They only said “NO”

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Portrait de jeune femme par Gustav Klimt.

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“Grand Manteau Issey Miyake”. copyright Alice ODILON 2001.

Dans cette image le ventre et la vue font écho.

Voir pour survivre, voir au lieu de manger, voir au lieu de mourir. voir pour tuer.

C’est un grand “NON” adressé sans faux-semblant, littéralement corporel, scopique, logorrhéique.

Les anorexiques refuseraient le suspicieux repas social.

Elles ne s’y seraint pas trompées, rejetant la demande d’amour à 15 balles desservie par leur mère et la famille, tout frais inclus.

Non elles rêveraient en dépit de toute apparence, “d’un amour sans compter”, un “vrai”.

Elles ne s’arrangeraient pas d’un lien d’emprise abandonnique ou d’omnipotente carence de reconnaissance.

Rien à faire, elles ne peuvent simuler le sourire renoncé de Mona Lisa.

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“Image du fim “L’Exorcism” de Emily Rose.

Elles iront droit au but – quitte à y laisser leur peau.

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“Le Grand NON de SORAYA”.Copyright Alice ODILON1999.

Les “standard issues” (rôles de poupées dociles,

femmes besogneuses assoiffées d’amour, ménagères sous lexomil,

femmes battues, femmes des rues, femmes poubelles,)

ne colleront pas avec le dessein anorexique, (la quête “d’absolu-moi”).

Avec leur encre de sang, leur crayon d’os,

il s’agira d’un activisme de négation, refus fondamental

d’être l’objet muet de l’Autre.

Les anorexiques posent la question du déplacement vers l’inconnu, sans solution.

Un certain élan vers l’horizon, même s’il est très noir.

“Il doit y avoir autre chose” semblent-t’elles dire; le squelette à découvert.

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“Valérie Valère”.

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Une hirondelle en cellule

 

 

Le mardi 13 juillet 2010, Akan est descendue à la ville pour chercher les

médicaments dont elle est accoutrée depuis quelques années.

Fluoxetine, Atarax, Temazepan lui servent de boulet pour la tenir en vue, en probation.

Akan les admet avec impuissance et crédulité, pour "aller mieux".

Cependant le pharmacien ne trouve pas les drogues commandées et convaint

notre héroïne de revenir dans 3 jours.

Déçue d'avoir été oubliée encore une fois, Akan se rend au centre commercial

dans le but de se délester de son malaise en soustrayant d'un étalage

un objet encore inconnu d'elle même et symbolisant le réconfort, les caresses d'une mère

invisible.

- Un objet étalon de son manque et fétiche de sa victoire sur la douleur du manque.

Elle s'engage sans aucune détermination, sans énergie, avec l'envie compulsive d'être

enregistrée par une caméra de surveillance capturant l'évidence de l'offense.

Peut-être aura-t'elle la chance de se faire arrêtée par la police,

seule à même de noter son existence minuscule, sa trajectoire kamikaze.

Elle se sent vieille, laide, désespérément triste, finie.

Son corps maigre et trop veiné ne retient plus les regards en arrière.

Si des yeux la remarquent c'est pour juger de sa gracilité quasi cachectique.

Avant les hommes se retournaient sur son passage tant elle était jeune, racée, élégante.

Aujourd'hui, malgré la même silhouette, l'élégance innée, les gens ne la remarquent plus,

car elle a vieilli et cela lui vaut d'être transparente, insignifiante.

Les hommes ne cherchent que la chair adolescente appelante, celle qui promet des délices

les plus interdits.

Le visage ne compte plus dans ces rues où la survie de l'espèce passe avant tout language.


Le 13 de ce mois d'été est la veille d'anniversaire de la jeune fille au tatouage,

et Akan n'arrive pas à gérer cette date, tant les liens qui l'unissent

à la gamine tombent à terre dans des flaques d'eau.

Ce lien secret aurait dû aider Akan à vivre et assumer la réalité, mais il enlève

toute vie, toute joie, toute paix.

