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Anorexia facebook revolution

Depuis toutes ces années 8o, à Paris, Noir et blanc, où j’ai cultivé mon style biche parisienne aux yeux d’amandes obscures, fine allumette corporelle, et casual style, où je passais pour une avant-gardiste de l’auto-portrait anorexique, écuyère de l’écriture photographique, j’ai attendu le jour où les femmes oseraient parler de leur connection avec l’anorexie, leurs affinités avec cette attitude de dieting, de starvation, leur choix de dire non au corps féminin “entendu” avec ses rôles et ses symboles, avec son statut de potiche et de cruche, et aussi ce rôle de se taire.

“Self-portrait” 2009. “The defiance of Jane”.

Avec Facebook, le moyen de se dire est devenu plus facile, même si l’on reste parfois dans le monologue narcissique.

Les jeunes anas ont rapidement utilisé Facebook  pour  se reconnaître entre elles, faire des amis skinnis, bonny, parler de toute cette honte, cette colère en elle, cette peur d’être banale, cette soif d’être singulière, cette aspiration à être au-dessus des lois biologiques, cette égomania vertigineuse, parlant en fait d’un malaise absolue des nanas d’aujourd’hui dans leur peau de femme.

 

Self-portrait 1982 Alice odilon. Copyrights.

Je vois que pas mal de belles “anas”, nanas du monde entier, fines, racées, voir parfois très belles, sont entrain de connecter sur Facebook, pour dire leur corps éveillé, en quête de moi; en quête de source, en quête de sens, en point sur les “I”.
Oui, c’est un phénomène positif, elles sont nombreuses et intelligentes, aiment le sport, les Arts, la photographie; elles ont plein de questions à vous poser, savoir comment on fait pour vivre en femme heureuse, autonome, mère, amoureuse, légère, belle, scandaleuse et désireuse de passions.

Elles viennent avec leur beauté, leur désir de vivre en beauté.

Elles ne détruisent rien sur leur passage sauf les perspectives punitives de leur statut de femme.

“Le code secret de l’Anorexie”. Self-Portrait 2009. Alice Odilon Copyrights.

Elles veulent une image d’elles, quelque chose de valable, quelque chose de Yang avec du Ying et une fantaisie en plus dans le moteur.

Je les invite toutes à rejoindre Antablog, à écrire ce qu’elles veulent.
Ces anas ont un point communs, celui d’être extrêmes, casse-cou, hyper à fleur de peau, rebelles, déterminées, passionnées, border-line aussi, dangereusement attirée par leur propre perte s’il en faut pour se trouver enfin.

Au lieu de faire taire toutes ces anas obscessionnelles, il serait plus intelligent et plus courageux de les écouter, les considérer, sans les huer, les condamner comme des sorcières.

Ces nanas là ont un cerveau et de l’esprit et aussi ont une envie très forte de vivre.

Ecoutons les anorexiques, respectons les, qu’elles trouvent leur place, que leur travail et leur création les fassent dépasser leur peur d’être mortelle, banale.

De toute façon on ne guérit pas de l’anorexie, on négocie avec. Et l’on en sort en partie,  très construite et battante.

C’est un code qui vous suit toute votre vie et il vous faut l’admettre et comprendre ce qu’il veut vous dire au fond de vous.

 

“Les Hontes”2008. Alice Odilon Copyrights. Série réalisée en hommage aux “missing persons de Vancouver downtown 1995″.

(Je montre cette image car le fait est que nombreuses des victimes de Pickton, étaient des femmes addictives, anorexiques, et rejetaient les principes de notre société machiste.)

 

Les amies anorexiques sur Facebook sont des filles en changement, avec un désir très fort de changer les choses ennuyeuses de la vie.

Elles ne sont pas heureuses d’être anorexiques, mais elles essayent de savoir pourquoi, comment c’est arrivé dans leur corps et leur âme et elles en parlent.

Facebook permet à toutes sortes de gens qui souffrent de se trouver et de partager ces questions dont la société a toujours voulu taire les origines.

Alors ne faisons pas taire les anorexiques, ne les agrafons pas en 4X3 sur des affiches “anti-disorder” servant à augmenter la peur, la haine, le tabou autour de l’anorexie.

