Le Corps Signe par séquences sans traces

“Evidence de traces blanches dans un jardin”. Copyright Alice ODILON1977.

L’anorexique commet un déplacement de sa signifiance.

Comme au théâtre chinois, elle déclare d’emblée son jeu.

Sa “figure blanche”, (la spéculaire), (figure de fil), nous annonce la couleur

maintenant dans le présent.

Elle écrit à l’encre blanche. “Blancheur d’une naissance radicale”.

Isadora DUNCAN

“Isadora DUNCAN”.

Si elle n’a que la peau sur les os, c’est pour ne pas tricher, faire évidence,

faire signe en symbolisant le dénouement du caillau.

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Elle parle avec son corps plus que tout être érudit.

Isadora Duncan

D’abord son corps réduit à la force du fil, devient un serpent de signes,

de virgules de corps indiciblement mouvantes.

Elle jouit d’un alphabet de signes de corps, alors que si peu de temps auparavant,

elle se vivait étranglée par le langage des autres.

L’anorexique plus que tout autre, a conscience de ses gestes

et de leur impact sur les autres.

Elle connaît sa fin et ne la craint pas, car elle est déjà dans sa faim

et sa vie en même temps.

Elle se vaccine à la faim.

Elle dissèque, elle espionne les enjeux cinétiques de son corps “limite”.

Elle incarne la limite.

D’abord devenue un organisme “bouffé” par la graisse morbide de la forme entendue,

là voilà, {“débarassée de ce pieu dans le coeur qui l’empêche de courir”.

(Alain BASHUNG – “Mes Bras”).}

Cette torpeur de corps dégoûtante, elle s’en est délestée.

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“Schofield was murdered in her bedroom. Unsolved crime.”

(Schofield had this sort of typical posture of an anorexic person, rigid and unsteady

in the same time, conscious of her sadness, and nearly death, absent, ethereal,

transparent with an unforgettable eagle-eyed.

Là voici de nouveau à vif, creusée, mise à jour, née de se défaire,

purgée de son malaise charnel, évidée de l’inutile.

Là voici sans conviction, hors de toute aisance, et de toute installation.

Incapable de dire son nom tout fort, là voici plantée sur le fil noir du danger.

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julie
“Julie”. Copyright Alice ODILON 1999


. Relache

“Relâche”. Toyen.

Le danger de l’informel délibéré.

L’anorexique est tout le contraire d’une installée, elle est un plan coupé,

perdu dans un foutoir informatique.

Elle joue l’idéographie du corps.

Son être se fait oiseau, poison, ombre douce, ombre glaçante et brûlante,

fil rouge de sang, page tâchée de l’encre

de ses veines, cachée à la fin du cahier. Ombre vide, elle s’invente.

contorsionniste-filiforme

Acrobate, contorsionniste et funambule, son corps fil se risque sur un autre fil,

équilibrée par un trait horizontal entre les mains.

Je repense à Valérie Valère flottant sur un fil dans le court métrage

de Marion Hänsel (”Equilibres”.) Alice ODILON.

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“HL Pictures”. “A lost soul in Tel Aviv”.

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Les enjeux du signifiant/signifié

Posons la question de ce couple signifiant/signifié et de ce qu'ils font ensemble.

 
 

Le signifié est élu de manière arbitraire, entendue des membres de la communauté.

 

Le signifiant, lui,  est plus glauque car il peut revêtir d'autres signifiés.

 

On pourrait le comparer à un vêtement.

 

Le signifié serait le corps.

 

Si je replonge dans l'histoire de l'anorexique, je peux apprécier les écarts de language effectués par celle-ci.

 

Elle s'attaque directement au corps comme valeur étalon, normé, mesuré, médiatisé, marchandé.

 
 

 

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"Back Bones" "Bones coat" copyright Alice Odilon 2000

 

 

 

 

Ce qu'elle fait du corps est si tabou que l'anorexique est toujours, au fond, haïe par la société.

 

Du corps, elle ne fait rien, tentant de le faire taire, de l'étouffer, de le tenir sous contrôle

 

afin qu'il ne demande plus rien.

 

Impossible tâche, car le corps revient toujours par n'importe quelle minuscule entrée du language.

 

Finalement le corps est mué en spectre minéral  de façon desespérée, avec instance de se déconnecter

 

des sensations trop fortes de déception et de trop forte douleur.

 

L'anorexique dont le corps est en jachère survit au chagrin de ne pas être aimée réellement par sa mère.

 

L'anorexique se police elle-même par soumission au non-désir de la mère mortifère.

 

Elle se transforme en silhouette de carton plâtre, bouchant  l'apparition de son ancien corps avide d'amour.

