina Modotti, Diane Arbus.

Copyright Diane Arbus.


Meatyard.

Copyright Meatyeard.


Outerbridge.

 

“William Curent and his first wife”. 1950. Copyright Paul Outerbridge.


Boubat.

 

Copyright Boubat.


 

Drtikol.

Copyright Frantisek Drtikol.


copyright Frantisek Drtikol.

et d’autres……

Elire l’action dans le champ de la photographie, ne pas parler.

Commencer d’abord, ressentir par soi-même, reconnaître certaines choses ayant un sens fort pour soi, les choisir, les mettre dans un ordre très personnel, parfois remis en cause par soi-même.

Accéder au plaisir d’être encore en vie après les coups de fusil.

Marcher seule dans les rues, entendre les hirondelles, courir des heures durant sans jamais s’arrêter.

Akan aime les étoffes en velours, les sièges Louis XVI, le stle Art Deco, les  lampes italiennes Fortuny, les chandeliers ruisselants d’étincelles, les miroirs Murano, les  fresques de Paolo Ucello, Fra Angelico, le vin de la terre africaine, les sacs Hermès, les parfums de Lutens.

L’ affinité pour ces choses, suppose un vécu anorexique de la réalité.

Les scènes de cette vie nécessitent un décor special afin d’être enregistrées..

Les autres humains incarnent l’energie, les tensions, les forces et les discordes.

Dans l’aire de Akan, avant la venue du modèle de sa vie, déambule seulement un homme, son mari, très absent, même quand il est à la maison, et l’une de ses filles, Ismene.

Les gens jouent des rôles différents dans les histoires, ils ne sont pas seuls, leur destins se mêlent à d’autres au rythme différent, au son désaccordé.

Pour Akan, la vie de réclusion lui permet d’échapper à l’injustice et à l’incompréhension.

La réalité la viole, elle a honte de sa peau, d’être vivante et désespérée.

Honte de se tenir bien, encore, dans ce dénuement le plus total.

Une seule chose peut rompre l’ennui pourri des jours.

Akan naturellement photographe, essaye de se défaire de cette terrible habitude, mais en vrai,son plus grand fantasme reste toujours de rencontrer son modèle alter-ego avec laquelle elle puisse jouer en série, un crime, un cri-me.

L’audace de placer une scène dans cette vie subie, soumise et banale, relève du plus beau défi, du courage des grands chevaliers.

Dans ses veines coule un sang de chevalière, pouvant se payer le luxe d’abîmer la réalité, d’en créer une autre, déformée.

Elle  va rencontrer encore une fois la figure anorexique modèle essentielle de son existence.


 

“Image de défilé manipulée”.

Akan’s life equals priesthood, that of shame.

The shame of poverty and loneliness, and for others, the fear of being poor within only approaching her.

Akan knows it for ages.

What sort of irresistible desire is it to succeed where others dare not venture?

Through photography, the great American Photography, Akan finds grace in the images of Nancy Rexroth


Copyright Nancy Rexroth”.

Imogen Cunningam, Abadzic, Edward Curtis, Julia Margaret Cameron, Brassai, Irina Ionesco, Fukase, Brouws, Abott, Watkins, Vestal, Tina Modotti, Diane Arbus, Meatyard,

Outerbridge, Bellocq, Boubat, Drtikol and other ……

Electing action in the field of photography, shutting up.

Starving first, feeling for herself, recognizing certain things, selecting some of them, putting them in a personal order, as soon contradicted by herself.

Getting the pleasure of being alive after the shots.

Walking alone in the streets, hearing the swallows, running for hours without ever stopping.

Akan loves velvet fabrics, Louis XVI seats, Italian Fortuny lamps, chandeliers dripping with sparks, Murano mirrors, frescoes by Paolo Uccello, Fra Angelico, the wine of the African soil, Hermès bags, Lutens perfumes.

The affinity for these things, requires an incomplete experience of reality.

The scenes of life require a setting to be saved ..

Others embody the scene, tension forces and discord.

In the area of Akan before the coming of “the Model of  life”, wanders just a man, her husband, very absent even when he is home, and one of his daughters, Ismene.

People play different roles in the stories, they are not alone, their destinies mingle with others at different pace, the sound out of tune.

Akan, hiding in her life allows her to escape the injustice and incomprehension.