L'enfant au bras tatoué l'a reniée, rayée de son vocabulaire affectif et lui

fera payer le prix d'avoir été une mère anorexique photographe.

Akan ne pensait pas qu'un jour sa fille aînée la trahirait, lui reprocherait d'être

une artiste et sa mère en même temps.

Aujourd'hui les rêves de pérennité et d'immortalité se sont effondrés, plus rien

ne sera plus comme avant.

Akan sait désormais que son oeuvre sera oubliée.

 

L'hirondelle sait que tout est perdu.


Cette conviction toute fraîche donne naissance à un chagrin angoissé, venant de nulle part

et s'installant comme un smog aveuglant.

Il arrive qu'une branche assassine son arbre.

 

 

"Il arrive qu'une branche assassine son arbre". Copyright Alice ODIlON


Alors Akan entre dans un store de produits de beauté et s'empare d'un panier rouge

en plastique qu'elle remplit de laits pour le corps, de masques hydratants, de crèmes de nuit, 

de crèmes anti-rides, de lotions anti-âge et sort du magasin avec allure et détermination,

passant les portes de sécurité, en déclenchant une alarme foudroyante.

Les heures suivantes Akan est au poste de police, confrontée à des interrogatoires,

des prises d'empreintes, d'ADN, des flashs de caméras, des heures en cellule vide.

 

 

 

L'hirondelle captive.

 

Pendant cet après-midi là elle s'apaise enfin dans ce nouvel enfermement la retenant au monde,

lui disant, "tu existes car tu as transgressé la loi".

Tu as été remarquée, entendue, ton cri a été entendu.

Et cette prison vaut tous les bras humains par le silence et la paix.

Son corps maigre devient vivant dans cette cellule apparemment vide et cependant

pleine de cris et de colères passées, de peurs et de regrets.

Akan se rend compte de sa propre réalité humaine.

Elle admet cette prisonnière en elle.

Ses mains, ses bras longs et fins, ses genoux osseux, tout son corps devient une sculpture

vivante et profonde et Akan découvre sa vérité la plus solide.


Akan feels very bad on the 13th of july 2010 in the afternoon,

unable to deal with anything around her.

Her body has been suffering the last hours; the exhaustion caused by the insomnia

and the lack of fluoxetine, has grown for the worse, to give birth

to a dark absent mood, and endless sadness.

Akan comes down to the city to purchase drugs she has been using for a few years.

Fluoxetine, Atarax, Temazepan are prescribed to her to control her mind.

She admits them with impotence and credulity, "to getting better".

However the pharmacist does not find the ordered drugs and convinces

our heroin for returning in 3 days.

Disappointed to be forgotten once again, Akan goes to the shopping mall

with an aim of relieve herself from her terrible faintness by withdrawing

a displayed unknown item, symbolizing the peace, the safety,

the caresses of an invisible mother.

- An object symbol of her lack and fetish of her victory over the pain of confusion – .

Akan enters in the huge commercial gallery without any determination and any energy,

with the compulsive desire to be recorded by a CCTV camera capturing

the obviousness of the offend.

Perhaps will she have chance to be stopped by the police force,

the only one able to notice her tiny existence, her kamikaze path.

She feels old, ugly, hopelessly sad, finished.

Her thin body does not retain any more the glances behind.

If eyes notice her it is to judge her cachectic slenderness ratio.

Before the men were turned over on her passage as she was young, racée, elegant. 

Today, in spite of the same silhouette, innate elegance,

people do not notice her any more, because she is mature

and for them she's worth to be transparent, unimportant.

The men seek only the appealing teenager flesh, that

which promises most prohibited delights.

 

The face does not count any more in these streets where the survival

of the species passes above all language.

The 13 of July is the day before the birthday of the young tattooed girl,

and Akan does not manage this date, so much the bonds which link her to the "gamine"

fall to ground in puddle pools water.

This secret bond should have helped Akan to live and assume reality,

but it removes any life, any joy, any peace.

