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Portrait of missing person thinking she’s not missing

In her book “The Missing person guide to love”, Susanna Jones described with talent, the soul of a missing person. Astonishing.

“Portrait of Cynthia Feliks, the One rejecting rescue”. Alice Odilon. Copyrights. 2009

 

Portrait of Patricia Johnson: Missing person from Vancouver Downtown. Alice Odilon. Copyrights 2009.

 

Susanna Jones excels to describe the loneliness of a runaway person.

Alice Odilon. 8/08/2011

Akan’s Tower ou le monde du morcellement

Si je devais révéler des secrets sur Akan, je ne pourrais pas en dire très long quant à sa grande intimité, car en fait Akan est particulièrement transparente et complexe.

Il suffit de retrouver dans chacun de ses amis de la Tour Akanienne (symbole de l’envolée, du chemin vers le spirituel), une facette de ses multiples personnalités.

- La Main coupée “Syndra Raynaud” représente le trauma de la perte, la coupure de la vie par le vide. Elle se dit “Illusion Corporelle”.

“Syndra Raynaud” the Phantom pain. Alice Odilon. Copyrights

 

C’est aussi le fantôme de la perte, sa mémoire, son fétiche.

Elle représente une mesure draconnienne sauvant la vie du corps menaçant de pourrir.

Symboliquement, Akan y est très “attachée” car le Syndrome de Raynaud joue le rôle d’étalon de l’anorexie; on pourrait dire “signe de reconnaissance”, “un code d’appartenance” au clan des anorexiques.

 

- Blythe Somat, la poupée-Fleur est un être extraordinaire aux pouvoirs magiques et en même temps épongeuse de souffrances.

“Blythe Somat, the Flower-Doll.”Google Images

 

(Elle sert de médium entre l’enfant hémiplégique, anorexique et schyzophrène et Françoise Dolto qui parvient à communiquer avec elle en la ramenant vers la parole, et donc, l’action de se libérer.)

la Poupée-Fleur n’a pas d’yeux, mais elle a des pétales sensorielles, elle ne parle pas car elle n’a pas de bouche, mais elle souffre et crie en silence, elle a un corps de poupée, mais sa tête c’est une fleur.

{Françoise Dolto a eu l’idée de cette poupée-fleur lorsqu’elle était enfant. En réalité, elle la conçoit en 1946, au cours d’une consultation où sont venues à sa rencontre Bernadette, une petite fille anorexique de 5 ans et demi, et sa mère.

Celle-ci se plaint de ce que sa fille n’aime ni les poupées animales ni les poupées humaines.

Accablée par la haine envers elle-même qu’elle ressent chez cette petite fille profondément paranoïaque, Dolto lui propose: «Et pourquoi pas une poupée-fleur?».

Aussitôt, elle donne à la mère les indications pour la fabriquer, devant Bernadette, qui saute de joie à cette idée.

Recouverte de tissu vert, cette poupée n’a ni devant ni derrière, ni mains ni pieds, et figure la seule forme humaine, la stature droite que l’enfant peut tenir en main.

Le volume figurant la tête est juste surmonté d’une corolle blanche de marguerite.

Autrement dit, tout comme une interprétation, cette poupée a été conçue entre les différents protagonistes de la scène analytique.}

{“Le Dr Lacan a le sentiment de plus en plus vif que la poupée-fleur de Mme Dolto s’intègre dans ses recherches personnelles sur l’imago du corps propre et le stade du miroir et du corps morcelé.

Il trouve important que la poupée-fleur n’ait pas de bouche et après avoir fait remarquer qu’elle est un symbole sexuel et qu’elle masque le visage humain, il termine en disant qu’il espère apporter un jour un commentaire théorique à l’apport de Mme Dolto.”}(Intervention sur l’exposé de F.Dolto-Marette).

Elle est très proche de celui qui souffre, toujours très proche, car elle écoute, sent, ressent, et donne son corps en passage vers la vie.

