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Haunting Anorexic Thoughts

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X, figure du renoncement anorexique

x

 




La joue le signifiant et le signifié superposés, confondus, fusionnés.

Absence totale de symbolisation dans l’échafaudage psychique de l’enfant anorexique.

La jeune anorexique incarne le mal qu’elle rejète.

Elle doit le montrer pour l’exorciser.

Elle manque l’étape de la parole élaborée, détachée du corps.

Elle se joue maux (mot), maudite, (mots dits), barrant par sa forme en X, l’approche de sa mère empoisonnante.

- Quelques rappels sur la Psychanalyse et la naissance du sujet: {“Un objet transitionnel est un objet utilisé par un enfant entre 4 et 12 mois, pour représenter une présence rassurante (de la mère).

Avant la période transitionnelle, l’enfant est dans l’illusion : lorsque tout se passe bien, ses cris (déclanchés par exemple par la faim) entraînent une réponse à ses besoins sous la forme

d’un sein (accessoirement un biberon) qu’il fantasme comme étant une partie de lui et qui semble apparaître magiquement.

La mère, normalement dans un état de “préoccupation maternelle primaire”, permet au bébé d’avoir cette illusion d’omnipotence.

Ultérieurement la mère suffisamment bonne sera celle qui introduit progressivement la frustration.

Ainsi va apparaître l’objet transitionnel* permettant à l’enfant de fixer son chagrin lorsque sa mère part.

(Alternance des absences et des présences de la mère ainsi que leur imprévisibilité de manifestation.

*: Terme employé surtout en psychanalyse.}

en.wikipedia.org/wiki/Donald_Winnicott


Il désigne un objet qui est donné à un moment nommé (à un certain moment) par la mère.

Grâce à cet objet, la mère, même absente, est encore symboliquement présente pour l’enfant.

Cet objet est le prolongement de la mère, et l’enfant l’investit comme tel.

Par la suite (nous suivons toujours Winnicot), lorsqu’un objet transitionnel est investi, ce n’est pas l’objet qui est transitionnel, l’objet ne fait que représenter la transition du petit enfant qui passe de l’état d’union avec sa mère à l’état où il est en relation avec elle en tempsque séparé.

Et Winnicot insiste sur ceci :

{“Autant la mère doit avoir pu illusionner son enfant sur sa capacité à créer le sein qui le satisfait, autant elle doit s’employer à le désillusionner, en ne s’adaptant qu’incomplètement aux besoins de l’enfant”.

On peut donc se demander pourquoi l’illusion en tant que telle devient pour lui la fonction majeure de l’objet transitionnel, alors que précisément la présence de cet objet signalerait

plutôt les tentatives que fait l’enfant pour sortir de l’aire d’”illusion d’union” à la “séparation.”}

L’objet transitionnel un sujet en transition (car c’est bien le sujet qui est en transition), un sujet s’ouvrant à la symbolisation.

Il n’est donc pas rare que l’objet transitionnel soit nommé d’un signifiant où s’infiltre le prénom ou le petit nom par lequel l’enfant est lui-même interpellé : Totin, pour Coquin par exemple.”

Le fétiche par contre un rôle morbide et sadique, il représente la mère sans désir.}

wiki/F%C3%A9tichisme_sexuel


Cet objet fétiche est le fantôme de la relation Mère/Enfant Anorexique.

(“The Imaginary Phallus”)


{In the distinction between penis and phallus, the latter refers to an imaginary object.

The imaginary phallus is perceived by the child as an object of the mother’s desire, as that which she desire ahead of the child, thus the child seeks to identify with this object.

The Oedipus and the castration complex imply the renunciation of the attempt to be the imaginery phallus.}


Je pense que dans l’anorexie, l’enfant n’a pas eu accès au symbolique.

Il n’a pas été nommé, il n’a pas de place respectée, il est honteux, secret, inavouable; il est l’enfant Anorexique en personne.

L’enfant n’a pas pu se représenter l’autre (la mère) en son absence car elle n’était jamais là ou jamais “présence aimante” quand elle était là.

Aucun bon souvenir, aucune chaleur, aucune différence entre le vide de sa présence et celui de sa présence dégôutée, indifférente.

Pourquoi se souvenir de ce vide?

Ce vide est-il la source de vie de l’anorexique?