Parlons peu mais bien, comme le corps anorexique.

Alice Odilon. 12/10/2011

La Tour Akanienne ou la structure ascensionnelle de la culture chinoise

Il suffit de voir un tableau de Li Yanshan, pour vivre le sentiment de petitesse et le “bon” placement de l’être face à l’Univers qui l’entoure.

L’homme est minuscule, mais il peut rêver, regarder, se taire, s’envoler dans l’air, vers le lointain.

La tour de Akan est une métaphore du bambou de Li Yanshan. Toujours mouvante, fragile et incassable.

Elle représente le corps de Akan et aussi le corps de toutes ses identités multiples incarnées au long de sa vie anorexique ascendante.

Pour grimper il faut s’alléger, s’étherer, se perdre et se reconnaître au sein du vide.

 

 ”La Tour Akanienne. HK 2011.”  Copyrights Alice Odilon.”

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

{Bamboo was the lifelong love of Li Yanshan. He approached bamboo painting in light of the history of the genre and with reference to available masterpieces. His repertoire covered not only ink bamboo paintings but also outlined ones in colour. The picture shows his “Bamboo and Rocks”.}

 

Ainsi je crois que l’anorexie est une éthique du vide, ou du “moins possible” dans un monde mouvant.

Le fait d’être léger permet de réaliser des mouvements faciles et libres du corps et de l’esprit, la diète permet la jouissance des gôuts quand on fait dînette d’un repas d’oiseau, sain et vivifiant.

La couleur et l’écriture s’intègrent dans la vie d’un être fin inscrit dans la notion égalitaire espace-temps.

L’être étant si petit trouve son sens dans le déroulement du temps dans l’espace, joignant l’écriture et l’action.

Il n’y a jamais de plein, jamais de trou noir.

Toujours la vie est en mouvement ascensionnel.

La figure anorexique trouve son sens dans la culture Chinoise.

La figure anorexique est un mot, un simple trait, son contenu et sa forme ne font qu’un.

Cette figure là est un paradoxe,  figure pleine de vide et forte d’être vitalisée par le blanc de la page et non la mort.

Cette métaphore de l’anorexie, est une calligraphie (l’action) et une peinture (le corps mortel).

La figure anorexique est unité du vide et de l’écriture. “Elle abandonne le vouloir social, pour affermir ses os”.

La source anorexique utilise les paradoxes:

- La faiblesse est plus forte que la force.

- La modération, la sobriété, la maigreur, voir la sévérité d’un régime alimentaire génère le maximum d’énergie.

- Elle unit signifiant de la trace du corps et l’aura de la personne.

 

“Google Images”

 

On mange avec des baguettes, on retient son souffle, on prend le temps d’être humain.

Alice Odilon. 28/09/2011. Copyrights. Tous droits réservés.

 

Lisez Mon Livre: Hirondelle@anorexique.com

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Portrait of missing person thinking she’s not missing

In her book “The Missing person guide to love”, Susanna Jones described with talent, the soul of a missing person. Astonishing.

“Portrait of Cynthia Feliks, the One rejecting rescue”. Alice Odilon. Copyrights. 2009

 

Portrait of Patricia Johnson: Missing person from Vancouver Downtown. Alice Odilon. Copyrights 2009.

 

Susanna Jones excels to describe the loneliness of a runaway person.

Alice Odilon. 8/08/2011

L’hirondelle volée

Il doit être 1 heure de l’après-midi, et une chaleur encombrante monte dans la rue où nos deux personnages entament un long débat.

- Vous marchez trop vite! si vous voulez parler, ralentissez!

Votre rythme délibérément accéléré me fatigue!

S’écrie la jeune fille suivant le pas furtif de Akan déjà quelques mètres devant elle.

- Oh! excusez moi, j’aime tant aller vite, engager la voie, m’élever presque du sol.


“Elle s’élève”.Copyright Alice ODILON 2010


Je ne me rends pas compte, je vais comme l’oiseau.

C’est joli votre tatouage à l’intérieur de votre bras gauche!

C’est étrange; ces hirondelles naturalistes, s’imprègnent en vous comme une plaie bleue marine.

- Vraiment trop long à cicatriser, cela met du temps à se faire oublier.

