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Meeting an anti-girl

NB: Depuis le début de ce blog, j’aurais dû mentionner que le code est le suivant:

Anorexic girl = anta-girl = disembodied person = embodied soul = bodily X metaphor = Figure A = Anorexic girl.


Amis lecteurs gardez les en mémoire, si vous en avez envie.

Reprenons: Après le difficil entrevue entre le grand homme élancé et Akan, il se passe des choses tristes dans la tête de notre héroïne: des choses amolissant, ralentissant l’envie et l’énergie de celle-ci.

Elle qui d’habitude part de rien et retrouve son tout, se situe maintenant sur une ère de rue délicate et pleine d’embûches.

A chaque pas, il faut bien regarder de tous côtés pour voir venir l’ennemi, ou l’espoir, la Figure A.

Rien n’est moins simple que de poursuivre et repartir en avant, même de travers.

Akan sait que si elle renonce, elle mourra par l’ennui et la mort dans l’âme.

Il vaut mieux aller jusqu’au bout et tenter le coup pour le tout A-Figure.

Elle n’y perdra rien, elle y perdra toute sa vie.

En s’amusant des contraires, Akan marche à côté d’une jeune fille blanche à la peau immaculée, fraîche du matin, toute neuve, éclose et pourtant……

Les rythmes des pas de nos deux personnages coïncident presque, il reste un écart imperceptible dû aux poids différents des corps.

La jeune femme petite et massive, porte son bassin comme la mort, comme une faute impardonnable, une erreur exquise, un écran à la vie.

Tout son corps est attaché à cette masse finale d’inertie.

Elle voudrait cacher çà, l’oublier, oublier son poids aveugle et sa masse réelle.

Mais elle ne peut pas, elle en fut dotée par le Dieu du malheur, lors de ses 4 ans.

De ce terrible fait elle marche lourdement, freinée par la part sourde.

D’ailleurs elle a senti le bras de Akan frôler sa robe et cela ne lui plaît pas car elle ne veut pas que l’on sente son corps, que l’on touche une parcelle de sa peau sublime, que l’on voit la largeur de ses hanches

prisonnières dans la chair opâque.

- Excusez-moi, s’écrie Akan, comme une idiote.

- Ce n’est pas grave, murmure la gamine taciturne et sombre.

- Je voulais vous dire; vous avez l’air d’une amphore, d’un vase de plomb, votre allure si épaisse et sombre me fait mal, avoue Akan, d’un flot de mots lancés.

Votre tronc est votre énigme, la question non élucidée, le sujet essentiel, que vous évitez depuis longtemps, des années, certainement.

Cette boîte en vous va rester fermée et se durcir encore, la porte ne cèdera jamais, il est trop tard.

Vous avez été traumatisée dans l’enfance par les méfaits d’un abuseur menaçant de mort votre mère, et vous avez dû la défendre nuit et jour.

Vous vous êtes perdue à vous battre contre le mal, votre mère s’en est sortie et vous a sauvée aussi, mais vous vous êtes tout de même perdue et le trauma vous a emmenée de l’autre côté, celui des méchants.

De témoins victime, vous êtes devenue un prédateur.

Les parents harceleurs font des enfants manipulables qui donnent naissance à des manipulateurs pervers narcissiques. Votre mère était manipulée par sa mère, elle est devenue anorexique pour survivre de l’emprise; Vous êtes née en 1988, Vous avez été une petite fille sage, chagrinée car vos parents se sont séparés lorsque vous aviez 3 ans.

Vous avez été mal pendant cette période, très mal, vous perdiez tout sentiment de sécurité; votre mère était seule et vous sentiez sa faiblesse et son errance.

Un jour de février 92, elle s’est perdue dans les bras d’un abuseur comme pour retrouver l’emprise sécurisante et morbide qu’elle avait connue petite fille avec sa propre mère.

Vous avez réalisé comment votre maman était manipulable et cela vous a terrorisée.

Elle vous est apparue faible et imbécile, vous avez vu son aveuglement presque aussitôt.

La manipulation mentale a été votre mécanisme de  survie.

Voyant votre mère se détruire sous l’emprise de l’abuseur.

Vous avez emprunté la stratégie du harceleur menaçant votre vie et celle de votre mère.

Cela vous a permis de ne plus avoir peur.

Mais cela ne vous a pas rendu heureuse, cela vous a donné cet air maussade, ce visage contracté de mécontentement, votre côté bilieux, votre mémoire morose.



- Non mais çà va pas, espèce de folle! comment osez-vous? vous êtes vous regardée dans une glace, horreur de ma vue, mocheté, affreuse vieille femme, vous êtes si laide, tas d’os, terrible spectre nerveux, vous n’avez pas le droit de me dire la vérité.

