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The Doll “Isee” and the androgyn temptation of anorexia

Je crois que cela se passait en Hiver, en janvier, dans cette ville inconnue, où je vivais chaque nuit dans mes rêves acérés.

A quelques dizaine de mètres de la tour akanienne, un petit café parisien avait imposé ses tables et badots, parmi lesquels je reconnus aisément Flower Doll avec sa capeline de pétales blanches, le Ragdoll cat, jouant à Lolita derrière ses immenses lunettes noires, dissimulant le bleu trop bleu de ses yeux ronds.
Assise plus loin, j’identifiais sans hésitations, malgré ce nouveau béret tombant, blanc également, la petite Akan, soucieuse de la beauté de sa peau et qui barrait le soleil grâce à sa nouvelle coiffure immaculée.
Elle aussi portait de larges lunettes noires pour éviter l’assaut des rayons UV sur le contour de ses yeux immenses.
Syndra Raynaud, “La Main coupée” fumait une cigarette blonde vanillée, les doigts longs étirés langoureusement, appuyée contre le bras de la Petite Akan.

Elle semblait avoir oublié sa “propriétaire”, la poupée voleuse amputée par les milices Iranniennes.

Qui, elle, n’avait toujours pas montré le bout de son bras.

Betsy Mac Call, seule, manquait à ce rendez-vous en terrasse; tombée de fatigue, immergée dans une sieste platiforme au 32 étage de la tour, après avoir couru quelques 40 km la veille pour: “The anorexic paper doll Charity”.

- Mince alors! s’écria la poupée fleur (habituellement muette et aveugle) en regardant arriver cette créature indécise et délicieusement ciselée, de l’autre côté de l’Avenue A.

- Elle est nue, sa tête est nue. Si maigre et si belle! Ses seins sont presque inexistants, pointés comme des dunes de sable. Murmura un homme assis à côté d’une pin-up jalouse.

- Elle est si blanche, si longue, si tendue!

Enchérit une jeune femme laide, à la peau couperosée et aux cheveux bruns courts, assise à une table à côté.

- Quelle façon particulière de marcher! Quelle élégance gauche!

S’étourdit Syndra Raynaud, les doigts déployés vers le ciel.


“The Androgyn Doll “ISEE”. Alice Odilon 2011


- Regardez! Ses yeux glacés chavirent au delà d’elle-même, comme si l’orgasme sexuel venait de traverser son corps de poupée au sexe indéterminé.

Ajouta la main coupée, soudainement bleutée par une sorte d’excitation envahissante.

- Elle semble avoir faim, de loin, je vois sa faim, la négation de sa faim en elle, pour être belle, indépendante, et insoumise. S’écria le Ragdoll cat, assis à côté de Flower doll.

- Elle semble vouloir échapper à son ombre.

- Quelle drôle d’inquiétude se lit sur son visage!

- Oui, elle semble terrifiée par quelque chose qui ne se voit pas, qui ne se dit pas! ajouta Akan aux aguets.

- Ces yeux transparents, c’est terriblement troublant! ronronna le chat!

- Un tel désarroi dans ce regard de verre, une telle déception! quelle pauvre poupée! s’écria le garçon de café, pâle de fatigue.

La créature incertaine avançait d’un pas silencieux et cassé comme celui d’un pantin.

La rigidité de ses membres empêchait un mouvement délié et entraînait des rythmes saccadés, surprenants, inquiétants et en même temps extrêmement séduisants.

Plus personne ne pouvait quitter des yeux cette poupée raidie et anéantie par l’absence de toute identité.

Il était plaisant de voir qu’elle n’appartenait ni au genre masculin, par son port de tête et la finesse de sa peau marbrée de froid, par la longueur de ses cils noirs caressant la lumière de la nuit, ni au genre féminin par ses allures adolescentes de jeune garçon insurgé.

Akan l’imagina, déchet de plaisir, prostituée, transsexuelle empêchée, esclave dieu offert aux violences et déjection d’une communauté grasse de pouvoir et de mensonges.

De son corps, on aurait dit celui d’un Apollon amaigri par la soif d’être une femme.

Cette allure terriblement enfantine et prostituée de poupée égarée, disparaissait parfois dans la lumière, si l’on considérait ses bras et l’angulation aiguë de ses jambes.

