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The arm-hold trap

La nuit tombe bleue marine sur la ville où s’endorment Akan et la jeune fille, loin l’une de l’autre, dans un quartier opposé de la cité.

Elles ne se parlent plus maintenant.

Akan dans son lit repense à la demoiselle aux hirondelles.

Elle a peur pour elle.

C’est dans la peau de la jeune fille désormais, la peau neuve a été tatouée.

Le dessin splendide doit lui faire mal à cette heure ci.

Non parce qu’il s’agit d’une plaie, mais parce qu’il s’agit d’un terrible acte manqué à l’envers.

Il n’est cependant plus question de rature, hachure à l’encre noire.

“Le bras aux hirondelles”. copyright Alice ODILON 2010.

Pour la gamine, ce tatouage indélébile conclue son amour incontrôlé pour sa mère; pour celle-ci il s’agit d’une fantaisie, d’un message impubère.

Mais alors que c’est-il donc passé?

Quel est ce quiproco dans la peau, si douloureux et virtueusement regardable?

- J’ai voulu faire entrer les hirondelles dans mon ciel, et Akan avec, raconte la jeune fille dans son sommeil profond.

Je désirais les garder en moi, de crainte qu’elles ne s’envolent.

C’était la seule chose à laquelle je pouvais vraiment m’accrocher.

Cette pensée pour ma Mère.

Et je sentais Akan partir, vers la fin de sa vie et je l’ai retenue.

Ecrire ma mère dans ma peau représentait le pacte le plus réel de mon destin.

Sacraliser Akan c’était aussi la faire mienne pour que je puisse vivre enfin.

Toutes ces écritures à l’extérieur de moi, m’ont paniquée et se devaient d’être captées dans mon derme.

Je demande l’absolution afin que je puisse regarder l’intérieur de mon bras, sans la hantise du membre étranger.

Que ce cauchemar cesse à jamais, que ma mère ne craigne plus d’être dans ma peau.

Oh! Maman que m’as-tu fait en partant de ma vie?????

J’ai tellement eu peur pour toi, toujours.

Maman reviens moi, reste en moi, que je puisse vivre sans ta présence!

- Dans la nuit bleue marine, Akan ne peut plus dormir.

Ses longues jambes fuselées remuent lentement sous le drap.

A l’intérieur de ses bras maigres, s’endort une petite fille au bras hachuré d’oiseaux.

Son corps anorexique lui parle de la jeune femme aux hirondelles.



Alice ODILON. Copyright Alice ODILON 2010.

Navy Blue Night falls on the exile city where sleep Akan and the girl far away from each other in an opposite area of the city.

They do not talk anymore.

Akan in her bed, thinks about the swallow tattoo girl.

She is worried about her.

It’s in the skin of the girl right now. The new skin has been tattooed.

The virtuous design is certainly hurting her arm at this time.

Not because it is a wound, but because it is a terrible Lacanian backwards slip.

However, there is no question anymore of erasing, neither black ink hatching on the flesh.

For the girl, this uncontrolled indelible tattoo concludes her love for her mother.

For the the last one it is a fantasy, a message coming from someone below the age of puberty.


So what happened then?

What is this quiproco in the skin, so painful and virtuous watchable ?

- I wanted to show the swallows and  Akan in my sky, says the young girl in her deep sleep.

I wanted to keep them in me, I was so scared they flied away.

It was the only thing I could really hang on.

This memory of my Mother.

And I felt Akan leaving, towards the end of her life and I retained her.

Writing my mother in my skin was the most real covenant of my destiny.

Making Akan sakred, was although making her, mine, in order I could live finally.

I panicked, all these entries outside of me, had to be trapped in my skin.

I’m asking for absolution so that I can watch inside of my arm without the phantom pain specter of a missing limb.

Let this nightmare stops forever, let my mother no longer fears being in my skin.

Oh Mom! what have you done to my life ?????

I’m so afraid for you, always.

Mom be back to me, remains in me, then I can live without you!

- In the navy blue night, Akan can not sleep.

Her long slender legs slowly stir in the sheet.

Within her thin arms, a little girl with hatched birds on her limb, falls asleep.

Disembodied Akan dreams about the limbless baby.



Alice ODILON. Copyright 2010.




La bosse du vide


C’est l’histoire d’une absence d’amour dont l’énergie sombre dépasse tous les coups de poings.

Dans cet espace anti-matière de l’A-namour la victime trouve refuge.

L’enfant mal traité, rêve son parent “aimant imaginaire”, alors qu’il aime déjà, sans bornes, son parent réel déficient et nocif.



 

“L’apaisement des souffrances”. copyright Alice ODILON 2009.

La présence de ce “bon parent imaginé” adoucit plus que les angles et l’enfant malheureux, maudit, abusé, résiste, voyant en mirage le doux parent imaginaire en remplacement du parent bourreau.

C’est chaque fois la même histoire dans la violence familiale: le bon cache le mauvais, le chagrin engendre la paix.

C’est pourquoi la victime attend le châtiment dans une sorte d’impatience, pour mieux s’en débarasser.

Les victimes d’abus ont le culte du vide vécu comme un bonheur pure.

Seul le vide leur offre calme et volupté.

L’envahissement du violent parent ressemble plutôt à la mort pleine.

Le plein n’est pas familier aux harcelés car ils n’y ont jamais gôuté ou alors, en ont été gavés, violemment juqu’à l’écoeurement et la vomissure.

Le vide s’instaure comme salut et une jouvence fulgurente pénètre le vide.