- Si je suis ainsi c’est que je l’ai voulu, voilà toute la différence.

je me veux maigre et ardue comme l’herbe des chemins.

Sèche et racée en hirondelle dans le ciel.

Mon pas abrite mon coeur et mon corps respire dans mes pas.

je ne transporte plus rien avec moi que moi-même et mon présent, le reste s’est envolé, le mal s’est assoupi. Des cancers j’ai fait des gallets sur la plage.

Je me suis acceptée.

- Vos dires sont infondés. j’ai en effet un corps intérieur symbole de masouffrance et mon histoire dramatique, j’ai une volonté d’acier pour combattre le mal que je vois partout.

Je dois maîtriser les gens, les séduire, les charmer, les observer, les tester, les flatter.

je dois tuer l’autre pour vivre.

Je n’ai pas le choix, c’est ma vie.


Alice ODILON. Copyright 2/07/2010.


NB  Since the start of this blog I should have mentioned the following equivalence :

Anorexic girl = anta-girl = disembodied person = embodied soul = bodily X metaphor = Figure A = Anorexic girl.


Dear Readers bear this in mind if you so wish.


Let’s continue: Following the difficult meeting between the tall elegant man and Akan something sad came to pass in the mind of our heroine, something relaxing, reducing her desire and energy.

She, who normally started from nothing and yet discovered everything, found herself in a delicate situation on a road full of pitfalls.

With each step she had to look around for potential dangers, or hopefully for Figure A.

Nothing is easier than to continue and to move forward, even awry.

Akan knows that if she doesn’t she’ll die of boredom and a heavy heart.

Better to go through with it and go all out for A Figure.

She won’t loss anything; she’ll lose all her life.

Whilst reflecting on these contradictions, Akan was walking next to a pale young girl with perfect skin, fresh as a daisy, brand new, as if newly hatched and yet………….

The rhythms of their steps almost coincided, there was just an almost imperceptible difference due to their contrasting body weights.

The young girl, small and heavy built, carried her pelvis as if dead, like an unforgivable sin, a terrible error, a shield from life.

All her body is attached to this mass of death and inertia.

She would have liked to hide this, forget it, forget her weight and her true mass.

However she is incapable, she was cursed with it by the God of misfortune when she was only 4 years old.

As a result of this terrible fact she walked heavily, slowed down by her handicap.

Besides she had felt Akan’s arm graze her dress and this was unpleasant for her as she didn’t want anyone to feel her body, to touch any part of her magnificent skin, or see the size of her hips imprisoned within.

- Excuse me, exclaimed Akan like an idiot.

- It’s nothing, murmured the taciturn and gloomy young girl.

- I’d like to tell you; you look like an amphora, a vase made of lead, your appearance so solid and somber upsets me, confessed Akan, with an outpouring of words. Your body is your enigma, the unanswered question, the essential subject that you have avoided for so long, years no doubt.

This box in you will remain closed and become even more durable, the door will never open, it is too late.

You have been traumatised in childhood by the misdeeds of an abuser threatening the life of your mother, and you had to defend her night and day.

You entered perdition by fighting against this evil, your mother escaped, saving you as well, despite which you were lost, the trauma transformed you and you ended up on the side of the wicked.

From being a victim and witness you have become a predator.

Overpowering and aggressive parents produce children that are easily manipulated who themselves give birth to perverse narcissic manipulators.

Your mother had been manipulated by her mother so she became anorexic to escape this stranglehold; You were born in 1988, you were a well-behaved little girl, saddened when your parents separated when you were 3.

You were unhappy during this period, very unhappy, you lost all sense of security; your mother was alone and you sensed her weakness and wandering.

One day in February 1992 she fell for an abuser as if she wanted to return to the unhealthy sensations of her childhood being manipulated by her own mother.

You realised how easily your mother could be manipulated and that terrorised you.

She seemed weak and stupid to you, you saw how blind she was almost immediately.

Mental manipulation was your means of surviving.

Seeing your own mother self destruct under the influence of the abuser, you took on the mantel of the abuser who threatened both you and your mother.

Like this you were no longer afraid.

However this didn’t make you happy, it gave you your sulky attitude, your discontented look, your bilious manner, your morose memories.

- But who do you think you are? You’re mad! Who gave you the right?

Have you looked in a mirror recently? Awful, horrible old woman, you are so ugly, a pile of bones, a nervous wreck, you don’t have the right to tell me the truth.

- I’m like this because I want to be, that’s the big difference.

I want to be thin and tough like grass growing on paths.

Dry and racy like swallows in the sky. My steps harbour my heart and my body breathes through my steps.