- Et quel est le sens de ce logo au centre du tatouage?

- Personnel, cela ne vous regarde pas.


- Excusez moi encore de mon indiscrétion.

C’est que j’aime les hirondelles, voyez-vous?

Les martinets m’ont sifflé le secret de la liberté, grâce à leurs cris, leur vol périlleux rasant les murs de l’enceinte ténébreuse contrôlée par ma mère, j’ai pu tenir dans la nuit, alors qu’il faisait encore jour en ces étés superbes.

Les hirondelles m’avertissaient de ce qui métait possible encore de tenter pour m’échapper de l’emprise.

Dans les moments les plus noirs, quand j’étais seule dans mon lit loin du monde, j’entendais leurs cris, et c’était tout.


- Pourquoi me dites vous ces choses? Cela ne me concerne pas et ne me touche pas.

- Peut-être bien. Elles sont tellement importantes pour moi.

Vous savez quand je suis devenue femme, je pensais toujours aux hirondelles.

Un jour, à Paris, rue de la Paix, une lumière blanche a captivé mon regard

dans une vitrine abondante d’un joaillier.

Sur un banc de velours bleu, étincelait une hirondelle en or blanc sertie de diamants.

Je suis entrée et je l’ai achetée sans réfléchir.

Je la voulais autour de mon cou, mais c’était une erreur, une hirondelle ne s’attache pas.

D’ailleurs elle s’est vite envolée, on me l’a volée peu de temps après.


“L’hirondelle s’envole après avoir été volée”. Copyright Alice ODILON 2010.


Je l’avais mise dans un coffret et je ne l’ai plus jamais retrouvée.

je l’ai cherchée longtemps, puis je me suis consolée de l’avoir perdue, car je ne l’avais pas oubliée.


- Ce n’est pas moi qui l’ai volée!

- Bien sûr que non! vous l’avez seulement dessinée et graver dans la chair de votre bras, mais une hirondelle ne se représente pas, un signe s’écrit, l’hirondelle s’écrit dans le ciel, ce n’est pas un dessin, elle

écrit sa vie, elle s’écrie de cette conscience acérée de la vie.

Dessiner une hirondelle sonne comme un non sens. voyez-vous?

- Non je ne vois pas, je veux que vous voyez mon tatouage, que vous me regardiez et que vous me trouviez belle.

Ce tatouage m’est désormais attitré, ces foutus oiseaux indélébiles crèvent dans mon épiderme, je dois faire avec, et vos histoires je m’en fous.

Elles ne peuvent plus bouger maintenant, ni elle, ni vous, vous entendez?

je n’ai rien demandé aux hirondelles si ce n’est qu’elles se taisent à jamais dans ma peau.

Que le ciel devienne ma peau partout, pour elle, pour cette mère que je déteste!

Que ma chair avale les hirondelles et ma mère!

Et maintenant poussez-vous, partez! que je vous oublie aussi fort que le coeur!


- Alors, Adieu, répondit Akan, mystérieuse et libre.

Alice ODILON. Copyright 3/7/2010

It must be 1:00 pm , and a cumbersome heat goes up in the street where our two characters start a long debate.

- You walk too quickly! if you want to speak, slow down!

Your deliberately accelerated rhythm tires me!

Exclaims the young girl according to the furtive step of Akan already a few meters in front of her.

- Oh! excuse me, I like so much to go quickly, engage the way, take of almost.

- I do not realize, I go my way like a bird.

That’ a nice tattoo you’ve got on the inside of your left arm!

That’s  strange; these naturalist  swallows, impregnate your skin like a marine blue wound.

- Really too long to heal, it takes to much time to made me forget it.

- And what does mean this logo in the center of the tattoo?

- Private. It’s not your business.

- Again Please accept my apologises for my indiscretion.

That’s because I love  swallows,  you see?

The swifts whistled to me the secrecy of freedom.

Thanks to their cries, thanks to their perilous flight shaving the walls, – the dark enclosure of my mother – I could stay in the dark, during these nights of Summer.

The swallows informed me what was still possible to try for me to escape from the morbid hold of my mother.

In the blackest moments, when I was obliged to go to bed far from the world, I heard their cries, and that was it.

- Why are you letting me know all these things?

That does not relate to me and does not touch me.

