
C’est l’histoire d’une absence d’amour dont l’énergie sombre dépasse tous les coups de poings.
Dans cet espace anti-matière de l’A-namour la victime trouve refuge.
L’enfant mal traité, rêve son parent “aimant imaginaire”, alors qu’il aime déjà, sans bornes, son parent réel déficient et nocif.
“L’apaisement des souffrances”. copyright Alice ODILON 2009.
La présence de ce “bon parent imaginé” adoucit plus que les angles et l’enfant malheureux, maudit, abusé, résiste, voyant en mirage le doux parent imaginaire en remplacement du parent bourreau.
C’est chaque fois la même histoire dans la violence familiale: le bon cache le mauvais, le chagrin engendre la paix.
C’est pourquoi la victime attend le châtiment dans une sorte d’impatience, pour mieux s’en débarasser.
Les victimes d’abus ont le culte du vide vécu comme un bonheur pure.
Seul le vide leur offre calme et volupté.
L’envahissement du violent parent ressemble plutôt à la mort pleine.
Le plein n’est pas familier aux harcelés car ils n’y ont jamais gôuté ou alors, en ont été gavés, violemment juqu’à l’écoeurement et la vomissure.
Le vide s’instaure comme salut et une jouvence fulgurente pénètre le vide.
“l’enfant préfère marcher seul”. copyright Alice ODILON 2009.
Il existe une réminiscence corporelle du vide, antérieure au “plein castrant”, versé par la mauvaise mère.
Ce fantôme de rappel peut-être douloureux, mais aussi lumière d’espoir, concernant la possibilité d’une autre sorte de vie libre.
“Le paradis vide”. copyright Alice ODILON 2009.
Etre vide et libre, ou plein et mort, telle est la question.
Et la vie en liberté se dessine dans l’air croisé d’hirondelles au ventre vide.
L’enfant battu n’a de répit qu’en l’absence du méchant parent.
Et fuir vers l’inconnu dangereux vaut mieux que de rester entre
les griffes du quotidien plein de sécurité apparente.
Voilà pourquoi Jane DOE meurt “libre” dans les fossés,assassinée, violée, échappée du foyer violent de ses origines sordides.
Jane DOE connaît son destin au fond d’elle même: elle choisit de mourir “arrachée” sur sa route plutôt que dans l’antre de ses pairs malfaisants.
“Jane died in June 2009 in Brookvalle”. Copyright Alice ODILON 2009.
La victime n’est pas dupe.
Plus tard, si elle survit au mal des autres, elle vivra son “anti-plein” comme un matelas pour des profiteurs, ceux-ci n’ayant d’ailleurs aucune connaissance du vide car ayant été gâtés pourris depuis leur naissance et ignorant le besoin et le désir.
Cette race de gens repus engendre la loi tyrannique des pleins appelant une croissance du plein, quite à tout avaler du vide des vides.
“La princesse au petit pois” est le symbole de l’anorexique qui au delà de tous les pleins, ressent toujours l’anti-plein, la bosse du vide et du mystère.
Copyright Capucine. “la Princesse au Petit Pois.”
Sa perception du réel se vit comme un corps amputé.
Son modèle d’image corporelle se réfère à son passé, sa conception, sa vie intra-utérine, son identité innée parfois maudite.
Cette perception d’un vide salvateur à délivrer correspond à la perception mentale de l’anorexique vis à vis de son schéma corporel.
Sa connaissance de l’asymétrie du vide en faveur du plein lui permet de dénicher le vide libre.
Car il faut désirer les mystères pour les voir, et parfois c’est même impossible.
Seul ce qui manque a de l’importance, ce qui manque au manque, pas ce qui manque au plein pour être plus plein.
Cette quête du vide libre est la quête anorexique.
Est restée au coeur du plein écoeurant, une touche de fraîche liberté vitale que l’anorexique voudrait récupérer, mettre à nue, féconder, dessiner.
Son acuité de perception d’une petite forme indécelable dans le plein dénote sa capacité aiguë à ressentir l’absence ou la présence du “petit pois”.
Pour l’anorexique l’enjeu du plein et du vide n’est pas la clef, son sens revient à cette connaissance de l’anti-plein, la distingue des autres et la désigne princesse.
Son accès à cette philosophie de l’incomplet universel lui offre un prince en guise de bonheur sans douleur.
Tant elle ressent l’anti-plein, elle en vient à enlever tous les matelas et duvets pour cerner ce petit pois fantôme qui l’empêche d’être anesthésiée par le duvet trompeur des faux sentiments.
Ce petit pois étalon de sa différence et de sa noble acuité.
Si par malheur cette petite princesse n’est pas reconnue à temps par un prince, elle est absorbée tout entière par le petit pois qui s’avère être un grand trou noir.
Alice ODILON Décembre 2009.
Tags: énergie fantôme, fantôme de rappel anorexique, la Princesse au petit pois, trou noir























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