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Simply enjoy another way browsing my work.

You will fly but first you will struggle for life

“Penguins in the Blizzard”. Google Images.

“Every Day, alone in front of the other pensioners of Anorexia rescue center, deep in the most pitiless group of anorexic persons, a truly remarkable journey will take place.”

- That would be the Treatment to recover in Akan’s Tower, announced Syndra Raynaud, the “Right Hand Woman” of Akan.

- “Because for you, guys, anorexic winners, life is like that, harsh and inhospitable”, added inconspicuously, the shy Ragdoll.

Each of you will be a survivor, and will have to deal with eating-disorder, staying alive.

Every pensioner in rescue center, will abandon the deep sweet security of its bedroom and clamber onto the commune area to begin its long struggle against anorexia: a such desolate land, a region so bleak, so extreme, it support no other life.

- “The greatest fear you have, the fear to live, the fear to loose control, the fear to eat, the fear to breathe, you will beat it”.

Said Blythe Somat, the hemiplegic flower doll, who was in charge of anorexic patients suffering from Asperger Syndrom as well.

- “So you will play a game, all together”.

- The game inspired by “The Emperor’s Journey”.

 

1972: Survivors found 10 weeks after plane crash in the Argentine Andes. Google Images.

(Four days after the rescue, a Santiago paper alleged that the survivors became cannibals to ward off starvation.
The group confirmed that they ate human flesh at a press conference two days later.)

 

You will have to accomplish tests of extreme endurance, during which you will have to rely on the united anorexic members of the group, their physical warmth, their spiritual presence, their embodied soul, their disembodied body.

You will share body heat to conserve energy and protect the “protégé” you will have to care about constantly.

You will realize you cannot hate the other anorexic persons, as you did before; because you were scared about their special regard and knowledge of anorexia secrets.

Only Love and solidarity will help to struggle for life.

 

“Child survivors dressed in clothes made from German uniforms”
(One of the youngest survivors of the Buchenwald concentration camp, shown in the center of the photograph above, was four-year-old Josef Schleifstein.The Communist prisoners, who were in charge of the day-to-day administration of the camp, made sure that the children were well cared for. Note the adult man in the back row wearing a beret to identify himself as a Communist.)

You won’t have food during the periods of survival in the course of which you will have to completely deny yourself and to think only of your “protégé”: the small infant who will be entrusted to each of you, from today, from now.

This Baby is you when you where a newborn, just before anorexia,  before lack of love and good care of your mother.

So you will be in charge of yourself, as a baby and in the same time, as an adult.

It will lead to you to a point of survival self-experiment.

At this point you will have to choose to live or to die.

Alice Odilon. 17/07/2011

 ”The Penguins chicks survivors in the Blizzard”/ Ref: “The Emperor’s Journey”.

Le Corps Signe par séquences sans traces

Evidences de traces blanches dans un jardin. Copyright Alice Odilon 1977.
L’anorexique commet un déplacement de sa signifiance.

Comme au théâtre chinois, elle déclare d’emblée son jeu.

Sa” figure blanche”, la spéculaire, figure de fil, nous annonce la couleur, maintenant dans le présent.

Elle écrit à l’encre blanche: Blancheur d’une naissance radicale”


Si elle n’a que la peau sur les os, c’est pour ne pas tricher, faire évidence, faire signe en symbolisant le dénouement du caillau.


Elle parle avec son corps plus que tout être érudit.


D’abord son corps réduit à la force du fil, devient un serpent de signes, de virgules de corps indiciblement mouvantes.

Elle jouit d’un alphabet de signes de corps, alors que si peu de temps auparavant, elle se vivait étranglée par le langage des autres.

L’anorexique, plus que toute autre, a conscience de ses gestes et de leur écriture dans l’espace.

Elle connaît sa fin et ne la craint pas, car elle est déjà dans sa faim et sa vie en même temps.

Elle se vaccine à la faim.

Elle dissèque, elle analyse les enjeux cinétiques de son corps “limite”.

Elle incarne le bord du vide.

Devenue un organisme “bouffé” par la graisse morbide annulant la forme entendue, là voilà, débarassée “de ce pieu dans le coeur qui l’empêche de courir”.

