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Anorexie: l’Effet Méduse ou le règne du miroir

Sentant la mort venir et la confusion de mon corps à force de vouloir courir et chasser le trouble, je me suis mis en tête de parler très sérieusement de cet avènement de l’anorexie du sujet.

Tout d’abord l’histoire commence avec un miroir, une petite fille en face de ce miroir, une Mère derrière, légèrement à distance tout en étant dans la même pièce que l’enfant.

La Mère est tout pour la Petite. Elle est sa matrice, son édifice, son pays, le grand Autre.

Survient le jour de la séparation par le miroir……

Fatalement, la petite fille rencontre son image dans ce miroir installé là dans la maison de la Mère.

Et c’est le choc avec le double, l’entrevue avec le “même” qui va engendrer une véritable crise identitaire chez la petite fille.

Persée (Petite Blythe anorexique) confrontée à son image habillée. Copyright Alice ODILON 2009. No clone is free.


L’agression de cette intrusion du double va engendrer la question: “Qui est cette contre façon sans gêne rentrant dans mon champ visuel et vital?”

- Ce à quoi la Mère est censée répondre: “c’est ton image, ma Chérie, simplement ton apparence, mais tu es plus que cela, tu es en grande partie cachée en ton intériorité merveilleuse.”

La petite fille  recevra l’information  aliénante à savoir que ce double c’est elle un point c’est tout.

(Où est le point invisible de l’inconscient?).

L’image du corps est donc littéralement refoulée par l’image spéculaire et devient véritablement inconsciente.

La Petite n’aura désormais plus accès à cette image interne que par l’abord d’une image externe.

{“Dès lors, l’image spéculaire (Moi idéal) servira de modèle à la constitution du Moi du sujet, consacrant définitivement la confusion entre l’autre imaginaire (le semblable, le petit autre) que le sujet sera amené à rencontrer, et le grand Autre (trésor du signifiant) qui est le véritable moteur de la structure”}.

{Cela joue pour elle comme une chape perverse qui la prive d’un recours à la parole et qui la fige dans l’image attendue d’elle}.

Ainsi la petite fille rencontre une étape douloureuse: la constatation de l’écart entre son image et son vécu intérieur, son vrai moi.

Elle n’est pas cette image que sa Mère a désigné comme étant sa fille.

Soudain naît la rivalité entre la Petite et son double asservissant.

(Les deux ne sont pas absolument symétriques et pourtant la petite fille va vivre son double dans le miroir comme l’Autre, omettant la fonction symbolique du langage, laissant vide la place de la parole dans le corps).

Sa Mère est mère de l’Image spéculaire, mais elle n’est pas la Mère de cette vie interne larvaire et non formée qui est son intime intériorité, son “être âme”.

C’est alors que la Petite se retourne vers sa Mère et lui demande encore une fois: “Maman, c’est qui là, en face de moi”?

A cet instant la Mère a tout pouvoir de rétablir l’enfant dans son unité en lui offrant son propre regard miroir aimant, et lui disant: “Tu es ma fille, c’est dit là, dans mes yeux. Le miroir n’est qu’un leurre un reflet sans mémoire ni talent.

C’est à travers notre regard échangé, ma fille, que tu adviens à toi-même et atteins ton moi unifiant.”

Dans le mythe de Persée et la Méduse se joue cette scène de la lutte contre l’aliénation de l’égo.

Persée est la petite fille.


Le Mythe de Persée. (les petites anorexiques face au regard de Méduse). copyright Alice ODILON 2009.

Méduse est la Mère aveugle au regard vide  sans amour.

Le miroir est là comme substitut à la rencontre entre la Mère et la Fille et permet à la Mère infanticide de se décharger de ses responsabilités.

Le miroir est bien utile car il installe une dualité de dépannage, quand la Mère n’est pas apte à donner son regard constructeur pour l’enfant.

La petite fille se trouve coincée face au miroir froid la ramenant à son double démuni de la vie.

Ce n’est pas son image que cherchait l’enfant, c’est la reconnaissance de sa Mère à travers son regard aimant devenant un miroir magique où l’on se construit tout en étant incomplet et en relation avec le Monde.

Le miroir froid ne permet pas la construction du moi, il offre une image unifiée non unifiante dans laquelle la Petite ne trouve rien que le vide plein.