The reality rapes her, she’s ashamed of her skin, to be alive and desperate.

Shame to keep well, even in this abject poverty.

One thing can break the boredom rotting days.

Akan naturally photographer trying to get rid of this terrible habit, but in real, her greatest fantasy is always to meet her alter-ego model with which she can play series, as a crime, a cry-me.

The audacity to build a scene in this suffered, common life, evokes the greatest challenge, the courage of the great knights.

In her veins flows the blood of an author, which can afford to spoil reality to create another, distorted one.

She will meet again the “Anorexic Figure” essential to her existence.

Alice ODILON. The 17th of May 2010.

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Deciphering “The Flood” by Aron Wiesenfeld

Flood sRGB copy“The Flood” By Aron Wiesenfeld

 

C’est l’aube ou la fin de l’après-midi.

Peut-être l’Eté….

La lumière laiteuse aveugle mon désir de savoir d’où elle vient.

Finalement elle se trouve dans un contre-jour, grisant sa face et son regard ombré.

Cette fille surgit (survit pour un temps) de son viol en aval, dans la brume, là où n’est que mystère et marécage, perdition, peur, non-dit.

Le temps est suspendu, c’est un contre-temps, un temps de sursaut au sens littéral, où le sujet revient à la réalité, mais dans quel état???

Etait-ce un rêve? Est-ce une métaphore de la force de survie?

Elle n’est pas nue, mais presque.

Il lui reste ses sous-vêtements blancs.

Elle est fine, jeune, démunie de toute sécurité.

Il me semble que ses yeux ne visent plus rien.

Une autre menace trône sur les épaules frêles de la jeune vicitime: Ne pas se retourner lui donnera la possibilité de vivre.

Le peintre induit notre regard vers la jeune fille, et nous empêche de voir ce qui est au fond, derrière.

Nous sommes nous mêmes aveuglés par la méduse et nous sommes mortifiés par cette image.

Seul le contact de son pied nu touchant le bithume, lui donne l’espoir d’une fin de cauchemar.

Ses épaules rentrées font saillir ses côtes et je vois ses cheveux mouillés, salis par la terre et les herbes du fossé, collés par la sueur, le sperme aussi de son agresseur (ses agresseurs??).

Ses pieds sont nus, on l’a déshabillée, on lui a fait très mal; elle est perdue, anéantie.

Désormais sa vie sera peine dans l’errance.

Ce tableau pop surréaliste offre un sujet silencieux, au bord de quelque chose, émergeant d’un traumatisme tu.

Le vide, la victimisation du sujet nous porte tout de même sur la route symbole de secours potentiel ou d’abandon récurrant……

Nous sommes dans l’incertitude, le mystère, la peur de l’inconnu….

Il s’agit d’une vision traumatique postérieure au traumatisme.

J’ai choisi ce tableau car il décrit un événement de la honte et de la détresse, dont personne n’aura été témoins, (si ce n’est le peintre qui lui, rapporte cet événement “honteux de la détresse féminine violée”.)

Car elle est seule à ce moment précis, elle fuit l’assaut dont elle est encore victime.

La lumière seule donne une touche pastel calmant l’oeil de mon interrogation.

 24 Janvier 2014

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Sémantique et Sémiotique de la figure anorexique

cygne noir

 

 

 

 

 

 

 Google image

La figure du cygne noir condense le message et la forme: l’anorexie est un signe de non-dire, un signe noir du cygne blanc. (Le vilain petit canard devenu un oiseau Impérial.)

 La Sémantique concerne les signifiés.  

- Quel est le sens de la figure anorexique?

La Sémiotique concerne les signifiants.

 – Quelle est la forme apparente de la figure anorexique, sa manifestation visuelle?

J’utilise la métaphore concrétisée du cygne noir pour représenter la figure anorexique.

Cela me rassure car je m’encapsule dans une forme vivante dont je ressens l’expérience physique (celle du dédoublement par le reflet dans l’eau, de la couleur noire par opposé du blanc absent-omniprésent, du corps qui glisse sur l’eau sombre et profonde dont je redoute les mystères et tout l’inconnu, celle du corps fluide et solide de l’oiseau à la grâce impériale, celle du corps mystérieux cachant un autre moi, un devenir vivant, possible.