 

 

 

 

L'anorexique dit: "OK, vous ne me  donnez pas d'amour, vous jugez cela indécent, répugnant,

 

ou vous n'y avez même pas pensé. A l'origine je vous demandais tant d'amour, je rêvais de votre amour.

 

Tous mes appels n'étaient que bavures immondes à vos yeux.

 

Je réajuste mon être afin qu'il corresponde à ce que vous avez toujours attendu de moi,

 

c'est à dire pas grand chose,  peut-être rien,…… la mort, ou le châtiment incarné: mettre la peau du X.

 

De cette façon là il me reste peut-être une petite chance d'exister dans vos yeux, ou si non, et bien

 

vous ne vous apercevrez même pas de ma présence et je pourrais vivre dans un petit coin

 

à l'abri de vos humeurs."

 
 
 
 

Pour en revenir au vêtement symbole du symptôme, de la double peau, la peau d'âne:

 

j'ai toujours aimé photographier des vêtements pendus  dans une pièce, contre un mur, à un fil

 

dans un espace vert ou dans un espace vide.

 

 

 

 

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"The Dress on the window". Copyright Alice ODILON 2008.

 

 

 

 

L'image d'un manteau suspendu à un ceintre me semble paisible, reposante.

 

Le corps qui en réfère est absent et appartient au souvenir. Le vêtement devient sacré.

 

Le sacré tue le corps.

 

J'ai toujours pensé que le vêtement était un corps et qu'il vivait de façon autonome du corps sensé être son signifié.

 

je réalise en tant qu'anorexique que le vêtement a toujours joué un rôle égal voir supérieur à mon corps.

 

Le signiifant vêtement est devenu plus fort que le corps valeur de corps.

 

Dans cette petite entreprise de sape, je crois que cet écart symbolise le schéma de la psychose anorexie.

 

Le corps devient un porte-manteau, le corps roi n'est plus (en apparence).

 

Si l'on imaginait un streap tease d'une anorexique, je crois qu'elle vous donnerait en spectacle un effeuillage

 

bien plus radical, à savoir que le corps est aussi à déshabiller quand il est nu.

 

Pour une anorexique le signifiant devient un signifié nouveau chassant le signifié d'origine reconnu par tous.

 

Elle nie les valeurs de corps, de mesure, de dosage, d'évaluation par la substitution d'autres valeurs étalon.

 

Ainsi, pour une anorexique,  faire en sorte de rentrer dan un jean size 2 sonne juste, alors que

 

choisir une taille de jean

 

en fonction du gabarit de son corps devient une hérésie une trahison de son propre self. Le corps doit s'enfiler,

 

se soumettre aux formes et espaces qui lui sont accordés dans les patrons de toile.

 

L'enveloppe signifiante devient le vêtement dans laquelle le corps devient un barbapapa asservi à la forme.

 

Ces valeurs nous les retrouvons dans le système de la mode, et aussi dans notre société où l'individu (signifié)

 

se soumet aux moules des classes d'appartenances. Ne peut-on pas dire alors que

 

société incite aux déviances,

 

psychoses et mal être?? L'anorexique  a perdu les repères de son corps.

 

Elle perd le sens des valeurs qui l'ont animée aux temps heureux.

 

Maintenant elle est perdue, se conservant présente en apparence, par un self contrôle radical

 

dans lequel le corps est prothétisé par le vêtement.

 

Toute cette mise en scène symbolise le terrible effondrement des valeurs de l'individu "anorexié".

 

Elle dit: "je ne peux pas vivre de  la façon dont vous me le demandez".

 

"Je dois m'empêcher de vous décevoir en me maintenant dans un carcan garant de mon

 

silence et de ma bonne tenue."

 
 

Quand une femme ne gère plus sa place dans la société, elle s'attaque à son propre corps, pour le faire taire

 

et mettre un écran à sa douleur. Quand une fille en Afghanistan atteind la puberté, on l'affuble de la burka,

 

étouffant toute l'arborescence de désirs, de dons, d'échanges dont elle est porteuse.

 

 

L'anorexie c'est une forme de Burka.

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Photo trouvée sur le net, illustrant la Burka.  (Le regard demeure.)

 

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"Velvet green Coat". Copyright Alice Odilon 2008. Tous droits réservés. No Clone is free.

 
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Akan among the egoists

Avant elle croyait être le Mistigri, la sale égoïste, et pour cela elle aurait voulu être servante

24 heures sur 24, renonçant au moindre de ses propres besoins.

Focalisée sur sa culpabilité, elle ne se rendait pas compte de l’égoïsme des autres et

de leur manipulations envers elle.