 

 

Un vide sans mots, sans signes de vie, rien que du jeté mort, du terriblement vidé.

 

 

Aucun accès au répit de consolation.

 

La confrontation au trauma est inéluctable.

L’enfant crée son symptôme comme parade à cette souffrance.

 

en.wikipedia.org/wiki/Sinthome

 

{“The symptom does not call for interpretation: in itself it is not a call to the Other but a pure jouissance addressed to no one.” (LACAN).}

- Le symptôme devient son doudou.

“Le  symptôme est vérité”. Lacan

“Le symptôme est langage dont la parole doit être délivrée.” Lacan.

 

“Le symptôme est le retour du refoulé dans le compromis.” Lacan.

 

 

“Le symptôme a une structure signifiante”. Lacan.

 

“Le symptôme est symbolique. Lacan.

www.answers.com/topic/symptom-sinthome

 

{“Since meaning (sens) is already figured within the knot, at the intersection of the Symbolic and the Imaginary, it follows that the function of the sinthome knotting together the Real, the Imaginary and the Symbolic – is beyond meaning.”}(LACAN).

 

Sans son symptôme, l’enfant devient fou à lier.

Il est le nécessaire bouclier contre la mère néantisante.

Dans l’anorexie, je pense que le sujet se confond avec le fétiche (objet transitionnel tronqué, bugué).

Le sujet devient le fétiche, c’est à dire qu’il représente par lui-même l’absence de la mère.

Il devient l’Être rayé X rayant l’Autre.

Plus tard l’adolescente jeune adulte n’aura pas accès à la triangulation oedipienne.

{Le recours au fétiche traduit un clivage du Moi au niveau psychique, lui barrant l’arrêt à la bisexualité.}

Ainsi dans la genèse de l’anorexie, l’enfant n’a pas eu affaire avec un tiers structurant.

L’objet transitionnel a été jeté à la poubelle par la mère.

Dans le cas de l’anorexie, il fut détruit par la mère en dehors de la vue de l’enfant.

Ce qui empêche l’enfant d’avoir recours à une illusion de consolation; pire il n’aura en héritage que le cauchemar d’imaginer son nounours dans la poubelle, perdu à jamais.

L’enfant se confondra à ce vide consistant imparable, et s’en rendra à lui, comme victime de la Tentation de St Antoine.



 

 

Cette identification passive sera la seule pantomine autorisée par la mère, en simulacre d’acceptation, de soumission, d’annulation du sujet anorexique.

L’enfant cachectique vomit sa mère dès qu’elle s’en va.

Il fait semblant d’aimer sa mère en acceptant tout, en incorporant cette masse hideuse du dégôut de la mère.

Tout compte fait, l’enfant introduit une notion de stabilité et de permanence face à l’absence blessante de la mère, qui revient quand on ne l’attend plus, ou qui surgit alors que l’on en a pas besoin.

L’enfant désormais est devenu rayant rayé.

L’enfant renonce à sa mère, à sa présence rêvée et à son absence redoutée.

Et finalement l’enfant confond le sentiment de sécurité quand elle est présente avec le sentiment de sécurité (répit avoué) quand elle s’absente; car elle n’est pas cette mère si douce et bonne qu’il fantasmait.

Au contraire, celle-ci se révèle mortifère par son indifférence masquée sous des “devoirs ”de mère.

Il advient que cette mère est néfaste au développement psychique de l’enfant incapable de trouver sa place d’objet aimé.

 

L’enfant barre sa douleur par le symptôme de renoncement.

 

 

Le sujet n’existe que dans “son monde” et la schize.

fr.wikipedia.org/wiki/Malaise_dans_la_civilisation

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Anorexie métaphore de Peau d’âme

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Fairy Godmother, Marraine  de la Princesse refusant d’épouser son Père, le Roi, conseille à celle-ci de revêtir la peau de l’Âne pour se déguiser et se cacher dans la forêt, abritée dans une ferme misérable.

{La fée marraine de l’enfant, va dissiper tout malentendu en apprenant à la princesse à ne plus confondre les amours : on aime ses parents mais on ne les épouse pas !

{La salissure ressentie par l’enfant est ici matérialisée par la peau d’âne, répugnant qu’elle choisit de porter et qui lui vaut son surnom – on ne connaît pas à cet égard son véritable prénom.

