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Anorexia, marathon and achievement

“Anorexia run”.Copyright Alice Odilon Janvier 2010.


Akan la maigre, court  sur le tapis de course depuis 2 heures et déjà son visage osseux ruissèle de sueur, des mots mal dits.

Sur l’écran, les chiffres parlent: 27km, vitesse 13.5

Des kilomètres parcourus sans autre but que d’être brûlés comme des calories condamnés.

Affichés  sur l’écran ces signes vous disent:  Akan court,  respire, suit un rythme cardiaque identifiable, mais ne vous parlent pas de ce monde où elle vit réellement : celui  de la Photographie.

Et pourtant Akan ne mange que des amandes, du pain et  du chocolat et boit du Shiraz avec prédilection.

Jamais d’excès en matière d’ingurgitation, elle a toujours eu peur d’avaler; horreur d’avaler sa mort et sa vie dans une même déglutition et d’étouffer soudainement de n’être plus cet oiseau là qui sautille librement en évitant le chat.

Akan, l’athlète sèche comme la vigne, regarde droit devant, sans plus attendre les réponses à ses années de quête photographique.

Implacable Master photography, rien ne peut ficeler le média, Fine Art Photography, n’appartient à personne, c’est une entité absolue comme la peinture, l’écriture.

Quand on la clef, on est sauvé.

Akan accède aux jouissances  pleines du marathon et au paradis de l’écriture.

Mais jamais l’argent, jamais le pouvoir social.

La rançon de vivre son art libre,  coûte la vie.

Et çà Akan le sait quand elle monte sur l’appareil de fitness le plus populaire.

Alice Odilon. Septembre 2010.

Akan is back

Akan reprend le flambeau: sauver les femmes et les enfants.


After long weeks of fight against censure and intolerance, Akan, Antablog’s daughter, is coming back, stronger than before, much more motivated to tell about anorexia and Art.

That was a very rude summer for Akan: she thought she was losing Antablog threatened to be deleted by Bluehost because pornographic content.

A sort of nightmare!

Files have been deleted by Bluehost without any consideration and respect of copyright and ownership rights.

Thanks to Sol, Akan’s husband, who wrote immediately to the Better Business Bureau’s Online Complaint System: BBB of Utah.

His complaint was successful reviewed by a specialist at the BBB and then forwarded to Bluehost for their response.

To avoid another very bad publicity, Bluehost was constrained to leave access to Antablog’s database for its transfer to Jushost.

Then Akan retrieved for 48hours access to her files and databases, in order to transfer her websites.

Antablog intellectual property was safe.

So It was a excellent lesson for Akan, anorexic artist, working for women rights, against child abuse, crime wars, runaway persons rights, street workers rights, that she had to choose carefully her web host in order to be not hunted and banished as a witch on the blacklist.

Writing about anorexia and photography, shooting nudity, has nothing to do with pornography, but involves social-political contents which can be easily hidden and shut up by phallocratic, hegemonic, talibanic, capitalist, unilateral power.

And Akan knows that anorexia detains a subversive content, which she wants to analyze to raise untold words of anorexic women.

Alice Odilon. 15 Septembre 2010.


Akan among the egoists

Avant Akan était l’indésirable Mistigri, la sale égoïste, et pour cela elle aurait voulu être servante 24 heures sur 24, renonçant au moindre de ses propres besoins.

Focalisée sur sa culpabilité, elle ne se rendait pas compte de l’égoïsme des autres et de leur manipulations envers elle.

S’accusant à tord de leur maux, elle fut le parfait instrument bouc émissaire et le boucémissaire des faibles: la sorcière.

Akan vit la vie s’éteindre.

Akan faisant semblant de ne pas souffrir, dominait tous les autres, attentifs à leurs seuls désirs et besoins insatiables.

Pour survivre à leur égoïsme et leur aveuglement, leurs certitudes, leurs idées claires, leurs carrières en pleine croissance, leurs voitures, leur cigarettes, leur argent,

leur vérité incontournable, leur racisme extrême,

Akan n’eut qu’un choix dans la vie: l’anorexie ou le suicide.