S’accusant à tord de leur maux, elle fut le parfait instrument bouc émissaire et

le bouclier des faibles: la sorcière.

Akan vit la vie s’éteindre.

Akan faisant semblant de ne pas souffrir, dominait tous les autres, attentifs à leurs seuls désirs

et besoins insatiables.

Pour survivre à leur égoïsme et leur aveuglement, leurs certitudes, leurs idées claires,

leurs carrières en pleine croissance, leurs voitures, leur cigarettes, leur argent,

leur vérité incontournable, leur racisme extrême,

Akan n’eut qu’un choix dans la vie: l’anorexie ou le suicide.

“La ligne de l’anorexie ou le suicide”. copyright Alice ODILON 2010.


In the past she had believed she was these only one dirty egoist, they were hunting night and day

in order to salve their peaceful lifes, and for this reason she would have like to be

a maidservant 24 hours a day, giving up, ignoring her own essential needs.

Focused on her guiltiness, she did not realized the selfishness of the others

and their handling towards her.

Accusing herself of being a monster, the black hole, she had been the perfect scapegoat

and the shield of weaks: the witch.

Akan saw the life’s death.

Akan pretending not suffering, dominated in secret everybody only caring of its

selfish desires and insatiable needs.

To survive their blindness, their certainty, their clear ideas, their full growing carriers,

their cars, their cigarettes, their money, their unavoidable matter of life,

their extreme racism, Akan had just one choice in life: Anorexia or suicide.

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The arm-hold trap

 

 

La nuit tombe bleue marine sur la ville où s'endorment Akan et la jeune fille,

loin l'une de l'autre, dans un quartier opposé de la cité.

Elles ne se parlent plus maintenant.

Akan dans son lit repense à la demoiselle aux hirondelles.

Elle a peur pour elle.

C'est dans la peau de la jeune fille désormais, la peau neuve a été tatouée.

Le dessin splendide doit lui faire mal à cette heure ci.

 

Non parce qu'il s'agit d'une plaie, mais parce qu'il s'agit d'un terrible

acte manqué à l'envers.

Il n'est cependant plus question de rature, hachure à l'encre noire.

 

 

 


"Le bras aux hirondelles". copyright Alice ODILON 2010.

 

 

Pour la gamine, ce tatouage indélébile conclue son amour incontrôlé pour sa mère,

pour celle-ci il s'agit d'une fantaisie, d'un message impubère.

 

Mais alors que c'est-il donc passé?

Quel est ce quiproco dans la peau, si douloureux et virtueusement regardable?

- J'ai voulu faire entrer les hirondelles dans mon ciel, et Akan avec,

raconte la jeune fille dans son sommeil profond.

Je désirais les garder en moi, de crainte qu'elles ne s'envolent.

C'était la seule chose à laquelle je pouvais vraiment m'accrocher.

Cette pensée pour ma Mère.

Et je sentais Akan partir, vers la fin de sa vie et je l'ai retenue.

Ecrire ma mère dans ma peau représentait le pacte le plus réel de mon destin.

Sacraliser Akan c'était aussi la faire mienne pour que je puisse vivre enfin.

Toutes ces écritures à l'extérieur de moi, m'ont paniquée et se devaient

d'être captées dans mon derme.

Je demande l'absolution afin que je puisse regarder l'intérieur de mon bras,

sans la hantise du membre étranger.

Que ce cauchemar cesse à jamais, que ma mère ne craigne plus d'être dans ma peau.

Oh! Maman que m'as-tu fait en partant de ma vie?????

J'ai tellement eu peur pour toi, toujours.

Maman reviens moi, reste en moi, que je puisse vivre sans ta présence!

- Dans la nuit bleue marine, Akan ne peut plus dormir.

Ses longues jambes fuselées remuent lentement sous le drap.

A l'intérieur de ses bras maigres, s'endort une petite fille au bras hachuré d'oiseaux.

Son corps anorexique lui parle de la jeune femme aux hirondelles.



Alice ODILON. Copyright Alice ODILON 2010.

 

Navy Blue Night falls on the exile city where sleep Akan and the girl

far away from each other in an opposite area of the city.

They do not talk anymore.

Akan in her bed, thinks about the swallow tattoo girl.

She is worried about her.

It's in the skin of the girl right now. The new skin has been tattooed.

The virtuous design is certainly hurting her arm at this time.

Not because it is a wound, but because it is a terrible

   

Lacanian backwards slip.

However, there is no question anymore of erasing, neither black ink hatching on the flesh.

For the girl, this uncontrolled indelible tattoo concludes her love for her mother.

For the the last one it is a fantasy, a message coming from someone below

the age of puberty.


