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Fear and rage to live in anorexia.

“The red mask”. 2011. Copyrights Alice Odilon.

Lace, wings, bones, I made myself a new body

“Anorexic Lace B. Coat of Arms”. Copyrights Alice Odilon. December 2010. All rights reserved.

Akan’s Tower ou le monde du morcellement

Si je devais révéler des secrets sur Akan, je ne pourrais pas en dire très long quant à sa grande intimité, car en fait Akan est particulièrement transparente et complexe.

Il suffit de retrouver dans chacun de ses amis de la Tour Akanienne (symbole de l’envolée, du chemin vers le spirituel), une facette de ses multiples personnalités.

- La Main coupée “Syndra Raynaud” représente le trauma de la perte, la coupure de la vie par le vide. Elle se dit “Illusion Corporelle”.

“Syndra Raynaud” the Phantom pain. Alice Odilon. Copyrights

 

C’est aussi le fantôme de la perte, sa mémoire, son fétiche.

Elle représente une mesure draconnienne sauvant la vie du corps menaçant de pourrir.

Symboliquement, Akan y est très “attachée” car le Syndrome de Raynaud joue le rôle d’étalon de l’anorexie; on pourrait dire “signe de reconnaissance”, “un code d’appartenance” au clan des anorexiques.

 

- Blythe Somat, la poupée-Fleur est un être extraordinaire aux pouvoirs magiques et en même temps épongeuse de souffrances.

“Blythe Somat, the Flower-Doll.”Google Images

 

(Elle sert de médium entre l’enfant hémiplégique, anorexique et schyzophrène et Françoise Dolto qui parvient à communiquer avec elle en la ramenant vers la parole, et donc, l’action de se libérer.)

la Poupée-Fleur n’a pas d’yeux, mais elle a des pétales sensorielles, elle ne parle pas car elle n’a pas de bouche, mais elle souffre et crie en silence, elle a un corps de poupée, mais sa tête c’est une fleur.

{Françoise Dolto a eu l’idée de cette poupée-fleur lorsqu’elle était enfant. En réalité, elle la conçoit en 1946, au cours d’une consultation où sont venues à sa rencontre Bernadette, une petite fille anorexique de 5 ans et demi, et sa mère.

Celle-ci se plaint de ce que sa fille n’aime ni les poupées animales ni les poupées humaines.

Accablée par la haine envers elle-même qu’elle ressent chez cette petite fille profondément paranoïaque, Dolto lui propose: «Et pourquoi pas une poupée-fleur?».

Aussitôt, elle donne à la mère les indications pour la fabriquer, devant Bernadette, qui saute de joie à cette idée.

Recouverte de tissu vert, cette poupée n’a ni devant ni derrière, ni mains ni pieds, et figure la seule forme humaine, la stature droite que l’enfant peut tenir en main.

Le volume figurant la tête est juste surmonté d’une corolle blanche de marguerite.

Autrement dit, tout comme une interprétation, cette poupée a été conçue entre les différents protagonistes de la scène analytique.}

{“Le Dr Lacan a le sentiment de plus en plus vif que la poupée-fleur de Mme Dolto s’intègre dans ses recherches personnelles sur l’imago du corps propre et le stade du miroir et du corps morcelé.

Il trouve important que la poupée-fleur n’ait pas de bouche et après avoir fait remarquer qu’elle est un symbole sexuel et qu’elle masque le visage humain, il termine en disant qu’il espère apporter un jour un commentaire théorique à l’apport de Mme Dolto.”}(Intervention sur l’exposé de F.Dolto-Marette).

Elle est très proche de celui qui souffre, toujours très proche, car elle écoute, sent, ressent, et donne son corps en passage vers la vie.

 ”Akan” ou l’ébauche du Self.  Alice Odilon 1/08/2011. copyrights.

 

 

- Le timide Ragdoll “Weaky” aux yeux bleus Caraïbes, le sauveur impuissant, est le seul être masculin de l’équipe.

“Weaky the Ragdoll cat”. Alice Odilon. Copyrights 2010.

Il absorbe du regard, il parle très bas, il est comme Blythe Somat, soumis à la méchanceté des autres, mais aussi très clairvoyant et lunaire.

- La Poupée “Whouh”  au masque de loup, avec son corps de petite fille menue et tonique, vêtue de sa robe écossaise au col mousseline, et dont on ne voit jamais le visage.

Weaky and Whouh, the wolf masked doll. Alice Odilon Copyrights 2010.

On ne voit de son apparât féminin, que sa belle chevelure lourde et ondulante qui s’étale sur son dos.