“La ligne de l’anorexie ou le suicide”. copyright Alice ODILON 2010.


In the past she had believed she was these only one dirty egoist, they were hunting night and day in order to salve their peaceful lifes, and for this reason she would have like to be a maidservant 24 hours a day, giving up, ignoring her own essential needs.

Focused on her guiltiness, she did not realized the selfishness of the others and their handling towards her.

Accusing herself of being a monster, the black hole, she had been the perfect scapegoat and the shield of weaks: the witch.

Akan saw the life’s death.

Akan pretending not suffering, dominated in secret everybody only caring of its selfish desires and insatiable needs.

To survive their blindness, their certainty, their clear ideas, their full growing carriers, their cars, their cigarettes, their money, their unavoidable matter of life, their extreme racism, Akan had just one choice in life: Anorexia or suicide.

Akan choisit d’être une forme parfaite

 

Akan choisit d'être une forme parfaite divorcée de l'ombre des enjeux du réel.

Une forme niant le temps, la faim, la haine, la parole, l'écoute.

Cette forme vient par impossibilité de rentrer dans le champ de la vie "active".

Le non-profit de son oeuvre acharnée de photographe oblige Akan à réussir

sa stratégie de décomplitude

dans l'allure scopique qu'elle se donne.

 

"Sea-star doll/ a scopic tyle." copyright Alice ODILON 2010


N'ayant pas le pouvoir d'être reconnue par son travail Herculéen,

elle trouve l'issue d'être une forme dynamique sorte de mustang "hot horse."

Le choix d'une vie ascétique d'athlète, cache la dépression d'être invisible,

pas vue.

Cette façon d'être au monde permet de survivre à l'invisibilité sociale,

physique, sexuelle.

 

"Les corps reflètent les relations sociales qui sont injustes et déformées."

Accepter le rejet du monde de l'Art, son berceau de descendance, déformerait Akan, au sens propre du terme.

Cette déformation humaine de Akan reste tout simplement impossible car porte atteinte à l'image cristallisée

d'après laquelle elle s'est faite, pour durer, endosser les altérations, les blocs de haine, les grands chagrins.

Se dilater, c'est se désintégrer, c'est se morceler, mourir dans un fracas épouvantable.

Alors ballader cette forme aiguisée de minceur, aux yeux de tous, maintient la force A, la force akanienne.

Les restes laissés par Akan se résume à une importante garde-robe, riche de milles tenues pour femme maigre, taille 34.

Akan stocke ces peaux inutilisées, oubliées, rangées, antimitées, car peut-être un jour

la voix s'ouvrira de nouveau au grand défilé de ses panoplies victorieuses.

La forme effilée du corps féminin, incarnée par Akan chante la désinvolture de la conscience.

Perdre la gloire, perdre la visibilité se vit sublimée dans une façon anorectique d'être au monde.

Vieillir n'est pas jouer car maigrir est plus fort.

Entretenir à l'anti-mite cette garde robe c'est croire encore au succès possible d'une vie mondaine. 

Toute une vie sporadique endormie dans des linges et ourlets, coutures et doublures,

disponibles au corps anorexique de Akan.

Une chose est restée constante: l'élégance, l'habit anorexique.

 

Deux enfants, elle a deux filles: Ismene et Poppey.

Son Mari, Sol, vit avec elle dans une grande sérénité et entretient cette paix si chère à Akan.

 

Après deux vies de couple totalement ratées, elle se trouve bien avec ce troisième homme,

brillant, secret, fragile

et plus âgé qu'elle, ce qui lui donne le sentiment d'être une petite fille avec lui.

Au niveau financier c'est le vide total: son oeuvre n'intéresse que les gens attirés

par l'anorexie; les Galeries parisiennes et new-yorkaises, lui ont désormais fermée la porte au nez

en faveur de jeunes talents frais à boire et à jeter.

 

Sol amène l'argent du foyer.