Cette identification au cygne noir, me permet d’écarter d’autres traumatisantes expériences corporelles fatales.

Cette image concrète du cygne noir, défend mon self en danger de désintégration.

Cela se joue dans mon expérience anorectique: ma pureté , (celle qui me fait vivre), je la trouve dans la simplicité et la solidité  (la minceur, la finesse, la frugalité, la danse, la course à pied, la marche….. l’exploration de l’espace vaste et libre).

En fait cette cristallisation de mon self dans la pureté et la finesse forte de mon corps sont quasiment proportionnelles à mon manque de moi, le peu d’existence de ma personne par rapport aux autres.

{The body speaks when there is a lack of a good-enough verbal language to identify and express emotions.} Rizzuto 2001

{When psychic reality is poorly inte- grated, the body takes on an excessively central role for the continuity of the sense of self.

Some adolescents (such as early-onset anorexics) experience existential anxieties in relation to puberty: as if they have ceased to exist — have become different people.

There is psychic equivalence between the experience of body shape and its concrete parameters; to be thinner is felt to be superior and is therefore superior.

However, anorexia nervosa demonstrates the shortcomings of body language, given its impossibility to comment itself.

There is a need to develop a language about such forms of communication — a metalanguage to build this interpersonal interpretive capacity.

The aim is to create a reflexive space, with the possibility of distinguishing control from control, emotional clarity from purging and attempted self-repair and self-construction from self-destruction…}

Copyright # 2007 John Wiley & Sons, Ltd and Eating Disorders Association.

La métaphore concrète (ex: la silhouette efflanquée) du corps anorexique évoque: je veux rien de ce que vous voulez, je suis une chose qui dit non et qui est là, tendue dans sa manifestation, comme un étendard sanglant.

Cette métaphore concrète me permet d’attirer votre attention, et stimuler votre intérêt.

L’objectif premier de cette  métaphore concrète aurait été de vous faire comprendre mon désir de changement dans mon corps et mon âme, mais au lieu de cela, vous ne comprenez rien à cette figure objet de ma personne représentée par mon anorexie, et vous rejetez mon message de vie que vous interprétez comme menace de mort.

Mon langage vous ne le comprenez pas, car mon langage ne dit que des choses physiques à la place de mes émotions cryptées inaccessibles.

Ce langage de mon corps vous dit “rien” que vous ne compreniez.

Cette forme de corps dans ma tête, prend divers aspects: celle du fil,  l’arbre nu, le sarreau de vigne, la dentelle, le trait, la parenthèse, la flèche, la ponctuation, le symbole mathématique du zéro et de l’infini, le caractère grec ou latin, le pictographe, l’azawakh, l’étoile de mer, l’hirondelle, la mésange, le petit piaf, le loup, le renard, la biche.

Toutes ces formes sont directes et sans flou, mais ne disent pas tout de ce que je suis et de ce qui est en moi, de ressenti.

J’ai des affinités avec ces formes abstraites ou physiques, mais il manque ce que je ressens.

Peut-on  envisager un décodage de l’Anorexie parlante, parlée, en jouant avec le langage et les images de choses?

Car il s’agit bien d’un language codé et superposé à un lexique  établi par la culture; ce métalangage de l’anorexie est entièrement ritualisé et demeure incompris compris par les non-initiés.

Pour une personne anorexique, son corps maigre est la norme  représentative choisie de la représentation du corps.

“Thigh space”, poignées cassantes, chevilles osseuses, colonne saillante, jambes fines, size 32, ……tout cela fait partie du code d’appartenance….

Et donc l’impasse est flagrante, l’anorexique dit des choses que les autres ne comprennent pas, car elle même utilise un body langage osseux et rigide masquant ses émotions qu’elle ne connaît pas.

La Figure anorexique nous plonge dans un profond dilemme, à savoir qu’elle ne dit pas “j’ai faim”, (ce que les gens comprennent),  mais “je n’ai pas faim” (ce que les gens ne comprennent pas) et  je veux rien.

Les gens regardent la Figure anorexique avec un air de pitié et de répulsion, voir même des larmes de haine: {Jennifer Garner admited she hated seeing Matthew McConaughey lose weight for role in Dallas Buyers Club. }.

