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Confession anorexique d’une cleptomane

Une cleptomanie installee chez Nade depuis plusieurs mois, n’etait pas vraiment la raison de son état d’alerte permanent.

– “Impulsion regulière à prendre, indépendante de tout besoin et usage personnel.”
{C’est une façon de prendre pour être prise, tout en espérant ne pas l’être pour ne pas cesser d’avoir à prendre: car en en effet la kleptomanie devient pour certains une source de jouissance dont ils auront du mal à se passer…

Un plaisir compensatoire mais néanmoins suffisamment réparateur dans l’immédiat pour donner envie d’être vécu à nouveau.}
Au départ, chaparder des petits riens devenus plus tard des choses de luxe, vêtements de marque, sacs matriciels en peau d’agneau, croco, crèmes élixir caviar pour la peau, parfums, mouchoirs, dissimulés ensuite dans des boîtes à chaussures. Nade manquait de quelque chose.
- Indicible et honteux.

Quel dégoût immonde d’avoir manqué depuis toujours, l’essentiel, la protection, la foi, la confiance, la joie, la douceur.

Manquer de tout.

“Bottega-Veneta on fire” or “Akoya’s Cleptomania in Harrod’s”. 2006. Copyrights Alice odilon.

Nade, avait dû admettre le “moins” en couverture.

Alors N se sentait un peu seule dans les rues de la vie.

“Akoya’s sadness. 2006. Copyrights Alice Odilon. All rights reserved.

Avec le sentiment imminent d’un danger mortel permanent et dont il fallait faire semblant de ne rien voir.

Un peu la même oppression mortifiante déclenchée par la menace de l’orage, quand elle marchait, enfant, avec son père dans la campagne.

Pour esquiver la foudre blanche, elle lui posait toujours la même question: “- Dis Papa, ll ne va pas venir l’orage?

Et son père lui répondait distraitement:  “- Mais non, mais non, ma Chérie”.

Et la petite fille sentait l’orage envahir toute sa vie et se sentait péniblement céder au spectacle imposant du tonnerre, tel une bombe indéminable.
A force de menaces pesées sur elle,  des menaces extérieures qu’elle devinait probables, proches ou latentes, Nade, désormais adulte, n’arrivait à aucune décision, de savoir si oui ou non,  cette oppression mortelle avait réellement un fond.

Doutant de son manque à manquer, Nade se maintenait hors la loi, ne trouvant jamais la chose qui pourrait apaiser sa quête.

Elle avait fini par ne plus pouvoir se détacher du vide dont elle subissait la donne glissante.

Elle acquit une sorte de conduite, un style de mouvance corrigée dans le feutré.

Des gestes concis, silencieux, en quête de disparition hypertélique.
Cette technique de chasse contrôlée, à l’inverse de satisfaire ses manques, les multipliait impunément.

S’introduire volontairement dans le guêpier et, après avoir prélevé le miel, sortir par la grande porte sous les objectifs de CCTV.
La classe d’un fantôme.

Nade avait saisi le truc: il s’agissait d’agir lentement, apparemment détendue et dans son bon droit.

Aucune alarme ne se déclenchait.

Les vigiles de sécurité ne la remarquaient même pas tant elle semblait quelconque ou usée.

Si par malheur  l’envie exquise lui était venue de ne plus rien gérer, il eût suffit d’un seul affrontement insolent avec la CCTV, se montrer à elle telle qu’elle était vraiment: inquiète, effondrée, avide,  et donc vivante.

Dès la seconde où Nade cesserait le jeu de la dame neurasthéniquement riche, les détecteurs d’activité anormale se mettraient en route et captureraient les preuves vidéo de la perte nadienne, s’avouant hiatus dans ces lieux surveillés.
Une obscène vérité nourrissait l’ossature de ce phénomène socio-sécuritaire, quelque chose de scandaleux aux yeux de Nade: Seul paraître comme tous les autres (renoncés, possédant, possédés par leurs crédits, vacances payées en 3 fois, projets d’agrandissement, “sur- nourris”, avancés dans la vie, épargnants épargnés par la misère) lui accordait leur respect.
Son attitude de refus face à cet ordre des choses, n’avait pas lieu de citer.