Rien d’une femme, tout d’un jeune homme et en même temps ni l’un ni l’autre! Une jeune femme maigre au sexe nu, à vendre!

Une tatouée, une brûlée par les cigarettes, un androgyne épilé pour la scène et la jouissance des illuminatis.

(L’objet des désirs enfouis chez ces Messieurs de pouvoir, masquant leur indomptables pulsions homosexuelle et prédatrice.)

- Un ange castré aux allures de fée perdue, sale, et wagabonde.

Virilité et vulnérabilité épousaient les forces saillantes de sa peau à fleur d’os.

Sa maigreur n’était plus, son squelette était tout, ses allures habillaient la chair disparue.

En même temps, ce manque de tout, inspirait une sauvage sexualité à tout ceux qui la regardait: un fantasme de viol, d’attaches, de claques et de possession terminale sur ce corps dénué de possession.

Elle semblait si embarassée de vivre son personnage, cette carcasse aristocratique.

Aveuglée par la peur, elle se sentit brutalement dévisagée par ces gens regroupés aux terrasses.

Elle lança  un regard de verre, opalescent et vif, cruel et tendre à la fois.

Comme pour dire: “je veux disparaître mais je veux subir votre désir criminel de me violer.”

Son être si incandescent se réfugiait dans des yeux admirables, impossiblement beaux, et son squelette érectile, qui finirait par tomber en cendre.

Akan eut très envie de l’inviter à s’assoir parmi ses amis.

Mais était-il humain de demander à quelqu’un de si affamé de se joindre à ceux qui vivent?

Alice Odilon. 21 of January 2011

If Akan becomes “object a”, she will die

Akan a buté sur une citation de Jacques Lacan, issue du Séminaire X: “L’amour consiste à offrir quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas.”

Maintenant elle s’interroge : “ai-je connu cette échange unique avec quelqu’un?”

Oui, elle l’a connu quelques secondes, dans un village de France, perdu dans le sud.

Elle venait de quitter en pleurs son analyste,  elle était désespérée, le néant l’avalait, elle ne comprenait plus sa vie.

Lui, il l’a rattrapée en bas dans la rue, en prétextant aller chercher des cigarettes au tabac, il l’a regardée quelques secondes pour l’atteindre, et elle a sentie si fort ce regard d’amour.

Elle l’a refusé sans savoir, par instinct auto-destructeur, elle s’est refermée sur elle, sur rien.

Elle savait qu’il ne pouvait pas lui donner ce qu’il donnait déjà à quelqu’un d’autre, elle le savait, elle ne pouvait que refuser de connaître cette couleur amère amoureux.

Il eût été question de passion en place de l’amour.

Et cela lui semblait trop enivrant.

(Sur cette photo c’est autre chose: Akan les a photographiés à Lisbonne/airport, lui il ne l’aimait plus, et elle demandait son amour.

Elle lui donnait tout sauf ce qu’il attendait, et lui ne voulait pas de cette demande là.)

Alors la maigre Akan se penche sur son enfance et cherche des traces d’ amour.


Akan a été la fille de Andrée , la mère affamante.

{Quand l’Autre rabat l’amour au niveau du besoin, dit Lacan, il est étouffant.}

{Quand l’Autre « confond ses soins avec le don de son amour », quand l’Autre, à la place de donner ce qu’il n’a pas – ce qui est la définition de l’amour –} ne donne que la nourriture inerte.

Quand l’Autre, donc, à la place de donner ce qu’il n’a pas «  gave Akan de la bouillie étouffante », alors Akan a refusé de satisfaire à la demande de Andrée : « Akan gavée de bouillie-leurre d’amour,  a refusé la nourriture et a joué de son refus comme d’un désir de rien, d’un rien fécond, avec une charge potentielle positive.

Elle arrache son propre coeur de son corps, pour mieux voir et vivre.

“Oculaire Cardiaque”. Copyright Alice Odilon 2009.


Akan utilise son anorexie comme son signe identificatoire,  vouant un culte au rien sacré.

Akan ne se représente pas, elle ne vit pas dans son corps, simplement dans ses yeux.

S’il fallait qu’un miroir la réfléchisse il montrerait une forme filiforme placardée d’un manteau plat sans profondeur ni intérieur.

L’image d’Akan dans le miroir est une housse en plastique,  pas grand chose d’elle-même puisque tous les vêtements vitaux sont enfermés et rendus  invisibles par le contenant à fermeture éclair.

