L’ennui devient immense et envoûtant dans cet appartement au 2ème étage.
“Self”. copyright Alice ODILON 2009.
Akan passe des heures à faire le ménage dans ce duplex moderne d’un immeuble de la ville moyenne.
Elle a peur “d’y revenir”: de revenir à ses désirs de créations immobilisant l’ordinaire.
La routine et la mort au quotidien semblent plus confortables pour Akan devenue si angoissée de trouver un modèle dans cette cité dont elle n’a aucune idée.
Elle n’a rencontré personne ici, parle plus ou moins bien la langue du pays et se réfugie toujours dans son appartement “panic-room”.
Trouver un modèle demande de se justifier, d’expliquer à l’autre le monde à inventer, à jouer dans des scènes immédiates, fraîches, inventées, inspirées par l’audace et le courage d’être différente.
Photographier un modèle dans les rues ou les aires de cette ville obligerait Akan à se faire voir par les autres dans son rôle de photographe, d’auteur isolée, d’anarchiste fragile et perdue.
Le modèle n’aurait pas de merci pour elle, attendrait tout de sa direction d’acteur, de ses désirs, de ses vues et de ses actions de metteur en scène.
Il faudrait encore endosser cette peau d’artiste sans commanditaires et, pour Akan, c’est devenu difficile, douloureux.
Je pense que Akan est sur le point de renoncer.
C’est un moment triste, le moment où peut se déclarer un cancer, une grave inertie, quelque chose du genre “en travers”.
La Tentation de St Antoine tend ses bras maudits à cette photographe renfermée.
Triste oui, c’est triste de voir quelqu’un s’ennuyer autant et perdre son temps à avoir peur.
Une après-midi de pluie, Akan, fait paraître une annonce sur facebook, pour se lancer à la recherche d’un modèle ultra-slim idéale pour ses mises en scènes photographiques, une fille vivant dans la ville ou dans un périmètre de 5 miles.
Akan attend des réponses……..mais rien ne vient……..
Infinite Boredom paralyzes everything in this second floor apartment.
Akan spents hours cleaning this duplex in a modern building in the city average.
She is afraid to “rehab”, to return to her creative desires of immobilizing the ordinary.
The routine and the daily death seem more comfortable for Akan became so anxious to find a model in this city whose she has no idea of anything.
She does not meet anyone here, more or less speaks the language and always stays in her “panic-room” flat.
Finding a model requires to justify, explain to the other the world to invent, to play in fresh, invented scenes inspired by omnipresent bold and the courage to be different.
Photographing a model on the streets of the city requires Akan to be seen by others in her role as isolated photographer,
fragile and lost anarchist.
The model wouldn’t thank her for it, waiting for directions to follow, waiting for orders, desires, views and actions by the director photographer.
She will have to endorse her skin of artist without sponsors and for Akan it becomes impossible and painful.
I think that Akan is about to give up.
It is a sad moment, when cancer may occur, serious inertia, something like “across”.
The Temptation of St. Anthony holds out her arms to this accursed confined photographer.
Sad, yes, it’s sad to see someone get bored and lost all the time.
An afternoon of rain, Akan, puts an ad on facebook, to start looking for an ultra-slim model perfect for her personal photographs, a girl living in the city or no further than 5 miles.
Akan is waiting for answers but nothing is coming …….. .
Alice ODILON The 19th of May 2010.

Alice ODILON
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