The child with the tattooed arm has disavowed her, striped her of her emotional vocabulary

and will make her pay the price to have been an anorexic photographer mother.

Akan would not have thinking that one day her oldest daughter would betray her,

would reproach her to be an artist and her mother at the same time.

Today dreams of immortality crumble, nothing will not be the same.

Akan knows from now on that her work will be forgotten.

This very fresh conviction gives rise to a distressed sorrow,

coming from nowhere like a plugging smog.

It happens that a branch assassinates its tree.

 

 

 

Then Akan enters in a store of beauty products and takes

a red plastic basket that she  fills of milks for the body,

hydrating masks, creams of night, anti-wrinkle creams, lotions anti-age

and then leaves the store without attempt to pay, passing the security doors

by setting off a striking down alarm.

The following hours Akan stands at the police station, confronted with interrogations,

flashes of cameras, hours in blank cell.

During this afternoon she finally finds relieve in this new retreat into silence

retaining her far from the world, telling her, "you exist because you transgressed the law".

You have been noticed, heard, your scream has been heard.

And this jail is worth all the human arms by silence and peace.

Her thin body becomes alive in this apparently empty cell

and however full with cries and passed angers, fear and regrets.

Akan realizes her own human reality.

She admits this captive inside her.

Her hands, her long and fine arms, her bony knees, all her body becomes

a human sculpture and Akan discovers her main genuine truth.

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L’hirondelle volée

Il doit être 1 heure de l’après-midi, et une chaleur encombrante monte dans la rue

où nos deux personnages entament un long débat.

- Vous marchez trop vite! si vous voulez parler, ralentissez!

Votre rythme délibérément accéléré me fatigue!

S’écrie la jeune fille suivant le pas furtif de Akan déjà quelques mètres devant elle.

- Oh! excusez moi, j’aime tant aller vite, engager la voie, m’élever presque du sol.


“Elle s’élève”.Copyright Alice ODILON 2010

Je ne me rends pas compte, je vais comme l’oiseau.

C’est joli votre tatouage à l’intérieur de votre bras gauche!

C’est étrange; ces hirondelles naturalistes, s’imprègnent en vous

comme une plaie bleue marine.

- Vraiment trop long à cicatriser, cela met du temps à se faire oublier.

- Et quel est le sens de ce logo au centre du tatouage?

- Personnel, cela ne vous regarde pas.


- Excusez moi encore de mon indiscrétion.

C’est que j’aime les hirondelles, voyez-vous?

Les martinets m’ont sifflé le secret de la liberté, grâce à leurs cris,

leur vol périlleux rasant les murs de l’enceinte ténébreuse contrôlée par ma mère,

j’ai pu tenir dans la nuit, alors qu’il faisait encore jour en ces étés superbes.

Les hirondelles m’avertissaient de ce qui métait possible encore de tenter

pour m’échapper de l’emprise.

Dans les moments les plus noirs, quand j’étais seule dans mon lit loin du monde,

j’entendais leurs cris, et c’était tout.


- Pourquoi me dites vous ces choses? Cela ne me concerne pas et ne me touche pas.

- Peut-être bien. Elles sont tellement importantes pour moi.

Vous savez quand je suis devenue femme, je pensais toujours aux hirondelles.

Un jour, à Paris, rue de la Paix, une lumière blanche a captivé mon regard

dans une vitrine abondante d’un joaillier.

Sur un banc de velours bleu, étincelait une hirondelle en or blanc sertie de diamants.

Je suis entrée et je l’ai achetée sans réfléchir.

Je la voulais autour de mon cou, mais c’était une erreur, une hirondelle ne s’attache pas.

D’ailleurs elle s’est vite envolée, on me l’a volée peu de temps après.


“L’hirondelle s’envole après avoir été volée”. Copyright Alice ODILON 2010.


Je l’avais mise dans un coffret et je ne l’ai plus jamais retrouvée.

je l’ai cherchée longtemps, puis je me suis consolée de l’avoir perdue,

car je ne l’avais pas oubliée.


- Ce n’est pas moi qui l’ai volée!