{Alain Bashung – Mes Bras.}

Cette torpeur de corps dégoûtante, elle s’en est délestée.

“Schofield was murdered in her bedroom. nsolved crime”

Schofield has this sort of typical posture of an anorexic person, rigid and unsteady in the same time, conscious of her sadness, and nearly dead, absent, ethereal, transparent with unforgettable eagle-eyed look.

Là voici de nouveau à vif, creusée, mise à jour, née de se refaire, purgée de son malaise charnel, évidée de l’inutile.



“Julie”Copyright Alice Odilon 1999.


“Relâche”. Toyen ou le danger de l’informel délibéré.


L’anorexique est tout le contraire d’une installée.

Elle est un plan coupé perdu dans un foutoir informatique.

Elle joue l’idéographie du corps.

Son être se fait oiseau, poison, ombre de verre, ombre glacée et translucide, fil rouge de sang, page tâchée de l’encre de ses veines, cachée à la fin du cahier.

Forme pleine de vide fécond, elle s’invente dans le code anorexique.



“contorsionniste filiforme”. Copyright Sophie 1330.


Acrobate, contorsionniste et funambule fatal, elle risque son corps de fil sur un autre fil sans merci.

Je repense à Valérie Valère flottant dans l’air dans le court métrage de Marion Hänsel (“Equilibres”), cet oiseau noir d’élégance indomptée.



HL Photography. A lost soul in Tel-Aviv.

Alice ODILON.

Dead food

Oserais-je évacuer la “morte” mise par ma Mère dans ma bouche?

La Nourriture inerte

La nourriture dans le cas de l’enfant pré-anorexique, n’est pas un lien vivant entre le sein de la Mère et le petit enfant.

Elle représente à ce niveau de relation primaire, un matériau inerte, dévitalisé, ingurgité sans plaisir, fécalisé.

Quelle fut la place accordée à l’enfant au tout début de sa vie?
Quelle attention, quels gestes lui ont été adressés?
Quel temps, quels sortes de moments d’attention lui ont été offerts?
La nourriture fut elle donnée sans parole, sans regard, sans écoute, dans l’indifférence, l’ennui, le dégôut, la haine???
L’enfant a-t’il été considéré comme rien?

“Caliméro – l’incarnation de l’enfant rien”.

Fut-il nommé une fois?? pensé, raconté par la Mère?
La nourriture est-elle un poison d’absence d’amour?

Est-il anorexigène d’être nourrie d’une  nourriture dévitalisée de la Mère mortifère?
Dans ces cas si extrêmes et pourtant bien réels, manger ne serait-il pas accepter d’être rien dans le regard de sa Mère, accepter le non amour et se remplir de nourriture pourrie de mort??

Manger serait mourir pour cet enfant qui réclame un don d’amour intense et naturel,
mais qui ne lui sera pas donné, et pour taire cette demande, sera nourri de “rien que de la nouriture.”
On comprend vite pourquoi certains nourrissons régurgitent toute nourriture dans la mesure où celle-ci fut distribuée dans le stress, la négativité, le dépit d’une mère non désirante.
On note un parrallèlisme entre le langage de Michaux et  Beckett, et la parade anorexique.
“Chez Michaux, la plongée onirique immerge le sujet dans un monde larvaire.



“Dessin de Michaux”

Si le “çà” s’y découvre monstrueux, c’est qu’il est innommable, qu’il est la figure même d’un impensable.
D’après Kristeva dans “Pouvoirs de l’horreur” l’abject peut devenir l’objet d’un refoulement originaire.
Un amour parental déficient peut devenir primitivement une figure de l’abject, dans le déplacement symptômatique duquel vont s’associer famille et nutrition.”
En introjectant d’abord ses proches comm un mauvais objet (aliment dégoûtant) puis en projetant celui-ci sur le mode de la régurgitation, l’enfant peut arriver à faire de tout ce qui l’entoure une marée
d’abjection dont il cherche dès lors à se protéger.
Cette analyse éclaire cette obcession du poète pour le monstrueux.
On retrouve l’assimilation des premiers objets à la nourriture dont la gestion anorexique traduit massivement le refus.
Au moyen de l’abstinence, le sujet entend lutter contre l’intériorisation des imago parentales.
C’est ainsi que Michaux résume les dix premières années de sa vie:
Indifférence.
innapétence.
Résistance.
Le manger lui répugne.
Les odeurs, les contacts.
“Evacuer” cristallisent de manière métaphorique cette obcession de l’abject.



