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Lace, wings, bones, I made myself a new body

“Anorexic Lace B. Coat of Arms”. Copyrights Alice Odilon. December 2010. All rights reserved.

Portrait of missing person thinking she’s not missing

In her book “The Missing person guide to love”, Susanna Jones described with talent, the soul of a missing person. Astonishing.

“Portrait of Cynthia Feliks, the One rejecting rescue”. Alice Odilon. Copyrights. 2009

 

Portrait of Patricia Johnson: Missing person from Vancouver Downtown. Alice Odilon. Copyrights 2009.

 

Susanna Jones excels to describe the loneliness of a runaway person.

Alice Odilon. 8/08/2011

Akan’s Tower ou le monde du morcellement

Si je devais révéler des secrets sur Akan, je ne pourrais pas en dire très long quant à sa grande intimité, car en fait Akan est particulièrement transparente et complexe.

Il suffit de retrouver dans chacun de ses amis de la Tour Akanienne (symbole de l’envolée, du chemin vers le spirituel), une facette de ses multiples personnalités.

- La Main coupée “Syndra Raynaud” représente le trauma de la perte, la coupure de la vie par le vide. Elle se dit “Illusion Corporelle”.

“Syndra Raynaud” the Phantom pain. Alice Odilon. Copyrights

 

C’est aussi le fantôme de la perte, sa mémoire, son fétiche.

Elle représente une mesure draconnienne sauvant la vie du corps menaçant de pourrir.

Symboliquement, Akan y est très “attachée” car le Syndrome de Raynaud joue le rôle d’étalon de l’anorexie; on pourrait dire “signe de reconnaissance”, “un code d’appartenance” au clan des anorexiques.

 

- Blythe Somat, la poupée-Fleur est un être extraordinaire aux pouvoirs magiques et en même temps épongeuse de souffrances.

“Blythe Somat, the Flower-Doll.”Google Images

 

(Elle sert de médium entre l’enfant hémiplégique, anorexique et schyzophrène et Françoise Dolto qui parvient à communiquer avec elle en la ramenant vers la parole, et donc, l’action de se libérer.)

la Poupée-Fleur n’a pas d’yeux, mais elle a des pétales sensorielles, elle ne parle pas car elle n’a pas de bouche, mais elle souffre et crie en silence, elle a un corps de poupée, mais sa tête c’est une fleur.

{Françoise Dolto a eu l’idée de cette poupée-fleur lorsqu’elle était enfant. En réalité, elle la conçoit en 1946, au cours d’une consultation où sont venues à sa rencontre Bernadette, une petite fille anorexique de 5 ans et demi, et sa mère.

Celle-ci se plaint de ce que sa fille n’aime ni les poupées animales ni les poupées humaines.

Accablée par la haine envers elle-même qu’elle ressent chez cette petite fille profondément paranoïaque, Dolto lui propose: «Et pourquoi pas une poupée-fleur?».

Aussitôt, elle donne à la mère les indications pour la fabriquer, devant Bernadette, qui saute de joie à cette idée.

Recouverte de tissu vert, cette poupée n’a ni devant ni derrière, ni mains ni pieds, et figure la seule forme humaine, la stature droite que l’enfant peut tenir en main.

Le volume figurant la tête est juste surmonté d’une corolle blanche de marguerite.

Autrement dit, tout comme une interprétation, cette poupée a été conçue entre les différents protagonistes de la scène analytique.}

{“Le Dr Lacan a le sentiment de plus en plus vif que la poupée-fleur de Mme Dolto s’intègre dans ses recherches personnelles sur l’imago du corps propre et le stade du miroir et du corps morcelé.

Il trouve important que la poupée-fleur n’ait pas de bouche et après avoir fait remarquer qu’elle est un symbole sexuel et qu’elle masque le visage humain, il termine en disant qu’il espère apporter un jour un commentaire théorique à l’apport de Mme Dolto.”}(Intervention sur l’exposé de F.Dolto-Marette).

Elle est très proche de celui qui souffre, toujours très proche, car elle écoute, sent, ressent, et donne son corps en passage vers la vie.