Nade n’en avait jamais dit un mot à quiconque.

Copyrights Alice ODILON. All Rights reserved.

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Simply enjoy another way browsing my work.

The Doll “Isee” and the androgyn temptation of anorexia

Je crois que cela se passait en Hiver, en janvier, dans cette ville inconnue, où je vivais chaque nuit dans mes rêves acérés.

A quelques dizaine de mètres de la tour akanienne, un petit café parisien avait imposé ses tables et badots, parmi lesquels je reconnus aisément Flower Doll avec sa capeline de pétales blanches, le Ragdoll cat, jouant à Lolita derrière ses immenses lunettes noires, dissimulant le bleu trop bleu de ses yeux ronds.
Assise plus loin, j’identifiais sans hésitations, malgré ce nouveau béret tombant, blanc également, la petite Akan, soucieuse de la beauté de sa peau et qui barrait le soleil grâce à sa nouvelle coiffure immaculée.
Elle aussi portait de larges lunettes noires pour éviter l’assaut des rayons UV sur le contour de ses yeux immenses.
Syndra Raynaud, “La Main coupée” fumait une cigarette blonde vanillée, les doigts longs étirés langoureusement, appuyée contre le bras de la Petite Akan.

Elle semblait avoir oublié sa “propriétaire”, la poupée voleuse amputée par les milices Iranniennes.

Qui, elle, n’avait toujours pas montré le bout de son bras.

Betsy Mac Call, seule, manquait à ce rendez-vous en terrasse; tombée de fatigue, immergée dans une sieste platiforme au 32 étage de la tour, après avoir couru quelques 40 km la veille pour: “The anorexic paper doll Charity”.

- Mince alors! s’écria la poupée fleur (habituellement muette et aveugle) en regardant arriver cette créature indécise et délicieusement ciselée, de l’autre côté de l’Avenue A.

- Elle est nue, sa tête est nue. Si maigre et si belle! Ses seins sont presque inexistants, pointés comme des dunes de sable. Murmura un homme assis à côté d’une pin-up jalouse.

- Elle est si blanche, si longue, si tendue!

Enchérit une jeune femme laide, à la peau couperosée et aux cheveux bruns courts, assise à une table à côté.

- Quelle façon particulière de marcher! Quelle élégance gauche!

S’étourdit Syndra Raynaud, les doigts déployés vers le ciel.


“The Androgyn Doll “ISEE”. Alice Odilon 2011


- Regardez! Ses yeux glacés chavirent au delà d’elle-même, comme si l’orgasme sexuel venait de traverser son corps de poupée au sexe indéterminé.

Ajouta la main coupée, soudainement bleutée par une sorte d’excitation envahissante.

- Elle semble avoir faim, de loin, je vois sa faim, la négation de sa faim en elle, pour être belle, indépendante, et insoumise. S’écria le Ragdoll cat, assis à côté de Flower doll.

- Elle semble vouloir échapper à son ombre.

- Quelle drôle d’inquiétude se lit sur son visage!

- Oui, elle semble terrifiée par quelque chose qui ne se voit pas, qui ne se dit pas! ajouta Akan aux aguets.

- Ces yeux transparents, c’est terriblement troublant! ronronna le chat!

- Un tel désarroi dans ce regard de verre, une telle déception! quelle pauvre poupée! s’écria le garçon de café, pâle de fatigue.

La créature incertaine avançait d’un pas silencieux et cassé comme celui d’un pantin.

La rigidité de ses membres empêchait un mouvement délié et entraînait des rythmes saccadés, surprenants, inquiétants et en même temps extrêmement séduisants.

Plus personne ne pouvait quitter des yeux cette poupée raidie et anéantie par l’absence de toute identité.

Il était plaisant de voir qu’elle n’appartenait ni au genre masculin, par son port de tête et la finesse de sa peau marbrée de froid, par la longueur de ses cils noirs caressant la lumière de la nuit, ni au genre féminin par ses allures adolescentes de jeune garçon insurgé.

