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And the anorexic winners are…!

On 14 of April 1991, candidates had been selected by the Akan’s Team Jury and time has gone to give their name and identity.

Then, the best European anorexic candidates were revealed at a sold out ceremony which took place at Anta-city in the Flyinglands, on this opening night of the  24/24 Anorexia night, edition of Akan’s Company.

It was 22:42 pm and everybody was exhausted and hungry.

-  More than 333332 votes were cast by fans to decide the winners in the Worst Anorexia category.

- Best Medium-sized anorexic winner: Avatan Nihili, the 23 kg teen girl who was nearly 1,75m and only 15 of age, but was brilliant at school and very shy.

- Best Small weight winner: Asael Rienick, with her 1,62 m and her 21 kg, who had been working as a self-employed “Tightrope sleepwalker” for 4 years, without harming her frail nimble disembodied body.

 

“Self-Portrait” The Tightrope sleepwalker. Alice Odilon 2010. Copyrights

 

- Best New Anorexic winner: Hyppolyte H,  was an ex-obese young cook, who had been starving for two years as Chief cook of Three stars Michelin restaurant, after discovering his true dream to become a trapeze artist.


Pictures of flying trapeze artists at the peak moment of the grab. 

- Best Indoor fast girl: NatNat the ghostly weight-watcher coach who was definitely to weak to coach anybody dieting, but has been previously awarded as the fastest losing weight candidate in UK, that means losing 35 kg in 2 months.

- Best European Anorexic Line-up: Whiteswimm  the pale and pinky dressed ballerina, who was vomiting every meal, even the most frugal one.

“Akoya Ballet Dancer”. Alice Odilon 2007. Copyrights.

- Best Newcomer: Reine Frung: the ex-psychiatrist fallen in storm of anorexia addiction, after being involved in a special unit “Beating eating-disorder” in NHS.

- Best Headliner: Andrée Solange J. : mother of five,  hard worker house wife managing in plus a cleaning company with 7 employees.

- Best Oversplit Ballistic Stretched Anorexic contortionist Tige Ald, who was able to practice super-split equally on both legs without any injuries and with a lot of enthusiasm.

“Happy Contortionist”. Google Images

 

- Best Anorexic Runner: Aza Wakh performing Paris Marathon in only 2 hours and 28 mn.

 

“Self-Portrait” Anorexic Run. Alice Odilon Copyrights 2010

- Best Anorexic dancer: Ana Cunningham, who was the twin of Merce Cunningham, the Master of Choregraphy.

 

“Merce Cunningham”. Google Image.

Finally only 10 candidates have been selected.

Akan’s Team had considered how huge their task was to care of these 10 special persons and decided to close the competition with that, in order to manage these 10 anorexic characters, the best they could.

Alice Odilon. 7/7/2011. All right reserved.

 

Dead food

Oserais-je évacuer la “morte” mise par ma Mère dans ma bouche?

La Nourriture inerte

La nourriture dans le cas de l’enfant pré-anorexique, n’est pas un lien vivant entre le sein de la Mère et le petit enfant.

Elle représente à ce niveau de relation primaire, un matériau inerte, dévitalisé, ingurgité sans plaisir, fécalisé.

Quelle fut la place accordée à l’enfant au tout début de sa vie?
Quelle attention, quels gestes lui ont été adressés?
Quel temps, quels sortes de moments d’attention lui ont été offerts?
La nourriture fut elle donnée sans parole, sans regard, sans écoute, dans l’indifférence, l’ennui, le dégôut, la haine???
L’enfant a-t’il été considéré comme rien?

“Caliméro – l’incarnation de l’enfant rien”.

Fut-il nommé une fois?? pensé, raconté par la Mère?
La nourriture est-elle un poison d’absence d’amour?

Est-il anorexigène d’être nourrie d’une  nourriture dévitalisée de la Mère mortifère?
Dans ces cas si extrêmes et pourtant bien réels, manger ne serait-il pas accepter d’être rien dans le regard de sa Mère, accepter le non amour et se remplir de nourriture pourrie de mort??

Manger serait mourir pour cet enfant qui réclame un don d’amour intense et naturel,
mais qui ne lui sera pas donné, et pour taire cette demande, sera nourri de “rien que de la nouriture.”
On comprend vite pourquoi certains nourrissons régurgitent toute nourriture dans la mesure où celle-ci fut distribuée dans le stress, la négativité, le dépit d’une mère non désirante.
On note un parrallèlisme entre le langage de Michaux et  Beckett, et la parade anorexique.
“Chez Michaux, la plongée onirique immerge le sujet dans un monde larvaire.