 ”Akan” ou l’ébauche du Self.  Alice Odilon 1/08/2011. copyrights.

 

 

- Le timide Ragdoll “Weaky” aux yeux bleus Caraïbes, le sauveur impuissant, est le seul être masculin de l’équipe.

“Weaky the Ragdoll cat”. Alice Odilon. Copyrights 2010.

Il absorbe du regard, il parle très bas, il est comme Blythe Somat, soumis à la méchanceté des autres, mais aussi très clairvoyant et lunaire.

- La Poupée “Whouh”  au masque de loup, avec son corps de petite fille menue et tonique, vêtue de sa robe écossaise au col mousseline, et dont on ne voit jamais le visage.

Weaky and Whouh, the wolf masked doll. Alice Odilon Copyrights 2010.

On ne voit de son apparât féminin, que sa belle chevelure lourde et ondulante qui s’étale sur son dos.

Whouh est tout l’inverse de Weaky, le Ragdoll bouc émissaire, elle devient une créature offensive, protectrice, n’ayant pas froid aux yeux, toujours prête à bondir pour défendre les plus faibles.

Whouh incarne une victime masquée devenue guerrier.

Le masque de loup a un rôle de bouclier; il sert à intimider l’adversaire, et sert à cacher la vulnérabilité et l’innocence de Whouh.

 

 

- La Poupée androgyne “Isee”, maigre et nue, chauve et belle, racée aux muscles longs et secs.

“Isee”, la flamme des Jane DOE. Alice Odilon. 2011. Copyrights

 

Ce personnage là revient de l’enfer de la prostitution, de la rue, de la route en solitaire.

Elle a vu des personnes mourir dans les fossés, des femmes assassinées coupée en morceaux, elle connaît le désespoir total des suicidés, elle est la flamme des Jane et des John Doe.

“Isee” symbolise l’abandonnée, la personne oubliée, sans nom, sans toit.

- “Mova”  l’avatar marathonien, est une athlète éternelle au coeur solide, aux jambes longues et déliées, et au regard fixé vers l’avant toujours.

- Allegraka c’est la prof de vol, la figure bridge entre le sol et le ciel.

Elle twitte, tumblre, digg, wikiote, facebook, elle envoie des messages sur le web, pour parler de ses amies de la Tour, des messages sans aucun commentaires de quique ce soit, car personne ne les lit.

- Akan se trouve dans chacun de ces personnages; parfois décide, souvent se tait et laisse l’équipe prendre la bonne option, parfois disparaît dans sa chambre pendant des jours, pour dormir et s’oublier.

Tout cette merveilleuse équipe partage les heures de la vie dans la Tour Akanienne, Paradis des hirondelles, centre de traitement pour anorexiques, et immeuble gratte-ciel HLM immense aux couloirs infinis.

Puis je vous parlerai des patientes du centre de réadaptation de la Tour Akanienne…..

Dans le prochain poste………

Bonne Nuit les Petits….

PS: J’oubliais Betsy Mac Call, american paper doll, si plate, si fine, si intense, déchirable et souffrante.

 

Betsy Mac Call, the American Paper-doll. Alice Odilon.copyrights 2010.

Alice Odilon. 1/08/2011. Tous droits réservés.


One of the most searing Portraits of doll’s desperation ever put in Akan’s story.

It’s time to tell about essential, minimal, brutal things in Life. Isn’t it?

Akan had tried terribly hard to postpone this moment when a dark whispering murmur of the wind would came.

But it happened despite that.
This wind was the announcement of death.
Somebody in the tower was going to leave tragically.
This doll didn’t deserve to die alone nor endure this hard life.
This black day was actually a relief for this tenant, a squatter in fact.

She had been hiding in a basement for a few days after having run away from Bresson-City.

Her name was Doll “Mouchette”.