Akan l’imagina, déchet de plaisir, prostituée, transsexuelle empêchée, esclave dieu offert aux violences et déjection d’une communauté grasse de pouvoir et de mensonges.

De son corps, on aurait dit celui d’un Apollon amaigri par la soif d’être une femme.

Cette allure terriblement enfantine et prostituée de poupée égarée, disparaissait parfois dans la lumière, si l’on considérait ses bras et l’angulation aiguë de ses jambes.

Rien d’une femme, tout d’un jeune homme et en même temps ni l’un ni l’autre! Une jeune femme maigre au sexe nu, à vendre!

Une tatouée, une brûlée par les cigarettes, un androgyne épilé pour la scène et la jouissance des illuminatis.

(L’objet des désirs enfouis chez ces Messieurs de pouvoir, masquant leur indomptables pulsions homosexuelle et prédatrice.)

- Un ange castré aux allures de fée perdue, sale, et wagabonde.

Virilité et vulnérabilité épousaient les forces saillantes de sa peau à fleur d’os.

Sa maigreur n’était plus, son squelette était tout, ses allures habillaient la chair disparue.

En même temps, ce manque de tout, inspirait une sauvage sexualité à tout ceux qui la regardait: un fantasme de viol, d’attaches, de claques et de possession terminale sur ce corps dénué de possession.

Elle semblait si embarassée de vivre son personnage, cette carcasse aristocratique.

Aveuglée par la peur, elle se sentit brutalement dévisagée par ces gens regroupés aux terrasses.

Elle lança  un regard de verre, opalescent et vif, cruel et tendre à la fois.

Comme pour dire: “je veux disparaître mais je veux subir votre désir criminel de me violer.”

Son être si incandescent se réfugiait dans des yeux admirables, impossiblement beaux, et son squelette érectile, qui finirait par tomber en cendre.

Akan eut très envie de l’inviter à s’assoir parmi ses amis.

Mais était-il humain de demander à quelqu’un de si affamé de se joindre à ceux qui vivent?

Alice Odilon. 21 of January 2011

The wolf masked doll and the ragdoll cat

On the third floor of Akan’s building, a recently refreshed flat was to let after being unoccupied for 2 years.

Akan, bored most of the time, was very curious about the announced foreigner renters coming from Paris, and thought:

- “It’s so wonderful to get French neighbors in this place, as I’m fade up to speak in English, it’s so hard, their poor spelling, their innumerable grammar errors makes me more unmotivated to learn it.”

So, on First of December 2010, a couple arrived by cab, followed by two blue removals lorries.

Blue like the large eyes of the blue colourpointed tabby ragdoll cat boy accompanying his partner: a fragile charming wolf masked doll.

“The Wounded blue colourpoint tabby ragdoll cat”. Alice Odilon 2010


This cat seemed so docile and floppy that Akan was going to understand nearly the compatibility between the guy and the frail mysterious girl.

The wolf masked doll. 2010. Copyright Alice Odilon.

“What a mysterious couple! Akan thinks watching them enter the elevator accompanied by a removals man with broad shoulders.

They must be very tired after the day’s journey!”

Betsy Mac Call rang at Akan’s door to ask her some questions concerning the Newcomers.

Everyone knows that Akan, more observant than most, takes the time to observe the silence, emptiness, absence, and also the people who pass.

- “You talked to them, she asked, eagerly ?????

They are going to live above my friend Blythe Somat and I don’t want them to be too noisy, given the exhausting physical efforts that Flower-Doll (Blythe Somat) goes through every day.

The night is her only respite, the only way to recharge her nocturnal Chlorophyll for her stem and her poor injured leaves!

As to her petals, if he still has them a year from now, I’ll believe in miracles!

I am very worried for Blythe, you know!”

-”Don’t worry so much, I feel that these people act with discretion and shyness, even docility.

The young masked doll gives herself a severe look with her false wolf face, but I think that behind it she is sweet, she must be very soft.”

- “But a wolf can be sweet, you know?

Wolves are afraid of men and do not want them hurt.

Men have always hunted them and have given them this bad reputation as of eaters children.

http://lesmoyensgrands.over-blog.com/

In fact wolves are menaced by extinction due to men.”