- Bien sûr que non! vous l’avez seulement dessinée et graver dans la chair de votre bras,

mais une hirondelle ne se représente pas, un signe s’écrit, l’hirondelle s’écrit dans le ciel,

ce n’est pas un dessin, elle écrit sa vie, elle s’écrie de cette conscience acérée

de la vie.

Dessiner une hirondelle sonne comme un non sens. voyez-vous?

- Non je ne vois pas, je veux que vous voyez mon tatouage, que vous me regardiez

et que vous me trouviez belle.

Ce tatouage m’est désormais attitré, ces foutus oiseaux indélébiles crèvent dans mon épiderme,

je dois faire avec, et vos histoires je m’en fous.

Elles ne peuvent plus bouger maintenant, ni elle, ni vous, vous entendez?

je n’ai rien demandé aux hirondelles si ce n’est qu’elles se taisent à jamais dans ma peau.

Que le ciel devienne ma peau partout, pour elle, pour cette mère que je déteste!

Que ma chair avale les hirondelles et ma mère!

Et maintenant poussez-vous, partez! que je vous oublie aussi fort que le coeur!


- Alors, Adieu, répondit Akan, mystérieuse et libre.

Alice ODILON. Copyright 3/7/2010

It must be 1:00 pm , and a cumbersome heat goes up in the street where our

two characters start a long debate.

- You walk too quickly! if you want to speak, slow down!

Your deliberately accelerated rhythm tires me!

Exclaims the young girl according to the furtive step of Akan already

a few meters in front of her.

- Oh! excuse me, I like so much to go quickly, engage the way, take of almost.

- I do not realize, I go my way like a bird.

That’ a nice tattoo you’ve got on the inside of your left arm!

That’s  strange; these naturalist  swallows, impregnate your skin like a marine blue wound.

- Really too long to heal, it takes to much time to made me forget it.

- And what does mean this logo in the center of the tattoo?

- Private. It’s not your business.

- Again Please accept my apologises for my indiscretion.

That’s because I love  swallows,  you see?

The swifts whistled to me the secrecy of freedom.

Thanks to their cries, thanks to their perilous flight shaving the walls,

- the dark enclosure of my mother – I could stay in the dark, during these nights of Summer.

The swallows informed me what was still possible to try for me

to escape from the morbid hold of my mother.

In the blackest moments, when I was obliged to go to bed far from the world,

I heard their cries, and that was it.

- Why are you letting me know all these things?

That does not relate to me and does not touch me.

- Perhaps well. They are so important for me.

You know when I became woman, I always thought of the swallows.

One day, in Paris, Rue de la paix, a white light captivated my glance

in an abundant window of a jeweller.

On a blue velvet bench, was glittering a swallow in white gold crimped of diamonds.

I entered and I bought it without any doubt.

I wanted it around my neck; but it was an error, a swallow cannot live captive.

Although it was quickly flown away: it was stolen next year after.

I had put it in a box and  l never found it again.

I had sought it for a long time, then I comforted myself with the dead thought I had lost it.

But I have never forgotten it.

- I didn’t stole it!

- Of course not! You only drew and engrave it in the flesh of your arm,

but a swallow cannot be drawn, a sign writes itself, a swallow  writes itself in the sky,

thisis not a drawing, it writes its own life, with its sharp-edged conscience of  life.

To draw a swallow sounds like no sense. Do you understand?

- No I don’t see what you mean, the only thing I want is that you would admire my tattoo,

that you look at me and that you find me amazing.

This tattoo is me, these bloody indelible birds die in my skin,

I must deal with them by now.

They cannot move any more now,

neither them, nor you, you listen?

I only asked  the swallows they would keep silent forever in my skin.

Let the sky become my skin everywhere,

Let my flesh swallow the swallows and my mother!

And now get away, leave!

I want forget you!

- Then, Good-bye, answered Akan, mysterious and free.

