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Akan’s Tower ou le monde du morcellement

Si je devais révéler des secrets sur Akan, je ne pourrais pas en dire très long quant à sa grande intimité, car en fait Akan est particulièrement transparente et complexe.

Il suffit de retrouver dans chacun de ses amis de la Tour Akanienne (symbole de l’envolée, du chemin vers le spirituel), une facette de ses multiples personnalités.

- La Main coupée “Syndra Raynaud” représente le trauma de la perte, la coupure de la vie par le vide. Elle se dit “Illusion Corporelle”.

“Syndra Raynaud” the Phantom pain. Alice Odilon. Copyrights

 

C’est aussi le fantôme de la perte, sa mémoire, son fétiche.

Elle représente une mesure draconnienne sauvant la vie du corps menaçant de pourrir.

Symboliquement, Akan y est très “attachée” car le Syndrome de Raynaud joue le rôle d’étalon de l’anorexie; on pourrait dire “signe de reconnaissance”, “un code d’appartenance” au clan des anorexiques.

 

- Blythe Somat, la poupée-Fleur est un être extraordinaire aux pouvoirs magiques et en même temps épongeuse de souffrances.

“Blythe Somat, the Flower-Doll.”Google Images

 

(Elle sert de médium entre l’enfant hémiplégique, anorexique et schyzophrène et Françoise Dolto qui parvient à communiquer avec elle en la ramenant vers la parole, et donc, l’action de se libérer.)

la Poupée-Fleur n’a pas d’yeux, mais elle a des pétales sensorielles, elle ne parle pas car elle n’a pas de bouche, mais elle souffre et crie en silence, elle a un corps de poupée, mais sa tête c’est une fleur.

{Françoise Dolto a eu l’idée de cette poupée-fleur lorsqu’elle était enfant. En réalité, elle la conçoit en 1946, au cours d’une consultation où sont venues à sa rencontre Bernadette, une petite fille anorexique de 5 ans et demi, et sa mère.

Celle-ci se plaint de ce que sa fille n’aime ni les poupées animales ni les poupées humaines.

Accablée par la haine envers elle-même qu’elle ressent chez cette petite fille profondément paranoïaque, Dolto lui propose: «Et pourquoi pas une poupée-fleur?».

Aussitôt, elle donne à la mère les indications pour la fabriquer, devant Bernadette, qui saute de joie à cette idée.

Recouverte de tissu vert, cette poupée n’a ni devant ni derrière, ni mains ni pieds, et figure la seule forme humaine, la stature droite que l’enfant peut tenir en main.

Le volume figurant la tête est juste surmonté d’une corolle blanche de marguerite.

Autrement dit, tout comme une interprétation, cette poupée a été conçue entre les différents protagonistes de la scène analytique.}

{“Le Dr Lacan a le sentiment de plus en plus vif que la poupée-fleur de Mme Dolto s’intègre dans ses recherches personnelles sur l’imago du corps propre et le stade du miroir et du corps morcelé.

Il trouve important que la poupée-fleur n’ait pas de bouche et après avoir fait remarquer qu’elle est un symbole sexuel et qu’elle masque le visage humain, il termine en disant qu’il espère apporter un jour un commentaire théorique à l’apport de Mme Dolto.”}(Intervention sur l’exposé de F.Dolto-Marette).

Elle est très proche de celui qui souffre, toujours très proche, car elle écoute, sent, ressent, et donne son corps en passage vers la vie.

 ”Akan” ou l’ébauche du Self.  Alice Odilon 1/08/2011. copyrights.

 

 

- Le timide Ragdoll “Weaky” aux yeux bleus Caraïbes, le sauveur impuissant, est le seul être masculin de l’équipe.

“Weaky the Ragdoll cat”. Alice Odilon. Copyrights 2010.

Il absorbe du regard, il parle très bas, il est comme Blythe Somat, soumis à la méchanceté des autres, mais aussi très clairvoyant et lunaire.