“L’Abîme”. copyright Alice Odilon 2008.

Mais alors: “Ne pas vomir tuerait-il? dans le cas d’une jeune fille anorexique rejetée radicalement par sa mère?
ou plutôt “vomir” serait entendu comme une révolte et donc tuerait celle qui s’aventure à vomir.

Souvenez-vous  le cas de JonBénet Ramsey, petite fille “princess America’ assassinée en 1996.
Ce qui m’a frappée dans cette sordide histoire de Pageant et de sacrifice, c’est la soumission
écoeurée de JonBénet à se produire en tant que beauté virginale exhibée.
La mère obcessionnelle de perfection et de challenges à remporter, aurait contrôlé totalitairement sa fille (son corps, son esprit, son intérieur psychique).
L’enfant fut assassinée en Décembre 1996.
Selon les rapports forensics, du vomit frais de Jonbénet fut trouvé dans la maison du crime.
Ce vomit m’a beaucoup parlé; j’ai la conviction qu’il dit la révolte et le refus de JonBénet Ramsey.
Dans son cas: “vomir tue” (le vomit tue , la parole tue, La parole de JonBénet fut tuée, tue.
Cette petite fille cachait en elle une personne abusée sans limites, soumise à une “double-bind” fatale exercée par la Mère.


“Take care of your body!: with or without it, you have nothing”!

That means for me, JonBénet was victim of double-bind pressure of mother.
She was obliged to be a sexy pretty little girl with heavy make-up.
At the time, ” a painted baby, a sexualizer toddler beauty queen”, and in the same time
she had to be disciplined, transparent, obedient, submissive, extremely disciplined.

JonBénet fut sacrifiée car elle était déniée radicalement par sa mère.

Alice Odilon.

Rupture de parcours



La rue semblait vide et Akan, arrivait peu à peu aux frontières du Centre, annoncées par des enseignes de fast foods, des terrasses de cafés, des pavés neufs, des maisons

encastrées les unes dans les autres.

Si elle n’avait pas senti le regard écoeuré qui la poignardait dans le dos, et brûlait tout son corps, Akan aurait simplement souffert d’une douleur subite, aiguë entre les omoplates, fouillant les vertèbres et les nerfs électrisés.

” Akan poignardée dans le dos par un regard malveillant”. Alice ODILON copyright 2010.

Mais Akan perçut les yeux de son tueur virtuel.

Cet homme l’assassinait littéralement par son air vomisseur, dénonçant un des crimes présumé de Akan.

La jeune femme étrangère dans ces lieux sans histoire, osa se retourner, par instinct sentant sa propre pulsion scopique vouloir la défendre.

Elle fit quelques pas vers l’inconnu interloqué par cette mouvance féminine rompant avec la convenance des déplacements physiques entre homme et femme.

- Bonjour, s’il vous plaît, puis-je vous demander pourquoi vous me voyez avec la peur?

- Je ne vous regarde pas, je passe. Mes affaires m’attendent, je ne vois pas ce que vous voulez dire.

- Excusez-moi, j’ai vu votre arrêt sur le trottoir d’en face, j’ai senti votre crainte en me considérant.

- Non, non je ne vois pas de quoi vous parlez, répondit cet homme sur un ton plus haut.

J’ai simplement remarqué votre silhouette osseuse, j’ai eu mal pour vous, je vous ai trouvée inregardable.

Akan reçut une pique dans l’estomac; les battements de son coeur partirent en cavale.

Cet homme devait avoir une trentaine d’années et présentait une allure très affirmée et élancée.

- Ce bel homme est entrain de me dire la vérité, que je suis morte et je n’ai pas le droit de marcher dans cette rue, pensa Akan, très fatiguée.