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Meeting an anti-girl

 

 

NB: Depuis le début de ce blog, j'aurais dû mentionner que le code est le suivant:

Anorexic girl = anta-girl = disembodied person = embodied soul =

bodily X metaphor = Figure A = Anorexic girl


Amis lecteurs gardez les en mémoire, si vous en avez envie.

Reprenons:


Après le difficile entrevue entre le grand homme élancé et Akan,

il se passe des choses tristes dans la tête de notre héroïne:

des choses amolissant, ralentissant l'envie et l'énergie de celle-ci.

Elle qui d'habitude part de rien et retrouve son tout, se situe

maintenant sur une ère de rue délicate et pleine d'embûches.

A chaque pas, il faut bien regarder de tous côtés pour voir venir l'ennemi,

ou l'espoir, la Figure A.

Rien n'est moins simple que de poursuivre et repartir en avant, même de travers.

Akan sait que si elle renonce, elle mourra par l'ennui et la mort dans l'âme.

Il vaut mieux aller jusqu'au bout et tenter le coup pour le tout A-Figure.

Elle n'y perdra rien, elle y perdra toute sa vie.

En s'amusant des contraires, Akan marche à côté d'une jeune fille blanche

à la peau immaculée, fraîche du matin, toute neuve,

éclose et pourtant……

Les rythmes des pas de nos deux personnages coïncident presque,

il reste un écart imperceptible dû aux poids différents des corps.

La jeune femme petite et massive, porte son bassin comme la mort,

comme une faute impardonnable, une erreur exquise, un écran à la vie.

Tout son corps est attaché à cette masse finale d'inertie.

Elle voudrait cacher çà, l'oublier, oublier son poids aveugle et

sa masse réelle.

Mais elle ne peut pas, elle en fut dotée par le Dieu du malheur, lors de ses 4 ans.

De ce terrible fait elle marche lourdement, freinée par la part sourde.

D'ailleurs elle a senti le bras de Akan frôler sa robe et cela ne lui plaît pas

car elle ne veut pas que l'on sente son corps, que l'on touche une parcelle de

sa peau sublime, que l'on voit la largeur de ses hanches prisonnières dans la

chair opâque.

- Excusez-moi, s'écrie Akan, comme une idiote.

- Ce n'est pas grave, murmure la gamine taciturne et sombre.

- Je voulais vous dire; vous avez l'air d'une amphore, d'un vase de plomb,

votre allure si épaisse et sombre me fait mal, avoue Akan, d'un flot de mots

lancés. Votre tronc est votre énigme, la question non élucidée, le sujet essentiel,

que vous évitez depuis longtemps, des années, certainement.

Cette boîte en vous va rester fermée et se durcir encore,

la porte ne cèdera jamais, il est trop tard.

Vous avez été traumatisée dans l'enfance par les méfaits d'un abuseur

menaçant de mort votre mère, et vous avez dû la défendre nuit et jour.

Vous vous êtes perdue à vous battre contre le mal, votre mère s'en est sortie

et vous a sauvée aussi, mais vous vous êtes tout de même perdue

et le trauma vous a emmenée de l'autre côté, celui des méchants.

De témoins victime, vous êtes devenue un prédateur.

Les parents harceleurs font des enfants manipulables qui donnent naissance

à des manipulateurs pervers narcissiques. Votre mère était manipulée par sa mère,

elle est devenue anorexique pour survivre de l'emprise; Vous êtes née en 1988,

Vous avez été une petite fille sage, chagrinée car vos parents se sont séparés

lorsque vous aviez 3 ans.

Vous avez été mal pendant cette période, très mal, vous perdiez tout sentiment de sécurité;

votre mère était seule et vous sentiez sa faiblesse et son errance.

Un jour de février 92, elle s'est perdue dans les bras d'un abuseur comme pour retrouver

l'emprise sécurisante et morbide qu'elle avait connue petite fille avec sa propre mère.

Vous avez réalisé comment votre maman était manipulable et cela vous a terrorisée.

Elle vous est apparue faible et imbécile, vous avez vu son aveuglement

presque aussitôt.

La manipulation mentale a été votre mécanisme de  survie.