I have no other baggage than myself and my present, all the rest has gone, my pain has gone to sleep. I have transformed my cancerous memories into no more than pebbles on a beach.

I have come to terms with myself.

- What you say is untrue.

Effectively I have an inner body which is a symbol

of my suffering and my dramatic past; however I have a will power of steel to fight the evil that I see everywhere.

I have to master people, seduce them, charm them, observe them, test them, and flatter them.

I need to kill others to live.

I have no choice, it’s my life.


Alice ODILON. (Traduction David SOAMES)4/06/2010


Rupture de parcours



La rue semblait vide et Akan, arrivait peu à peu aux frontières du Centre, annoncées par des enseignes de fast foods, des terrasses de cafés, des pavés neufs, des maisons

encastrées les unes dans les autres.

Si elle n’avait pas senti le regard écoeuré qui la poignardait dans le dos, et brûlait tout son corps, Akan aurait simplement souffert d’une douleur subite, aiguë entre les omoplates, fouillant les vertèbres et les nerfs électrisés.

” Akan poignardée dans le dos par un regard malveillant”. Alice ODILON copyright 2010.

Mais Akan perçut les yeux de son tueur virtuel.

Cet homme l’assassinait littéralement par son air vomisseur, dénonçant un des crimes présumé de Akan.

La jeune femme étrangère dans ces lieux sans histoire, osa se retourner, par instinct sentant sa propre pulsion scopique vouloir la défendre.

Elle fit quelques pas vers l’inconnu interloqué par cette mouvance féminine rompant avec la convenance des déplacements physiques entre homme et femme.

- Bonjour, s’il vous plaît, puis-je vous demander pourquoi vous me voyez avec la peur?

- Je ne vous regarde pas, je passe. Mes affaires m’attendent, je ne vois pas ce que vous voulez dire.

- Excusez-moi, j’ai vu votre arrêt sur le trottoir d’en face, j’ai senti votre crainte en me considérant.

- Non, non je ne vois pas de quoi vous parlez, répondit cet homme sur un ton plus haut.

J’ai simplement remarqué votre silhouette osseuse, j’ai eu mal pour vous, je vous ai trouvée inregardable.

Akan reçut une pique dans l’estomac; les battements de son coeur partirent en cavale.

Cet homme devait avoir une trentaine d’années et présentait une allure très affirmée et élancée.

- Ce bel homme est entrain de me dire la vérité, que je suis morte et je n’ai pas le droit de marcher dans cette rue, pensa Akan, très fatiguée.

- il vous manque tout, la chair, où est votre chair? interrogea l’individu s’étant approché de la jeune femme comme abattue.

Vous êtes vieille et vos jambes, vos bras m’apparaissent comme des branches d’un arbre foudroyé, vos gestes parlent d’une souffrance que je me suis cachée depuis toujours.

Je n’arrive pas à me dire que vous existez dans cette rue, là maintenant, en ce moment où, moi je passe, et où les femmes pour moi, portent la chair, m’invitent à les déshabiller du regard.

Une femme c’est bon à regarder, c’est du plaisir.

Je ne demande pas qu’une femme ait un regard, c’est moi qui voit, elle ne fait que se montrer, vivre par mon regard d’homme.

Je ne supporte pas vos yeux, ils sont trop grands et me gênent plus encore que cette chose cachée au bas d’un tableau de Holbein: “Les Ambassadeurs”.

Oui cette chose en biais, cette anamorphose de malheur,  me traquait comme vous avec votre visage mangé par vos yeux abusés.

Akan sentait son corps s’effondrer sous la négation verbale du jeune homme.

- Je ne sais pas, je ne peux pas, je…. je peux plus, laissez-moi.

- C’est bon, quelle personne bizarre vous êtes! vraiment je n’ai pas envie de vous parler d’avantage.

Vous me gênez, je ne supporte pas de voir vos clavicules saillantes, je n’ai jamais vu un corps comme le vôtre; c’est assez.

Au revoir.

Et l’inconnu s’en alla en grognant des mots inaudibles sur un ton pestiférant, au son desquels Akan aurait pu crever.


Alice ODILON. copyright. 27/06/2010.

The street seemed empty and Akan, came gradually to the borders of the Centre announced with signs of fast food restaurants, sidewalk cafes, new pavements, houses built into each other.

If she had not felt the disgusted glance which stabbed her in the back, and burned her body, Akan would have just suffered a sudden pain, an acute sore feeling between the shoulder blades, dismembering her prominent vertebraes and wrecking her electrified nerves.

But Akan caught the eyes of her virtual killer.

This man was murdering her by his vomiting glance, denouncing her presumed unpardonable fault.

The young foreign woman trapped in this non-sense situation, ventured to return, by instinct, lead by her own scopic pulsion trying to save herself from the lethal attack.