- il vous manque tout, la chair, où est votre chair? interrogea l’individu s’étant approché de la jeune femme comme abattue.

Vous êtes vieille et vos jambes, vos bras m’apparaissent comme des branches d’un arbre foudroyé, vos gestes parlent d’une souffrance que je me suis cachée depuis toujours.

Je n’arrive pas à me dire que vous existez dans cette rue, là maintenant, en ce moment où, moi je passe, et où les femmes pour moi, portent la chair, m’invitent à les déshabiller du regard.

Une femme c’est bon à regarder, c’est du plaisir.

Je ne demande pas qu’une femme ait un regard, c’est moi qui voit, elle ne fait que se montrer, vivre par mon regard d’homme.

Je ne supporte pas vos yeux, ils sont trop grands et me gênent plus encore que cette chose cachée au bas d’un tableau de Holbein: “Les Ambassadeurs”.

Oui cette chose en biais, cette anamorphose de malheur,  me traquait comme vous avec votre visage mangé par vos yeux abusés.

Akan sentait son corps s’effondrer sous la négation verbale du jeune homme.

- Je ne sais pas, je ne peux pas, je…. je peux plus, laissez-moi.

- C’est bon, quelle personne bizarre vous êtes! vraiment je n’ai pas envie de vous parler d’avantage.

Vous me gênez, je ne supporte pas de voir vos clavicules saillantes, je n’ai jamais vu un corps comme le vôtre; c’est assez.

Au revoir.

Et l’inconnu s’en alla en grognant des mots inaudibles sur un ton pestiférant, au son desquels Akan aurait pu crever.


Alice ODILON. copyright. 27/06/2010.

The street seemed empty and Akan, came gradually to the borders of the Centre announced with signs of fast food restaurants, sidewalk cafes, new pavements, houses built into each other.

If she had not felt the disgusted glance which stabbed her in the back, and burned her body, Akan would have just suffered a sudden pain, an acute sore feeling between the shoulder blades, dismembering her prominent vertebraes and wrecking her electrified nerves.

But Akan caught the eyes of her virtual killer.

This man was murdering her by his vomiting glance, denouncing her presumed unpardonable fault.

The young foreign woman trapped in this non-sense situation, ventured to return, by instinct, lead by her own scopic pulsion trying to save herself from the lethal attack.

She walked towards the stranger (seeming taken aback by this female motion, breaking with the convenience of eye contact between man and woman.

- Hello, please, can I ask you why you’re watching me with fear?

- I do not watch anything, I pass. My business cannot wait.

I did not stare at you.

- Excuse me, I saw your stop on the opposite sidewalk.

I felt your fear while you were looking at me.

- No, no you’re wrong, replied the man, on a higher tone.

I just noticed your bones, I was bothered by your insulting body,I have found it “inregardable”.

Akan was picked in the stomach, and her heart beating went on the run.

This man might be thirty years and got a very assertive and slender style.

- This handsome guy is telling me the truth, I’m dead and I don’t have the right to walk down this street, Akan thought, very tired.

- You miss all the flesh, where is your flesh? questioned the stranger having approached the young shot woman.

You’re old and your legs, your arms look to me like branches of a dead tree.

Your move speaks about a suffering that I hid forever in me.

I can not tell to myself that you exist in this street, by now when I am, and where women, always will be at my disposal, invite me to leer their “dirty” body.

I do not ask a woman to decide, it’s me who watch.

She does show herself, to live through my eyes of man.

I can not stand your eyes, they are too large and scare me more than this thing hidden at the bottom of a Holbein painting: “The Ambassadors”.

Yes this anamorphosis hunting me like your face eaten by your special look.

Akan felt her body collapsing under this negative young man.

- I do not know, I can not, I …. I can not anymore, let me.

- It’s fine, what a weird person you are! I really don’t want to talk to you any more.

You embarrass me, I cannot be comfortable with your protruding collarbones, I’ve never seen such a thin body, it’s too much for me.

Goodbye.

And the stranger went away muttering inaudible words in a violent tone, so rude, than plague Akan might have died.

Alice ODILON. Copyright. 27/06/2010.

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