
"Julie". copyright Alice ODILON 1999.
Parce que le Moi ne peut-être qu’une image ritualisée dans le regard de l’Autre,
il ne peut se soutenir que par l’Autre et sa reconnaissance.
Quand l’anorexique advient à son nouveau corps, elle provoque dans le regard de l’Autre
une image signe radicalement différente du passé :
- une figure nouvelle, ajustée, énigmatique et "sauvage".
Cette figure nouvelle résiduelle du regard de l’Autre remplace tous les discours
de négociations possibles entre le réel et l’imaginaire.
Cette figure spéculaire naît de l’imaginaire de l’anorexique; elle vient de la place sans reflet du regard de l’Autre.
Cette place critique fut le point de naissance où le sujet anorexique a tenté de s’émettre.
Cette image sert de rideau pour cacher le vide envahissant dont l’anorexique a dû se parer.
La mère anorexigène mortifère en a décidé ainsi du sort de sa fille: Une vie sans Moi.
Le sujet anorexique est contraint de se vêtir du masque de la spéculaire pour parvenir à "compter" parmi les autres.
Piètre béquille providentielle et assassine.
La réalité du manque d’amour dont l’anorexique est victime, finit toujours par triompher.
Les béquilles se cassent, les rideaux finissent par se déchirer.

"Mother of Pearls". Copyright Alice ODILON 2007.
Le temps vient à bout de toutes les résistances?
Mais, selon mon expérience personnelle de toutes ces choses là,
je peux dire que l’on s’en sort toujours, vivante ou morte.
Alice ODILON
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