She came from the county of Bernanoshire, where she had lived in hardship in Bresson-city.
There she had faced major difficulties: a dying mother, an alcoholic father who was absent, and a baby brother in need of care.


She had been subjected to derision from her teachers.

“Nothing but a little savage” was how the Bresson-city school-teacher had described fourteen-year-old Mouchette, and that view had been echoed by every right-thinking local citizen.
Mouchette had been alone, completely alone, against everyone.”



Her mother was too sick to get out of bed,  Mouchette had been forced to take on the motherly tasks, preparing everyone’s meals and feeding her younger sibling.

At one point, it even looked like she might try breastfeeding when there was no fire on the stove to heat the baby’s milk.



She had been forced to be an adult even before her body was capable.
Also one dark night she had been raped by a bad man in a wood.


As tragedies continued to pile up, she had decided to leave Bresson-city and to take her life into her own hands, like a last act of defiance.
Mouchette doll was the most beautiful of dolls despite her tangled black hair, her dirty nails, and her wooden clogs.
Akan didn’t know Mouchette, until she had gone to bathe in the river with her friend Betsy, anorexic paper-doll and the severed hand of the doll who had disappeared.
It was the spring of 2011 in April.
It was still very chilly and the wind was twisting and twirling the petals of the young trees in bloom.
This supremely delicate dance had attracted a sad person.


“Mouchette finds rescue and peace in the nature”.

A young doll soiled by the earth and misery, with black hair matted and covered with dust, was sitting, stretched out on the ground, on the green bank: Mouchette.

Betsy who was unable to swim, given that her paper body would disintegrate, was also seated on the other side of the river, looking after the towels of her friends, Akan and Syndra Raynaud.

Akan and Syndra were playing in the cool water splashing each other and diving into the depths.
Their bodies glided in the light, with the thinness of Akan’s body magnificent in the light of the ripples, her skin both pale and livid embellishing the river.
Syndra, the severed hand of the doll who had disappeared, with her long fingers, mimicked the touching grace of a starfish.
Syndra became a mischievous mermaid jumping in the silvery waters; her fingers did not feel the slightest cold or the slightest increase in temperature: a kind of provisional harmony!


Suddenly a cry, Betsy, panicked, helpless, witness of the worst, the death of Mouchette.


Mouchette had let herself roll from the top of the bank like a lifeless puppet carried away by her own momentum down the slope.

{Of course, she does it alone, so maybe Bresson isn’t letting us off the hook after all.

Maybe putting up with a hard life leads us to even harder, more isolated positions.

In the prologue, Mouchette’s mother refers to a stone that is inside her, a metaphor for her illness.

But then, it could be where we all end up, weighted down, and the more we struggle, like a bird ensnared in a poacher’s trap, the more it hurts.

Bresson only releases Mouchette by letting that full weight land on her, and thus pushing her under.}

Mouchette let herself slide into the cold water, drown in icy water, on this beautiful sunny morning in mid-April.

Akan and Syndra had seen nothing, but felt the tumult of the circles in the water left by the despairing leap of the Doll Mouchette.


Betsy stiff with pain, dried out with sadness, stiffened even more before the now empty water.

It was April 14, 2011, Doll Mouchette would leave an enormous hole in the lives of Akan and her friends.

Bresson, director of the masterpiece, says:

“Mouchette offers evidence of misery and cruelty.

She is found everywhere: wars, concentration camps, tortures, assassinations.”



For Mouchette. Alice Odilon December 2010.

Epluchures


“Les petites robes en pierre”. Copyright Alice ODILON 1978.

En 50 ans, les épluchures se jètent dans les poubelles; d’abord en petits tâs dispersés, éloignés les uns des autres, puis devenus des monceaux de restes, des montagnes de peaux impossibles.

Des périodes de crise engendrent des collections effreinées dans la vie de Akan: des hommes, des chaussures, des robes, des manteaux, des vestes, des montres, des rendez-vous manqués, des négatifs perdus, des appareils photos aussitôt revendus, des chiens adoptés sitôt abandonnés, des attentes par millier, jamais exaucées.