So what happened then?

What is this quiproco in the skin, so painful and virtuous watchable ?

- I wanted to show the swallows and  Akan in my sky,

says the young girl in her deep sleep.

I wanted to keep them in me, I was so scared they flied away.

It was the only thing I could really hang on.

This memory of my Mother.

And I felt Akan leaving, towards the end of her life and I retained her.

Writing my mother in my skin was the most real covenant of my destiny.

Making Akan sakred, was although making her, mine, in order I could live finally.

I panicked, all these entries outside of me, had to be trapped in my skin.

I'm asking for absolution so that I can watch inside of my arm

without the phantom pain specter of a missing limb.

Let this nightmare stops forever, let my mother no longer fears being in my skin.

Oh Mom! what have you done to my life ?????

I'm so afraid for you, always.

Mom be back to me, remains in me, then I can live without you!

- In the navy blue night, Akan can not sleep.

Her long slender legs slowly stir in the sheet.

Within her thin arms, a little girl with hatched birds on her limb, falls asleep.


Disembodied Akan dreams about the limbless baby.



Alice ODILON. Copyright 2010.




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Ce que cherche Akan



Pour savoir comment Akan arrive à la ville exil, regardez

les battements de son corps, son allure saccadée.

Affaiblie, elle retrouve l’élan anorexique de sa vie, tout son impossible combat

pour atteindre la Figure A.

Marcher pour elle, c’est se délivrer du corps, s’oublier dans les pas,

les ondulations du bassin, les notes brèves des petits talons frôlant le trottoir.

Avancer lui donne l’illusion d’exister pour un peu.


“L’apparence d’une Figure A.” copyright Alice ODILON 2010


Il semble évident que pour rencontrer la Figure A, cette terrible vérité,

Akan doit aller vers quelque chose, s’élancer vers autre chose.

Des parcours pour atteindre la ville, Akan en a fait des milliers, attendant

le pire à chaque tournant de rue, la fulgurance d’une silhouette A,

ou l’ennui assommant de ne rencontrer que la neutralité des gens invisibles.

Akan porte une robe de fille de 14 ans parfaitement ajustée.

Taille 34, c’est la taille, jamais plus.

Il faudrait un échange entre Akan et quelqu’un, de bien ou de second plan,

mais un contact serait la première chose indispensable

pour briser la glace de ce couloir de solitude.


“Akan dans le couloir vers la ville.” Copyright Alice ODILON 2010.



Soudain Akan ressent la présence d’une femme à ses côtés, une personne d’un certain âge,

maigre aux bras veinés, et tortueuse comme la vigne noire des vieux coteaux.

- Bonjour, dit la femme, vous semblez hésiter à continuer sur cette rue,

mais vous êtes sur la bonne, si je le devine, c’est bien la direction du Centre;

là où la foule se multiplie.

- C’est que je ne suis pas sûre de vouloir me perdre au milieu de ces gens.

Je cherche quelqu’un, je ne suis pas vraiment sûre de la trouver là-bas.

- Ah oui, non mais cela dépend du genre de personne que vous recherchez, ma Demoiselle.

- C’est une femme, je ne sais pas son âge, elle est très fière et s’est enfuie,

je ne sais pas si elle est douce, encore moins son nom.

Je l’appèle “A-Figure” pour être plus simple, et rapporter les éléments

qui la concernent, bien que j’en ai très peu réunis jusqu’à aujourd’hui.

Cela dure déjà depuis une trentaine d’année, cette recherche;

j’ai écrit dans de nombreux établissements spécialisés, j’ai passé des annonces

dans des journaux parisiens, mais je n’ai fait que perdre pratiquement mon temps

et ma force.

- 30 ans? mais vous n’en avez que 20 et des poussières, comment pouvez-vous

espérer que je vous crois?

- C’est pourtant ce que je pense avoir fait: chercher pendant des années

cette Figure impossible, disposant de la lame; la forme annulant l’âge des humains,

leurs plans, leurs calculs et leur idée du sexe et du bonheur.

- Cette créature là, vous la trouverez, mais pas tout de suite, ou peut-être

dans quelques jours.

Je devine un peu qui elle est; le problème c’est que les gens en parlent sans savoir,

la disent terriblement dangereuse, et intouchable.

“Il faut la craindre.” disent-ils ne pas penser qu’elle est viable, sa minceur

est impossible, ses bras sont si fins, comment le sang pourrait-il

y circuler? et la chair, les muscles et toutes ces choses que l’on attend de la chair?

Ce qui est convenu d’attendre et de prendre de cette personne.