Par la suite, elle devient souillon et s’engage dans une ferme.} Wikipédia.

Comme dans , l’identité de la princesse sera révélée par une séance d’essayage : celle d’une bague, convenant au doigt le plus fin (pantoufle de verre au pied le plus fin dans Cendrillon), signe de jeunesse, de beauté et de pureté.




Peau d’Âne. Image issue du film de Jacques DEMY.

 

Grâce à cette sale peau,  la Princesse évite la mort symbolique de l’Inceste.

Cette peau est le “disembodiment”, “the lack of the body”, “the bodily ”.

Cette peau empêche de penser et de sentir “à la première personne”.

 

Grâce à la peau morte du , l’anorexique évite la mort de l’indifférenciation fusionnelle avec la Mère, avec le groupe familial enlisé dans la psychose de l’inommé, de l’interdit, de la honte.

Cette peau d’âme est “the disembodied soul”, ou plus clairement le self-model rayant  l’accès au corps vécu et vivant.

l’origine la princesse anorexique était “une” avec ses émotions, ses actions, son language, son cerveau, son corps.

Elle ne s’était même  pas posé la question de sa division et de sa mort symbolique dans la scission du self et du corps.

Mais un jour est venu, où la petite princesse a vu son corps allié intime (le Corps est le premier lieu des expériences de la vie, et donc des émotions), être emparé, paré, figé, aligné  par le groupe social.

Elle a faillit en perdre son âme, tant l’emprise serrait fort.

Elle s’est donc contrainte à se déguiser d’une peau terrible issue de la mort, d’un non-retour, la seule que la communauté a concédée à lui accorder.

Cette peau est la peau de la victime, du , c’est une peau qui imite la Mort.

C’est la peau morte de l’Innocent bienfaiteur qui donnait tout en recevant rien, sacrifié pour sa valeur inestimable.

“Méfie-toi, car c’est ce que tu as de meilleur”.

Ainsi la Princesse peut échapper symboliquement au groupe hégémonique du même.

C’est cet objet transitionel issu d’un sacrifice accordé en guise de compensation envers l’anorexique, qui sauvera la vraie peau de celle-ci.

Cette “peau de chagrin” joue le rôle de pare-feu entre l’anorexique et la loi hégémonique du même exercé par le clan des pairs.

L’anorexique se rend souillon, abîmée, déguisée sous cette peau mâcabre.

 

Revêtir cette peau contraint la Princesse à taire son âme rebelle et étouffer son vrai corps sali dont elle a honte.

La Peau d’Âme enveloppe la princesse anorexique dans sa citadelle masquée.

C’est l’anorexie qui se joue alors avec un corps émacié, réduit à la membrane, un esprit vivant qui se tait désormais pour ne plus dire que des choses raisonnées et non plus ressenties.

(Logorrhée à défaut de ménorrhée).

La anorexique devient cet X limité, limitant du corps et de l’âme.

Ce qui reste de la Princesse est désormais couvert par la Peau d’anorexie-âme-âne.

C’est une peau d’écriture mais une peau qui interdit le contact direct avec les sens.

L’anorexique est alors au coeur de sa maladie extrême et le danger de mort est réel.

 

 

Deux issues sont possibles: Soit la Princesse anorexique, ou l’anorexique princesse, parvient à se faire dispenser de la loi du même,

puis décide d’enlever sa dépouille pour vivre dans sa vraie peau, sa peau “propre”, et là, elle retrouve les deux parts d’elle même, son âme et son corps réunis dans une certaine harmonie élaborée grâce à un travail de thérapie analytique et un travail de vécu personnel de la connaissance et des sentiments.

Soit elle devient Peau d’Âne et meurt dans cette peau de Mort.

 

. Juillet  2009.

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Les enjeux du signifiant/signifié

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Posons la question de ce couple et de ce qu’ils font ensemble.

Le signifié est élu de manière arbitraire, entendue des membres de la communauté.

Le signifiant, lui,  est plus glauque car il peut revêtir d’autres signifiés.

On pourrait le comparer à un .

Le signifié serait le corps.

Si je replonge dans l’histoire de l’anorexique, je peux apprécier les écarts de language effectués par celle-ci.

Elle s’attaque directement au corps comme valeur étalon, normé, mesuré, médiatisé, marchandé.



