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If Akan becomes “object a”, she will die

Akan a buté sur une citation de Jacques Lacan, issue du Séminaire X: “L’amour consiste à offrir quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas.”

Maintenant elle s’interroge : “ai-je connu cette échange unique avec quelqu’un?”

Oui, elle l’a connu quelques secondes, dans un village de France, perdu dans le sud.

Elle venait de quitter en pleurs son analyste,  elle était désespérée, le néant l’avalait, elle ne comprenait plus sa vie.

Lui, il l’a rattrapée en bas dans la rue, en prétextant aller chercher des cigarettes au tabac, il l’a regardée quelques secondes pour l’atteindre, et elle a sentie si fort ce regard d’amour.

Elle l’a refusé sans savoir, par instinct auto-destructeur, elle s’est refermée sur elle, sur rien.

Elle savait qu’il ne pouvait pas lui donner ce qu’il donnait déjà à quelqu’un d’autre, elle le savait, elle ne pouvait que refuser de connaître cette couleur amère amoureux.

Il eût été question de passion en place de l’amour.

Et cela lui semblait trop enivrant.

(Sur cette photo c’est autre chose: Akan les a photographiés à Lisbonne/airport, lui il ne l’aimait plus, et elle demandait son amour.

Elle lui donnait tout sauf ce qu’il attendait, et lui ne voulait pas de cette demande là.)

Alors la maigre Akan se penche sur son enfance et cherche des traces d’ amour.


Akan a été la fille de Andrée , la mère affamante.

{Quand l’Autre rabat l’amour au niveau du besoin, dit Lacan, il est étouffant.}

{Quand l’Autre « confond ses soins avec le don de son amour », quand l’Autre, à la place de donner ce qu’il n’a pas – ce qui est la définition de l’amour –} ne donne que la nourriture inerte.

Quand l’Autre, donc, à la place de donner ce qu’il n’a pas «  gave Akan de la bouillie étouffante », alors Akan a refusé de satisfaire à la demande de Andrée : « Akan gavée de bouillie-leurre d’amour,  a refusé la nourriture et a joué de son refus comme d’un désir de rien, d’un rien fécond, avec une charge potentielle positive.

Elle arrache son propre coeur de son corps, pour mieux voir et vivre.

“Oculaire Cardiaque”. Copyright Alice Odilon 2009.


Akan utilise son anorexie comme son signe identificatoire,  vouant un culte au rien sacré.

Akan ne se représente pas, elle ne vit pas dans son corps, simplement dans ses yeux.

S’il fallait qu’un miroir la réfléchisse il montrerait une forme filiforme placardée d’un manteau plat sans profondeur ni intérieur.

L’image d’Akan dans le miroir est une housse en plastique,  pas grand chose d’elle-même puisque tous les vêtements vitaux sont enfermés et rendus  invisibles par le contenant à fermeture éclair.

Akan sert de  porte-manteau en os, la seule structure capable de tenir tête au mauvais oeil de la mère méduse.

L’habit ne fait pas Akan.


“Anorexie”. {“Abercombrie and Fitch” picture.}


Le manteau  spéculaire  cache le ceintre maigre et habille la douleur.

Mais Akan se cache dans bien moins encore.

Akan se cache dans son  regard, elle  incarne l’objet regard.

La césure corporelle s’effectue par les yeux.

Le regard est le lieu où Akan “tient son moi et même son corps”. { Françoise Dolto : l’enfant du miroir}.

Çà vit uniquement dans son regard.

Les yeux sont le sanctuaire de vie de Akan. Ils ne se représentent pas, ils voient.

Akan est l’objet regard dont la présence meurtrie.

Son regard tue.

Alice Odilon. 21 septembre 2010.

Akan stumbled over a quotation of Jacques Lacan, in  Seminary X: “ Love consists in giving something that other one doesn’t have to somebody else who does not want it ”.

Now she asks herself: “ did I knew this sort of unique exchange with anybody ?”

Yes, she knew it, once a time,  for some seconds, in a village of France, lost in the south.

She had there just left  her analyst, she was despaired, she didn’t understood her life anymore.

The analyst  caught her in the street below, by using as an excuse going  to buy cigarettes in tobacco, he looked at her to attain her, and she felt so very much this look of love.

She refused it without knowing how to accept what she wanted so much, by auto-destructive instinct, she closed again on her, on nothing.

She knew that he could not give her what he has already given to somebody else, she knew it, she could only refuse to know this pain of loving failure.

It would have been question of live passion instead of love.

And it seemed forbidden for them.

Then thin Akan remembers her childhood and searches traces of  love.

Akan was the daughter of Andrée, the “starvation” mother.

{When Other one pulls down love at the level of the need, says Lacan, he is oppressive}.