Akan sert de  porte-manteau en os, la seule structure capable de tenir tête au mauvais oeil de la mère méduse.

L’habit ne fait pas Akan.


“Anorexie”. {“Abercombrie and Fitch” picture.}


Le manteau  spéculaire  cache le ceintre maigre et habille la douleur.

Mais Akan se cache dans bien moins encore.

Akan se cache dans son  regard, elle  incarne l’objet regard.

La césure corporelle s’effectue par les yeux.

Le regard est le lieu où Akan “tient son moi et même son corps”. { Françoise Dolto : l’enfant du miroir}.

Çà vit uniquement dans son regard.

Les yeux sont le sanctuaire de vie de Akan. Ils ne se représentent pas, ils voient.

Akan est l’objet regard dont la présence meurtrie.

Son regard tue.

Alice Odilon. 21 septembre 2010.

Akan stumbled over a quotation of Jacques Lacan, in  Seminary X: “ Love consists in giving something that other one doesn’t have to somebody else who does not want it ”.

Now she asks herself: “ did I knew this sort of unique exchange with anybody ?”

Yes, she knew it, once a time,  for some seconds, in a village of France, lost in the south.

She had there just left  her analyst, she was despaired, she didn’t understood her life anymore.

The analyst  caught her in the street below, by using as an excuse going  to buy cigarettes in tobacco, he looked at her to attain her, and she felt so very much this look of love.

She refused it without knowing how to accept what she wanted so much, by auto-destructive instinct, she closed again on her, on nothing.

She knew that he could not give her what he has already given to somebody else, she knew it, she could only refuse to know this pain of loving failure.

It would have been question of live passion instead of love.

And it seemed forbidden for them.

Then thin Akan remembers her childhood and searches traces of  love.

Akan was the daughter of Andrée, the “starvation” mother.

{When Other one pulls down love at the level of the need, says Lacan, he is oppressive}.

{When Other one « merges its care with the donation of its love », when Other one, gives dead food instead to give what he does not have – what is the definition of love– he is an abuser}.

When Other one, therefore, to give what it does not have « force-feeds Akan with the oppressive gruel », then Akan refuses to meet at the request of Andrée: « Akan force-fed with gruel – decoy of love- , refuses the food and plays her refusal as a wish of nothing, a fecund nothing, with a positive potential load.

She tears off her own heart of her body, to see better and live.


“Le temps du coeur”.Copyright Alice Odilon 2009.


Akan has in fact no identity,  only the one to be anorexic, toxicomane of the nothing.

Akan cannot be represented by herself, she doesn’t see her real self, because it’s not shown in the mirror.

If it was possible that a mirror reflects it,  it would show a spindly form posted by a superficial flat topcoat nor an inside.

Akan appears as a ghost in the mirror, she is completely picked up by this specular picture, that means her emptiness, as her weak vital inside stays invisible in the mirror.

Akan is the coat rack in bones, the only structure able of standing up to the bad eye of the killer mother.

The specular coat does not make Akan.

It  hides the thin Akan and dresses pain.

The bodily caesura is made by eyes.

“Le Marquis”. Self-portrait Alice Odilon 1984. All rights reserved.


Look is the place where Akan ” holds her self  and even her body “. {Françoise Dolto: the child of the mirror}.

Life stays only in her look.

Eyes are the shrine of life of Akan.

They’re not visible, but they see.

Akan is the object “look” of which  presence hurts.

Her eyes kill.

Alice Odilon.

September 21st, 2010.



Akan among the egoists

Avant Akan était l’indésirable Mistigri, la sale égoïste, et pour cela elle aurait voulu être servante 24 heures sur 24, renonçant au moindre de ses propres besoins.

Focalisée sur sa culpabilité, elle ne se rendait pas compte de l’égoïsme des autres et de leur manipulations envers elle.

S’accusant à tord de leur maux, elle fut le parfait instrument bouc émissaire et le boucémissaire des faibles: la sorcière.

Akan vit la vie s’éteindre.

Akan faisant semblant de ne pas souffrir, dominait tous les autres, attentifs à leurs seuls désirs et besoins insatiables.

Pour survivre à leur égoïsme et leur aveuglement, leurs certitudes, leurs idées claires, leurs carrières en pleine croissance, leurs voitures, leur cigarettes, leur argent,

leur vérité incontournable, leur racisme extrême,

Akan n’eut qu’un choix dans la vie: l’anorexie ou le suicide.