“Back Bones” “Bones coat” copyright 2000

 

Ce qu’elle fait du corps est si tabou que l’anorexique est toujours, au fond, haïe par la société.

Du corps, elle ne fait rien, tentant de le faire taire, de l’étouffer, de le tenir sous contrôle afin qu’il ne demande plus rien.

Impossible tâche, car le corps revient toujours par n’importe quelle minuscule entrée du language.

Finalement le corps est mué en spectre minéral  de façon desespérée, avec instance de se déconnecter

des sensations trop fortes de déception et de trop forte douleur.

L’anorexique dont le corps est en jachère survit au chagrin de ne pas être aimée réellement par sa mère.

L’anorexique se police elle-même par soumission au non-désir de la mère mortifère.

Elle se transforme en silhouette de carton plâtre, bouchant  l’apparition de son ancien corps avide d’amour.

 

 

L’anorexique dit: “OK, vous ne me  donnez pas d’amour, vous jugez cela indécent, répugnant,

ou vous n’y avez même pas pensé. l’origine je vous demandais tant d’amour, je rêvais de votre amour.

Tous mes appels n’étaient que bavures immondes à vos yeux.

Je réajuste mon être afin qu’il corresponde à ce que vous avez toujours attendu de moi,

c’est à dire pas grand chose, peut-être rien,…… la mort, ou le châtiment incarné: mettre la peau du .

De cette façon là il me reste peut-être une petite chance d’exister dans vos yeux, ou si non, et bien

vous ne vous apercevrez même pas de ma présence et je pourrais vivre dans un petit coin

à l’abri de vos humeurs.”

Pour en revenir au vêtement symbole du symptôme, de la double peau, la peau d’âne:

j’ai toujours aimé photographier des vêtements pendus  dans une pièce, contre un mur, à un fil

dans un espace vert ou dans un espace vide.

 

“The Dress on the window”. Copyright Alice ODILON 2008.

 

L’image d’un manteau suspendu à un ceintre symbolise l’empreinte du corps.

Le corps qui en réfère est absent et appartient au souvenir.

Le vêtement devient sacré.

Le sacré tue le corps.

J’ai toujours pensé que le vêtement était un corps et qu’il vivait de façon autonome du corps sensé être son signifié.

je réalise en tant qu’anorexique que le vêtement a toujours joué un rôle égal voir supérieur à mon corps.

Le signifant vêtement est devenu plus fort que le corps valeur de corps.

Dans cette petite entreprise de sape, je crois que cet écart symbolise le schéma de la psychose anorexie.

Le corps devient un porte-manteau, le corps roi n’est plus (en apparence).

Si l’on imaginait un streap tease d’une anorexique, je crois qu’elle vous donnerait en spectacle un effeuillage bien plus radical, à savoir que le corps est aussi à déshabiller quand il est nu.

Pour une anorexique le signifiant devient un signifié nouveau chassant le signifié d’origine reconnu par tous.

Elle nie les valeurs de corps, de mesure, de dosage, d’évaluation par la substitution d’autres valeurs étalon.

Ainsi, pour une anorexique,  faire en sorte de rentrer dan un jean size 2 sonne juste, alors que choisir une taille de jean en fonction du gabarit de son corps devient une hérésie une trahison de son propre self.

Le corps doit s’enfiler, se soumettre aux formes et espaces qui lui sont accordés dans les patrons de toile.

L’enveloppe signifiante devient le vêtement dans laquelle le corps devient un barbapapa asservi à la forme.

Ces valeurs nous les retrouvons dans le système de la mode, et aussi dans notre société où l’individu (signifié) se soumet aux moules des classes d’appartenances.

Ne peut-on pas dire alors que la société incite aux déviances, psychoses et mal être??

L’anorexique  a perdu les repères de son corps.

Elle perd le sens des valeurs qui l’ont animée aux temps heureux.

Maintenant elle est perdue, se conservant présente en apparence, par un self contrôle radical dans lequel le corps est prothétisé par le vêtement.

Toute cette mise en scène symbolise le terrible effondrement des valeurs de l’individu “anorexié”.

Elle dit: “je ne peux pas vivre de  la façon dont vous me le demandez”.

“Je dois m’empêcher de vous décevoir en me maintenant dans un carcan garant de mon silence et de ma bonne tenue.”