“Yes, it happens that a wolf shows its teeth to say that it will attack or to warn of its discontent.

“Angry Wolf”. unknown author.

But in fact wolves are afraid of men and can even look friendlier than real dogs.

I have even seen wolves in films as tame as the fox in the book “Le Petit Prince” by St Exupery.

I saw the mask of this girl changes expressions, sometimes affectionate and friendly, sometimes aggressive and threatening, seeming to protect her partner.

And it’s very strange: I had the time to watch the eyes of Mr Cat and the features of his little face, I thought I felt a huge weakness in terms of his ability to defend himself.

He seemed utterly defeated.

His magnificent eyes know everything and say nothing.

“The Wolf masked Doll and Sir ragdoll Cat”. Copyright Alice Odilon 2010.


They absorb the mirrors of images, but they deliver nothing of their mysterious experience.

- In my opinion, said  Akan, it is stupid to talk about these nice people without having meet them.

And why talk about them?”

- “True, after all, let’s go and welcome them.”

Thus Akan and Betsy, the anorexic paper-doll, went up to the third floor and rang the bell.

- “Yes, hello”, said the young and beautiful masked doll undoing the three locks on the door.

- “Hello, we want to offer you our help, if you need it, on your installation in the tower and this new life here.

You come from Paris don’t you?”

- “Yes. Already I feel completely lost without my Parisian streets, and my “petit pain au chocolat”;

it’s awful, I feel as though I’m lost in a black forest, black ……”

- “Don’t worry, if you need anything, don’t hesitate to ask.”

- Then Mr. Ragdoll cat showed the tip of his nose from out of the thick hair of the masked doll.

“The shy Ragdoll cat and the Wolf masked Doll”. Copyright alice odilon 2010


He seemed so shy and withdrawn, so self-effaced.

And so sweet …..

Akan had an urge to caress him and watch him more, but Miss Doll stepped forward and blocked this generous intention.


- “My Friend Ragdoll needs time to get acquainted;

he is so mild that people see him as a rag doll and play with him by throwing him in the air, or by suffocating him on the couch.

I can tell you all that I’m watching out; as elsewhere I lost my face and a mask was auto generated on my beautiful doll’s face, a mask to frighten, to scare off ill-intentioned people.”

- “Can I get a word? ventured courageously  into the dark, the almost secret voice of the cat.

Excuse me, Ladies, for being so reserved, but my Mother Josephine was hit by a car and leaving in the commas in which she had sunk many years.

After being woke up she got married and gave birth to me, if I may say so.

I have of my mother, something special: I’m insensitive to pain, very quiet, maybe too quiet.

It comes from my Mother, her accident so terrible, so traumatic, suffering, agony, no …..

I do not fear the turmoil surrounding, because if there is shock, I do feel that the passive energy.

Which does not interfere in any way my handlers: on the contrary, knowing that I do not bristled, they mistreat me even more to assuage their fears, their misfortune of being possibly abused somewhere.

I’m here, and I never suffer.

But cons  I am shy, very shy.”

A sparkling diamond tear rolled down the lean cold cheek of Akan, while Betsy kept her hands tight to hide her emotion of grief, and happiness also, to have in the tower, so charming new neighbors.

Alice Odilon. Copyright Novembre 2010.


Au troisième étage de l’immeuble Akanien, un appartement innocupé depuis deux ans et récemment rafraîchi, était à louer depuis peu.

Akan, s’ennuyant la plupart du temps, fut très excitée quand elle apprit la venue de nouveaux locataires venant de Paris.

- “C’est trop génial!’ s’écria-t’elle, des français! je suis si dégoûtée de parler avec des anglais qui prononcent la moitié des mots, et font des erreurs de grammaire dans toutes leurs phrases.

Ainsi donc, le 1er décembre 2010, un couple dans un taxi descendit devant l’immeuble, suivi par deux camions bleus de déménagement;

Bleu comme les yeux immenses du chat ragdoll blue colourpointed tabby accompagnant sa partenaire: une fragile poupée au masque de loup.