Ce vide là c’est la fusion avec le double, l’image, l’idéal du moi.

Petite Blythe triste repêchant l’oeil noyé dans la mer des Méduses”. Copyright Alice ODILON 2009. No clone is free.

Jamais il n’est permis de vivre dans cet espace là.

La Petite en vient à ne plus avoir confiance dans ce qu’elle voit dans le miroir, car c’est très ennuyeux de n’avoir aucun moyen de changer quelque chose dans le miroir de la normalité et c’est aussi pour elle un moyen de créer un écart avec son image dans le miroir, mettre en pli un espace vacant pour son intime moi refusé par le miroir médusant.

Elle décide de ne plus manger pour voir dans le miroir l’effet que cela fait de se montrer sans chair.

Et çà colle finalement avec son fantasme; la Petite peut tour à tour vérifier son amaigrissement graduel et l’admirer dans le miroir.

La Petite devient amoureuse de ce jeu de pouvoir dans lequel contemplation des os est le substitut à la relation d’amour.

Ainsi la Mère Méduse (aveugle et sans amour) se décharge de son devoir d’illuminer sa fille par son regard d’amour clairvoyant et ainsi paralyse sa fille dans la phase “miroir/ double”.

Si dans la Mythologie, Persée parvient à  faire échouer ce scénario de pétrification c’est parce qu’il ne regarde pas la Méduse aveugle au regard paralysant et qu’il renvoie  par un miroir bouclier le reflet mort de la méduse.

Quand enfin il est tout près, il  peut la décapiter.

Pour sortir de l’anorexie il faudrait que la petite fille soit capable de se détourner du regard négatif de sa mère et  lui renvoyer par ricochet  cette terrible négativité pour enfin la surprendre et tuer ce non-amour de la mère.

Mais hélas l’issue fatale de l’anorexie se tient à l’orée de cette libération de l’image.

“Petite Blythe fuyant le reflet dans le miroir grossissant de Mère méduse”. Copyright Alice ODILON 2009. No clone is free.

La petite fille se donne à voir amaigrie, montre son idéal du moi amaigri, montre le vide dans son image, montre  quelque chose n’ayant  pas été nourri depuis le début.

Le langage est un miroir mobile et il dit le monde; il le dit de mille façons et ce miroir est mouvant, il bouge sans cesse, nous permettant de voir les choses sous différents angles et de sentir l’existence d’une multitude de vérités pour dire une chose parmi des milliers d’autres tout autant visibles sous différentes lumières.

Ainsi le langage renvoie des images vivantes.

L’avènement du langage nécessite divers point de vue pour s’installer dans l’espace, le temps.

On n’advient pas au langage tout seul.

L’Autre nous invite à le découvrir, nous stimule et nous permet de l’appréhender avec le recul et la réflexion.

Le langage est miroir mais le miroir n’est pas langage.

Le commencement du moi advient par jeu d’interactions entre le regard de l’un vers l’Autre qui renvoie vers le miroir qui renvoie vers l’Autre et l’autre.

De un nous sommes deux et de nouveau un et avec l’Autre ou sans l’Autre.

La reconnaissance dans le miroir du langage permet l’accès à soi sans l’aliénation à l’idéal du moi.

La petite fille “en devenir” anorexique rencontre dès ses premiers mois de vie des évitements et des absences de regards de la Mère  amenant  l’enfant à se confondre avec son image, à vouloir la détruire, la marquer pour que l’on puisse venir la repêcher afin de l’inaugurer dans une réalité tactile du langage d’amour.

Ainsi que l’on ne se plaigne pas de voir ces jeunes gamines anorexiques, ces femmes obsédées de finesse, montrer leur corps maigre de poupée au regard pétrifié.

elles sont le fruit de Méduse, la part gélifiée avant le langage libérateur.

“Petite Blythe pétrifiée devant sa Mère Méduse. Mais l’inconscient lui offre la voix de la masturbation”. Copyright Alice ODILON 2009.  No clone is free.

Et J’ai bien peur que le chemin ne soit pas possible en arrière.

On ne doit jamais laisser une petite fille toute seule avec un miroir muet ne reflétant que sa propre reflexion sans écho, sans la parole de l’Autre, et l’autre.

Alice ODILON. NOVEMBRE 2009.