Il travaille en temps que cadre dans une charité bien installée.

Leur appartement de 75 m2 se trouve dans un quartier calme de la ville,

une zone populaire sans richesse ni misère.

De toutes leurs histoires ils n'ont gardé que deux fauteuils carrés: Marquises Jacob,

tapissées de soies turquoise aux motifs de Tassinari et Châtel,

et une vingtaine de lampes en Porcelaine 1800, aux Abat-jours Jupons,

richement décorés de Passementeries Declercq.

 

Il est resté toute la substantifique existence de Akan et Sol dans cet appartement modeste.

Les rêves sont restés, la mode, le cinéma, les livres, Bonnard, Schiele, Klimt, Elie Faure, Soutine, Kafka,

Rachmaninov sont restés intensément vivants sans jamais faiblir.

 

Alice Odilon. 1er Août 2010. Copyright AO.

 

 

Akan chooses to be a perfect form divorced from the shadow of reality.

A form denying time, hunger, hate, conventional language, conventional listening.

This form comes by impossibility of returning to the field of the "active" life.

The financial difficulties of being a photographer obliges Akan to succeed in her strategy of anorexia.

Her Herculean work not being recognized by the Art world, she finds her way out

in being a dynamic bodily metaphor of anorexia.

The choice to live an ascetic athletic life, hides the depression to be invisible, unnoticed.

This sort of lifestyle makes her survival possible in a social, physical, sexual invisibility.

" The bodies reflect the social relationships which are unjust and distorted."

Admitting to be an outsider in Art World, (her pure cradle) would deform Akan, kill her.

This human distortion of Akan remains quite simply impossible because it damages the self model,

which is for her the energy of life,

allowing her to face up to deteriorations, blocks of hate, great sorrows.

To morph, is to disintegrate, diying in a terrible crash.

Then to expose this sharpened form of thinness, for every one to see,

maintains the strength, the "akanian" antimatter.

The remainders left by Akan are summarized in an important wardrobe, rich of thousand dresses, size 34.

" A wardrobe to shine in secret".

Akan stores these unused forgotten skins because perhaps one day the success will come back again

with the large procession of its victorious displays.

The slender streamlined shape of the female body, incarnated by Akan sings the hymn of consciousness.

To lose glory, to lose visibility is to live sublimated in a anorectic way to be in the world.

Getting older is not a worth game because being thin is stronger.

To protect with moth-balls this wardrobe means to still expect possible success in fashionable life.

A whole sporadic life deadened in linens and hems, seams and linings, available to Akan's anorexic body.


A thing remained constant: the elegance, "the anorexic dress".

Two children, she has two daughters: Ismene and Poppey.

Her Husband, Sol, lives with her in a great serenity and provides peace, so precious to Akan.

After two completely missed relationships, she is happy with this third shining,

secret, fragile man, who is older than her, who gives her the feeling to be sometimes a little girl with him.

On the financial level there is total vacuum: her work interests only attracted people by anorexia. 

The International Galleries from now on have closed their doors to her in favor of fresh young talents

which would be forgotten in several months.

Sol brings the money.

He works as a senior fundraiser in a well known charity.

Their 75 m2 flat is in a calm district of the city, a popular zone without richness nor misery.

From their past they have kept two square armchairs: Marquises Jacob,

covered with turquoise silks from Tassinari and Châtel,

and a score of Porcelain 1800 lamps, with rare "juponnés" lamp-shades,

richly decorated with Declercq Passementeries.

There remains all the life of Akan and Sol in this modest apartment,

the dreams remain, the fashion, the cinema, the books,

Bonnard, Schiele, Klimt, Elie Faure, Soutine, Kafka, Rachmaninov remain intense without weakening.

 

Alice Odilon. 1/08/2010. Copyright AO. All rights reserved.

The arm-hold trap

La nuit tombe bleue marine sur la ville où s’endorment Akan et la jeune fille, loin l’une de l’autre, dans un quartier opposé de la cité.

Elles ne se parlent plus maintenant.

