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L’hotel, 20 Juin 2005

“Nade dans la Chambre Jaune.” 2011. Copyright Alice Odilon.

Dans la chambre jaune Nade s’est enfermée depuis hier soir.

La jeune femme se hisse dans l’espace clos dont la paroi mal éclairée cache des objets soustraits à la vue, des boîtes à chaussures vides, un butin.
L’alcôve d’un boudoir, la lumière rouge et blanche, des photos, un tableau ovale sur le mur: “Madame Bovary”.

Ce petit retrait de femme joue le rôle de bunker- sentinelle. (Panic-room semblerait aussi, approprié.)

De la fenêtre masquée par trois tentures en désaccord, Nade peut voir arriver de la rue, anticiper la venue des policiers.

Elle guette de temps en temps le bruit d’un moteur inconnu, plus puissant que d’ordinaire.

Dans ce cachot de nid, elle arrange des boîtes les unes aux autres, les étiquette afin de se rappeler, mettre à distance les évidences de son future proche.

Alice Odilon. Copyright.

Portrait de Nade

 

“Portrait de Nade”. Copyrights Alice Odilon 2012. All rights reserved.

L’histoire commence avec son visage enregistré régulièrement par les CCTV.
Nade avance dans la lumière des néons, offerte aux écrans de sécurité.

Sa peau exacerbe la luminance des effets de blancs. La regarder c’est la toucher, tant le voile de son épiderme se fond dans une poussière de porcelaine.

La fluidité de ses joues relie les traits de poupée asiatique.

Des sourcils délicatement précis au ton de roses bulgares, des taches de rousseur réparties en petites étoiles sur la chair des pommettes et les ailes du nez, lui donnant un air de campagne, quelque chose de rare et citronné, une Eau Impériale de Guerlain.
Cette radiance du visage inaugure le sentiment d’une perception amplifiée, fondamentale.

Ce teint de peau éclaire l’histoire: par sa faute Nade mourra plus tôt.

Le masque de poupée raconte les sentiments les plus durs à supporter.

Le visage de fulgurance avalé par les yeux.

Le nez, la bouche s’érèctent en petits phallus roses.

Les lèvres tendrement tendues demeurent délicatement fermées.

Au lieu de crier.

Alice Odilon. 2008. Copyright.

Marbre de Veines

“Marbre de Veines”. Décembre 2011. Copyrights Alice Odilon

 

Prélude

Les martinets de soie noire l’avaient dressée dans l’enfance, à l’absolu.

Tandis que sa mère réduisait la vie, sans se rendre compte de ce qui lui arrivait.

Ils revenaient comme une naissance; les cris sifflaient dans l’espace, sillonnaient les cours d’immeubles en ville.

Les beaux immeubles Haussmanniens, dans l’un desquels Nade avait grandit.

Les martinets noirs.

L’été, dans son lit, couchée trop tôt, elle s’évanouissait de leurs cris.

Leur plaisir la faisait jouir.

Alice Odilon. Extrait du livre “hirondelle@anorexicque.com”. Copyrights.

Fear and rage to live in anorexia.

“The red mask”. 2011. Copyrights Alice Odilon.

J’ai mis Lisbone, the anorexic doll, dans la lumière, comme un flaconnage de cristal, pour voir sa force

“Lisbone, the anorexic Doll, in the light of truth”. Alice Odilon Copyrights. Dec 2011. All rights reserved.

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