Quand une femme ne gère plus sa place dans la société, elle s’attaque à son propre corps, pour le faire taire et mettre un écran à sa douleur.

Quand une fille en Afghanistan atteind la puberté, on l’affuble de la burka, étouffant toute l’arborescence de désirs, de dons, d’échanges dont elle est porteuse.


L’anorexie c’est une forme de Burka.

Photo trouvée sur le net, illustrant la Burka.  (Le demeure.)


 

green Coat”. Copyright Alice Odilon 2008. Tous droits réservés. No Clone is free.

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Ce que cherche Akan

La figure anorexique copy



Pour savoir comment arrive à la ville Exil, regardez les battements de son corps, son allure saccadée.

Affaiblie, elle retrouve l’élan anorexique de sa vie, tout son impossible combat pour atteindre la .

Marcher pour elle, c’est se délivrer du corps, s’oublier dans les pas, les ondulations du bassin, les notes brèves des petits talons frôlant le trottoir.

Avancer lui donne l’illusion d’exister pour un peu.


 

 

“L’apparence d’une Figure A.” copyright 2010


Il semble évident que pour rencontrer la Figure A, cette terrible vérité,

Akan doit aller vers quelque chose, s’élancer vers autre chose.

Des parcours pour atteindre la ville, Akan en a fait des milliers, attendant le pire à chaque tournant de rue, la fulgurance d’une silhouette A, ou l’ennui assommant de ne rencontrer que la neutralité des gens invisibles.

Akan porte une de fille de 14 ans parfaitement ajustée.

Taille 34, c’est la taille, jamais plus.

Il faudrait un échange entre Akan et quelqu’un, de bien ou de second plan, mais un contact serait la première chose indispensable pour briser la glace de ce couloir de

.


 

 

“Akan dans le couloir vers la ville.” Copyright Alice ODILON 2010.



Soudain Akan ressent la présence d’une femme à ses côtés, une personne d’un certain âge, maigre aux bras veinés, et tortueuse comme la vigne noire des vieux coteaux.

- Bonjour, dit la femme, vous semblez hésiter à continuer sur cette rue, mais vous êtes sur la bonne, si je le devine, c’est bien la direction du Centre;

là où la foule se multiplie.

- C’est que je ne suis pas sûre de vouloir me perdre au milieu de ces gens.

Je cherche quelqu’un, je ne suis pas vraiment sûre de la trouver là-bas.

- Ah oui, non mais cela dépend du genre de personne que vous recherchez, ma Demoiselle.

- C’est une femme, je ne sais pas son âge, elle est très fière et s’est enfuie, je ne sais pas si elle est douce, encore moins son nom.

Je l’appèle “A-Figure” pour être plus simple, et rapporter les éléments qui la concernent, bien que j’en ai très peu réunis jusqu’à aujourd’hui.

Cela dure déjà depuis une trentaine d’année, cette recherche; j’ai écrit dans de nombreux établissements spécialisés, j’ai passé des annonces dans des journaux parisiens, mais je n’ai fait que perdre pratiquement mon temps et ma force.

- 30 ans? mais vous n’en avez que 20 et des poussières, comment pouvez-vous espérer que je vous crois?

- C’est pourtant ce que je pense avoir fait: chercher pendant des années cette Figure impossible, disposant de la lame; la forme annulant l’âge des humains, leurs plans, leurs calculs et leur idée du sexe et du bonheur.

- Cette créature là, vous la trouverez, mais pas tout de suite, ou peut-être dans quelques jours.

Je devine un peu qui elle est; le problème c’est que les gens en parlent sans savoir, la disent terriblement dangereuse, et intouchable.

“Il faut la craindre.” disent-ils ne pas penser qu’elle est viable, sa minceur est impossible, ses bras sont si fins, comment le sang pourrait-il y circuler? et la chair, les muscles et toutes ces choses que l’on attend de la chair?

Ce qui est convenu d’attendre et de prendre de cette personne.

Non, définitivement, les gens ne vous en diront rien, ou alors vous lanceront des airs de dégôut, de peur.

La vie pour eux ce sont les besoins d’abord avant toute initiation au goût de vivre.

- Je crois entrevoir votre point de vue, Madame, cependant je suis déterminée à lui parler et la photographier.