{When Other one « merges its care with the donation of its love », when Other one, gives dead food instead to give what he does not have – what is the definition of love– he is an abuser}.

When Other one, therefore, to give what it does not have « force-feeds Akan with the oppressive gruel », then Akan refuses to meet at the request of Andrée: « Akan force-fed with gruel – decoy of love- , refuses the food and plays her refusal as a wish of nothing, a fecund nothing, with a positive potential load.

She tears off her own heart of her body, to see better and live.


“Le temps du coeur”.Copyright Alice Odilon 2009.


Akan has in fact no identity,  only the one to be anorexic, toxicomane of the nothing.

Akan cannot be represented by herself, she doesn’t see her real self, because it’s not shown in the mirror.

If it was possible that a mirror reflects it,  it would show a spindly form posted by a superficial flat topcoat nor an inside.

Akan appears as a ghost in the mirror, she is completely picked up by this specular picture, that means her emptiness, as her weak vital inside stays invisible in the mirror.

Akan is the coat rack in bones, the only structure able of standing up to the bad eye of the killer mother.

The specular coat does not make Akan.

It  hides the thin Akan and dresses pain.

The bodily caesura is made by eyes.

“Le Marquis”. Self-portrait Alice Odilon 1984. All rights reserved.


Look is the place where Akan ” holds her self  and even her body “. {Françoise Dolto: the child of the mirror}.

Life stays only in her look.

Eyes are the shrine of life of Akan.

They’re not visible, but they see.

Akan is the object “look” of which  presence hurts.

Her eyes kill.

Alice Odilon.

September 21st, 2010.



La figure de style anorexique

 

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"Julie". copyright Alice ODILON 1999.

 

Parce que le Moi ne peut-être qu’une image ritualisée dans le regard de l’Autre,

il ne peut se soutenir que par l’Autre et sa reconnaissance.

Quand l’anorexique advient à son nouveau corps, elle provoque dans le regard de l’Autre

une image signe radicalement différente du passé :

- une figure nouvelle, ajustée, énigmatique et "sauvage".

 

Cette figure nouvelle résiduelle du regard de l’Autre remplace tous les discours

de négociations possibles entre le réel et l’imaginaire.

 

Cette figure spéculaire naît de l’imaginaire de l’anorexique; elle vient de la place sans reflet du regard de l’Autre.

Cette place critique fut le point de naissance où le sujet anorexique a tenté de s’émettre.

Cette image sert de rideau pour cacher le vide envahissant dont l’anorexique a dû se parer.

La mère anorexigène mortifère en a décidé ainsi du sort de sa fille: Une vie sans Moi.

 

 

 

 

Le sujet anorexique est contraint de se vêtir du masque de la spéculaire pour parvenir à "compter" parmi les autres.

Piètre béquille providentielle et assassine.

La réalité du manque d’amour dont l’anorexique est victime, finit toujours par triompher.

Les béquilles se cassent, les rideaux finissent par se déchirer.

 

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"Mother of Pearls". Copyright Alice ODILON 2007.

 

Le temps vient à bout de toutes les résistances?

Mais, selon mon expérience personnelle de toutes ces choses là,

je peux dire que l’on s’en sort toujours, vivante ou morte.

 

Infinite Anorexia

When everything is dead, I get my leitmotiv lifebuoy: reduce my weight, lose my body, lose this embarrassment of the body.

Nothing matters, the ugly truth no longer concerns me, I tip my silence and I want to reduce the width of my thighs, as they are monstrously present and parts of me, – This “fake me” I don’t connect.-

This essence of consciousness, the body wants to divorce, forget, transform in a starfish, a swallow, at worst a line, a stroke with an arrow, but certainly not thick, not heavy, not dark, not like my dead body.

I am “anorexia”.

Because I can not access the calmness of being me.


“I dressed up as anorexia.”


Something extremely insolently happy , conscious of the death around, everywhere, something free, flighty and without parents, name, mapped out life,common habits, increasing odd habits, irreparable age.

Anorexia represents me, figures me, keeps me safe for a while.

My colourless reality without mercy, is tame by my anorexia.

No happiness on earth? – then Imperious anorexia.

No professional success? – then inflexible anorexia.

No return for my work as author? – then intensive anorexia.

Not a smile from this person crossed in the street? – then anorexia.

No yes from my mother? -  then anorexia.

No money? – then anorexia.

No holidays? – then anorexia,

No house? – then anorexia.

No Paris? – then anorexia.

No south of France? – then anorexia.

“Beauty of anorexia”. Copyright Alice ODILON 2009

Anorexia everywhere, always, unrestrained, reckless, uncontrollable, overwhelming my life.

The 25th of March 2010. Alice ODILON.


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