Perseus and the Gorgon or the Mirror Stage

Two backgrounds and the same concept and progress, I will try to clarify in a third time.

1 – The Mirror stage.

(Describing the formation of the Ego).


{This identification is what LACAN called “alienation”.


At six months the baby still lacks coordination.


However, he can recognize himself in the mirror before attaining control over his bodily movements.



“Nausica Eyes”. Copyright Alice ODILON 2009. No clone is free.



He sees his image as a whole, and the synthesis of this image produces a contrast with the real body which is perceived as fragmented.


This contrast is first felt by the infant as a rivalry with his own image, because the wholeness of the image threatens him with fragmentation,


and thus the mirror stage gives rise to an aggressive tension between the subject and the image.


To resolve this aggressive tension, the subject identifies with the image: this primary identification with the counterpart is what forms the Ego.


It must be said that the mirror stage has also a significant symbolic dimension.


The Symbolic order is present in the figure of the adult who is carrying the infant: the moment after the subject has jubilantly assumed his image as his own, he turns his head towards this adult who represents the big Other, as if to call on him to ratify this image}.


(http://en.wikipedia.org/wiki/jacques_Lacan).




2 – The Act: curtain opens in the cave of the Gorgons.


The snake-haired Medusa (“I bear terror”)is deeply sleeping in her cave.


Using Athena’s shield as a mirror to avoid the fell gaze of the Gorgon.



Perseus decapitates Medusa



Then, using Pluto’s helmet to make himself invisible, Perseus flees the wrath of the remaining Gorgons carrying Medusa’s head.



A) Let us resume the scene of the Mirror Stage: The Girl “a” confronts again with her “spéculaire” image.


She waits for a reaction of her reflection(this Other one)in the mirror.


And there this reflection seems to her, intimate and invasive.


Fortunately Mom is in the room behind her there, and the girl turns around towards her to cross her glance, then towards her words, to make sure of her intuition of identification in the “spéculaire image.”


The mother does not hold her in the arms, and is placed behind the girl, she decides not to name her, her image.


She does not say to her: “it is the image of your body, it is you whom we see in the mirror”.


But the Mother has a glance of Jellyfish which reflects but does not see, she lets sink the child into the fascination of the “reflecting eyes”.


The child never get the approving judgment of her blind Mother.



“Tournant le dos à la Gorgone pour ne pas être pétrifiée”. Copyright Alice ODILON 2009

{It is the negation of the future, the negation of the “that”, the negation of the unconscious.} J.M.FORGET (Anorexia symptom-out).


It is a categorical eye.


“Category” in Greek means proceeding to an accusation: – “you are A and not “no A”! You are static and not dynamics, you have more no right to speak that a corpse.”


The little Girl here is transformed into object.

The Perseides dolls”. Copyright Alice ODILON 2009. no clone is free.


This “missed Mirror Stage” has a big symbolic valuin the psychic evolution of the girl there to become anorexic.


Mom sees her daughter as a fixed object, wants her daughter frozen in an immortal fate without becoming.


Mom wants to bury her daughter in the melancholy because she lives herself this terrible spell.


The girl wants to be named to be able to cross the test of the mirror.


Then the girl meets herself alone in front of this double who is not maybe her, and then, where is she, from which nucleus she arises?


The girl begins a new life with this double “spéculaire”, with a certain guilt  because the Mother did not give her agreement, namely does not have accepted that this reflection has the right to exist and represents her daughter.

The girl saw in the eyes of her Mother only the black and not the desire of her Mother for her, her life.


Instead of the black, the girl chooses the mirror with this double.


The girl is dying to play with this double which will not bring her the rest of the recognized unity.


And if the girl sees herself it is by piece and never in its entirety in the eyes of her mother.


She lives in a symbiotic relation with the Mother and confronts with her double “(image spéculaire)”.


Henceforth the girl is confronted with enormous problems of distinction between the Me” and the others, the inside and the outside, and gets lost in her relationship with her “spéculaire image”.


And so her “body image” builds itself to and nevertheless, limited by a vague outline, and also by an uncertain size.


As we see it in this story, the glance of the little Girl (Perseus), which recovers from the “that”, don’t triumph over the eye (Gorgon), the static and mortifying material sphere,


the head of Jellyfish eyes of which stop any change “.