Voyant votre mère se détruire sous l'emprise de l'abuseur,

Vous avez emprunté la stratégie du harceleur menaçant votre vie

et celle de votre mère.

Cela vous a permis de ne plus avoir peur.

Mais cela ne vous a pas rendu heureuse, cela vous a donné cet air maussade, ce visage

contracté de mécontentement, votre côté bilieux, votre mémoire morose.



- Non mais çà va pas, espèce de folle! comment osez-vous? vous êtes vous regardée

dans une glace, horreur de ma vue, mocheté, affreuse vieille femme, vous êtes si laide,

tas d'os, terrible spectre nerveux, vous n'avez pas le droit de me dire la vérité.

- Si je suis ainsi c'est que je l'ai voulu, voilà toute la différence.

je me veux maigre et ardue comme l'herbe des chemins.

Sèche et racée en hirondelle dans le ciel.

Mon pas abrite mon coeur et mon corps respire dans mes pas.

je ne transporte plus rien avec moi que moi-même et mon présent, le reste s'est envolé,

le mal s'est assoupi. Des cancers j'ai fait des gallets sur la plage.

Je me suis acceptée.

- Vos dires sont infondés. j'ai en effet un corps intérieur symbole de ma

souffrance et mon histoire dramatique, j'ai une volonté d'acier pour combattre le mal

que je vois partout.

Je dois maîtriser les gens, les séduire, les charmer, les observer, les tester,

les flatter.

je dois tuer l'autre pour vivre.

Je n'ai pas le choix, c'est ma vie.


Alice ODILON. Copyright 2/07/2010.


NB  Since the start of this blog I should have mentioned the following equivalence :

—————

Dear Readers bear this in mind if you so wish.

Let’s continue:

Following the difficult meeting between the tall elegant man and Akan something

sad came to pass in the mind of our heroine, something relaxing, reducing her desire

and energy.

She, who normally started from nothing and yet discovered everything, found herself

in a delicate situation on a road full of pitfalls.

With each step she had to look around for potential dangers, or hopefully for Figure A.

Nothing is easier than to continue and to move forward, even awry.

Akan knows that if she doesn’t she’ll die of boredom and a heavy heart.

Better to go through with it and go all out for A Figure.

She won’t loss anything; she’ll lose all her life.

Whilst reflecting on these contradictions, Akan was walking next

to a pale young girl with perfect skin, fresh as a daisy, brand new,

as if newly hatched and yet………….

The rhythms of their steps almost coincided, there was just an almost imperceptible

difference due to their contrasting body weights.

The young girl, small and heavy built, carried her pelvis as if dead,

like an unforgivable sin, a terrible error, a shield from life.

All her body is attached to this mass of death and inertia.

She would have liked to hide this, forget it, forget her weight and her true mass.

However she is incapable, she was cursed with it by the God of misfortune

when she was only 4 years old.

As a result of this terrible fact she walked heavily, slowed down by her handicap.

Besides she had felt Akan’s arm graze her dress and this was unpleasant

for her as she didn’t want anyone to feel her body, to touch any part

of her magnificent skin, or see the size of her hips imprisoned within.

- Excuse me, exclaimed Akan like an idiot.

- It’s nothing, murmured the taciturn and gloomy young girl.

- I’d like to tell you; you look like an amphora, a vase made of lead,

your appearance so solid and somber upsets me, confessed Akan,

with an outpouring of words. Your body is your enigma, the unanswered question,

the essential subject that you have avoided for so long, years no doubt.

This box in you will remain closed and become even more durable,

the door will never open, it is too late.

You have been traumatised in childhood by the misdeeds of an abuser

threatening the life of your mother, and you had to defend her night and day.

You entered perdition by fighting against this evil, your mother escaped,

saving you as well, despite which you were lost, the trauma transformed you

and you ended up on the side of the wicked.

From being a victim and witness you have become a predator.

Overpowering and aggressive parents produce children that are easily manipulated

who themselves give birth to perverse narcissic manipulators.