 ”Akan” ou l’ébauche du Self.  Alice Odilon 1/08/2011. copyrights.

 

 

- Le timide Ragdoll “Weaky” aux yeux bleus Caraïbes, le sauveur impuissant, est le seul être masculin de l’équipe.

“Weaky the Ragdoll cat”. Alice Odilon. Copyrights 2010.

Il absorbe du regard, il parle très bas, il est comme Blythe Somat, soumis à la méchanceté des autres, mais aussi très clairvoyant et lunaire.

- La Poupée “Whouh”  au masque de loup, avec son corps de petite fille menue et tonique, vêtue de sa robe écossaise au col mousseline, et dont on ne voit jamais le visage.

Weaky and Whouh, the wolf masked doll. Alice Odilon Copyrights 2010.

On ne voit de son apparât féminin, que sa belle chevelure lourde et ondulante qui s’étale sur son dos.

Whouh est tout l’inverse de Weaky, le Ragdoll bouc émissaire, elle devient une créature offensive, protectrice, n’ayant pas froid aux yeux, toujours prête à bondir pour défendre les plus faibles.

Whouh incarne une victime masquée devenue guerrier.

Le masque de loup a un rôle de bouclier; il sert à intimider l’adversaire, et sert à cacher la vulnérabilité et l’innocence de Whouh.

 

 

- La Poupée androgyne “Isee”, maigre et nue, chauve et belle, racée aux muscles longs et secs.

“Isee”, la flamme des Jane DOE. Alice Odilon. 2011. Copyrights

 

Ce personnage là revient de l’enfer de la prostitution, de la rue, de la route en solitaire.

Elle a vu des personnes mourir dans les fossés, des femmes assassinées coupée en morceaux, elle connaît le désespoir total des suicidés, elle est la flamme des Jane et des John Doe.

“Isee” symbolise l’abandonnée, la personne oubliée, sans nom, sans toit.

- “Mova”  l’avatar marathonien, est une athlète éternelle au coeur solide, aux jambes longues et déliées, et au regard fixé vers l’avant toujours.

- Allegraka c’est la prof de vol, la figure bridge entre le sol et le ciel.

Elle twitte, tumblre, digg, wikiote, facebook, elle envoie des messages sur le web, pour parler de ses amies de la Tour, des messages sans aucun commentaires de quique ce soit, car personne ne les lit.

- Akan se trouve dans chacun de ces personnages; parfois décide, souvent se tait et laisse l’équipe prendre la bonne option, parfois disparaît dans sa chambre pendant des jours, pour dormir et s’oublier.

Tout cette merveilleuse équipe partage les heures de la vie dans la Tour Akanienne, Paradis des hirondelles, centre de traitement pour anorexiques, et immeuble gratte-ciel HLM immense aux couloirs infinis.

Puis je vous parlerai des patientes du centre de réadaptation de la Tour Akanienne…..

Dans le prochain poste………

Bonne Nuit les Petits….

PS: J’oubliais Betsy Mac Call, american paper doll, si plate, si fine, si intense, déchirable et souffrante.

 

Betsy Mac Call, the American Paper-doll. Alice Odilon.copyrights 2010.

Alice Odilon. 1/08/2011. Tous droits réservés.


Trouver sa Place/Finding Home

Je n’ai jamais trouvé cette place où je serais en sécurité, apaisée.

 

“Self-Portrait-Les Rêveries de l’anorexique solitaire”. 2007 Copyright Alice Odilon.


La tour de Akan n’est finalement qu’un vaste château de cartes où des figures fragiles campent jusqu’au souffle du premier courant d’air.

Chaque appartement correspond à un état d’être de Akan, parfois réconfortant, parfois dangereusement effrayant.

Le jeu consiste à garder une chaise pour soi; parfois cette chaise est un siège de WC où l’on est attachée.

Et la grande épreuve consiste à croire en soi.

Et faire croire à sa “normalité” pour pouvoir être accepter par les autres.

Akan n’a pas atteint cette carte du repos qui la hante et la tient en alerte d’un espoir piège, leurre du lendemain meilleur.