- “Quel mystérieux couple! se dit Akan en les regardant entrer dans l’ascenseur, accompagnés par un déménageur aux larges épaules.

Ils devaient être bien fatigués après cette journée de voyage!”

Betsy Mac Call sonna à la porte de Akan pour venir lui poser quelques questions concernant les nouveaux arrivants;

Tout le monde sait bien que Akan, regarde plus que les autres, perd du temps à absorber le silence, le vide, l’absence et aussi les gens qui passent.

- “Vous leur avez parlé, demanda-t’elle, empressée?????

C’est qu’ils vont habiter au dessus de mon amie Blythe Somat et je ne souhaiterais pas qu’ils soient trop bruyants, étant données les épreuves physiques interminables que Blythe Flower-Doll supporte par jour.

La nuit est son seul répit, la seule et unique façon de se ressourcer en Chlorophylle nocturne, pour sa tige et ses pauvres feuilles blessées!

Quant à ses pétales, s’il lui en reste encore dans un an, je croirai au miracle.

Je suis très inquiète pour Blythe Somat, vous savez!”

- ” Ne vous inquiétez pas autant, j’ai le sentiment que ces gens agissent avec discrétion et timidité, voir docilité.

La jeune poupée masquée se donne des airs sévères avec son faux visage de loup, mais je me dis que derrière, c’est doux, cela doit être très doux.”

- “Mais un loup peut-être doux, vous savez?

Les loups craignent les hommes et ne leur veulent pas de mal.

Les hommes les ont toujours chassés et leur ont donnée cette sale réputation de dévoreurs d’enfants.

En fait les loups sont menacés d’extinction par les hommes.”

- “Oui, il arrive qu’un loup montre les dents pour dire qu’il va attaquer ou pour avertir de son mécontentement.

Mais en fait les loups ont peur des hommes et peuvent avoir des allures de chien plus doux qu’un vrai chien.

J’ai même vu dans des films des loups apprivoisés comme le renard du petit Prince de St Exupéry.

Le masque de cette fille là, j’ai vu, change d’expression, tantôt câline et accueillante, tantôt offensive et menaçante, semblant protéger son partenaire.

Et c’est très étrange: j’ai eu le temps de regarder les yeux de Monsieur Chat ainsi que les traits de son minois, j’ai cru sentir une faiblesse immense quant à ses possibilités de se défendre.

Il semble totalement vaincu.

Ses yeux splendides savent tout et n’en disent rien.

Ils absorbent les miroirs des images, mais ils ne livrent rien de leur mystérieuse expérience.

À mon avis, s’écrit Akan, il est stupide de parler de ces sympathiques personnes sans les avoir rencontrer.

Et pourquoi parler d’eux?”

- “C’est vrai, à la fin, allons leur souhaiter la bienvenue.”

Ainsi Akan et Betsy, l’anorexique paper-doll, se rendent au 3è étage et tirent la sonnette.

- “Oui, bonjour,” annonça la belle et jeune poupée masquée en cédant les 3 verrous de la porte d’entrée.

- “Bonjour, Nous souhaitons vous offrir tous nos services si vous en avez besoin, concernant votre installation dans la tour et cette nouvelle vie ici.

Vous venez de Paris n’est-ce pas?”

- “Oui. Déjà, je me sens complètement perdue sans mes rues de Paris, et mes petits pains au chocolat; c’est affreux, je me sens égarée dans une forêt noire, noire……”

- “Allons ne vous en faites pas, si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas.”

- Ainsi Monsieur Ragdoll montra le bout de son nez entre l’épaisse chevelure de la poupée masquée.

Il semblait en retrait et si timide, si effacé.

Et si doux…..

Akan eut envie de le caresser et le regarder plus longuement, mais la Miss Doll fit un pas en avant et se mit en travers de ce généreux élan.

- “Mon Ami Ragdoll a besoin de temps pour faire connaissance.

Il est si passif que les gens le considèrent comme une poupée de chiffon et jouent avec en le jetant en l’air, ou en l’étouffant sur le canapé.

J’aime autant vous dire que je veille au grain; tant d’ailleurs que j’en ai perdu la face et un masque s’est autogénéré sur mon beau visage de poupée, un masque pour faire peur, pour éloigner les joueurs malfaisants.