“Les vêtements noirs”. 1977. Copyright Alice ODILON

Akan vieillit de plus en plus et jète de plus en plus de choses.

Il s’en est fallu de peu.

Akan est avant la mort, mais certainement jamais cette image de gloire dont elle rêve toute sa vie.

Tout ce temps passe si longuement, il n’en reste rien que deux enfants, rien d’autre.

Dans le passé, la foi en  sa diversion creuse  des tranchées glissantes dans sa vie hésitante.

Et là maintenant il faut admettre, que ces années de réflexion, de réclusion, de différenciation n’aboutissent à rien.

Le principe d’épluchure semble finalement déterminer sa vie.

Accumuler les pertes, perdre les histoires, en tas de copeaux de peaux.

Différentes villes, différents noms de rue, différentes adresses, et toujours la même quête: qu’il ne reste rien que du commencement souvent déjà fini.

Akan est ce qui ne sera pas………/………

(à suivre…)

24/04/2010

Copyright Alice ODILON

“La Housse aux oiseaux”. 1977. Copyright Alice ODILON


Peelings


In 50 years peelings will throw themselves in some dustbins; initially episodically then accelerating exponentially as time passes.

It goes without saying that periods of crisis brought about a frenzy of collecting in the life of Akan:

men, shoes, dresses, coats, jackets, watches, missed meetings, lost negatives, cameras immediately sold, adopted dogs abandoned instantly, thousands of expectations never realized.

It is a close run thing.

She could be the woman which she had been sure that she was, would be, before her death and even after in unread books.

All this time went so slowly and there only remain two children, nothing else.

In the past the basis of her diversion had gouged deep and wide in her faltering self.

And now she has to accept everything, that these years of reflection, no rescued life of difference, only produce wrinkles, an intelligent tiredness and reconciliation of a fifty year old woman.

Her daughters are gone now since a long time.

What’s left is the delicious memory of their beautiful faces and their bird-like chatter.

The principle of peelings seems finally to have determined her life.

Accumulating losses, losing out on everything, – a pile of pieces of peelings.-

Different towns, different street names, different addresses, and always the same quest:

that there only remains a new start that is often already ended.

Akan is what she won’t be…….

Alice Odilon Copyright 2010.

Infinite Anorexia

When everything is dead, I get my leitmotiv lifebuoy: reduce my weight, lose my body, lose this embarrassment of the body.

Nothing matters, the ugly truth no longer concerns me, I tip my silence and I want to reduce the width of my thighs, as they are monstrously present and parts of me, – This “fake me” I don’t connect.-

This essence of consciousness, the body wants to divorce, forget, transform in a starfish, a swallow, at worst a line, a stroke with an arrow, but certainly not thick, not heavy, not dark, not like my dead body.

I am “anorexia”.

Because I can not access the calmness of being me.


“I dressed up as anorexia.”


Something extremely insolently happy , conscious of the death around, everywhere, something free, flighty and without parents, name, mapped out life,common habits, increasing odd habits, irreparable age.

Anorexia represents me, figures me, keeps me safe for a while.

My colourless reality without mercy, is tame by my anorexia.

No happiness on earth? – then Imperious anorexia.

No professional success? – then inflexible anorexia.

No return for my work as author? – then intensive anorexia.

Not a smile from this person crossed in the street? – then anorexia.

No yes from my mother? -  then anorexia.

No money? – then anorexia.

No holidays? – then anorexia,

No house? – then anorexia.

No Paris? – then anorexia.

No south of France? – then anorexia.

“Beauty of anorexia”. Copyright Alice ODILON 2009

Anorexia everywhere, always, unrestrained, reckless, uncontrollable, overwhelming my life.

The 25th of March 2010. Alice ODILON.


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