Anorexia, marathon and achievement

“Anorexia run”.Copyright Alice Odilon Janvier 2010.


Akan la maigre, court  sur le tapis de course depuis 2 heures et déjà son visage osseux ruissèle de sueur, des mots mal dits.

Sur l’écran, les chiffres parlent: 27km, vitesse 13.5

Des kilomètres parcourus sans autre but que d’être brûlés comme des calories condamnés.

Affichés  sur l’écran ces signes vous disent:  Akan court,  respire, suit un rythme cardiaque identifiable, mais ne vous parlent pas de ce monde où elle vit réellement : celui  de la Photographie.

Et pourtant Akan ne mange que des amandes, du pain et  du chocolat et boit du Shiraz avec prédilection.

Jamais d’excès en matière d’ingurgitation, elle a toujours eu peur d’avaler; horreur d’avaler sa mort et sa vie dans une même déglutition et d’étouffer soudainement de n’être plus cet oiseau là qui sautille librement en évitant le chat.

Akan, l’athlète sèche comme la vigne, regarde droit devant, sans plus attendre les réponses à ses années de quête photographique.

Implacable Master photography, rien ne peut ficeler le média, Fine Art Photography, n’appartient à personne, c’est une entité absolue comme la peinture, l’écriture.

Quand on la clef, on est sauvé.

Akan accède aux jouissances  pleines du marathon et au paradis de l’écriture.

Mais jamais l’argent, jamais le pouvoir social.

La rançon de vivre son art libre,  coûte la vie.

Cela, Akan le sait quand elle monte sur l’appareil de fitness le plus populaire.

Alice Odilon. Septembre 2010.

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