- La Poupée “Whouh”  au masque de loup, avec son corps de petite fille menue et tonique, vêtue de sa robe écossaise au col mousseline, et dont on ne voit jamais le visage.

Weaky and Whouh, the wolf masked doll. Alice Odilon Copyrights 2010.

On ne voit de son apparât féminin, que sa belle chevelure lourde et ondulante qui s’étale sur son dos.

Whouh est tout l’inverse de Weaky, le Ragdoll bouc émissaire, elle devient une créature offensive, protectrice, n’ayant pas froid aux yeux, toujours prête à bondir pour défendre les plus faibles.

Whouh incarne une victime masquée devenue guerrier.

Le masque de loup a un rôle de bouclier; il sert à intimider l’adversaire, et sert à cacher la vulnérabilité et l’innocence de Whouh.

 

 

- La Poupée androgyne “Isee”, maigre et nue, chauve et belle, racée aux muscles longs et secs.

“Isee”, la flamme des Jane DOE. Alice Odilon. 2011. Copyrights

 

Ce personnage là revient de l’enfer de la prostitution, de la rue, de la route en solitaire.

Elle a vu des personnes mourir dans les fossés, des femmes assassinées coupée en morceaux, elle connaît le désespoir total des suicidés, elle est la flamme des Jane et des John Doe.

“Isee” symbolise l’abandonnée, la personne oubliée, sans nom, sans toit.

- “Mova”  l’avatar marathonien, est une athlète éternelle au coeur solide, aux jambes longues et déliées, et au regard fixé vers l’avant toujours.

- Allegraka c’est la prof de vol, la figure bridge entre le sol et le ciel.

Elle twitte, tumblre, digg, wikiote, facebook, elle envoie des messages sur le web, pour parler de ses amies de la Tour, des messages sans aucun commentaires de quique ce soit, car personne ne les lit.

- Akan se trouve dans chacun de ces personnages; parfois décide, souvent se tait et laisse l’équipe prendre la bonne option, parfois disparaît dans sa chambre pendant des jours, pour dormir et s’oublier.

Tout cette merveilleuse équipe partage les heures de la vie dans la Tour Akanienne, Paradis des hirondelles, centre de traitement pour anorexiques, et immeuble gratte-ciel HLM immense aux couloirs infinis.

Puis je vous parlerai des patientes du centre de réadaptation de la Tour Akanienne…..

Dans le prochain poste………

Bonne Nuit les Petits….

PS: J’oubliais Betsy Mac Call, american paper doll, si plate, si fine, si intense, déchirable et souffrante.

 

Betsy Mac Call, the American Paper-doll. Alice Odilon.copyrights 2010.

Alice Odilon. 1/08/2011. Tous droits réservés.


Penser et crier corporellement


Le cri de l’hirondelle balaye la voix de ma Mère.

Maintenant je me souviens…… dans cette chambre d’enfant, couchée à 7 heures du soir, je me souviens du chant des martinets dans l’espace, autour de l’immeuble.




Je n’arrivais pas à dormir, il faisait encore jour, c’était l’été.

Les Martinets écrivaient dans le ciel les mots tus: ”Vis! Sauve-toi!”


- Je fus une hirondelle anorexique.

Une fillette planant dans l’air comme les femmes dans les tableaux de Chagall:échappée, allégée par le rejet de ma Mère.


Alice ODILON.

Une hirondelle en cellule

Le mardi 13 juillet 2010, Akan est descendue à la ville pour chercher les médicaments dont elle est accoutrée depuis quelques années.

Fluoxetine, Atarax, Temazepan lui servent de boulet pour la tenir en vue, en probation.

Akan les avale quotidiennement avec impuissance et crédulité, pour “aller mieux”.

Cependant le pharmacien ne trouve pas les drogues commandées et convaint notre héroïne de revenir dans 3 jours.

Déçue d’avoir été oubliée encore une fois, Akan se rend au centre commercial dans le but de se délester de son malaise en soustrayant d’un étalage un objet encore inconnu d’elle même et symbolisant le réconfort, les caresses d’une mère invisible.