Your mother had been manipulated by her mother so she became anorexic

to escape this stranglehold; You were born in 1988, you were a well-behaved

little girl, saddened when your parents separated when you were 3.

You were unhappy during this period, very unhappy, you lost all sense

of security; your mother was alone and you sensed her weakness and wandering.

One day in February 1992 she fell for an abuser as if she wanted to return

to the unhealthy sensations of her childhood being manipulated by her own mother.

You realised how easily your mother could be manipulated and that terrorised you.

She seemed weak and stupid to you, you saw how blind she was almost immediately.

Mental manipulation was your means of surviving.

Seeing your own mother self destruct under the influence of the abuser,

you took on the mantel of the abuser who threatened both you and your mother.

Like this you were no longer afraid.

However this didn’t make you happy, it gave you your sulky attitude,

your discontented look, your bilious manner, your morose memories.

- But who do you think you are? You’re mad! Who gave you the right?

Have you looked in a mirror recently? Awful, horrible old woman,

you are so ugly, a pile of bones, a nervous wreck, you don’t have the right

to tell me the truth.

- I’m like this because I want to be, that’s the big difference.

I want to be thin and tough like grass growing on paths.

Dry and racy like swallows in the sky. My steps harbour my heart

and my body breathes through my steps.

I have no other baggage than myself and my present, all the rest has gone,

my pain has gone to sleep. I have transformed my cancerous memories into no more

than pebbles on a beach.

I have come to terms with myself.

- What you say is untrue. Effectively I have an inner body which is a symbol

of my suffering and my dramatic past; however I have a will power of steel

to fight the evil that I see everywhere.

I have to master people, seduce them, charm them, observe them, test them,

and flatter them.

I need to kill others to live.

I have no choice, it’s my life.


Alice ODILON. (Traduction David SOAMES)4/06/2010


Enhanced by Zemanta
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Rupture de parcours



La rue semblait vide et Akan, arrivait peu à peu aux frontières du Centre, annoncées

par des enseignes de fast foods, des terrasses de cafés,

des pavés neufs, des maisons encastrées les unes dans les autres.

Si elle n’avait pas senti le regard écoeuré qui la poignardait dans le dos,

et brûlait tout son corps, Akan aurait simplement souffert

d’une douleur subite, aiguë entre les omoplates, fouillant les vertèbres

et les nerfs électrisés.

” Akan poignardée dans le dos par un regard malveillant”. Alice ODILON copyright 2010.

Mais Akan perçut les yeux de son tueur virtuel.

Cet homme l’assassinait littéralement par son air vomisseur, dénonçant

un des crimes présumé de Akan.

La jeune femme étrangère dans ces lieux sans histoire, osa se retourner, par instinct

sentant sa propre pulsion scopique vouloir la défendre.

Elle fit quelques pas vers l’inconnu interloqué par cette mouvance féminine

rompant avec la convenance des déplacements physiques entre homme et femme.

- Bonjour, s’il vous plaît, puis-je vous demander pourquoi vous me voyez avec la peur?

- Je ne vous regarde pas, je passe. Mes affaires m’attendent, je ne vois pas ce

que vous voulez dire.

- Excusez-moi, j’ai vu votre arrêt sur le trottoir d’en face,

j’ai senti votre crainte en me considérant.

- Non, non je ne vois pas de quoi vous parlez, répondit cet homme sur un ton plus haut.

J’ai simplement remarqué votre silhouette osseuse, j’ai eu mal pour vous,

je vous ai trouvée inregardable.

Akan reçut une pique dans l’estomac; les battements de son coeur partirent en cavale.

Cet homme devait avoir une trentaine d’années et présentait une allure très affirmée

et élancée.

- Ce bel homme est entrain de me dire la vérité, que je suis morte et je n’ai pas

le droit de marcher dans cette rue, pensa Akan, très fatiguée.

- il vous manque tout, la chair, où est votre chair? interrogea l’individu s’étant

approché de la jeune femme abattue.