C’est très important pour moi, vous comprenez, c’est ma raison d’être ici, je ne vois pas d’autre raison, le reste m’échappe, il n’y a rien, rien d’autre.

J’en suis d’ailleurs bien confuse, car j’aurais pensé que la vie m’aurait donnée de nombreuses hypothèses à élucider.

Mais en fait ce que je cherche bêtement c’est de voir l’Icône A-Figure, cette forme vivante du compromis Corporel.

Le , la Modèle-Théorie, celle par qui je trouverai le bon miroir.

- Dans cette quête là, ma petite, il vous faudra observer, et vous taire.

Les mots ne viendront qu’après, il faudra vous taire, presque toujours.

Et la femme sèche au corps grisé d’alcool, et de sang noir, traversa la rue et lui dit au revoir du .

Un regard turquoise et vert, comme le verre des bouteilles de vin.


Alice ODILON. 26th of june 2010.


To know how Akan arrives in the “Banishment City”, look at her heavy breathing,

her jerky gait.

Weakened, she gets the anorexic impulse of her life, all of her impossible struggle

to attain the A-Figure.

For her, walking is to get rid of her body, to forget herself in the rhythm of her steps,

the movement of her hips, the click-clack  of her little heels brushing the sidewalk.

To advance gives her the illusion of existing for a short while.


It seems obvious that to meet the A-Figure, this terrible truth,

Akan needs to move towards some goal,

to throw herself towards something else.

Akan has taken thousands of different routes to reach the town,

anticipating the worst at every corner, to see a fleeting glimpse of a A-silhouette,

or to be incredibly bored by only meeting the neutrality of invisible people.

Akan is wearing a size 6 dress perfectly adjusted. Size 34, this is the size,

never more.

She needs to have a contact with someone, whatever their circumstances,

but a contact is the first essential step to breaking the ice of this long solitary

corridor of loneliness.

Suddenly the young girl feels the presence of a woman beside her, an older person,

thin with the veins of her arms showing twisted like an old vine on the slopes.

- Good morning, says the woman, you appear to be hesitating about continuing

on this road, but it is the right direction, yes I guessed, it’s the way to

the Shopping Centre; where there are crowds.

- It’s just that I’m not sure that I want to get lost in all those people.

I’m looking for someone and I’m not really certain that I’ll find her there.

- Ah yes, but then that depends upon the person you’re looking for.

- It’s a woman, I don’t know her age, she’s proud and absent, she has rejected

rescue and she’s runaway.

I don’t know if she is friendly or not, I don’t even know her name.

I simply call her “A-Figure”, and add certain facts concerning her,

although I haven’t got that many so far. This search has been going on for

around 30 years; I’ve written to numerous specialist establishments,

I’ve advertised in Parisian newspapers, but I have only wasted my time and my energy.

- 30 years old? You look barely older than 20, how can you expect me or

even hope that I’ll believe you?

- Nevertheless it’s what I believe I’ve done: spent years looking

for this impossible Figure, with an internal strength, a shape cancelling out

human age, plans, calculations and also their idea of sex and happiness.

- This creature that you describe you’ll find her, not immediately,

but perhaps in several days.

I can imagine her but the problem is that people talk of her in their

ignorance as though she is terribly dangerous and untouchable.

“You must be afraid of her” they say, thinking that she’s condemned

being so thin, her arms being like match-sticks, how can her blood circulate?

And her flesh, muscles and everything else that one expects of flesh?

No, really, people won’t tell you anything or will look at you with

disgust or fear.

Life for them is their bodily need before any initiation into the pleasures of living.

- I think I see your point of view, Madame, however I am determined to talk

to her and photograph her. It’s very important for me, you understand,

it’s my reason for being here, I don’t see any other reason, all the rest escapes me,

there is nothing, nothing else.

In any event I am totally confused as I would have thought that life would

have given me other ideas to elucidate.

However in fact all that I want to do is see this iconic A-Figure,

this form living in a bodily compromise.

The Self-Model, the Theoretical-Model through which I’ll find the right reflection.

- To realise your quest, my dear, you will have to observe and keep your silence.

The words will come afterwards, you need to be nearly always silent.

On that the dry little woman, with her drunk body and dark blood,

crossed the road and by a glance said good bye. A turquoise and green glance,

like the glass of wine bottles.

Alice ODILON. Copyright 29/6/2010

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