- Un objet étalon de son manque et fétiche de sa victoire sur la douleur du manque.

Elle s’engage sans aucune détermination, sans énergie, avec l’envie compulsive d’être enregistrée par une caméra de surveillance capturant l’évidence de l’offense.

Peut-être aura-t’elle la chance de se faire arrêtée par la police, seule à même de noter son existence minuscule, sa trajectoire kamikaze.

Elle se sent vieille, laide, désespérément triste, finie.

Son corps maigre et trop veiné ne retient plus les regards en arrière.

Si des yeux la remarquent c’est pour juger de sa gracilité quasi cachectique.

Avant les hommes se retournaient sur son passage tant elle était jeune, racée, élégante.

Aujourd’hui, malgré la même silhouette, l’élégance innée, les gens ne la remarquent plus, car elle a vieilli et cela lui vaut d’être transparente, insignifiante.

Les hommes ne cherchent que la chair adolescente appelante, celle qui promet des délices les plus interdits.

Le visage ne compte plus dans ces rues où la survie de l’espèce passe avant tout language.


Le 13 de ce mois d’été est la veille d’anniversaire de la jeune fille au tatouage, et Akan n’arrive pas à gérer cette date, tant les liens qui l’unissent à la gamine tombent à terre dans des flaques d’eau.

Ce lien secret aurait dû aider Akan à vivre et assumer la réalité, mais il enlève toute vie, toute joie, toute paix.

L’enfant au bras tatoué l’a reniée, rayée de son vocabulaire affectif et lui fera payer le prix d’avoir été une mère anorexique photographe.

Akan ne pensait pas qu’un jour sa fille aînée la trahirait, lui reprocherait d’être une artiste et sa mère en même temps.

Aujourd’hui les rêves de pérennité et d’immortalité se sont effondrés, plus rien ne sera plus comme avant.

Akan sait désormais que son oeuvre sera oubliée.

L’hirondelle sait que tout est perdu.


Cette conviction toute fraîche donne naissance à un chagrin angoissé, venant de nulle part et s’installant comme un smog aveuglant.

Il arrive qu’une branche assassine son arbre.

“Il arrive qu’une branche assassine son arbre”. Copyright Alice ODIlON


Alors Akan entre dans un store de produits de beauté et s’empare d’un panier rouge en plastique qu’elle remplit de laits pour le corps, de masques hydratants, de crèmes de nuit, de crèmes anti-rides, de lotions anti-âge et sort du magasin avec allure et détermination, passant les portes de sécurité, en déclenchant une alarme foudroyante.

Les heures suivantes Akan est au poste de police, confrontée à des interrogatoires, des prises d’empreintes, d’ADN, des flashs de caméras, des heures en cellule vide.

L’hirondelle captive.

Pendant cet après-midi là elle s’apaise enfin dans ce nouvel enfermement la retenant au monde, lui disant, “tu existes car tu as transgressé la loi”.

Tu as été remarquée, entendue, ton cri a été entendu.

Et cette prison vaut tous les bras humains par le silence et la paix.

Son corps maigre devient vivant dans cette cellule apparemment vide et cependant pleine de cris et de colères passées, de peurs et de regrets.

Akan se rend compte de sa propre réalité humaine.

Elle admet cette prisonnière en elle.

Ses mains, ses bras longs et fins, ses genoux osseux, tout son corps devient une sculpture vivante et profonde et Akan découvre sa vérité la plus solide.

Akan feels very bad on the 13th of july 2010 in the afternoon, unable to deal with anything around her.

Her body has been suffering the last hours; the exhaustion caused by the insomnia and the lack of fluoxetine, has grown for the worse, to give birth to a dark absent mood, and endless sadness.

Akan comes down to the city to purchase drugs she has been using for a few years.

Fluoxetine, Atarax, Temazepan are prescribed to her to control her mind.