Vous êtes vieille et vos jambes, vos bras m’apparaissent comme des branches

d’un arbre foudroyé, vos gestes parlent d’une souffrance que je me suis cachée

depuis toujours.

Je n’arrive pas à me dire que vous existez dans cette rue, là maintenant,

en ce moment où, moi je passe, et où les femmes

pour moi, portent la chair, m’invitent à les déshabiller du regard.

Une femme c’est bon à regarder, c’est du plaisir.

Je ne demande pas qu’une femme ait un regard, c’est moi qui voit,

elle ne fait que se montrer, vivre par mon regard d’homme.

Je ne supporte pas vos yeux, ils sont trop grands et me gênent

plus encore que cette chose cachée au bas d’un tableau de Holbein:

“Les Ambassadeurs”.

Oui cette chose en biais me traquait comme vous

avec votre visage mangé par vos yeux abusifs.


Akan sentait son corps s’effondrer sous la négation verbale du jeune homme .

- Je ne sais pas, je ne peux pas, je…. je peux plus, laissez-moi.

- C’est bon, quelle personne bizarre vous êtes! vraiment je n’ai

pas envie de vous parler d’avantage.

Vous me gênez, je ne supporte pas de voir vos clavicules saillantes,

je n’ai jamais vu un corps comme le vôtre; c’est assez.

Au revoir.

Et l’inconnu s’en alla en grognant des mots inaudibles

sur un ton pestiférant, au son desquels Akan aurait pu crever.


Alice ODILON. copyright. 27/06/2010.

The street seemed empty and Akan, came gradually to the borders of the Centre

announced with signs of fast food restaurants, sidewalk cafes,

new pavements, houses built into each other.

If she had not felt the disgusted glance which stabbed her in the back,

and burned her body, Akan would have just suffered

a sudden pain, an acute sore feeling between the shoulder blades,

dismembering her prominent vertebraes and wrecking her electrified nerves.

But Akan caught the eyes of her virtual killer.

This man was murdering her by his vomiting glance, denouncing her presumed

unpardonable fault.

The young foreign woman trapped in this non-sense situation, ventured to return,

by instinct, lead by her own scopic pulsion trying to save herself from the lethal attack.

She walked towards the stranger (seeming taken aback by this female motion),

breaking with the convenience of eye contact between man and woman.

- Hello, please, can I ask you why you’re watching me with fear?

- I do not watch anything, I pass. My business cannot wait. I did not stare at you.

- Excuse me, I saw your stop on the opposite sidewalk.

I felt your fear while you were looking at me.

- No, no you’re wrong, replied the man, on a higher tone.

I just noticed your bones, I was bothered by your insulting body,

I have found it “inregardable”.

Akan was picked in the stomach, and her heart beating went on the run.

This man might be thirty years and got a very assertive and slender style.

- This handsome guy is telling me the truth, I’m dead and I don’t have

the right to walk down this street, Akan thought, very tired.

- You miss all the flesh, where is your flesh? questioned the stranger having

approached the young shot woman.

You’re old and your legs, your arms look to me like branches

of a dead tree. Your move speaks about a suffering that I hid

forever in me.

I can not tell to myself that you exist in this street, by now

when I am, and where women, always will be at my disposal,

invite me to leer their “dirty” body.

I do not ask a woman to decide, it’s me who watch.

She does show herself, to live through my eyes of man.

I can not stand your eyes, they are too large and scare me

more than this thing hidden at the bottom of a Holbein painting:

“The Ambassadors”. Yes this anamorphosis hunting me like your

face eaten by your special look.

Akan felt her body collapsing under this negative young man.

- I do not know, I can not, I …. I can not anymore, let me.

- It’s fine, what a weird person you are! I really

don’t want to talk to you any more.

You embarrass me, I cannot be comfortable with your protruding collarbones,

I’ve never seen such a thin body, it’s too much for me.

Goodbye.

And the stranger went away muttering inaudible words in

a violent tone, so rude, than plague Akan might have died.

Alice ODILON. Copyright. 27/06/2010.

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