 

“l’enfant préfère marcher seul”. copyright Alice ODILON 2009.

Il existe une réminiscence  corporelle du vide, antérieure au “plein castrant”, versé par la mauvaise mère.

Ce fantôme de rappel peut-être douloureux, mais aussi lumière d’espoir, concernant la possibilité d’une autre sorte de vie libre.



 

“Le paradis vide”. copyright Alice ODILON 2009.


Etre vide et libre, ou plein et mort, telle est la question.

Et la vie en liberté se dessine dans l’air croisé d’hirondelles au ventre vide.

L’enfant battu n’a de répit qu’en l’absence du méchant parent.

Et fuir vers l’inconnu dangereux vaut mieux que de rester entre

les griffes du quotidien plein de sécurité apparente.

Voilà pourquoi Jane DOE meurt “libre” dans les fossés,assassinée, violée, échappée du foyer violent de ses origines sordides.

Jane DOE connaît son destin au fond d’elle même: elle choisit de mourir “arrachée” sur sa route plutôt que dans l’antre de ses pairs malfaisants.


 

“Jane died in June 2009 in Brookvalle”. Copyright Alice ODILON 2009.


La victime n’est pas dupe.

Plus tard, si elle survit au mal des autres, elle vivra son “anti-plein” comme un matelas pour des profiteurs, ceux-ci n’ayant d’ailleurs aucune connaissance du vide car ayant été gâtés pourris depuis leur naissance et ignorant le besoin et le désir.

Cette race de gens repus engendre la loi tyrannique des pleins appelant une croissance du plein, quite à tout avaler du vide des vides.

 

“La princesse au petit pois” est le symbole de l’anorexique qui au delà de tous les pleins, ressent toujours l’anti-plein, la bosse du vide et du mystère.


 

Copyright Capucine. “la Princesse au Petit Pois.”


Sa perception du réel se vit comme un corps amputé.

Son modèle d’image corporelle se réfère à son passé, sa conception, sa vie intra-utérine, son identité innée parfois maudite.

Cette perception d’un vide salvateur à délivrer correspond à la perception mentale de l’anorexique vis à vis de son schéma corporel.

Sa connaissance de l’asymétrie du vide en faveur du plein lui permet de dénicher le vide libre.

Car il faut désirer les mystères pour les voir, et parfois c’est même impossible.

Seul ce qui manque a de l’importance, ce qui manque au manque, pas ce qui manque au plein pour être plus plein.

Cette quête du vide libre est la quête anorexique.

Est restée au coeur du plein écoeurant, une touche de fraîche liberté vitale que l’anorexique voudrait récupérer, mettre à nue, féconder, dessiner.

Son acuité de perception d’une petite forme indécelable dans le plein dénote sa capacité aiguë à ressentir l’absence ou la présence du “petit pois”.

Pour l’anorexique l’enjeu du plein et du vide n’est pas la clef, son sens revient à cette connaissance de l’anti-plein, la distingue des autres et la désigne princesse.

Son accès à cette philosophie de l’incomplet universel lui offre un prince en guise de bonheur sans douleur.

Tant elle ressent l’anti-plein, elle en vient à enlever tous les matelas et duvets pour cerner ce petit pois fantôme qui l’empêche d’être anesthésiée par le duvet trompeur des faux sentiments.

Ce petit pois étalon de sa différence et de sa noble acuité.

Si par malheur cette petite princesse n’est pas reconnue à temps par un prince, elle est absorbée tout entière par le petit pois qui s’avère être un grand trou noir.

Alice ODILON Décembre 2009.

Anorexia: The Rest of my Body

There has been a shambles, a shipwreck in my family.

I’m the little survivor, an unexpected seed which grew up badly.

Some people say: “After me, the deluge!”

As an anorexic girl I would rather say: “After the shambles you made, it will be impossible for me to live, but I need to try”.

All my strength was used to stand the strain of the lacking love from the Only One I expected it from : my Mother.

If I were to compare myself to a living thing, I would be a poor plain-looking plant in a dark path, or a missing-limb sea star in a tidal pool.


 

“Amputee du Coeur”. Copyright Alice ODILON 2009. No clone is free.

I’m a survivor.

I’m an X.

Only the living rough X knows the way to exist in front of my Mother or other predators.

To abridge this complicated growing phenomenon, I drastically cut my body by removing my trunk and my head.


 

“Rupture de Coeur”. Copyright Alice ODILON 2009. No clone is free.

I just kept in my mind the trace of an empty cage sheltering non-existent innards and guts, a long time ago.

Then I kept my eyes, my mouth, my sex, but I lost my face.

Finally I matched my right arm to my left leg and the same on the opposite side and I got a cross.

 


 

A “body cross” with eyes and mouth on my oral face (stomach face – lower face), sex everywhere on my arms and legs, and anus on my aboral face

(front – upper face) in the center of my pentagon body.

Finally an erotic holy body X, because if we consider the point of view of God, nothing else would be noticed on the Judgment Day,

as guts that usually support all the pains of life, are not taken into consideration and have always been considered as rubbish.


 

“Oculaire Cardiaque”. Copyright Alice ODILON 2009. No clone is free.

There I am: a living broomstick cross.

And if you have a better look at my limbs, they’re actually quite smooth and soft.


 

Photo retouchee de منتديات ستار تايمز

 

Sometimes my limbs swell up like they invite the others to touch them, as they’re so smooth.

Alice ODILON. 26 Septembre 2009.

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