Whouh est tout l’inverse de Weaky, le Ragdoll bouc émissaire, elle devient une créature offensive, protectrice, n’ayant pas froid aux yeux, toujours prête à bondir pour défendre les plus faibles.

Whouh incarne une victime masquée devenue guerrier.

Le masque de loup a un rôle de bouclier; il sert à intimider l’adversaire, et sert à cacher la vulnérabilité et l’innocence de Whouh.

 

 

- La Poupée androgyne “Isee”, maigre et nue, chauve et belle, racée aux muscles longs et secs.

“Isee”, la flamme des Jane DOE. Alice Odilon. 2011. Copyrights

 

Ce personnage là revient de l’enfer de la prostitution, de la rue, de la route en solitaire.

Elle a vu des personnes mourir dans les fossés, des femmes assassinées coupée en morceaux, elle connaît le désespoir total des suicidés, elle est la flamme des Jane et des John Doe.

“Isee” symbolise l’abandonnée, la personne oubliée, sans nom, sans toit.

- “Mova”  l’avatar marathonien, est une athlète éternelle au coeur solide, aux jambes longues et déliées, et au regard fixé vers l’avant toujours.

- Allegraka c’est la prof de vol, la figure bridge entre le sol et le ciel.

Elle twitte, tumblre, digg, wikiote, facebook, elle envoie des messages sur le web, pour parler de ses amies de la Tour, des messages sans aucun commentaires de quique ce soit, car personne ne les lit.

- Akan se trouve dans chacun de ces personnages; parfois décide, souvent se tait et laisse l’équipe prendre la bonne option, parfois disparaît dans sa chambre pendant des jours, pour dormir et s’oublier.

Tout cette merveilleuse équipe partage les heures de la vie dans la Tour Akanienne, Paradis des hirondelles, centre de traitement pour anorexiques, et immeuble gratte-ciel HLM immense aux couloirs infinis.

Puis je vous parlerai des patientes du centre de réadaptation de la Tour Akanienne…..

Dans le prochain poste………

Bonne Nuit les Petits….

PS: J’oubliais Betsy Mac Call, american paper doll, si plate, si fine, si intense, déchirable et souffrante.

 

Betsy Mac Call, the American Paper-doll. Alice Odilon.copyrights 2010.

Alice Odilon. 1/08/2011. Tous droits réservés.


Isabelle Caro’s soul welcomed in Akan’s Building

In the building, many flats were still available to rent, and it’s not a good thing to leave rooms unoccupied for a long time, as you know, intrusive rats are always looking around to invade warm vacant spaces.
That’s what Akan was worried about and determined to erase the invaders, in her special anorexic area.
When Akan and her friends were told about Isabelle Caro’s death in November 2010, they decided to allocate an apartment to her, even if her body was definitively gone.


“The Empty Flat of Isabelle Caro”. Copyright Alice Odilon 2011


“Isabelle Caro.”Photo Olivero Toscany.

It sounds certainly like a sanctuary, but this flat wouldn’t be opened to the public and would stay empty and full of soul as long as the building existed.
Every day, somebody from the building would come to clean the flat and check the efficiency of the rodent traps and repellents.
It was an obsession for Akan; she suffered from a musophobia since childhood and was unable to deal with it, being tired of tiptoeing around her fears.
Then she realized her terrible anxiety was directly linked with her own anorexia, and influenced a huge part of her excessive self-control behaviour.
Every strong intrusive element, like food, skin contact, eye contact, aggressive interlocution, virile interpellation, was felt like a threat.
This included rats, intrusive, hidden, clever and tough, permanently threatening to appear, to come, to attack.

Rats were unpredictable, and, even hidden, they were present.

Akan felt their omnipresence.
But in a sort of  indecent blind inconsistency, Akan had finally accepted that rats exist and that they might shoot up suddenly in front of her, or behind her.
This means that Akan had dared to live, to deal with her morbid anorexia, she had accepted the violation of food in her body, she had accepted to feed herself.
Still the ghost of rats remained, as an eternal symbol of extreme menace, alarm telling her: “Remember we’re here and you’ll die”.
From now on Akan was able to deal with food, as she got an adequate amount every day, enough to run every day 15km,  but on the other hand, she stayed very weak, concerning relationships with strangers, especially noisy virile persons.
It was possible for Akan to feel Isabelle Caro’s deep suffering, continuously haunted by her hunger, by her needing body,  and this terror to be feed by force in hospital.


“Isabelle Caro”. Google Images.

Anyway, Isabelle Caro sparkled in the sky as a border-line movie star and had been so representative of X bodily metaphor of anorexia, that Akan wanted to
preserve the peace of her embodied soul in this unfurnished white apartment on the 11th floor.