So the anorexic girl becomes the invisible Peeping Tom, the one who sees, unnoticed, the one who gets lost, unnoticed, the one who plays with copies, unnoticed.


I will clarify this word “unnoticed” in a next future post.

Alice ODILON. OCTOBER 2009

Une petite fille nommée “Regard”


“Big eyes and small body”. copyright Alice ODILON 2009.


Un regard mélancolique serait un regard qui n’attend rien, plus rien, tente d’échapper, atteindre le ciel ou l’horizon, le lointain, le paysage immense.



“Traumatic look”. Copyright Alice ODILON2009. No clone is free.

Un regard anorexique serait un regard cachant le corps, évacuant obstinément l’Autre pétrifiant et mortifère.

Grace à son corps devenu invisible, le regard anorexique tranche la tête de la Mère aveugle et froide.



“Two hearts for one”. copyright Alice ODILON2009. no clone is free.


La seule issue pour la petite fille anorexique est d’être invisible pour tuer l’oeil accusateur.

“Oeuf”. Odilon REDON.

Ce regard fuyant envisage tout, en étant constant et détourné.

Ce regard est un objet fuyant. Il se voudrait un sujet mouvant.

Ce regard est un accident contre le miroir.

Ce regard doit se détacher pour exister.

Mais se détacher c’est amputer sa vie.

Les yeux du coeur dans l’oeil ne tiendront pas longtemps sans fil.

Et le regard de la mère sèche, pétrifie.

La mère ne représente rien pour ce regard.



“L’invention de la Vie”. René Magritte 1928.

La Mère ne voit rien et se présente à l’enfant comme un stupide miroir réfléchissant,”anéantissant annulateur”.

La mère ne montre pas son regard capable de faire “une personne” de son enfant, – une personne détachée, aimée, désirée -.

La Mère refuse de rencontrer le regard demandant de son enfant.

Le regard de l’enfant tombe dans l’océan.

Le regard n’a pas de corps-fil comme un cerf volant.

C’est un regard volant, sphérique, qui n’a pas de pied dans la terre.

La tragédie de ce regard c’est de ne pouvoir transmettre les influx de la lumière et les communications à son corps car il s’est envolé.


“Lumière rouge sans rapport avec la lumière de l’oeil”. Copyright Alice ODILON. 2009. No clone is free.


Ce regard aime le ciel et les horizons, les nuages et les oiseaux, tout les volants vivant libres dans l’air.

Parfois il lui faut gonfler l’iris et fixer la méduse même si cela est terriblement mortel, dégoûtant.

La méduse voudrait tout pétrifier, juger le corps du regard, mais le regard cache son corps derrière lui et enfle encore pour hypnotiser la Méduse qui n’arrive pas à pétrifier le corps du regard.

Ce regard est un oeil actif, en devenir, mouvant, sujet mais en danger d’être attaché à ce corps mort.

La mère a pour but de reconnecter ce regard sauvage au corps à terre qui s’est soumis.

Mais le regard a deux solutions: faire front en gonflant et empêcher la Mère de voir le corps qu’elle a tué ou se détourner vers d’autres mers et horizons plus charitables.

L’important est de faire valoir que le regard est toujours vivant et bien volant et bien mouvant.

Et çà la Mère ne peut rien y faire.

Ce regard anorexique rêve d’être une hirondelle car elle crie avec son corps et son radar lui donne à voir de toute façon.

Sa vue est innée et son regard plane dans l’espace.

Ce regard anorexique s’accroche au miroir double ne renvoyant que l’abîme du double et jamais la Mer.

Ce regard joue d’un écart dans lequel il peut vivre sans être dévisagé.



“Mon Regard cachera mon corps”. Alice ODILON


Ce regard se cache derrière la tenture afin que la Mère ne puisse l’avaler.

Le vêtement lui permet de disparaître et de ne pas être assassinée par la Mère.

L’espace entre deux c’est le garant de la liberté.

“Regard de ma Mère tu me perds dans le vide”.

“Regard , mon regard tu me donnes la vie, le ciel, l’air, tu me donnes la vie”.

“Regard de ma Mère tu m’assassines”.

Je cache mon corps mort derrière ma tête; et mes yeux tentent une dérivation.

J’espère que la Mère s’y perdra.

Alice ODILON copyright. 23/10/2009

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