She admits them with impotence and credulity, “to getting better”.

However the pharmacist does not find the ordered drugs and convinces our heroin for returning in 3 days.

Disappointed to be forgotten once again, Akan goes to the shopping mall with an aim of relieve herself from her terrible faintness by withdrawing a displayed unknown item, symbolizing the peace, the safety, the caresses of an invisible mother.

- An object symbol of her lack and fetish of her victory over the pain of confusion – .

Akan enters in the huge commercial gallery without any determination and any energy, with the compulsive desire to be recorded by a CCTV camera capturingthe obviousness of the offend.

Perhaps will she have chance to be stopped by the police force, the only one able to notice her tiny existence, her kamikaze path.

She feels old, ugly, hopelessly sad, finished.

Her thin body does not retain any more the glances behind.

If eyes notice her it is to judge her cachectic slenderness ratio.

Before the men were turned over on her passage as she was young, racée, elegant.

Today, in spite of the same silhouette, innate elegance, people do not notice her any more, because she is mature and for them she’s worth to be transparent, unimportant.

The men seek only the appealing teenager flesh, that which promises most prohibited delights.

The face does not count any more in these streets where the survival of the species passes above all language.

The 13 of July is the day before the birthday of the young tattooed girl, and Akan does not manage this date, so much the bonds which link her to the “gamine” fall to ground in puddle pools water.

This secret bond should have helped Akan to live and assume reality, but it removes any life, any joy, any peace.

The child with the tattooed arm has disavowed her, striped her of her emotional vocabulary and will make her pay the price to have been an anorexic photographer mother.

Akan would not have thinking that one day her oldest daughter would betray her, would reproach her to be an artist and her mother at the same time.

Today dreams of immortality crumble, nothing will not be the same.

Akan knows from now on that her work will be forgotten.

This very fresh conviction gives rise to a distressed sorrow, coming from nowhere like a plugging smog.

It happens that a branch assassinates its tree.

Then Akan enters in a store of beauty products and takes a red plastic basket that she  fills of milks for the body, hydrating masks, creams of night, anti-wrinkle creams, lotions anti-age and then leaves the store without attempt to pay, passing the security doors by setting off a striking down alarm.

The following hours Akan stands at the police station, confronted with interrogations, flashes of cameras, hours in blank cell.

During this afternoon she finally finds relieve in this new retreat into silence retaining her far from the world, telling her, “you exist because you transgressed the law”.

You have been noticed, heard, your scream has been heard.

And this jail is worth all the human arms by silence and peace.

Her thin body becomes alive in this apparently empty cell and however full with cries and passed angers, fear and regrets.

Akan realizes her own human reality.

She admits this captive inside her.

Her hands, her long and fine arms, her bony knees, all her body becomes a human sculpture and Akan discovers her main genuine truth.

La forme sans épluchures


La vie de Akan égale un sacerdoce, celui de la honte.

La honte de la pauvreté et la solitude, et pour les autres la peur d’être pauvre et seul en s’approchant d’elle.

Akan le sait depuis des lustres.

Quelle irrésistible envie d’échouer là où personne n’ose se risquer!

Par la photographie, la grande Photographie américaine, japonaise, européenne…

Akan trouve la grâce dans les images de Nancy Rexroth.


Copyright Nancy Rexroth.

Brassaï.

Copyright BrassaÏ.


Irina Ionesco.

Copyright Irina Ionesco.


Fukase.

copyright Fukase

Copyright Fukase.


Jeff Brouws.

Copyright Jeff Brouws.


Abott, Watkins, Vestal.

Copyright David Vestal.


Tina Modotti, Diane Arbus.

Copyright Diane Arbus.


Meatyard.

Copyright Meatyeard.


Outerbridge.

“William Curent and his first wife”. 1950. Copyright Paul Outerbridge.


Boubat.

Copyright Boubat.


Drtikol.

Copyright Frantisek Drtikol.


copyright Frantisek Drtikol.

et d’autres……

Elire l’action dans le champ de la photographie, ne pas parler.