“La ligne de l’anorexie ou le suicide”. copyright Alice ODILON 2010.


In the past she had believed she was these only one dirty egoist, they were hunting night and day in order to salve their peaceful lifes, and for this reason she would have like to be a maidservant 24 hours a day, giving up, ignoring her own essential needs.

Focused on her guiltiness, she did not realized the selfishness of the others and their handling towards her.

Accusing herself of being a monster, the black hole, she had been the perfect scapegoat and the shield of weaks: the witch.

Akan saw the life’s death.

Akan pretending not suffering, dominated in secret everybody only caring of its selfish desires and insatiable needs.

To survive their blindness, their certainty, their clear ideas, their full growing carriers, their cars, their cigarettes, their money, their unavoidable matter of life, their extreme racism, Akan had just one choice in life: Anorexia or suicide.

L’hirondelle volée

Il doit être 1 heure de l’après-midi, et une chaleur encombrante monte dans la rue où nos deux personnages entament un long débat.

- Vous marchez trop vite! si vous voulez parler, ralentissez!

Votre rythme délibérément accéléré me fatigue!

S’écrie la jeune fille suivant le pas furtif de Akan déjà quelques mètres devant elle.

- Oh! excusez moi, j’aime tant aller vite, engager la voie, m’élever presque du sol.


“Elle s’élève”.Copyright Alice ODILON 2010


Je ne me rends pas compte, je vais comme l’oiseau.

C’est joli votre tatouage à l’intérieur de votre bras gauche!

C’est étrange; ces hirondelles naturalistes, s’imprègnent en vous comme une plaie bleue marine.

- Vraiment trop long à cicatriser, cela met du temps à se faire oublier.

- Et quel est le sens de ce logo au centre du tatouage?

- Personnel, cela ne vous regarde pas.


- Excusez moi encore de mon indiscrétion.

C’est que j’aime les hirondelles, voyez-vous?

Les martinets m’ont sifflé le secret de la liberté, grâce à leurs cris, leur vol périlleux rasant les murs de l’enceinte ténébreuse contrôlée par ma mère, j’ai pu tenir dans la nuit, alors qu’il faisait encore jour en ces étés superbes.

Les hirondelles m’avertissaient de ce qui métait possible encore de tenter pour m’échapper de l’emprise.

Dans les moments les plus noirs, quand j’étais seule dans mon lit loin du monde, j’entendais leurs cris, et c’était tout.


- Pourquoi me dites vous ces choses? Cela ne me concerne pas et ne me touche pas.

- Peut-être bien. Elles sont tellement importantes pour moi.

Vous savez quand je suis devenue femme, je pensais toujours aux hirondelles.

Un jour, à Paris, rue de la Paix, une lumière blanche a captivé mon regard

dans une vitrine abondante d’un joaillier.

Sur un banc de velours bleu, étincelait une hirondelle en or blanc sertie de diamants.

Je suis entrée et je l’ai achetée sans réfléchir.

Je la voulais autour de mon cou, mais c’était une erreur, une hirondelle ne s’attache pas.

D’ailleurs elle s’est vite envolée, on me l’a volée peu de temps après.


“L’hirondelle s’envole après avoir été volée”. Copyright Alice ODILON 2010.


Je l’avais mise dans un coffret et je ne l’ai plus jamais retrouvée.

je l’ai cherchée longtemps, puis je me suis consolée de l’avoir perdue, car je ne l’avais pas oubliée.


- Ce n’est pas moi qui l’ai volée!

- Bien sûr que non! vous l’avez seulement dessinée et graver dans la chair de votre bras, mais une hirondelle ne se représente pas, un signe s’écrit, l’hirondelle s’écrit dans le ciel, ce n’est pas un dessin, elle

écrit sa vie, elle s’écrie de cette conscience acérée de la vie.

Dessiner une hirondelle sonne comme un non sens. voyez-vous?

- Non je ne vois pas, je veux que vous voyez mon tatouage, que vous me regardiez et que vous me trouviez belle.

Ce tatouage m’est désormais attitré, ces foutus oiseaux indélébiles crèvent dans mon épiderme, je dois faire avec, et vos histoires je m’en fous.