L’épaisseur de ce masque noir de velours de loup, fait corps avec la chair et les os de ma tête; J’ai perdu mon visage, j’ai gardé mes yeux noisettes de poupée, mais des traits de ma personne, émane un loup noir.

Maintenant mon masque peut changer d’expression entre la plus docile et la plus défensive.”


“Monsieur Ragdoll et la poupée au masque de loup”. Alice Odilon 2010.


- “Puis-je placer un mot? s’aventura courageusement dans l’ombre, la voix presque secrète du chat.

Excusez-moi, Mesdemoiselles, d’être si réservé, mais ma Mère Joséphine, fut percutée par une voiture,  laissée pour morte, et, finalement sortie du commas dans lequel elle avait sombré pendant de nombreuses années, s’est mariée et m’a donné naissance, si je puis dire.

J’ai de ma Mère, quelque chose de spécial: je suis insensible à la douleur, très calme, trop calme peut-être.

cela vient de ma Mère, son accident si terrible, si traumatisant, la souffrance, l’agonie, l’absence…..

Je suis comme elle, je ne crains pas les turbulences environnantes, car, si chocs il y a, je n’en ressens que la passive énergie.

Ce qui ne gêne en aucune manière mes manipulateurs: bien au contraire, sachant que je ne me rebiffe pas, ils me maltraitent encore plus, pour assouvir leur peur, leur malheur d’être peut-être aussi abusés quelque part.

Je suis là, et je ne souffre jamais.

Mais par contre je suis timide, très timide.”

Une étincelante larme diamantée coula sur la joue maigre et froide de Akan, tandis que Betsy serrait ses poings très forts pour dissimuler son émotion de chagrin, et de bonheur aussi, d’avoir dans la tour, de si charmants nouveaux voisins.

Alice Odilon. Novembre 2010 Copyright.


If Akan becomes “object a”, she will die

Akan a buté sur une citation de Jacques Lacan, issue du Séminaire X: “L’amour consiste à offrir quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas.”

Maintenant elle s’interroge : “ai-je connu cette échange unique avec quelqu’un?”

Oui, elle l’a connu quelques secondes, dans un village de France, perdu dans le sud.

Elle venait de quitter en pleurs son analyste,  elle était désespérée, le néant l’avalait, elle ne comprenait plus sa vie.

Lui, il l’a rattrapée en bas dans la rue, en prétextant aller chercher des cigarettes au tabac, il l’a regardée quelques secondes pour l’atteindre, et elle a sentie si fort ce regard d’amour.

Elle l’a refusé sans savoir, par instinct auto-destructeur, elle s’est refermée sur elle, sur rien.

Elle savait qu’il ne pouvait pas lui donner ce qu’il donnait déjà à quelqu’un d’autre, elle le savait, elle ne pouvait que refuser de connaître cette couleur amère amoureux.

Il eût été question de passion en place de l’amour.

Et cela lui semblait trop enivrant.

(Sur cette photo c’est autre chose: Akan les a photographiés à Lisbonne/airport, lui il ne l’aimait plus, et elle demandait son amour.

Elle lui donnait tout sauf ce qu’il attendait, et lui ne voulait pas de cette demande là.)

Alors la maigre Akan se penche sur son enfance et cherche des traces d’ amour.


Akan a été la fille de Andrée , la mère affamante.

{Quand l’Autre rabat l’amour au niveau du besoin, dit Lacan, il est étouffant.}

{Quand l’Autre « confond ses soins avec le don de son amour », quand l’Autre, à la place de donner ce qu’il n’a pas – ce qui est la définition de l’amour –} ne donne que la nourriture inerte.

Quand l’Autre, donc, à la place de donner ce qu’il n’a pas «  gave Akan de la bouillie étouffante », alors Akan a refusé de satisfaire à la demande de Andrée : « Akan gavée de bouillie-leurre d’amour,  a refusé la nourriture et a joué de son refus comme d’un désir de rien, d’un rien fécond, avec une charge potentielle positive.

Elle arrache son propre coeur de son corps, pour mieux voir et vivre.