Commencer d’abord, ressentir par soi-même, reconnaître certaines choses ayant un sens fort pour soi, les choisir, les mettre dans un ordre très personnel, parfois remis en cause par soi-même.

Accéder au plaisir d’être encore en vie après les coups de fusil.

Marcher seule dans les rues, entendre les hirondelles, courir des heures durant sans jamais s’arrêter.

Akan aime les étoffes en velours, les sièges Louis XVI, le stle Art Deco, les  lampes italiennes Fortuny, les chandeliers ruisselants d’étincelles, les miroirs Murano, les  fresques de Paolo Ucello, Fra Angelico, le vin de la terre africaine, les sacs Hermès, les parfums de Lutens.

L’ affinité pour ces choses, suppose un vécu anorexique de la réalité.

Les scènes de cette vie nécessitent un décor special afin d’être enregistrées..

Les autres humains incarnent l’energie, les tensions, les forces et les discordes.

Dans l’aire de Akan, avant la venue du modèle de sa vie, déambule seulement un homme, son mari, très absent, même quand il est à la maison, et l’une de ses filles, Ismene.

Les gens jouent des rôles différents dans les histoires, ils ne sont pas seuls, leur destins se mêlent à d’autres au rythme différent, au son désaccordé.

Pour Akan, la vie de réclusion lui permet d’échapper à l’injustice et à l’incompréhension.

La réalité la viole, elle a honte de sa peau, d’être vivante et désespérée.

Honte de se tenir bien, encore, dans ce dénuement le plus total.

Une seule chose peut rompre l’ennui pourri des jours.

Akan naturellement photographe, essaye de se défaire de cette terrible habitude, mais en vrai,son plus grand fantasme reste toujours de rencontrer son modèle alter-ego avec laquelle elle puisse jouer en série, un crime, un cri-me.

L’audace de placer une scène dans cette vie subie, soumise et banale, relève du plus beau défi, du courage des grands chevaliers.

Dans ses veines coule un sang de chevalière, pouvant se payer le luxe d’abîmer la réalité, d’en créer une autre, déformée.

Elle  va rencontrer encore une fois la figure anorexique modèle essentielle de son existence.


“Image de défilé manipulée”.

Akan’s life equals priesthood, that of shame.

The shame of poverty and loneliness, and for others, the fear of being poor within only approaching her.

Akan knows it for ages.

What sort of irresistible desire is it to succeed where others dare not venture?

Through photography, the great American Photography, Akan finds grace in the images of Nancy Rexroth


Copyright Nancy Rexroth”.

Imogen Cunningam, Abadzic, Edward Curtis, Julia Margaret Cameron, Brassai, Irina Ionesco, Fukase, Brouws, Abott, Watkins, Vestal, Tina Modotti, Diane Arbus, Meatyard,

Outerbridge, Bellocq, Boubat, Drtikol and other ……

Electing action in the field of photography, shutting up.

Starving first, feeling for herself, recognizing certain things, selecting some of them, putting them in a personal order, as soon contradicted by herself.

Getting the pleasure of being alive after the shots.

Walking alone in the streets, hearing the swallows, running for hours without ever stopping.

Akan loves velvet fabrics, Louis XVI seats, Italian Fortuny lamps, chandeliers dripping with sparks, Murano mirrors, frescoes by Paolo Uccello, Fra Angelico, the wine of the African soil, Hermès bags, Lutens perfumes.

The affinity for these things, requires an incomplete experience of reality.

The scenes of life require a setting to be saved ..

Others embody the scene, tension forces and discord.

In the area of Akan before the coming of “the Model of  life”, wanders just a man, her husband, very absent even when he is home, and one of his daughters, Ismene.

People play different roles in the stories, they are not alone, their destinies mingle with others at different pace, the sound out of tune.

Akan, hiding in her life allows her to escape the injustice and incomprehension.

The reality rapes her, she’s ashamed of her skin, to be alive and desperate.