Les gens disent:  “C’est horrible, quelle horreur! Cette fille ne peut pas s’acheter un repas ou quoi???? Cela me dégôute de voir une fille aussi maigre, c’est à vomir”!

La figure anorexique se dit: “Je suis forte, je suis différente, je dis que je ne veux rien de ce que sont ces gens communs, ennuyeux, identiques, insignifiants”.

“Je dis que je n’ai pas faim avec mon corps castré des besoins et désormais unique ornement de désir pour le désir d’être”.

Je dis que ma bouche va parler d’autre chose que la faim et que les choses vont partir en images, et que mes yeux avaleront le désir de l’autre.

Je dis que je bouge, je signifie par ma forme musculeuse et simple, droite avec des courbes sans mensonges et graisse, je dis que tout est noeud et tension et les émotions, tendues et que ma peau ressent tout.

Je joue le cygne noir de velours, celui qui glisse sur l’eau de nuit, celui qui règne dans la brume blanche.

Je figure l’esprit blanc de ma colère et je signifie par ma marche troublante ma destination éthérée.

Je dis que je suis transparente et que j’espère vous avoir poignardé de mon regard noir et immense.

Je dis que je ne reste pas, et je dis mon désir caché d’être votre désirée.

Je dis que les amours ont lieu dans des films Noir et Blanc et que tout s’évanouit dans les vertiges des attirances.

Mon corps en Sarreau de vigne se tord pour apparaître, se distinguer, exister dans le contraste de ma présence fragile.

Mon corps en signe d’un trait ou d’un boomerang vous dit qu’il peut faire mal car il n’est pas dans le présent, mais plus loin, dans le temps, ou ailleurs, dans les chambres du désir.

Mon visage blanc envahi par ma bouche abondante des rouges pavots, par mes amandes scopiques vous déboussolant, vous marque comme un tampon imbibé de l’encre noire.”

C’est donc bien, de la grille lexicale, que le corps anorexique veut échapper, et s’affirmer dans cette résilience d’un signe signe, qui ne veut rien dire que ce qu’il est.

Première image me venant, représentant la Figure  de Style anorexique: une silhouette noire au visage blanc, percé par des yeux diamantaires, rapace et biche, marquise et servante, et s’évanouissant dans la géométrie de cette Avenue Blanche à Paris, Avenue Montaigne par exemple.

Le malaise est là au confin de cet alignement du signifiant corps et de son signifié signe abstrait, image du cygne noir.

Le déficit anorexique est de ne pas dire mais de faire dire au corps des choses qu’il invente, crée, symbolise et dont les autres n’ont pas accès.

 

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 Google Image

Alice Odilon 23/11/2013

 

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Betsy McCall cannot identify her negative emotions

Betsy Mac Call overwhelmed by sadness

Betsy McCall finally realized she had never been able to identify her negative emotions, and had been forbidden to express anger, to tell about her frustration, she just had to cop with all this shit and her mother and father was not ready to change their mind.

She was overwhelmed by guilt, because she felt constraint to shut up, to be a nice girl, and to admit the coldness of her mother, to be a very submissive daughter, always ready to help, to serve.
She worked hard at school to make her parents happy and she wanted to be a very good person in this wonderful world.

But in fact, things were different behind the surface: Betsy was really feeling confused and lost inside her family life, and was very shy at school.

She knew, she was not allowed to claim anything at home, and didn’t asked for any change either.

She began to stop eating, because she felt discussed about herself, as she felt she was a poor thing, unable to rebel, unable to say no, always demanding more punishment from her mother.

A deep shame had come inside Betsy and now she was feeling a bad girl, an ugly one, useless child, just making trouble with her own presence.

She knew she didn’t suit at all to her mother. And that was that.

Impossible to scream, impossible to fight her mother.
impossible to say no to any pressure on herself.
Finally she became a doll with an innocent welcoming fade face, with constant smile and opened hands.

And she accepted to be so vulnerable, to be this victim of adults.

Now she was a doll, a perfect one, silent, very obedient child, discreet, very sensitive.

And never, never she told something about her rage inside, which in fact was extreme.

She was simply a nice doll, and she wanted to make every one happy.

So happy, that she was ready to become a prostitute when her first lover (a miserable awesome pimp) asked her this favour.

And that was it. She was a nothing, and nobody cared about her.

And life was like that, every day.

