L’anorexie comme privation de la mort?

Julie 04 24

 Julie/Paris Atelier Savier 1999. Copyright Alice Odilon
 {Accoutume-toi sur ce point à penser que pour nous la mort n’est rien, puisque tout bien et tout mal résident dans la sensation, et que la mortest privation de nos sensations,}
mais que l’anorexie n’est pas la privation de sensations, bien au contraire.
Dès lors la juste prise de conscience que la mort ne nous est rien autorise à jouir du caractère mortel de la vie: non pas en lui conférant une durée infinie, mais en l’amputant du désir d’immortalité.
Dès lors les personnes qui flirtent avec l’anorexie, ne doivent pas nous apparaître comme mortes vivantes, mais comme vivantes et mortelle comme tous les humains.
 Il s’ensuit qu’il n’y a rien d’effrayant dans le fait de vivre, pour qui est radicalement conscient qu’il n’existe rien d’effrayant non plus dans le fait de ne pas vivre.
 Il s’ensuit qu’il n’y a rien d’effrayant de croiser une personne anorexique et d’essayer de l’aimer,pour qui est radicalement conscient qu’il n’existe rien d’effrayant non plus dans le fait de ne pas vivre. Stupide est donc celui qui dit avoir horreur des anorexiques, non parce qu’il souffre de voir l’apparence morte d’une personne vivante anorexique, mais parce qu’il souffre à l’idée de sa propre mort qui approche.
 Le plus effrayant des maux, la mort, ne nous est rien, disais-je : quand nous sommes, la mort n’est pas là, et quand la mort est là, c’est nous qui ne sommes pas !
 Le plus effrayant des maux, la mort, ne nous est rien, dit Epicure, quand une personne anorexique est comme elle est, avec toute sa maladie et sa foi de vie, sa force de vie, la mort n’est pas là,et quand la mort est là, c’est nous tous qui ne sommes pas.
 L’anorexie concerne les vivants, étant donné que ce sont des vivants qui en souffrentet qui ont besoin du support des autres vivants pour échapper à une mort trop tôt pressentie.
Epicure dragué par Alice Odilon 3/2/2013
 

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