“Oculaire Cardiaque”. Copyright Alice Odilon 2009.


Akan utilise son anorexie comme son signe identificatoire,  vouant un culte au rien sacré.

Akan ne se représente pas, elle ne vit pas dans son corps, simplement dans ses yeux.

S’il fallait qu’un miroir la réfléchisse il montrerait une forme filiforme placardée d’un manteau plat sans profondeur ni intérieur.

L’image d’Akan dans le miroir est une housse en plastique,  pas grand chose d’elle-même puisque tous les vêtements vitaux sont enfermés et rendus  invisibles par le contenant à fermeture éclair.

Akan sert de  porte-manteau en os, la seule structure capable de tenir tête au mauvais oeil de la mère méduse.

L’habit ne fait pas Akan.


“Anorexie”. {“Abercombrie and Fitch” picture.}


Le manteau  spéculaire  cache le ceintre maigre et habille la douleur.

Mais Akan se cache dans bien moins encore.

Akan se cache dans son  regard, elle  incarne l’objet regard.

La césure corporelle s’effectue par les yeux.

Le regard est le lieu où Akan “tient son moi et même son corps”. { Françoise Dolto : l’enfant du miroir}.

Çà vit uniquement dans son regard.

Les yeux sont le sanctuaire de vie de Akan. Ils ne se représentent pas, ils voient.

Akan est l’objet regard dont la présence meurtrie.

Son regard tue.

Alice Odilon. 21 septembre 2010.

Akan stumbled over a quotation of Jacques Lacan, in  Seminary X: “ Love consists in giving something that other one doesn’t have to somebody else who does not want it ”.

Now she asks herself: “ did I knew this sort of unique exchange with anybody ?”

Yes, she knew it, once a time,  for some seconds, in a village of France, lost in the south.

She had there just left  her analyst, she was despaired, she didn’t understood her life anymore.

The analyst  caught her in the street below, by using as an excuse going  to buy cigarettes in tobacco, he looked at her to attain her, and she felt so very much this look of love.

She refused it without knowing how to accept what she wanted so much, by auto-destructive instinct, she closed again on her, on nothing.

She knew that he could not give her what he has already given to somebody else, she knew it, she could only refuse to know this pain of loving failure.

It would have been question of live passion instead of love.

And it seemed forbidden for them.

Then thin Akan remembers her childhood and searches traces of  love.

Akan was the daughter of Andrée, the “starvation” mother.

{When Other one pulls down love at the level of the need, says Lacan, he is oppressive}.

{When Other one « merges its care with the donation of its love », when Other one, gives dead food instead to give what he does not have – what is the definition of love– he is an abuser}.

When Other one, therefore, to give what it does not have « force-feeds Akan with the oppressive gruel », then Akan refuses to meet at the request of Andrée: « Akan force-fed with gruel – decoy of love- , refuses the food and plays her refusal as a wish of nothing, a fecund nothing, with a positive potential load.

She tears off her own heart of her body, to see better and live.


“Le temps du coeur”.Copyright Alice Odilon 2009.


Akan has in fact no identity,  only the one to be anorexic, toxicomane of the nothing.

Akan cannot be represented by herself, she doesn’t see her real self, because it’s not shown in the mirror.

If it was possible that a mirror reflects it,  it would show a spindly form posted by a superficial flat topcoat nor an inside.

Akan appears as a ghost in the mirror, she is completely picked up by this specular picture, that means her emptiness, as her weak vital inside stays invisible in the mirror.

Akan is the coat rack in bones, the only structure able of standing up to the bad eye of the killer mother.

The specular coat does not make Akan.

It  hides the thin Akan and dresses pain.

The bodily caesura is made by eyes.

“Le Marquis”. Self-portrait Alice Odilon 1984. All rights reserved.


Look is the place where Akan ” holds her self  and even her body “. {Françoise Dolto: the child of the mirror}.

Life stays only in her look.

Eyes are the shrine of life of Akan.

They’re not visible, but they see.

Akan is the object “look” of which  presence hurts.

Her eyes kill.

Alice Odilon.

September 21st, 2010.



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