Alice Odilon. 10/11/2013

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Neither Pro-Ana nor Anti-Ana

Lace A

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lace A embracing a body A.

I’m not concerned by the judgments of people unknowing me and especially my Work.

They say, because I tell about anorexia experience, I’m a pro-ana, but it’s wrong.

I’m an anorexia profiler, I decipher anorexia codes and language since 1977, it’s my gift in a certain way, because understanding a mysterious behaviour is the best way to connect with the anorexia sufferer.

I’m an ex-anorexic person. I know this hell and know how to heal persons jailed in this illness.

I healed myself with practice of self-portrait and I’m quite sure that action, target, research of sense, and desire to communicate to others what I felt, has been the best therapy I could use to save my life.

During years I’ve spent a lot of money in Gestalt analysis which was totally inefficient for me.

What saved me was the self constraint to make scenography with symbols, signs, body performance, body acting.

I’m sure that the body has to be involved in the “healing move”,  meaning the sufferer has to feel his body during the analysis, to make it alive by any means.

Cold, fear, anxiety overwhelming my underweight body had to be experienced by myself in order to be rejected and overcome.

Self knowledge of my perdition was my conscience.

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Alice Odilon. 9/11/2013

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Anorexia will change semantic

Forme déforme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

“Forme interne en écho extérieur”. Copyright Alice Odilon 2012

In fact, I’ve been quite surprised about the confusion in which people are, about anorexia.

Yes it’s an illness, but it’s also a deviance which can be positive and resilient and self-defensive.

Anorexia for me is far more than bones and starvation, it’s a metaphor, a bodily metaphor, and a fantastic white star in the moon.

Let me explain:

The myth of anorexia has always existed and will be always on trial, because of misunderstanding, subversive appearance and meaning, horny bony language, face’s fetishism, body’s parts fetishism, body’s representation fetishism.

In supplement I have to consider the duality between anorexia and photography, which is at the moment, on the web, a big commerce.

Since 1977, I was focused on the dilemma: How to decipher anorexia who had taken control of my life?

How to tell about my anorexic world, with unconscious pictures instead of words and medical-psychological analysis?

And how to avoid a didactic sermon in my pictorial narration???

And more than that: How to be stronger than stereotypes, people would automatically, patch on my work, my face, my interventions????

In fact I realized with time, that every artist builds a branding about its specific creation, and it becomes its signature.

Thousand of traps were waiting for me, and I was too young and to innocent to fight against strong enemies like journalists, writers, psychologists, psychiatrists, moralists, puritans….

My only concern was to liberate myself by severe self-portrait  practice (meaning avoiding extreme narcissism, lenient self admiration) with a constant research of sense and symbols use.

My game was to avoid emptiness of the representation, and I tried very hard to overwhelm my bony triumph appearance, in the difficult exercise to product sense in each picture I gave to watch.

That was it.

When I felt I was finished with my pain and my pictorial narrative complaint, I stayed confused, but released.

But then, there was a blank page, I had nothing to say anymore.

It was in 1990, I had lost control of my body again and had became a “normal” person again, a physical common person.

That was what I thought,  and I was terribly lost, because, without my anorexia, I was nothing.

I went in another world,  a bright prestigious fashion Universe: working for press and luxury brands, forgetting my dark side, which was still in every part of me.

One day I thought it was time to re-consider my only problem which was my permanent fear of life,  my body,  my appearance,  and my terror to be judged by the others.

Something was wrong in me and something was wrong between me and the language, the words, the sense, the reality.

I was unable to be myself, I was a representation of a superior self, a beautiful self, but I was not me.

There was a mystery  linking my body and the appearance of it.

Something had to deal with linguistic, semantic, the study of meaning. {It focuses on the relation between signifiers, like words, phrases, signs, and symbols, and what they stand for, their denotation.}

I was convinced that an anorexic person becomes a signifiant instead of a signifié, meaning, an anorexic person lives in a restricted area of identity, the shape instead of the inside, or the inside of the shape instead the appearance of inside??

But much more complicated than that, I was convinced that anorexia was a game reversing the rules of signs and symbols.

There is a fundamental question in Anorexia: What is the pairing of meaning and form in the body, in the identity?

I’m now working on this question: What is trying to say anorexic language? What’s the sense of this inversion?????

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And if the form was the foundation of language?

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