- Qui est Akan?

- Akan, c’est moi.

Je regarde, je ne fixe pas, je vais toujours au-delà, la direction et l’objet de mon regard sont indéfinissables.

Une seule fois dans ma vie, je me suis constituée des repères.

-  à Paris – , le seul endroit où je me sens chez moi, et, ces repères sont uniques.

Ailleurs je suis perdue, comme privée de mon corps.


“Self-Portrait. Lutèce et la caravane”. Copyright Alice Odilon 2011. Tous droits réservés.


Je ne suis qu’un être sans repos, cherchant sans fin l’arrangement possible entre son corps et le décor, le lointain, le rideau et la peau de sa mère.

Il ne s’agit pas d’un élan artistique; ma quête photographique prend l’ampleur d’une investigation depuis mon enfance, sans apaisement.

Mon anorexie est un autisme déguisé m’empêchant d’avoir confiance et me permettant de survivre parmi les autres.

Le doute envoûte toute ma perception.


“Self-Portrait” Anorexic paper Doll Betsy Mac Call in cemetery garden”. 2010. Copyright Alice Odilon.


je devine maintenant la source de mon Amour infini pour la Peinture, l’image photographique, les dessins, la représention de la vie.

Dans la représentation, se donne le sens, l’ordre choisi des choses essentielles; le jeu est donné, tu n’as qu’à entrer dans ce jeu.

Mais dans la vraie vie, l’ordre des choses est glissant, faux, insaisissable et tu ne fais pas forcément partie du jeu.

Le vide est partout, les mensonges, le néant se cache derrière les moments de calme.

Les autres ne t’offrent pas d’espace, tu dois le prendre, tu dois mordre pour être respectée et cela me dégoûte.

Je sais pourquoi Bonnard demeure mon peintre préféré, l’indépendant, l’envôuté, le visionnaire secret et silencieux.

Sa peinture est l’expérience d’un état modifié de conscience, expérience de l’unité.

Bonnard fait parti d’un Tout qui est son monde.

Il n’a pas besoin d’autre chose.

L’expérience suffit.


“La Baignoire”. Pierre Bonnard.

La peinture “La Baignoire” apporte l’enveloppe d’apaisement, une expérience forte du corps nu dans l’eau et l’espace fusionnant.
{Dans les philosophies ou religions tendant à l’éveil spirituel (Zen, Vedanta, etc.), on trouve fréquemment la comparaison entre l’océan (l’univers) et la vague (l’individu), le sentiment océanique correspondant à une prise de conscience non-duale de la nature de l’Être :

Au-dessous du monde des perceptions sensorielles et de l’activité mentale, il y a l’immensité de l’être.

Il y a une vaste étendue, une vaste immobilité, et une petite activité frémissante à la surface, qui n’est pas séparée, tout comme les vagues ne sont pas séparées de l’océan[3]. (Eckhart Tolle)}

L’espace dans la peinture de Bonnnard fusionne avec la lumière, les couleurs.

Les personnages font partie d’un tout qui est une hallucination d’harmonie permanente, la couleur féconde l’air et l’espace s’assouplit dans des ondulations chaudes et froides.

Bonnard est un éclairé,  pas un homme de pouvoir.

Son parti pris révèle son point de vue, sa position discrète et silencieuse, son émerveillement devant la splendeur des choses intimes.

C’est dans les tableaux de Bonnard que j’ai trouvé un monde possible.

Dans les livres de Kafka, j’ai trouvé une vérité, dans les écrits de Mary Rhode concernant l’anorexie et l’autisme, j’ai trouvé une clarté magnifique.

De recherche en découverte, j’ai pu continuer mon art que je croyais fou, mais qui est honnête et vrai.

Alice Odilon Avril 2011. www.aliceodilon.com.

Anorexie métaphore de Peau d’âme

Fairy Godmother, Marraine  de la Princesse refusant d’épouser son Père, le Roi, conseille à celle-ci de revêtir la peau de l’Âne pour se déguiser et se cacher dans la forêt, abritée dans une ferme misérable.

