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They only said “NO”

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Portrait de jeune femme par Gustav Klimt.


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“Grand Manteau Issey Miyake”. copyright Alice ODILON 2001.

Dans cette image le ventre et la vue font écho.

Voir pour survivre, voir au lieu de manger,

voir au lieu de mourir. voir pour tuer.

C’est un grand “NON” adressé sans faux-semblant,

littéralement corporel, scopique, logorrhéique.

Les anorexiques refuseraient le suspicieux repas social.

Elles ne s’y seraient pas trompées, rejetant la demande d’amour

à 15 balles desservie par leur mère et la famille, tout frais inclus.

Non elles rêveraient en dépit de toute apparence,

“d’un amour sans compter”, un “vrai”.

Elles ne s’arrangeraient pas d’un lien d’emprise abandonnique

ou d’omnipotente carence de reconnaissance.

Rien à faire, elles ne peuvent simuler le sourire renoncé de Mona Lisa.


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“Image du fim “L’Exorcism” de Emily Rose.

Elles iront droit au but – quitte à y laisser leur peau.


“Le Grand NON de SORAYA”. Copyright Alice ODILON1999.



Les “standard issues” (rôles de poupées dociles,

femmes besogneuses assoiffées d’amour, ménagères sous lexomil,

femmes battues, femmes des rues, femmes poubelles,)

ne colleront pas avec le dessein anorexique, (la quête “d’absolu-moi”).

Avec leur encre de sang, leur crayon d’os,

il s’agira d’un activisme de négation, refus fondamental

d’être l’objet muet de l’Autre.

Les anorexiques posent la question du déplacement vers l’inconnu, sans solution.

Un certain élan vers l’horizon, même s’il est très noir.

“Il doit y avoir autre chose” semblent-t’elles dire; le squelette à découvert.


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“Valérie Valère”.

Le Corps Signe par séquences sans traces

Evidences de traces blanches dans un jardin. Copyright Alice Odilon 1977.
L’anorexique commet un déplacement de sa signifiance.

Comme au théâtre chinois, elle déclare d’emblée son jeu.

Sa” figure blanche”, la spéculaire, figure de fil, nous annonce la couleur, maintenant dans le présent.

Elle écrit à l’encre blanche: Blancheur d’une naissance radicale”


Si elle n’a que la peau sur les os, c’est pour ne pas tricher, faire évidence, faire signe en symbolisant le dénouement du caillau.


Elle parle avec son corps plus que tout être érudit.


D’abord son corps réduit à la force du fil, devient un serpent de signes, de virgules de corps indiciblement mouvantes.

Elle jouit d’un alphabet de signes de corps, alors que si peu de temps auparavant, elle se vivait étranglée par le langage des autres.

L’anorexique, plus que toute autre, a conscience de ses gestes et de leur écriture dans l’espace.

Elle connaît sa fin et ne la craint pas, car elle est déjà dans sa faim et sa vie en même temps.

Elle se vaccine à la faim.

Elle dissèque, elle analyse les enjeux cinétiques de son corps “limite”.

Elle incarne le bord du vide.

Devenue un organisme “bouffé” par la graisse morbide annulant la forme entendue, là voilà, débarassée “de ce pieu dans le coeur qui l’empêche de courir”.

{Alain Bashung – Mes Bras.}

Cette torpeur de corps dégoûtante, elle s’en est délestée.

“Schofield was murdered in her bedroom. nsolved crime”

Schofield has this sort of typical posture of an anorexic person, rigid and unsteady in the same time, conscious of her sadness, and nearly dead, absent, ethereal, transparent with unforgettable eagle-eyed look.

Là voici de nouveau à vif, creusée, mise à jour, née de se refaire, purgée de son malaise charnel, évidée de l’inutile.



“Julie”Copyright Alice Odilon 1999.


“Relâche”. Toyen ou le danger de l’informel délibéré.


L’anorexique est tout le contraire d’une installée.

Elle est un plan coupé perdu dans un foutoir informatique.