- Perhaps well. They are so important for me.

You know when I became woman, I always thought of the swallows.

One day, in Paris, Rue de la paix, a white light captivated my glance in an abundant window of a jeweller.

On a blue velvet bench, was glittering a swallow in white gold crimped of diamonds.

I entered and I bought it without any doubt.

I wanted it around my neck; but it was an error, a swallow cannot live captive.

Although it was quickly flown away: it was stolen next year after.

I had put it in a box and  l never found it again.

I had sought it for a long time, then I comforted myself with the dead thought I had lost it.

But I have never forgotten it.

- I didn’t stole it!

- Of course not! You only drew and engrave it in the flesh of your arm,

but a swallow cannot be drawn, a sign writes itself, a swallow  writes itself in the sky, this is not a drawing, it writes its own life, with its sharp-edged conscience of life.

To draw a swallow sounds like no sense. Do you understand?

- No I don’t see what you mean, the only thing I want is that you would admire my tattoo, that you look at me and that you find me amazing.

This tattoo is me, these bloody indelible birds die in my skin, I must deal with them by now.

They cannot move any more now, neither them, nor you, you listen?

I only asked  the swallows they would keep silent forever in my skin.

Let the sky become my skin everywhere, Let my flesh swallow the swallows and my mother!

And now get away, leave!

I want forget you!

- Then, Good-bye, answered Akan, mysterious and free.

Epluchures


“Les petites robes en pierre”. Copyright Alice ODILON 1978.

En 50 ans, les épluchures se jètent dans les poubelles; d’abord en petits tâs dispersés, éloignés les uns des autres, puis devenus des monceaux de restes, des montagnes de peaux impossibles.

Des périodes de crise engendrent des collections effreinées dans la vie de Akan: des hommes, des chaussures, des robes, des manteaux, des vestes, des montres, des rendez-vous manqués, des négatifs perdus, des appareils photos aussitôt revendus, des chiens adoptés sitôt abandonnés, des attentes par millier, jamais exaucées.

“Les vêtements noirs”. 1977. Copyright Alice ODILON

Akan vieillit de plus en plus et jète de plus en plus de choses.

Il s’en est fallu de peu.

Akan est avant la mort, mais certainement jamais cette image de gloire dont elle rêve toute sa vie.

Tout ce temps passe si longuement, il n’en reste rien que deux enfants, rien d’autre.

Dans le passé, la foi en  sa diversion creuse  des tranchées glissantes dans sa vie hésitante.

Et là maintenant il faut admettre, que ces années de réflexion, de réclusion, de différenciation n’aboutissent à rien.

Le principe d’épluchure semble finalement déterminer sa vie.

Accumuler les pertes, perdre les histoires, en tas de copeaux de peaux.

Différentes villes, différents noms de rue, différentes adresses, et toujours la même quête: qu’il ne reste rien que du commencement souvent déjà fini.

Akan est ce qui ne sera pas………/………

(à suivre…)

24/04/2010

Copyright Alice ODILON

“La Housse aux oiseaux”. 1977. Copyright Alice ODILON


Peelings


In 50 years peelings will throw themselves in some dustbins; initially episodically then accelerating exponentially as time passes.

It goes without saying that periods of crisis brought about a frenzy of collecting in the life of Akan:

men, shoes, dresses, coats, jackets, watches, missed meetings, lost negatives, cameras immediately sold, adopted dogs abandoned instantly, thousands of expectations never realized.

It is a close run thing.

She could be the woman which she had been sure that she was, would be, before her death and even after in unread books.

All this time went so slowly and there only remain two children, nothing else.

In the past the basis of her diversion had gouged deep and wide in her faltering self.

And now she has to accept everything, that these years of reflection, no rescued life of difference, only produce wrinkles, an intelligent tiredness and reconciliation of a fifty year old woman.

Her daughters are gone now since a long time.

What’s left is the delicious memory of their beautiful faces and their bird-like chatter.

The principle of peelings seems finally to have determined her life.

Accumulating losses, losing out on everything, – a pile of pieces of peelings.-

Different towns, different street names, different addresses, and always the same quest:

that there only remains a new start that is often already ended.

Akan is what she won’t be…….

Alice Odilon Copyright 2010.

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