Non, définitivement, les gens ne vous en diront rien, ou alors vous lanceront

des airs de dégôut, de peur.

La vie pour eux ce sont les besoins d’abord avant toute initiation au goût de vivre.

- Je crois entrevoir votre point de vue, Madame, cependant je suis déterminée

à lui parler et la photographier.

C’est très important pour moi, vous comprenez, c’est ma raison d’être ici,

je ne vois pas d’autre raison, le reste m’échappe, il n’y a rien, rien d’autre.

J’en suis d’ailleurs bien confuse, car j’aurais pensé que la vie m’aurait donnée

de nombreuses hypothèses à élucider.

Mais en fait ce que je cherche bêtement c’est de voir l’Icône A-Figure,

cette forme vivante du compromis Corporel.

Le Self-Model, la Modèle-Théorie, celle par qui je trouverai le bon miroir.

- Dans cette quête là, ma petite, il vous faudra observer, et vous taire.

Les mots ne viendront qu’après, il faudra vous taire, presque toujours.

Et la femme sèche au corps grisé d’alcool, et de sang noir, traversa la rue

et lui dit au revoir du regard.

Un regard turquoise et vert, comme le verre des bouteilles de vin.


Alice ODILON. 26th of june 2010.


To know how Akan arrives in the “Banishment City”, look at her heavy breathing,

her jerky gait.

Weakened, she gets the anorexic impulse of her life, all of her impossible struggle

to attain the A-Figure.

For her, walking is to get rid of her body, to forget herself in the rhythm of her steps,

the movement of her hips, the click-clack  of her little heels brushing the sidewalk.

To advance gives her the illusion of existing for a short while.


It seems obvious that to meet the A-Figure, this terrible truth,

Akan needs to move towards some goal,

to throw herself towards something else.

Akan has taken thousands of different routes to reach the town,

anticipating the worst at every corner, to see a fleeting glimpse of a A-silhouette,

or to be incredibly bored by only meeting the neutrality of invisible people.

Akan is wearing a size 6 dress perfectly adjusted. Size 34, this is the size,

never more.

She needs to have a contact with someone, whatever their circumstances,

but a contact is the first essential step to breaking the ice of this long solitary

corridor of loneliness.

Suddenly the young girl feels the presence of a woman beside her, an older person,

thin with the veins of her arms showing twisted like an old vine on the slopes.

- Good morning, says the woman, you appear to be hesitating about continuing

on this road, but it is the right direction, yes I guessed, it’s the way to

the Shopping Centre; where there are crowds.

- It’s just that I’m not sure that I want to get lost in all those people.

I’m looking for someone and I’m not really certain that I’ll find her there.

- Ah yes, but then that depends upon the person you’re looking for.

- It’s a woman, I don’t know her age, she’s proud and absent, she has rejected

rescue and she’s runaway.

I don’t know if she is friendly or not, I don’t even know her name.

I simply call her “A-Figure”, and add certain facts concerning her,

although I haven’t got that many so far. This search has been going on for

around 30 years; I’ve written to numerous specialist establishments,

I’ve advertised in Parisian newspapers, but I have only wasted my time and my energy.

- 30 years old? You look barely older than 20, how can you expect me or

even hope that I’ll believe you?

- Nevertheless it’s what I believe I’ve done: spent years looking

for this impossible Figure, with an internal strength, a shape cancelling out

human age, plans, calculations and also their idea of sex and happiness.

- This creature that you describe you’ll find her, not immediately,

but perhaps in several days.

I can imagine her but the problem is that people talk of her in their

ignorance as though she is terribly dangerous and untouchable.

“You must be afraid of her” they say, thinking that she’s condemned

being so thin, her arms being like match-sticks, how can her blood circulate?

And her flesh, muscles and everything else that one expects of flesh?

No, really, people won’t tell you anything or will look at you with

disgust or fear.

Life for them is their bodily need before any initiation into the pleasures of living.

- I think I see your point of view, Madame, however I am determined to talk

to her and photograph her. It’s very important for me, you understand,

it’s my reason for being here, I don’t see any other reason, all the rest escapes me,

there is nothing, nothing else.

In any event I am totally confused as I would have thought that life would

have given me other ideas to elucidate.

However in fact all that I want to do is see this iconic A-Figure,

this form living in a bodily compromise.

The Self-Model, the Theoretical-Model through which I’ll find the right reflection.

- To realise your quest, my dear, you will have to observe and keep your silence.

The words will come afterwards, you need to be nearly always silent.

On that the dry little woman, with her drunk body and dark blood,

crossed the road and by a glance said good bye. A turquoise and green glance,

like the glass of wine bottles.

Alice ODILON. Copyright 29/6/2010

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