{La fée marraine de l’enfant, va dissiper tout malentendu en apprenant à la princesse à ne plus confondre les amours : on aime ses parents mais on ne les épouse pas !

{La salissure ressentie par l’enfant est ici matérialisée par la peau d’âne, vêtement répugnant qu’elle choisit de porter et qui lui vaut son surnom – on ne connaît pas à cet égard son véritable prénom.

Par la suite, elle devient souillon et s’engage dans une ferme.} Wikipédia.

Comme dans Cendrillon, l’identité de la princesse sera révélée par une séance d’essayage : celle d’une bague, convenant au doigt le plus fin (pantoufle de verre au pied le plus fin dans Cendrillon), signe de jeunesse, de beauté et de pureté.




Peau d’Âne. Image issue du film de Jacques DEMY.

Grâce à cette sale peau,  la Princesse évite la mort symbolique de l’Inceste.

Cette peau est le “disembodiment”, “the lack of the body”, “the bodily self-model”.

Cette peau empêche de penser et de sentir “à la première personne”.

Grâce à la peau morte du X, l’anorexique évite la mort de l’indifférenciation fusionnelle avec la Mère, avec le groupe familial enlisé dans la psychose de l’inommé, de l’interdit, de la honte.

Cette peau d’âme est “the disembodied soul”, ou plus clairement le self-model rayant  l’accès au corps vécu et vivant.

A l’origine la princesse anorexique était “une” avec ses émotions, ses actions, son language, son cerveau, son corps.

Elle ne s’était même  pas posé la question de sa division et de sa mort symbolique dans la scission du self et du corps.

Mais un jour est venu, où la petite princesse a vu son corps allié intime (le Corps est le premier lieu des expériences de la vie, et donc des émotions), être emparé, paré, figé, aligné  par le groupe social.

Elle a faillit en perdre son âme, tant l’emprise serrait fort.

Elle s’est donc contrainte à se déguiser d’une peau terrible issue de la mort, d’un non-retour, la seule que la communauté a concédée à lui accorder.

Cette peau est la peau de la victime, du bouc émissaire, c’est une peau qui imite la Mort.

C’est la peau morte de l’Innocent bienfaiteur qui donnait tout en recevant rien, sacrifié pour sa valeur inestimable.

“Méfie-toi, car c’est ce que tu as de meilleur”.

Ainsi la Princesse peut échapper symboliquement au groupe hégémonique du même.

C’est cet objet transitionel issu d’un sacrifice accordé en guise de compensation envers l’anorexique, qui sauvera la vraie peau de celle-ci.

Cette “peau de chagrin” joue le rôle de pare-feu entre l’anorexique et la loi hégémonique du même exercé par le clan des pairs.

L’anorexique se rend souillon, abîmée, déguisée sous cette peau mâcabre.

Revêtir cette peau contraint la Princesse à taire son âme rebelle et étouffer son vrai corps sali dont elle a honte.

La Peau d’Âme enveloppe la princesse anorexique dans sa citadelle masquée.

C’est l’anorexie qui se joue alors avec un corps émacié, réduit à la membrane, un esprit vivant qui se tait désormais pour ne plus dire que des choses raisonnées et non plus ressenties.

(Logorrhée à défaut de ménorrhée).

La figure anorexique devient cet X limité, limitant du corps et de l’âme.

Ce qui reste de la Princesse est désormais couvert par la Peau d’anorexie-âme-âne.

C’est une peau d’écriture mais une peau qui interdit le contact direct avec les sens.

L’anorexique est alors au coeur de sa maladie extrême et le danger de mort est réel.

Deux issues sont possibles: Soit la Princesse anorexique, ou l’anorexique princesse, parvient à se faire dispenser de la loi du même,

puis décide d’enlever sa dépouille pour vivre dans sa vraie peau, sa peau “propre”, et là, elle retrouve les deux parts d’elle même, son âme et son corps réunis dans une certaine harmonie élaborée grâce à un travail de thérapie analytique et un travail de vécu personnel de la connaissance et des sentiments.

Soit elle devient Peau d’Âne et meurt dans cette peau de Mort.

Alice ODILON. Juillet  2009.

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