Elles ne peuvent plus bouger maintenant, ni elle, ni vous, vous entendez?

je n’ai rien demandé aux hirondelles si ce n’est qu’elles se taisent à jamais dans ma peau.

Que le ciel devienne ma peau partout, pour elle, pour cette mère que je déteste!

Que ma chair avale les hirondelles et ma mère!

Et maintenant poussez-vous, partez! que je vous oublie aussi fort que le coeur!


- Alors, Adieu, répondit Akan, mystérieuse et libre.

Alice ODILON. Copyright 3/7/2010

It must be 1:00 pm , and a cumbersome heat goes up in the street where our two characters start a long debate.

- You walk too quickly! if you want to speak, slow down!

Your deliberately accelerated rhythm tires me!

Exclaims the young girl according to the furtive step of Akan already a few meters in front of her.

- Oh! excuse me, I like so much to go quickly, engage the way, take of almost.

- I do not realize, I go my way like a bird.

That’ a nice tattoo you’ve got on the inside of your left arm!

That’s  strange; these naturalist  swallows, impregnate your skin like a marine blue wound.

- Really too long to heal, it takes to much time to made me forget it.

- And what does mean this logo in the center of the tattoo?

- Private. It’s not your business.

- Again Please accept my apologises for my indiscretion.

That’s because I love  swallows,  you see?

The swifts whistled to me the secrecy of freedom.

Thanks to their cries, thanks to their perilous flight shaving the walls, – the dark enclosure of my mother – I could stay in the dark, during these nights of Summer.

The swallows informed me what was still possible to try for me to escape from the morbid hold of my mother.

In the blackest moments, when I was obliged to go to bed far from the world, I heard their cries, and that was it.

- Why are you letting me know all these things?

That does not relate to me and does not touch me.

- Perhaps well. They are so important for me.

You know when I became woman, I always thought of the swallows.

One day, in Paris, Rue de la paix, a white light captivated my glance in an abundant window of a jeweller.

On a blue velvet bench, was glittering a swallow in white gold crimped of diamonds.

I entered and I bought it without any doubt.

I wanted it around my neck; but it was an error, a swallow cannot live captive.

Although it was quickly flown away: it was stolen next year after.

I had put it in a box and  l never found it again.

I had sought it for a long time, then I comforted myself with the dead thought I had lost it.

But I have never forgotten it.

- I didn’t stole it!

- Of course not! You only drew and engrave it in the flesh of your arm,

but a swallow cannot be drawn, a sign writes itself, a swallow  writes itself in the sky, this is not a drawing, it writes its own life, with its sharp-edged conscience of life.

To draw a swallow sounds like no sense. Do you understand?

- No I don’t see what you mean, the only thing I want is that you would admire my tattoo, that you look at me and that you find me amazing.

This tattoo is me, these bloody indelible birds die in my skin, I must deal with them by now.

They cannot move any more now, neither them, nor you, you listen?

I only asked  the swallows they would keep silent forever in my skin.

Let the sky become my skin everywhere, Let my flesh swallow the swallows and my mother!

And now get away, leave!

I want forget you!

- Then, Good-bye, answered Akan, mysterious and free.

Meeting an anti-girl

NB: Depuis le début de ce blog, j’aurais dû mentionner que le code est le suivant:

Anorexic girl = anta-girl = disembodied person = embodied soul = bodily X metaphor = Figure A = Anorexic girl.


Amis lecteurs gardez les en mémoire, si vous en avez envie.

Reprenons: Après le difficil entrevue entre le grand homme élancé et Akan, il se passe des choses tristes dans la tête de notre héroïne: des choses amolissant, ralentissant l’envie et l’énergie de celle-ci.

Elle qui d’habitude part de rien et retrouve son tout, se situe maintenant sur une ère de rue délicate et pleine d’embûches.

A chaque pas, il faut bien regarder de tous côtés pour voir venir l’ennemi, ou l’espoir, la Figure A.

Rien n’est moins simple que de poursuivre et repartir en avant, même de travers.

Akan sait que si elle renonce, elle mourra par l’ennui et la mort dans l’âme.

Il vaut mieux aller jusqu’au bout et tenter le coup pour le tout A-Figure.

Elle n’y perdra rien, elle y perdra toute sa vie.