“Dessin de Michaux”

Si le “çà” s’y découvre monstrueux, c’est qu’il est innommable, qu’il est la figure même d’un impensable.
D’après Kristeva dans “Pouvoirs de l’horreur” l’abject peut devenir l’objet d’un refoulement originaire.
Un amour parental déficient peut devenir primitivement une figure de l’abject, dans le déplacement symptômatique duquel vont s’associer famille et nutrition.”
En introjectant d’abord ses proches comm un mauvais objet (aliment dégoûtant) puis en projetant celui-ci sur le mode de la régurgitation, l’enfant peut arriver à faire de tout ce qui l’entoure une marée
d’abjection dont il cherche dès lors à se protéger.
Cette analyse éclaire cette obcession du poète pour le monstrueux.
On retrouve l’assimilation des premiers objets à la nourriture dont la gestion anorexique traduit massivement le refus.
Au moyen de l’abstinence, le sujet entend lutter contre l’intériorisation des imago parentales.
C’est ainsi que Michaux résume les dix premières années de sa vie:
Indifférence.
innapétence.
Résistance.
Le manger lui répugne.
Les odeurs, les contacts.
“Evacuer” cristallisent de manière métaphorique cette obcession de l’abject.



“L’Abîme”. copyright Alice Odilon 2008.

Mais alors: “Ne pas vomir tuerait-il? dans le cas d’une jeune fille anorexique rejetée radicalement par sa mère?
ou plutôt “vomir” serait entendu comme une révolte et donc tuerait celle qui s’aventure à vomir.

Souvenez-vous  le cas de JonBénet Ramsey, petite fille “princess America’ assassinée en 1996.
Ce qui m’a frappée dans cette sordide histoire de Pageant et de sacrifice, c’est la soumission
écoeurée de JonBénet à se produire en tant que beauté virginale exhibée.
La mère obcessionnelle de perfection et de challenges à remporter, aurait contrôlé totalitairement sa fille (son corps, son esprit, son intérieur psychique).
L’enfant fut assassinée en Décembre 1996.
Selon les rapports forensics, du vomit frais de Jonbénet fut trouvé dans la maison du crime.
Ce vomit m’a beaucoup parlé; j’ai la conviction qu’il dit la révolte et le refus de JonBénet Ramsey.
Dans son cas: “vomir tue” (le vomit tue , la parole tue, La parole de JonBénet fut tuée, tue.
Cette petite fille cachait en elle une personne abusée sans limites, soumise à une “double-bind” fatale exercée par la Mère.


“Take care of your body!: with or without it, you have nothing”!

That means for me, JonBénet was victim of double-bind pressure of mother.
She was obliged to be a sexy pretty little girl with heavy make-up.
At the time, ” a painted baby, a sexualizer toddler beauty queen”, and in the same time
she had to be disciplined, transparent, obedient, submissive, extremely disciplined.

JonBénet fut sacrifiée car elle était déniée radicalement par sa mère.

Alice Odilon.

Akan choisit d’être une forme parfaite

 

Akan choisit d'être une forme parfaite divorcée de l'ombre des enjeux du réel.

Une forme niant le temps, la faim, la haine, la parole, l'écoute.

Cette forme vient par impossibilité de rentrer dans le champ de la vie "active".

Le non-profit de son oeuvre acharnée de photographe oblige Akan à réussir

sa stratégie de décomplitude

dans l'allure scopique qu'elle se donne.

 

"Sea-star doll/ a scopic tyle." copyright Alice ODILON 2010


N'ayant pas le pouvoir d'être reconnue par son travail Herculéen,

elle trouve l'issue d'être une forme dynamique sorte de mustang "hot horse."

Le choix d'une vie ascétique d'athlète, cache la dépression d'être invisible,

pas vue.

Cette façon d'être au monde permet de survivre à l'invisibilité sociale,

physique, sexuelle.

 

"Les corps reflètent les relations sociales qui sont injustes et déformées."

Accepter le rejet du monde de l'Art, son berceau de descendance, déformerait Akan, au sens propre du terme.

Cette déformation humaine de Akan reste tout simplement impossible car porte atteinte à l'image cristallisée

d'après laquelle elle s'est faite, pour durer, endosser les altérations, les blocs de haine, les grands chagrins.

Se dilater, c'est se désintégrer, c'est se morceler, mourir dans un fracas épouvantable.

Alors ballader cette forme aiguisée de minceur, aux yeux de tous, maintient la force A, la force akanienne.

Les restes laissés par Akan se résume à une importante garde-robe, riche de milles tenues pour femme maigre, taille 34.

Akan stocke ces peaux inutilisées, oubliées, rangées, antimitées, car peut-être un jour

la voix s'ouvrira de nouveau au grand défilé de ses panoplies victorieuses.

La forme effilée du corps féminin, incarnée par Akan chante la désinvolture de la conscience.

Perdre la gloire, perdre la visibilité se vit sublimée dans une façon anorectique d'être au monde.

Vieillir n'est pas jouer car maigrir est plus fort.