Akan dans son lit repense à la demoiselle aux hirondelles.

Elle a peur pour elle.

C’est dans la peau de la jeune fille désormais, la peau neuve a été tatouée.

Le dessin splendide doit lui faire mal à cette heure ci.

Non parce qu’il s’agit d’une plaie, mais parce qu’il s’agit d’un terrible acte manqué à l’envers.

Il n’est cependant plus question de rature, hachure à l’encre noire.

“Le bras aux hirondelles”. copyright Alice ODILON 2010.

Pour la gamine, ce tatouage indélébile conclue son amour incontrôlé pour sa mère; pour celle-ci il s’agit d’une fantaisie, d’un message impubère.

Mais alors que c’est-il donc passé?

Quel est ce quiproco dans la peau, si douloureux et virtueusement regardable?

- J’ai voulu faire entrer les hirondelles dans mon ciel, et Akan avec, raconte la jeune fille dans son sommeil profond.

Je désirais les garder en moi, de crainte qu’elles ne s’envolent.

C’était la seule chose à laquelle je pouvais vraiment m’accrocher.

Cette pensée pour ma Mère.

Et je sentais Akan partir, vers la fin de sa vie et je l’ai retenue.

Ecrire ma mère dans ma peau représentait le pacte le plus réel de mon destin.

Sacraliser Akan c’était aussi la faire mienne pour que je puisse vivre enfin.

Toutes ces écritures à l’extérieur de moi, m’ont paniquée et se devaient d’être captées dans mon derme.

Je demande l’absolution afin que je puisse regarder l’intérieur de mon bras, sans la hantise du membre étranger.

Que ce cauchemar cesse à jamais, que ma mère ne craigne plus d’être dans ma peau.

Oh! Maman que m’as-tu fait en partant de ma vie?????

J’ai tellement eu peur pour toi, toujours.

Maman reviens moi, reste en moi, que je puisse vivre sans ta présence!

- Dans la nuit bleue marine, Akan ne peut plus dormir.

Ses longues jambes fuselées remuent lentement sous le drap.

A l’intérieur de ses bras maigres, s’endort une petite fille au bras hachuré d’oiseaux.

Son corps anorexique lui parle de la jeune femme aux hirondelles.



Alice ODILON. Copyright Alice ODILON 2010.

Navy Blue Night falls on the exile city where sleep Akan and the girl far away from each other in an opposite area of the city.

They do not talk anymore.

Akan in her bed, thinks about the swallow tattoo girl.

She is worried about her.

It’s in the skin of the girl right now. The new skin has been tattooed.

The virtuous design is certainly hurting her arm at this time.

Not because it is a wound, but because it is a terrible Lacanian backwards slip.

However, there is no question anymore of erasing, neither black ink hatching on the flesh.

For the girl, this uncontrolled indelible tattoo concludes her love for her mother.

For the the last one it is a fantasy, a message coming from someone below the age of puberty.


So what happened then?

What is this quiproco in the skin, so painful and virtuous watchable ?

- I wanted to show the swallows and  Akan in my sky, says the young girl in her deep sleep.

I wanted to keep them in me, I was so scared they flied away.

It was the only thing I could really hang on.

This memory of my Mother.

And I felt Akan leaving, towards the end of her life and I retained her.

Writing my mother in my skin was the most real covenant of my destiny.

Making Akan sakred, was although making her, mine, in order I could live finally.

I panicked, all these entries outside of me, had to be trapped in my skin.

I’m asking for absolution so that I can watch inside of my arm without the phantom pain specter of a missing limb.

Let this nightmare stops forever, let my mother no longer fears being in my skin.

Oh Mom! what have you done to my life ?????

I’m so afraid for you, always.

Mom be back to me, remains in me, then I can live without you!

- In the navy blue night, Akan can not sleep.

Her long slender legs slowly stir in the sheet.

Within her thin arms, a little girl with hatched birds on her limb, falls asleep.

Disembodied Akan dreams about the limbless baby.



Alice ODILON. Copyright 2010.




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