Shame to keep well, even in this abject poverty.

One thing can break the boredom rotting days.

Akan naturally photographer trying to get rid of this terrible habit, but in real, her greatest fantasy is always to meet her alter-ego model with which she can play series, as a crime, a cry-me.

The audacity to build a scene in this suffered, common life, evokes the greatest challenge, the courage of the great knights.

In her veins flows the blood of an author, which can afford to spoil reality to create another, distorted one.

She will meet again the “Anorexic Figure” essential to her existence.

Alice ODILON. The 17th of May 2010.

Akan cherche modèle ultra-slim

L’ennui devient immense et envoûtant dans cet appartement au 2ème étage.

“Self”. copyright Alice ODILON 2009.

Akan passe des heures à faire le ménage dans ce duplex moderne d’un immeuble de la ville moyenne.

Elle a peur “d’y revenir”: de revenir à ses désirs de créations immobilisant l’ordinaire.

La routine et la mort au quotidien semblent plus confortables pour Akan devenue si angoissée de trouver un modèle dans cette cité dont elle n’a aucune idée.

Elle n’a rencontré personne ici, parle plus ou moins bien la langue du pays et se réfugie toujours dans son appartement “panic-room”.

Trouver un modèle demande de se justifier, d’expliquer à l’autre le monde à inventer, à jouer dans des scènes immédiates, fraîches, inventées, inspirées par l’audace et le courage d’être différente.

Photographier un modèle dans les rues ou les aires de cette ville obligerait Akan à se faire voir par les autres dans son rôle de photographe, d’auteur isolée, d’anarchiste fragile et perdue.

Le modèle n’aurait pas de merci pour elle, attendrait tout de sa direction d’acteur, de ses désirs, de ses vues et de ses actions de metteur en scène.

Il faudrait encore endosser cette peau d’artiste sans commanditaires et, pour Akan, c’est devenu difficile, douloureux.

Je pense que Akan est sur le point de renoncer.

C’est un moment triste, le moment où peut se déclarer un cancer, une grave inertie, quelque chose du genre “en travers”.

La Tentation de St Antoine tend ses bras maudits à cette photographe renfermée.

Triste oui, c’est triste de voir quelqu’un s’ennuyer autant et perdre son temps à avoir peur.

Une après-midi de pluie, Akan, fait paraître une annonce sur facebook, pour se lancer à la recherche d’un modèle ultra-slim idéale pour ses mises en scènes photographiques, une fille vivant dans la ville ou dans un périmètre de 5 miles.

Akan attend des réponses……..mais rien ne vient……..

Infinite Boredom paralyzes everything in this second floor apartment.

Akan spents hours cleaning this duplex in a modern building in the city average.

She is afraid to “rehab”, to return to her creative desires of immobilizing the ordinary.

The routine and the daily death seem more comfortable for Akan became so anxious to find a model in this city whose she has no idea of anything.

She does not meet anyone here, more or less speaks the language and always stays in her “panic-room” flat.

Finding a model requires to justify, explain to the other the world to invent, to play in  fresh, invented scenes  inspired by omnipresent bold and the courage to be different.

Photographing a model on the streets  of the city requires Akan to be seen by others in her role as isolated photographer,

fragile and lost anarchist.

The model wouldn’t  thank her for it, waiting for directions to follow, waiting for orders, desires,  views and actions by the director photographer.

She will have to endorse her skin of artist without sponsors and for Akan it becomes impossible and painful.

I think that Akan is about to give up.

It is a sad moment, when cancer may occur, serious inertia, something like “across”.

The Temptation of St. Anthony holds out her arms to this accursed confined photographer.

Sad, yes, it’s sad to see someone get bored and lost all the time.

An afternoon of rain, Akan, puts an ad on facebook, to start looking for an ultra-slim model perfect for her personal photographs, a girl living in the city or no further than 5 miles.

Akan is waiting for answers but nothing is coming …….. .

Alice ODILON The 19th of May 2010.

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