Entretenir à l'anti-mite cette garde robe c'est croire encore au succès possible d'une vie mondaine. 

Toute une vie sporadique endormie dans des linges et ourlets, coutures et doublures,

disponibles au corps anorexique de Akan.

Une chose est restée constante: l'élégance, l'habit anorexique.

 

Deux enfants, elle a deux filles: Ismene et Poppey.

Son Mari, Sol, vit avec elle dans une grande sérénité et entretient cette paix si chère à Akan.

 

Après deux vies de couple totalement ratées, elle se trouve bien avec ce troisième homme,

brillant, secret, fragile

et plus âgé qu'elle, ce qui lui donne le sentiment d'être une petite fille avec lui.

Au niveau financier c'est le vide total: son oeuvre n'intéresse que les gens attirés

par l'anorexie; les Galeries parisiennes et new-yorkaises, lui ont désormais fermée la porte au nez

en faveur de jeunes talents frais à boire et à jeter.

 

Sol amène l'argent du foyer.

Il travaille en temps que cadre dans une charité bien installée.

Leur appartement de 75 m2 se trouve dans un quartier calme de la ville,

une zone populaire sans richesse ni misère.

De toutes leurs histoires ils n'ont gardé que deux fauteuils carrés: Marquises Jacob,

tapissées de soies turquoise aux motifs de Tassinari et Châtel,

et une vingtaine de lampes en Porcelaine 1800, aux Abat-jours Jupons,

richement décorés de Passementeries Declercq.

 

Il est resté toute la substantifique existence de Akan et Sol dans cet appartement modeste.

Les rêves sont restés, la mode, le cinéma, les livres, Bonnard, Schiele, Klimt, Elie Faure, Soutine, Kafka,

Rachmaninov sont restés intensément vivants sans jamais faiblir.

 

Alice Odilon. 1er Août 2010. Copyright AO.

 

 

Akan chooses to be a perfect form divorced from the shadow of reality.

A form denying time, hunger, hate, conventional language, conventional listening.

This form comes by impossibility of returning to the field of the "active" life.

The financial difficulties of being a photographer obliges Akan to succeed in her strategy of anorexia.

Her Herculean work not being recognized by the Art world, she finds her way out

in being a dynamic bodily metaphor of anorexia.

The choice to live an ascetic athletic life, hides the depression to be invisible, unnoticed.

This sort of lifestyle makes her survival possible in a social, physical, sexual invisibility.

" The bodies reflect the social relationships which are unjust and distorted."

Admitting to be an outsider in Art World, (her pure cradle) would deform Akan, kill her.

This human distortion of Akan remains quite simply impossible because it damages the self model,

which is for her the energy of life,

allowing her to face up to deteriorations, blocks of hate, great sorrows.

To morph, is to disintegrate, diying in a terrible crash.

Then to expose this sharpened form of thinness, for every one to see,

maintains the strength, the "akanian" antimatter.

The remainders left by Akan are summarized in an important wardrobe, rich of thousand dresses, size 34.

" A wardrobe to shine in secret".

Akan stores these unused forgotten skins because perhaps one day the success will come back again

with the large procession of its victorious displays.

The slender streamlined shape of the female body, incarnated by Akan sings the hymn of consciousness.

To lose glory, to lose visibility is to live sublimated in a anorectic way to be in the world.

Getting older is not a worth game because being thin is stronger.

To protect with moth-balls this wardrobe means to still expect possible success in fashionable life.

A whole sporadic life deadened in linens and hems, seams and linings, available to Akan's anorexic body.


A thing remained constant: the elegance, "the anorexic dress".

Two children, she has two daughters: Ismene and Poppey.

Her Husband, Sol, lives with her in a great serenity and provides peace, so precious to Akan.

After two completely missed relationships, she is happy with this third shining,

secret, fragile man, who is older than her, who gives her the feeling to be sometimes a little girl with him.

On the financial level there is total vacuum: her work interests only attracted people by anorexia. 

The International Galleries from now on have closed their doors to her in favor of fresh young talents

which would be forgotten in several months.

Sol brings the money.

He works as a senior fundraiser in a well known charity.

Their 75 m2 flat is in a calm district of the city, a popular zone without richness nor misery.

From their past they have kept two square armchairs: Marquises Jacob,

covered with turquoise silks from Tassinari and Châtel,

and a score of Porcelain 1800 lamps, with rare "juponnés" lamp-shades,

richly decorated with Declercq Passementeries.

There remains all the life of Akan and Sol in this modest apartment,

the dreams remain, the fashion, the cinema, the books,

Bonnard, Schiele, Klimt, Elie Faure, Soutine, Kafka, Rachmaninov remain intense without weakening.

 

Alice Odilon. 1/08/2010. Copyright AO. All rights reserved.

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