She walked towards the stranger (seeming taken aback by this female motion, breaking with the convenience of eye contact between man and woman.

- Hello, please, can I ask you why you’re watching me with fear?

- I do not watch anything, I pass. My business cannot wait.

I did not stare at you.

- Excuse me, I saw your stop on the opposite sidewalk.

I felt your fear while you were looking at me.

- No, no you’re wrong, replied the man, on a higher tone.

I just noticed your bones, I was bothered by your insulting body,I have found it “inregardable”.

Akan was picked in the stomach, and her heart beating went on the run.

This man might be thirty years and got a very assertive and slender style.

- This handsome guy is telling me the truth, I’m dead and I don’t have the right to walk down this street, Akan thought, very tired.

- You miss all the flesh, where is your flesh? questioned the stranger having approached the young shot woman.

You’re old and your legs, your arms look to me like branches of a dead tree.

Your move speaks about a suffering that I hid forever in me.

I can not tell to myself that you exist in this street, by now when I am, and where women, always will be at my disposal, invite me to leer their “dirty” body.

I do not ask a woman to decide, it’s me who watch.

She does show herself, to live through my eyes of man.

I can not stand your eyes, they are too large and scare me more than this thing hidden at the bottom of a Holbein painting: “The Ambassadors”.

Yes this anamorphosis hunting me like your face eaten by your special look.

Akan felt her body collapsing under this negative young man.

- I do not know, I can not, I …. I can not anymore, let me.

- It’s fine, what a weird person you are! I really don’t want to talk to you any more.

You embarrass me, I cannot be comfortable with your protruding collarbones, I’ve never seen such a thin body, it’s too much for me.

Goodbye.

And the stranger went away muttering inaudible words in a violent tone, so rude, than plague Akan might have died.

Alice ODILON. Copyright. 27/06/2010.

Epluchures


“Les petites robes en pierre”. Copyright Alice ODILON 1978.

En 50 ans, les épluchures se jètent dans les poubelles; d’abord en petits tâs dispersés, éloignés les uns des autres, puis devenus des monceaux de restes, des montagnes de peaux impossibles.

Des périodes de crise engendrent des collections effreinées dans la vie de Akan: des hommes, des chaussures, des robes, des manteaux, des vestes, des montres, des rendez-vous manqués, des négatifs perdus, des appareils photos aussitôt revendus, des chiens adoptés sitôt abandonnés, des attentes par millier, jamais exaucées.

“Les vêtements noirs”. 1977. Copyright Alice ODILON

Akan vieillit de plus en plus et jète de plus en plus de choses.

Il s’en est fallu de peu.

Akan est avant la mort, mais certainement jamais cette image de gloire dont elle rêve toute sa vie.

Tout ce temps passe si longuement, il n’en reste rien que deux enfants, rien d’autre.

Dans le passé, la foi en  sa diversion creuse  des tranchées glissantes dans sa vie hésitante.

Et là maintenant il faut admettre, que ces années de réflexion, de réclusion, de différenciation n’aboutissent à rien.

Le principe d’épluchure semble finalement déterminer sa vie.

Accumuler les pertes, perdre les histoires, en tas de copeaux de peaux.

Différentes villes, différents noms de rue, différentes adresses, et toujours la même quête: qu’il ne reste rien que du commencement souvent déjà fini.

Akan est ce qui ne sera pas………/………

(à suivre…)

24/04/2010

Copyright Alice ODILON

“La Housse aux oiseaux”. 1977. Copyright Alice ODILON


Peelings


In 50 years peelings will throw themselves in some dustbins; initially episodically then accelerating exponentially as time passes.

It goes without saying that periods of crisis brought about a frenzy of collecting in the life of Akan:

men, shoes, dresses, coats, jackets, watches, missed meetings, lost negatives, cameras immediately sold, adopted dogs abandoned instantly, thousands of expectations never realized.

It is a close run thing.

She could be the woman which she had been sure that she was, would be, before her death and even after in unread books.

All this time went so slowly and there only remain two children, nothing else.

In the past the basis of her diversion had gouged deep and wide in her faltering self.

And now she has to accept everything, that these years of reflection, no rescued life of difference, only produce wrinkles, an intelligent tiredness and reconciliation of a fifty year old woman.

Her daughters are gone now since a long time.

What’s left is the delicious memory of their beautiful faces and their bird-like chatter.

The principle of peelings seems finally to have determined her life.

Accumulating losses, losing out on everything, – a pile of pieces of peelings.-

Different towns, different street names, different addresses, and always the same quest:

that there only remains a new start that is often already ended.

Akan is what she won’t be…….

Alice Odilon Copyright 2010.

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