Elle joue l’idéographie du corps.

Son être se fait oiseau, poison, ombre de verre, ombre glacée et translucide, fil rouge de sang, page tâchée de l’encre de ses veines, cachée à la fin du cahier.

Forme pleine de vide fécond, elle s’invente dans le code anorexique.



“contorsionniste filiforme”. Copyright Sophie 1330.


Acrobate, contorsionniste et funambule fatal, elle risque son corps de fil sur un autre fil sans merci.

Je repense à Valérie Valère flottant dans l’air dans le court métrage de Marion Hänsel (“Equilibres”), cet oiseau noir d’élégance indomptée.



HL Photography. A lost soul in Tel-Aviv.

Alice ODILON.

Jane Doe is still with us

Jane Doe still lives amongst us all.
She won’t give up.
I know she’s a recurrent white wave, she continues to die in hidden places in  States,  cities,  roads,  cornfields,
rivers, lakes, black holes, sordid ditches, forgotten cabins in neglected woods and forests.
She always haunts us.
I think about her. She already crossed the line.
She was born to be killed, forgotten, ignored, discarded as  rubbish.
I know her, she is emaciated, she’s got nothing, she loves music and she dreams about love and happiness,
she left everything, she’s scared of abusers, she’s alive and nearly dead.
She wears worn shoes and her skirt glows with a thousand of blood stains particles, her torn-down top lets me see her mangled white tits.
Her naked legs should have run faster than the killer.
But now her little hands open undone for the cold past which should be warmer and most tangible like a smile or stroking.
The skin still smells her intimate life, as vulnerable as when it was alive, as dead.
When she dies, her body begins so heavy and full of soul.
Her soul stays around for a while, a long while until Jane  will burn and rot  in the rain and putrefy.
Jane Doe remains rot-proof in my heart.


Her last belongings reveal her lack of illusion. She would be aware before all of this shit, she would know her murderer, like we breathe.
She’s a special person. Nobody knows her. Except some relatives they never asked for her and abandoned her.
I love her so much.

Alice Odilon.

8 cases of Jane & John DOE, and Gina Cyphers, Tara Calico memory

 

inside anorexic me

“Mon Âme brisée en mille morceaux.” Copyright Alice ODILON 2008.


I will be anorexic all my life.
Even I’m safe now because of mixed symptoms (anorexia-bulimia emerged after a long episode of “pure” anorexia), I can say I will be always confused with Love, life and food.
en.wikipedia.org/wiki/Anorexia_nervosa

It’s inside, something will never born.
But curiously I’m thoroughly alive, and enjoy creation.
As a photographer I will show in this blog how I’ve been rescued by Photography and Art.
I just want to tell some of my feelings:
“Je voudrais simplement dire comment l’anorexie substitue la vie biologique à l’écriture, dans le cas d’une anorexie créatice.
Combien de fois je me suis privée de manger pour être en état de créer, de me concentrer pour m’adonner à des grandes prises de vues.
Toute production photographique avec ou sans contraintes financières, devait se dérouler dans la diète.
Comme si le jeûne permettait la pensée, l’autonomie de décision, la meilleure conjonction pour performer.
Et de même les meilleurs grands moments de ma vie avaient eu lieu à jeûn.”
Les grandes promenades dans la forêt, les longues marches dans les Alpes avec mon Père, les passions amoureuses, l’écriture, le travail photographique, la danse, le piano…….
Cet étourdissement par la faim physique induisait d’autres sensations intimes de l’ordre de l’orgasme.
Et je trouvais dans cette sérénité de la faim, la spiritualité, et l’accès à une plus solide abstraction de mon intellect donnant naissance à la fulgurance de mes images.
La vacuité de mon estomac permettait une acuité plus vive comme si manger endormait les sens vitaux du vrai plaisir.
Car pour moi le vrai plaisir était avant tout le contact visuel (avec intense réciprocité), le toucher de l’autre, désiré, le sentir, l’éprouver.
La nourriture n’était qu’un piètre bromure des passions.
Alice ODILON.

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