En s’amusant des contraires, Akan marche à côté d’une jeune fille blanche à la peau immaculée, fraîche du matin, toute neuve, éclose et pourtant……

Les rythmes des pas de nos deux personnages coïncident presque, il reste un écart imperceptible dû aux poids différents des corps.

La jeune femme petite et massive, porte son bassin comme la mort, comme une faute impardonnable, une erreur exquise, un écran à la vie.

Tout son corps est attaché à cette masse finale d’inertie.

Elle voudrait cacher çà, l’oublier, oublier son poids aveugle et sa masse réelle.

Mais elle ne peut pas, elle en fut dotée par le Dieu du malheur, lors de ses 4 ans.

De ce terrible fait elle marche lourdement, freinée par la part sourde.

D’ailleurs elle a senti le bras de Akan frôler sa robe et cela ne lui plaît pas car elle ne veut pas que l’on sente son corps, que l’on touche une parcelle de sa peau sublime, que l’on voit la largeur de ses hanches

prisonnières dans la chair opâque.

- Excusez-moi, s’écrie Akan, comme une idiote.

- Ce n’est pas grave, murmure la gamine taciturne et sombre.

- Je voulais vous dire; vous avez l’air d’une amphore, d’un vase de plomb, votre allure si épaisse et sombre me fait mal, avoue Akan, d’un flot de mots lancés.

Votre tronc est votre énigme, la question non élucidée, le sujet essentiel, que vous évitez depuis longtemps, des années, certainement.

Cette boîte en vous va rester fermée et se durcir encore, la porte ne cèdera jamais, il est trop tard.

Vous avez été traumatisée dans l’enfance par les méfaits d’un abuseur menaçant de mort votre mère, et vous avez dû la défendre nuit et jour.

Vous vous êtes perdue à vous battre contre le mal, votre mère s’en est sortie et vous a sauvée aussi, mais vous vous êtes tout de même perdue et le trauma vous a emmenée de l’autre côté, celui des méchants.

De témoins victime, vous êtes devenue un prédateur.

Les parents harceleurs font des enfants manipulables qui donnent naissance à des manipulateurs pervers narcissiques. Votre mère était manipulée par sa mère, elle est devenue anorexique pour survivre de l’emprise; Vous êtes née en 1988, Vous avez été une petite fille sage, chagrinée car vos parents se sont séparés lorsque vous aviez 3 ans.

Vous avez été mal pendant cette période, très mal, vous perdiez tout sentiment de sécurité; votre mère était seule et vous sentiez sa faiblesse et son errance.

Un jour de février 92, elle s’est perdue dans les bras d’un abuseur comme pour retrouver l’emprise sécurisante et morbide qu’elle avait connue petite fille avec sa propre mère.

Vous avez réalisé comment votre maman était manipulable et cela vous a terrorisée.

Elle vous est apparue faible et imbécile, vous avez vu son aveuglement presque aussitôt.

La manipulation mentale a été votre mécanisme de  survie.

Voyant votre mère se détruire sous l’emprise de l’abuseur.

Vous avez emprunté la stratégie du harceleur menaçant votre vie et celle de votre mère.

Cela vous a permis de ne plus avoir peur.

Mais cela ne vous a pas rendu heureuse, cela vous a donné cet air maussade, ce visage contracté de mécontentement, votre côté bilieux, votre mémoire morose.



- Non mais çà va pas, espèce de folle! comment osez-vous? vous êtes vous regardée dans une glace, horreur de ma vue, mocheté, affreuse vieille femme, vous êtes si laide, tas d’os, terrible spectre nerveux, vous n’avez pas le droit de me dire la vérité.

- Si je suis ainsi c’est que je l’ai voulu, voilà toute la différence.

je me veux maigre et ardue comme l’herbe des chemins.

Sèche et racée en hirondelle dans le ciel.

Mon pas abrite mon coeur et mon corps respire dans mes pas.

je ne transporte plus rien avec moi que moi-même et mon présent, le reste s’est envolé, le mal s’est assoupi. Des cancers j’ai fait des gallets sur la plage.

Je me suis acceptée.

- Vos dires sont infondés. j’ai en effet un corps intérieur symbole de masouffrance et mon histoire dramatique, j’ai une volonté d’acier pour combattre le mal que je vois partout.

Je dois maîtriser les gens, les séduire, les charmer, les observer, les tester, les flatter.

je dois tuer l’autre pour vivre.