The apartment n° AX 28.

Clever brilliant Isabelle Caro had targeted the Zero incarnation all her life, the X bodily metaphor of anorexia, looking permanently for an embodied soul in a minimal body.
The divine tight face of Isabelle with these jewel-like turquoise bright eyes, erected in the dark blue sky.
Her sad mouth, her tiny nose, her fragile hair were going to dry in the labyrinth of death.
But her eyes would stay everywhere in this flat, in the elevators of the building, in the parking, in the steps, like CCTV.
She had flirted with the risky possibility of existing in a nearly dead body and had rigidly wielded her piercing hypnotic regard every second of her life, to stay alive without food and peace.
This physical envelop in which she had been decked out during the martyrdom of her life, has failed and claimed mercy for an infinite wild abandon.
So for now, the Flat AX28, got a name on the door: Isabelle Caro.
Such a strong silence on the 11th floor, such a bright glimmer coming from inside this place, to light the way of lost anorexic people in the street going nowhere, rejecting rescue, or running away from jail and medical assistance.
Because anorexia is much more than a physical symptom.
Anorexia is asking us to modify the codes of our language.
Something is wrong with our communication, something escapes, unnoticed, sadly ignored by stereotypical understanding.
The place would be staying “empty” to serve the “non-dit” of Isabelle Caro.

Alice Odilon. 10/01/2011

Anorexic Assertion

“Girl at the window”. Edward Munch. 1894 .Drypoint and roulette (state v/vi) . Rosenwald Collection

The Question for Akan is to produce something special,  something from almost nothing, a little imagination, supported by a fragile momentum of creating,  a minimum of precision and dexterity.

But for that, she needs so much clearsightedness, an exquisite concentration obtained by a lot of starvation, eliminated distraction.

She has to make her life empty of emptyness, of details, of noises, of dysharmony, of hesitation, of doubt.

Akan cannot do that, because she’s only a human being, and won’t be able to hunt all the fear which makes her life.

She has played for so long with anorexic deviant behaviours.

Today, it’s time to confront the present and the death.

There is no way to escape, Akan “is or is not” and the only chance to gain the minimum of charisma will be this dangerous game with Art and survival.

There is no chance to get relief with handcraft work, with clever sewing, knitting, cooking, painting.

The point stays the photography.

How Akan will deal with that and with her anorexia?

With no money, is it possible to create?


“Anorexic Akan in front of her Art”. Copyright Alice Odilon 2010.


With no confidence is it possible to create?

With fear, is it possible to create?


“Akan’s tears of fear in front of her assertion”. Copyright alice Odilon. 2010.


Yes it is.

Akan wants to try and to achieve this impossible target.

She will tell about her mediocrity and her common life in this sad country.

The only tool she got, is body,  heart, and imagination.


“Emily’s anorexic despair.” Copyright Alice Odilon 2010.


La question pour Akan est de produire quelque chose de spécial, quelque chose  venant de presque rien, un rien d’imagination, appuyé par un fragile élan de création, un minimum de précision et de dextérité.

mais pour cela il faut tant de clarté d’esprit, une concentration atteinte à la force de faire le vide, vider le bruit, les maux; chasser la peur et utiliser sa colère comme une force.

Ce n’est pas tous les jours, possible, il faut pour cela être un champion de l’être, ce que n’est pas Akan.

Akan veut affirmer le trait de son être.

Le dessin de son corps, sa voix, ses yeux, ne vivent que l’instant d’une photographie.

On devra s’en tenir là.

Anorexique ou pas, habile ou imprécise, absente ou clairvoyante, Akan a le devoir de s’écrire, sinon elle meurt d’ennui dans la boue gluante des jours comptés.

Décider, se lancer dans une pratique d’écriture demande un courage de toucher sa profonde médiocrité, ses insuffisances, sa confusion infinie.

La photographie répond plus au doute de Akan de son droit d’exister. Clic, c’est plus vif qu’un solide coup de trait noir sur la toile.

L’inhibition et le doute ont empêché Akan d’acquérir les techniques du trait.

Elle est devenue le signe de ce trait.

Son être entier s’est condensé en un mot: “anorexie”; par défaut de ne pas accéder à la confiance en soi, nécessaire à l’affirmation de soi dans l’action.

Maintenant Akan prend conscience de cet interdit immense qui l’a toujours destinée à être privée de sa dextérité et de l’assurance de ses gestes.

Aujourd’hui ses pas raisonnent avec vivacité encore.

Il reste très peu de temps.


Alice Odilon November 2010.

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