Je n’ai pas le choix, c’est ma vie.


Alice ODILON. Copyright 2/07/2010.


NB  Since the start of this blog I should have mentioned the following equivalence :

Anorexic girl = anta-girl = disembodied person = embodied soul = bodily X metaphor = Figure A = Anorexic girl.


Dear Readers bear this in mind if you so wish.


Let’s continue: Following the difficult meeting between the tall elegant man and Akan something sad came to pass in the mind of our heroine, something relaxing, reducing her desire and energy.

She, who normally started from nothing and yet discovered everything, found herself in a delicate situation on a road full of pitfalls.

With each step she had to look around for potential dangers, or hopefully for Figure A.

Nothing is easier than to continue and to move forward, even awry.

Akan knows that if she doesn’t she’ll die of boredom and a heavy heart.

Better to go through with it and go all out for A Figure.

She won’t loss anything; she’ll lose all her life.

Whilst reflecting on these contradictions, Akan was walking next to a pale young girl with perfect skin, fresh as a daisy, brand new, as if newly hatched and yet………….

The rhythms of their steps almost coincided, there was just an almost imperceptible difference due to their contrasting body weights.

The young girl, small and heavy built, carried her pelvis as if dead, like an unforgivable sin, a terrible error, a shield from life.

All her body is attached to this mass of death and inertia.

She would have liked to hide this, forget it, forget her weight and her true mass.

However she is incapable, she was cursed with it by the God of misfortune when she was only 4 years old.

As a result of this terrible fact she walked heavily, slowed down by her handicap.

Besides she had felt Akan’s arm graze her dress and this was unpleasant for her as she didn’t want anyone to feel her body, to touch any part of her magnificent skin, or see the size of her hips imprisoned within.

- Excuse me, exclaimed Akan like an idiot.

- It’s nothing, murmured the taciturn and gloomy young girl.

- I’d like to tell you; you look like an amphora, a vase made of lead, your appearance so solid and somber upsets me, confessed Akan, with an outpouring of words. Your body is your enigma, the unanswered question, the essential subject that you have avoided for so long, years no doubt.

This box in you will remain closed and become even more durable, the door will never open, it is too late.

You have been traumatised in childhood by the misdeeds of an abuser threatening the life of your mother, and you had to defend her night and day.

You entered perdition by fighting against this evil, your mother escaped, saving you as well, despite which you were lost, the trauma transformed you and you ended up on the side of the wicked.

From being a victim and witness you have become a predator.

Overpowering and aggressive parents produce children that are easily manipulated who themselves give birth to perverse narcissic manipulators.

Your mother had been manipulated by her mother so she became anorexic to escape this stranglehold; You were born in 1988, you were a well-behaved little girl, saddened when your parents separated when you were 3.

You were unhappy during this period, very unhappy, you lost all sense of security; your mother was alone and you sensed her weakness and wandering.

One day in February 1992 she fell for an abuser as if she wanted to return to the unhealthy sensations of her childhood being manipulated by her own mother.

You realised how easily your mother could be manipulated and that terrorised you.

She seemed weak and stupid to you, you saw how blind she was almost immediately.

Mental manipulation was your means of surviving.

Seeing your own mother self destruct under the influence of the abuser, you took on the mantel of the abuser who threatened both you and your mother.

Like this you were no longer afraid.

However this didn’t make you happy, it gave you your sulky attitude, your discontented look, your bilious manner, your morose memories.

- But who do you think you are? You’re mad! Who gave you the right?

Have you looked in a mirror recently? Awful, horrible old woman, you are so ugly, a pile of bones, a nervous wreck, you don’t have the right to tell me the truth.

- I’m like this because I want to be, that’s the big difference.

I want to be thin and tough like grass growing on paths.

Dry and racy like swallows in the sky. My steps harbour my heart and my body breathes through my steps.

I have no other baggage than myself and my present, all the rest has gone, my pain has gone to sleep. I have transformed my cancerous memories into no more than pebbles on a beach.

I have come to terms with myself.

- What you say is untrue.

Effectively I have an inner body which is a symbol

of my suffering and my dramatic past; however I have a will power of steel to fight the evil that I see everywhere.

I have to master people, seduce them, charm them, observe them, test them, and flatter them.

I need to kill others to live.

I have no choice, it’s my life.


Alice ODILON. (Traduction David SOAMES)4/06/2010


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